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Full text of "Papyrus demotiques de Lille"

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INSTITUT PAPYROLOGIQUE DE L'UNIVERSITÉ DE IJLLE 



HENRI SOTTAS 

ANCIEN KLKVK 1>K i; ÉCOLE Sl'KClALE MlLl'l'AIRE DE SAINT-CYR 
DIHECTEUK D'ICTUDES A L'ÉCOLE l'JiATlQUE DES HAUTES ÉTUDES iSOlJIiONNE 



PAPYRUS DÉMOTIQUES DE LILLE 



TOME U^ 



AVEC 18 PLANCHES EN PHOTOTYPIE. 



-i# 
<^^^ 



PARIS 1921 



LIBRAIRIE PAUL GEUTHNER 

13 RUE JACOB 



\1KNNK. - 'IVl'. AIKil.l'llK lli'L/.H.MSEN, 

IMl'I'.IMI.l:!. IM II M\ l-l'^l 11 



PAPYRUS DÉMOTIQUES DE LILLE 



A PlEKHE JOUGUET 



INTRODITCTIOK 

A, Les études démotiques, particulièrement en France. 

Wiipx f)T^-i T.i'i-oc -e'Kv.iOL'.. 

(THÉOCKITE.) 

Ou sait comment et pourquoi les efforts des précurseurs, Silvestre de Sacy en tête, 
ont porté tout d'abord sur la version démotique de l'inscription de llosette. Quant à 
ChAMPOLLION, il n'a pas manqué d'en tirer bon parti, lui aussi, et ses travaux d'approche 
sur le terrain des cursives ont beaucoup avancé ses affaires. Il a su notamment se dégager 
de la fausse conception d'une écriture sacrée et d'une écriture populaire opposées dans leur 
principe; si bien que les progrès se réalisaient parallèlement dans les deux variétés. Néan- 
moins, durant toute cette phase héroïque, le déchiffrement du démotique était envisagé 
plutôt comme un moyen que comme un but. Celui-ci atteint, la clef des hiéroglyphes 
trouvée, le comparse rentra dans l'ombre et Heinrich Brugsch est le premier dont on 
puisse dire qu'il ait aimé le démoti([ue pour lui-même. A partir de 1848, il obtint, dans ce 
domaine, des résultats d'une rapidité et d'une sûreté admirables. 

G. Maspero, dans le premier fascicule de ce Recnell de Travaux qu'il venait de fonder, 
à la veille de la guerre de 187U, s'exprimait ainsi (p. 18) : « L'étude des écrits démotiques 
est restée jusqu'ici le privilège exclusif de M. Brugsch. Seul parmi les savants contempo- 
rains, l'auteur de la grammaire s'est donné la tâche d'élucider les textes obscurs qui nous 
ont conservé l'état de la langue égyptienne aux dernières époques de son histoire. . . . 
Pourtant l'étude des textes démotiques n'est pas moins nécessaire à l'avancement de la 
science que celle des autres textes. » 

Dans le tome XXXVIII de ce même Recueil, oh a été inséré son dernier écrit, post- 
hume, Maspero disait encore (p. 110), à propos des ressources que procurent à la phoné- 
tique égyptienne les ditt'érentes classes de monuments : « C'est encore plus dans le démo- 
tique, inscriptions et contrats, qu'il faut chercher des documents. » 

Ainsi, parvenu au terme, hélas! d'une carrière si longue, si fournie et si brillante, le 
Maître n'avait point modifié son opinion sm- cette partie de la discipline, et je n'oublierai 
pas de sitôt les encouragements à poursuivre mes recherches dans ce sens qu'il m'a pro- 
digués de vive voix, quatre jours avant le décret de mobilisation. 

Entre les années 1869, oi'i Maspebo regrettait (|ue le démotique constituât un mono- 
pole entre les mains du savant berlinois, et 191G. où l'école égyptologique française a été 
décapitée, quel a été le sort de ces études V 



VI S(rri'As. PAi'viii's dkmoikh'ks di; Lilm;. 

Tout daUord. ^fAsi'KK'O a joint IV'xemple au précepte, car les réflexions citées plus 
haut introduisent un luénioire substantiel sur la matière, et, immédiatement aprrs vient un 
article de P. PlEKHKT sur un papyrus moral déniotiqne du Louvre. Puis, tandis <pie ces ini- 
tiatives heureuses accroissaient notre richesse scientifique, taudis qu'en Allemagne, H. Brugsch 
continuait d'ex])loîter sa magnifique découverte, il naissait k l'érudition le plus étonnant 
déchifi'reur de ces textes égyptiens réputés les plus difficiles, Eugène Revillout. 

Si (|uel(|u"un a été parfois victime de ces jugements tout d'une pièce qui ne veulent 
tenir compte (pie des défauts et laissent les (qualités dans l'ombre, c'est bien le fondateur 
et rédacteur principal de la Revue Eguptologique. Certes, on ne songe pas à nier les im- 
perfections, souvent d'ordre matériel, reprochées aux travaux de Revillouï, et celui qui, 
sans l'avoir connu, se trouve appelé à poursuivre son œuvre, en souft're tout le prender. 
Il n'en est pas moins vrai qu'on pourrait applii^uer ici, en en renforçant l'expression, le 
passage du conte démoticpie : «On pesa ses méfaits contre ses mérites; on trouva ses 
mérites plus nombreux cjue ses méfaits. » Revillout avait une sorte de génie intuitif, fécon- 
dant un savoir d'une prestigieuse étendue. Les résultats dûs à l'exubérance de son activité 
sont immenses, mais, comme il faisait trop de choses à la fois et ne soignait guère la 
forme, comme, d'autre part, il défrichait des domaines où bien peu se sentaient le goût de 
le suivre, ses mérites ont été en partie méconnus. 

Si je reviens sur nu sujet un peu pénible, que j'ai déjà traité dans la Revue Egypto- 
logique, nouv. série, I, p. 101 sq(j, c'est que nous, compatriotes de Revillout, ne devons 
pas être les derniers à lui rendi-e justice. Aux témoignages en sa faveur, venus d'outre- 
Rhin, peu après son décès, et déjà cités, j'en puis ajouter d'autres (1) : « eine der besten 
Pionierleistungen Revillout's » (Spiegelberg, Dem. Studiev, VII, p. 4). — « In auBerst scharf- 
sinniger Weise » ; « mit feinem historisclien Blick » (SeïHE, À. Z., LUI, p. 35). Mon sym- 
pathique collègue suisse E. DÉVAUD m'écrivait tout dernièrement qu'un démotisant berlinois 
avait employé, aussi, devant lui, à propos de Revillout, le terme «génie». De telles 
appréciations font, en définitive, honneur à tout le monde. 

Si Brugsch avait été, dès l'adolescence, attiré vers l'égyptologie par l'intérêt que lui 
inspiraient les contrats démotiques conservés à Berlin, c'est néanmoins dans l'étude des 
textes littéraires et des inscriptions historiques que son efibrt, en matière démotique, a été 
surtout fructueux. Il en est de même pour Maspero. Au contraire, c'est dans le domaine 
administratif et juridique que REVILLOUT est passé maître, en déchiftrant une masse prodi- 
gieuse de documents appartenant aux principaux musées d'Europe. Il a tracé la voie aux 
savants de toute nationalité : F. Ll. Griffith et H. Thompson, en Angleterre ; J. Krall, 
N. Reich, en Autriche; "W. Spiegelberg, Gr. Môller et K. Sethe, en Allemagne. 

Il est regrettable d'avoir à constater qu'en France même, Revillout a peu réussi k 
faire école. Les travaux publiés sous sa direction manquent trop souvent de personnalité. 
Aussi, lorsqu'il eut quitté, par force, les Musées Nationaux et l'École du Louvre, n'eut-il 
pas effectivement de remplaçant. Quant la mort a interrompu, en 1913, son enseignement 

(1) Je m'glige, bien entendu, l'opinion des savants restés, jusqu'à la fin, en relations amicales avec 
RKvn.i.oir. 



Les études démotiques, particulikremf.nt en France. VII 



;i rinstitut Catholique, ses nombreux iicquêts de déniotisaiit ris([uaieiit de tomber en dés- 
liérence. et sa spécialité de devenir exclusivement un article d'importation. 

(/est alors «jn'à mou retour d'Egypte, au printemps de 1913. mon attention a été 
attirée sur la lacune à combler, dans les conditions i|ne j'ai déjà exposées (.7. A., 1914, 1. 
j). 143). Malgré une répugnance instinctive d'un instant, due à la fâcheuse réputation de 
la matière, les premiers essais, sans maître, ne m'ont pas découragé et j'y ai trouvé bien- 
tùt un intérêt des plus vifs. Mais le meilleur stimulant m'est venu de Berlin, à une époijue 
<iù l'odeur de la jjoudre sèche était déjà dans l'an-. C'est sous la forme d'une carte postale 
datée du 20 juillet 1914 et qui se termine par ces mots : « DaB sich nach Revillout's 
Tode sobald wieder ein Demotischer in Frankreich gefunden liât, ist j;i besonders erfreu- 
lich : wek'he Scliàtze au demotischeu Texteu iu den Sammlungen Ihres Vaterlandes der 
\'eroftentlichnng- liarren, wissen Sie gewiB besser als ich. » C'est là mon viati(|ue quand la 
route se fait tro]) dure, car les obstacles ne m'ont pas été ménagés, ainsi (|u'ou le verra 
])lns loin. 

Depuis 1914. la situation, au point de vue très spécial qui m'(.)ccupe, ne s'est pas 
éclaircie. car, outre G. Maspero, nous avons encore perdu P. PlERREï et G. Legrain, dérao- 
tisants à lem-s heures. Puis notre victoire a éloigné de sa chaire de Strasbourg W. Spiegel- 
DEEG. le plus justement renommé des démotisants allemands, et cet événement, heureux 
l)ar tant d'autres côtés, nous crée, à coup siir, de nouveaux devoirs. Reconstituer un grmqje 
de démotisants actifs, éditer, dans la forme depuis longtemps réclamée par les critiques 
étrangers, les nombreux manuscrits de nos collections parisiennes, telle est la double tâche 
que je me suis assignée et à laquelle j'ai subordonné toutes autres considérations. Dans 
les deux ordres de faits, il y a, dès à présent, commencement de réalisation. 



La répulsion éprouvée par les égvptologues à l'endroit du démotique est un sentiment, 
sinon général, du moins très répandu. Extrême difficulté de la lecture, incertitiide et in- 
cohérence des résultats obtenus par les déchiffreurs, aridité et manque d'attrait des textes 
eux-mêmes, tels sont les thèmes sur lesquels s'est bâtie une légende ([ui fournit une résis- 
tance déconcertante. Et pourtant de rudes assauts ont été menés contre ces préjugés par 
les savants faisant le plus autorité. Brugsch, dès 1865, dans la préface de son édition du 
bilingue Rhind. soutenait avec âpreté contre S. BiRCH (jue, dans l'aide mutuelle que se 
pouvaient prêter les décliifireurs des versions hiératitjue et démotique, le démotisant donnait 
plus (jn'il ne recevait. (1) Vingt ans après, dans un long article intitulé J^ine demotiscJie 
Ehrenrettung [A. Z., XXII, p. 11 sqq), et adressé, cette fois, à son compatriote Ad. Erman. 
Brugsch rejjrenait la même thèse avec plus de véhémence et de force persuasive. (2) Il 
est encore revenu incidemment sur cette question, qui lui était chère, dans son Thésaurus 
ip. 1040), dans son Aegyptologie (p. 121 sqq), et ailleurs. De même, Revillout ouvre l'intro- 



(1) Cf., tout réceniment, W. SpiEGELr.Euf; (,1. /i., I.VF, p. 3) : « Es zeigt sich hier einmal klar, welclie wichtige 
Rolle das Demotisclie aucli fiir das Verstandnis der liieratischen und hierogly])liischen Texto der S]iatzeit zu spielen 
l)erufen ist. » 

(2) Voir la contre-critirnie de Max MCr.i.Ei;, O. /.. Z., II, p. .'l.'îl si|i.|. 



VIII SoTTAS. rAl'VKTS l)KM()IK,irKS 1)K LlI.I.K. 

ductiou (le sa ChrcAtoyiiatlnc il('iin>l/</tt(' \);\v mi ])iirami;i])lic sur 1' l'tilité di's rtiidcs drmo- 
tiques». l'our MasPERO, sa puissance de s\ntliî'se l'aviiit l'iiit voir justf (iiuind. dès 1869. 
il écrivait, h propos des textes dénioti(|ues : « Im langue dniis Ijuiuelle ils out été rédigés 
mérite un exaiueu apiu-oi'ondi. luteriuédiaire entre le copte et l'égyptien classique, elle nous 
met sous les \eu\ tous les cbaugenieuts (|iie le cours des siècles avait apportés dans la 
langue anticiue des Pharaons. » Et il s'est montré logiiiue avec lui-même en donnant, dès 
Tannée suivante, à la Bibliothèque de l'Ecole des Hautes-Etudes (lasc. 6). un traité «Des 
formes de la conjugaison en l'guptlen (tntiijue, en dcmotif/uc ef en copte --i, livre assurément 
vieilli, mais dont le titre comporte, h lui seul, une leeon (pii n'a pas été assez entendue. 
On est surpris de voir, trente ans après, nu ouvrage considérable, exhîiustit' même, comme 
le Verbum de K. Sethe, mettre ;i l'écart, sans justitication et conn-iie si c'était là une chose 
iillaut de soi, pres(jue un millénaire du développement linguistique intermédiaire. Quels que 
soient le mérite et l'utilité incontestables de ce vaste travail, il ilemeurera, h cet égard, 
une monstruosité, une sorte de mutilé vrdontaire. Sethe n'avait fait qu'obéir, comme tant 
d'antres, au préjugé com-ant. Depuis (pielques années, il a élargi son point de vue et, 
devenu un adepte du démotique, il s"v est montré, sans tarder, l'égal des plus experts. 
Son exemple a la valeur d'une conversion et il tant espérer ([u'il sera suivi. (1) 

Dans un article de Scientia, (décembre 1920, p. 456), j'attirais de nouveau l'attention 
sur l'importance du démotique comme trait d'union linguistiqiie et scriptural entre égyptien 
hiéroglyphique et égyptien alphabétique. Veut-on, de cela, des témoignages d'autant plus 
l)robants qu'ils sont exprimés incidemment et en dehors de toute apologie du démotique'::' 
En 1884, J. Krall {Recueil, V, p. 84) disait du papyrus démotiqiie N° 31 de Vienne, connu 
sous le nom de « Poëme satirique » , « da(3 er uahezu einen koptischenText in demotischem 
Gewande darstellt». Et, tout dernièrement, W. Spiegelberg (^4. Z., LVI. p. 5, n. 5), fjxisait 
allusion au démotique, « das freilich dem Neuiigyptischen so nalie steht, daI3 man es als 
ein jimgeres Neuagyptisch bezeichnen kann». Rien, mieux (pie ce rapprochement, ne peut 
montrer comment le démotique occupe le juste milieu entre la « x'iCVY; ramesside » et l'égyp- 
tien d'épo([ue chrétienne. Bien (pie l'évolution entre ces deux termes nous apparaisse par- 
fois comme assez peu accentuée, bien que leur comparaison directe soit souvent possible 
et fructueuse, néanmoins les intermédiaires démotiipies aftirment tous les jours leur utilité 
pour l'élucidation d'une foule de problèmes qui, sans eux, demeureraient obscurs. 

Quant au système d'écriture, il v a, si l'on veut, ([uelque chose de rebutant dans son 
incohérence, sa constitution visiblement toute de hasard, ce manciue de plan d'ensemble (pii 
dénote, chez ceux qui l'ont adopté et conservé mille ans, d'assez médiocres facultés d'ana- 
lyse. Pourtant, ils s'en sont contentés. Il a suffi à leurs besoins longtemps après qu'ils eurent 
rencontré la perfection même en la matière sous la forme de l'alphabet grec. Et puis, c'est 
une écriture populaire; nous en ])ossédons, en définitive, la clef, et les difficultés sont 

(1) En 1910, W. Max MClleu (0. L. Z., XIII, col. 213) blâmait, lui aussi, la carence d'un grand nombre 
d'égyptologues. Il est peu probable que su remarque ait beaucoup contribué à vaincre les répugnances, car, l'instant 
d'avant, il qualifiait le démotique de système de sténographie tellement compliqué qu'on a peine à imaginer comment 
il a pu devenir une écriture populaire. Cf. encore 0. L. Z.^ IX, col. 100, où Max Miller ne se montre pas meilleur 
avocat dans la même cause. 



Les études démotiques, particulièrement en France. IX 



toutes de détail. Ne serait-il pas humiliant ({ue les érudits modernes tussent arrêtés par des 
obstacles (pu- des anciens, d'nne culture tellement inférieure, franchissaient, pour ainsi dire, 
sans Y penser ? 



Si Masperû recommandait avec insistance l'utilisation linguisticjue des documents en 
écriture démoti(|ue, par contre, en 1870 du moins, montrait-il quelque dédain pour leui- 
contenu : « des prières funéraires, des formiiles magicpies hérissées de noms baro(iues. des 
contrats de vente et d'achat » ; et il prenait un peu ;i son compte le jugement des personnes 
<(ui « pensaient ([ue le résultat final ne valait pas la peine qu'il fallait se donner pour 
Tobteuir». ('ertes, il ne se serait plus exprimé de la sorte à la fin de sa vie, car, à l'unique 
texte littéraire connu en 1870 s'en sont venus joindre plusieurs autres, d'importance égale, 
et dont, lui-nu'me, il a donné des traductions minutieuses et élégautes. En outre, c'est 
seulement dans les (quarante dernières années que la papyrologie grec(iue, à la suite de 
découvertes sensationnelles, a pris ce prodigieux développement (pxi en fera désormais 
l'auxiliaire indispensable de quiconque étudie par le menu les institutions et la vie privée 
de l'antiquité classitiue. Déjà l'éditem- des papyrus grecs de Paris, Brunet DE Presle, et, 
après lui, Revillout, s'étaient bien rendu compte du rôle que devait jouer le papyrus 
démotique parallèlement au pap\rus grec. Aujourd'hui, grâce au déchiffrement d'un nombre 
considérable de contrats dans les deux langues, il v a, sur le terrain de l'histoire de la 
civilisation, mélange intime entre les deux disciplines, l'une classi(iue, l'autre d'orientalisme ; 
et nul ne saurait dire si. le point de vue strictement linguisti(jue à part, l'étude de cette 
classe de pièces démoti(|ues relève da-vantage de l'égyptologie on de l'hellénisme. 

Aussi, comme il v a lieu de réagir contre la défiance que rencontre parfois l'inter- 
prétation des documents démotiques, défiance provoquée jadis jnir une tr(jp grande hâte à 
produire des résulfat"S encore incertains et surtout par des polémicpies inconsidérées. Quelle 
belle discipline au contraire, pour un esprit tant soit peu précis, est celle qui s'appuie, du 
côté philologi([ue, directement sur la forme la mieux connue de la langue égyptienne, le 
copte, et d'autre part, sur cette histoire grecque cpii procure les avantages attachés à un 
idiome et une littérature confinant à la perfection, et des mieux étudiés qui soient ! 

Devant un papyrus ou une inscription démotique, le déchiffreur est comme un assaillant 
en face d'un objectif éloigné, mais exactement délimité et ([u'il doit conquérir sans le dé- 
passer. A-t-il ramené les éléments linguistitjues de son texte à leurs équivalents coptes, et 
mesuré les menues différences ; a-t-il établi la liaison avec son allié helléniste, dans la zone 
liistori(iue commune, et obtenu les correspondances des termes spéciaux, titres, noms propres, 
etc., sa tâche peut être considérée comme terminée. Il appartient à d'autres d'exploiter le 
succès. Au total, c'est une opération infiniment dure, mais sans très grand aléa. Il faut 
fournir des efforts violents et renouvelés, s'acharner sur les nids de résistance ; cependant, 
une fois dans la position, on n'a guère à craindre d'en être délog'é par un retour offensif, 
car, si l'on n'a pas été piètre tacticien, on doit, sur bien des points, approcher de très 
près la certitude. 

SOTTAS, Papyrus domotiques de Lille. b 



SolTAS, PaI'MU'S DKMoi |(^)li;s DK Iji.i.i:. 



Ce n'est pas tout. Bien (iu'iiik' tvWv propusitioii ;iit rnlliHL' pai-addXiile. les études 
(léinotiques peuvent avoir aujonririiui. au vinii'tièuie siècle, leur utilité ])rati(iue immédiate. 
Elles mettent h même de contribuer, presque sans préparation, aux essais de déchiffrement 
de la correspondance secrète. Il s'est avéré (jue rentrainemeut acquis dans le domaine 
archéologique, au contact des textes les i)lus rél)arbatifs, ])ermettait d'arriver, après ([uel- 
ques semaines d'initiation, au niveau des ci'vpt(dogues spécialisés. Et en effet, malgré 
l'apparence, il s'ag-it de deux gvmnasticpies de l'esprit des plus voisines. Je ne puis établir 
une comparaison de détail : une remar(jue très simple suffira. Rechercher la clef, ou plutôt 
les clefs sujjerposées, d'un chiffrement, c'est partir de la compréhension nulle, pendant une 
période plus ou moins longue, pour aboutir, du moins dans le cas le plus fa.vorable, à 
la compréhension totale et certaine. (.}\\v l'on se reporte à ce qui a été dit plus haut du 
démotique. Ou s'y heurte, dès l'abord, îi des difficultés de lecture ([ui enqjêchent souvent 
de reconnaître, jusiju'à des mots isolés, et privent des ressources ordinaires du philologue, 
syllabaires, grammaires, lexiques, etc. Mis en face de ces textes, l'initié, comme le profane, 
ne sait parfois, pour employer l'expression vulgaire, mais typique, par quel bout les prendi-e. 
Il est réduit à procéder par tâtonnements, à tenter des essais qu'il poursuit on abandonne, 
selon le résultat des vérifications. Et, en fin de comjite, après être parti de très loin et 
avou' parcourvi l'espace maximum dans cet ordre de recherches, il se trouve toucher pres- 
que k. la certitude, en arrivant aux confins des domaines bien connus du cojjte et de 
l'hellénisme. Ainsi, malgré l'extrême dissemblance des matériaux mis en œuvre, les méthodes 
sont sensiblement les mêmes, (1) et notre épo([ue, affolée par Vamor sceleratus hahendi, ne 
pouiTa pas reprocher au démotisant de demeurer captif dans sa «tour d'ivoire». 



B. Le présent ouvrage. 

Fais jiour le mieux avec ce que tu as. 

(Amiral KONARC'H.) 

Lies dimensions indiquées dans les en-têtes sont d'abord la hauteur, puis la larg-eur. 
En cas de contour irrégulier, les nombres se réfèrent \\ la plus grande dimension verticale 
ou horizontale. En photographiant, on a réduit le moins ])ossible, et pas du tout dans 
certains cas. 

(1) Le P. KlRCHEi;, fondateur de la science égyptologi(jue moderne, avait inventé, entre autres choses, un nouveau 
procédé de chiffrement. — J'ai été quelquefois surpris d'entendre exprimer par de bons esprits, évidemment abusés, cette 
opinion que nul système cryptographique n'est indéchiffrable. En théorie peut-être, et l'on en pourrait dire autant de 
tout langage inconnu et de tout «hiéroglyphe», puisqu'ils ont été jadis compris par des milliers d'individus et qu'il 
suffit d'un hasard heureux pour en livrer la clef à d'habiles chercheurs. Mais, dans la pratique, c'est autre chose, et, 
comme on dit, ceux qui parlent ainsi, je voudrais les y voir. « Les types généraux sont peu nombreux, mais le détail 
est d'une extrême complexité », cette remarque s'adapterait exactement à l'art cryptographique, bien qu'elle ait été 
écrite pour caractériser le langage ordinaire (A. Mkh.i.kt, Linguistique historique et linguistique générale, p. 20). En fait, 
la multiplicité des surchift'rements, le désordre voulu des vocabulaires, la rapidité des changements ne sont pas limités, 
si ce n'est par le danger que courent les correspondants de ne plus s'entendre eux-mêmes, quand ils sont dans l'im- 
possibilité de communiquer « en clair » de temps en temps. Bien des systèmes sembleraient dépasser la capacité 
d analyse des cerveaux les mieux doués, si l'on ne comptait sur les fautes de l'adversaire. 



Le présent ouvrage. XI 



M. J. BlENAlMÉ, pliutotvpeiir à Reims, ;i droit d'èti'c l'élicitt' p(i\ir la l)()niie cxéoution 
(les planches, en raison des grandes difficultés r(''sidt;nit de la teinte foncée de In plupart 
des papyrus. 

Pour les pièces présentant, au moins par places, une mince couverte blanche, par 
suitt' d'une élimination insuffisante du plâtre, on a usé avec succès du procédé indiqué par 
r>. P. Grenfell {J. E. a., V, p. 16). L'huile de vaseline pure employée suffit à cet usag-e. 
mais ne ravive jjas l'encre pâlie, connue li' fait la paraffine, si l'on en croit cet auteur. 
Au bout d'une dizaine de jours, le plâtre reparait, jiuuii. En ré))étant l'opération plus de 
<leux ou trois fois, on risquerait de trop renforcer la valeur du fond, et cela aurait des 
inconvénients graves, pour la ])hotographie, sinon pour le déchiffî-ement. 

On sait (|ue la « reproduction méçani(iixe > est actuellement, et avec raison, exigée par 
les démotisants. Cependant il s'est déjà trouvé deux personnes pour me réclamer des fac- 
similés au trait, connue plus aisés ;i lire. J'ai le regret de ne pouvoir accéder ;i leur désir, 
cela pour trois raisons : 

1» Il m'est resté, après Idessure, un léger treudjlement (pie je ne puis maîtriser au 
bout de ([uelques minutes de cette application ([u'exige un dessin soigné. Je n'ai pas encore 
d'élève assez exercé paléograplii(|uement pour me suppléer dans cette tâche. 

2" Les temps sont trop durs pour (|u'on puisse se donner le luxe d'une phototypie et 
d'une ziiu-ogravure pour le même document. Dans les cas désespérés (N"-' 3, 29 et 30 seule- 
ment), j'ai préféré retoucher. Ce procédé a des inconvénients que je suis loin de mécon- 
luùtre. 

3° Grénéral émeut, pour les passages de conservntion imparfaite et où la ])hotographie 
manque de netteté, il est impossible de faire une copie à la. main satisfaisante. Ce n'est 
pas là, comme on pourrait le croire, une opération purement matérielle. Il s'y mêle, malgré 
([u'on en ait, un élément subjectif. J'en ai fait maintes fois l'expérience : un fac-similé d'un 
texte encore incompris se montre le plus souvent inexact, une foi§ le déchiffrement para- 
chevé. (1) Si donc le dessin n'a de valeur que dans le cas où le passage est correctement 
interprêté par l'éditeur, on a autant fait de se fier à sa transcription. Ces remarques ne 
s'appRcjnent pas, bien entendu, lorsfpie l'écriture est simplement pâlie, sans avoir autrement 
souffert, et ne présente pas de difficidtés spéciales de lecture. 



Dans les transcriptions et les traductions, une ligue de points entre crochets [ J 

indi([ue que V- passage est entièrement détruit et ([ue uulle restitution ne paraît s'imposer. 

Une ligne de ])oints- sans crochets veut dire qu'il subsiste des traces du texte 

ou même que celui-ci est demeuré intact, tout en défiant les efforts du déchifiPi-eur. 

Les transcriptions sont uniformément en caractères italiques. Dans les tradiictions, sont 
seuls en italique les mots isolés ou les membres de phrase dont l'interprétation est donnée 

(1) Un exemple, entre autres. Au N° 31, !. 3, le trait vertical initial du mot ' nj a été omis sur la pi. XVII, 
retouchée, bien que la partie supérieure en soit visible et cela parce que la juste interprétation n'a été obtenue 
qu'après coup. Cf. infra, p. 90. 

b* 



>^II Bottas. pArvias i)KM()ii(,tUKs dk Luj.k. 

connue plus ou uuiins douteuse. Ce qui est eu ciu-actcre romain eug-ag'e pkiucuient la res- 
pousabilité du tvadiu-tcur. 

Le mode de trausrriptiou adopté se rapproche beaucoup de celui ([Ueinploieut les 
dénu>tisants anf>-lais contemporains. On sait qu'il n'est point de .système parfaitement cohéreTit. 
A mon sens, on exag'ère souvent l'importance des (juestions de transcription, en donliaut 
au choix de tel ou tel procédé la valeur d'une profession de foi, d'une adhésion publique 
aux principes généraux défendus par Tune ou l'autre des écoles rivales. H tient îi la miture 
des choses que beaucoup d'égyptologues soient amenés à transcrire des textes, l)ien avant 
d'avoir ac(iuis des idées très personnelles sur les prolilèmes épineux de la parenté linguis- 
tique, de la vocalisation, etc. Il paraît illogique (jue les partis se com])tent d'après ce signe 
extérieur (ju'est la transcription, dont la forme est dé.tenninée souvent, moins par la réflexion 
que par l'habitude, le préjugé ou de légitimes considérations d'ordre prati(iue. Il faut avant 
tout s'entendre, et, eu pareille matière, l'unification est un idéal à poursuivre. Il y a encore 
des personnes qui mêlent aux questions de transcription des questions de nationalité. p]st-il 
besoin de leur rappeler que le système longtemps appliqué et auquel a succédé la série 
pui-ement consonantique actuelle, avait été proposé en 1874 au Congrès des Orientalistes 
de Londres, par R. Lepsius'::' 

D'ailleurs, le litige porte avant tout sur les (juatre premières lettres de l'alphaljet. Or, 
si ce sont des consonnes, le rendu par ", y, ', w, est suftisamment adéquat. Si ce sont des 
voyelles, comme on n'en connaît pour ainsi dire jamais la coloration réelle, force est 
d adopter une représentation conventionnelle ([ui n'engage à rien et on est ainsi ramené à 
la même solution. Aussi je ne me passionne point dans un tel déltat. résidu d'anciennes 
querelles. Des tâches plus sérieuses nous attendent. 

I.ia transcription n'est intelligible — et encore pas toujoin-s — (ju'accompagnée d'une 
traduction. Par nature, elle est amorphe, puiscpril lui man(iue à la fois les ditiéreuciations 
vocalique et idéographique. C'est pourquoi je lui ai substitué, dans le commentaire, une 
transposition en copte, bien plus parlante, lorsque l'a permis la coïncidence des syntaxes 
démotique et copte. L'astérisque eu tête du passage iudi(iue suffisannnent (|u'il s'agit d'une 
transposition et non de la copie d'un texte copte réel. On observera ([ue ce procédé n'a 
i-ien de commun avec celui des premiers égyptologues qui transcrivaient les hiéroglyphes 
eu lettres coptes, phonème par phonème, et non, comme ici. mot par mot. ou. plus exacte- 
ment, membre de phrase par membre de phrase. 

Quant au rendu des noms propres égyptiens sous une forme grecque, je m'y suis 
déterminé, non jjar esprit d'imitation, mais en tenant compte des considérations suivantes : 

1° Les hellénistes sont ainsi mis îi même de reconnaître, îi première vue, les noms (jui 
peuvent les intéresser. Les égyptologues n'ont qu'à se reporter aux transcriptions. 

2" Comme il faut bien restituer la vocalisation et (jue les éléments en sont fournis, 
pour cette époque, surtout par les transcriptions grecques, mieux vaut adopter des formes 
existantes, même modifiées dans leurs terminaisons, (pie d'imaginer (pielque produit bâtard. 

On pardonnera (juelques inconséquences orthographiques aperçues seulement au cours 
de la confection des index. Ceux-ci n'en tiendrojit pas compte, non plus (|ue des variantes 
imputables aux scribes grecs. 



Le présent ouvrage. XIII 



Pour raccentuation des noms propres égyptiens fournis par les textes grecs, il faut, 
comnu- ou sait, se contenter d'à peu près. JoUGUET m"a beaucoup aidé dans leur recherche. 
J'aurais v.olontiers adhéré aux principes abstentionnistes de F. Blass et C. Wesselt (cf. 
Studien, VII. Vorwort), mais, outre (j^ue l'œil est mal satisfait de ce procédé, l'absence 
d'accent, au milieu d'un texte accentué, n"a-t-elle pas. par elle-même, une signitication pré- 
cise V A une erreur certaine on doit préférer nue erreur seulement possible. 



Le texte des enregistrements grecs des N''^ 12 à 21 m'a été remis par mon savant ami 
Pierre Jougdet, en même temps (pie les originaux. Il a aussi vérifié et rectifié en partie 
mes lectures des notices grecques très cursives inscrites au verso des N°" 9 à 11. (*'esl 
encore à lui que je dois la copie intégrale du grand ])ap^■rus grec reproduit comme com- 
plément du N° 29. Ses conseils m'ont été précieux en plusieurs occasions. J'ai cru cepen- 
diint ne devoir faire appel (iu'ave<- discrétion ;i sa profonde connaissance de l'Egvpte g-réco- 
romaine, i)arce (jue mon rôle d'éditeur ne comporte pas, de notre avis commun, tme étudt 
exhaustive des (|uestions historiques soulevées par les nouveaux textes. La situation du démo- 
tisant est assez particulière. En matière d'histoire, saixf pour les survivances des temps 
pharaoniques, on peut dire, en retournant le mot du Tiraée, (pi'ilsera « toujours un enfant > 
à côté de l'helléniste. S'il s'engage, fût-ce sous la conduite du meilleur des guides, dans le 
dédale de la papyrologie grecque, il change de discipline et perd forcément le contact 
étroit avec l'égvptologie ])roprement dite, ('ertes. pour traiter à fond un problème inté- 
ressant les institutions d'époijue gréco-romaine, il fattt, comme l'écrivait Maspero en 1904 
{ Revue Critique, II. p. 116 1. la c< )llaboration constante d'un orientaliste et d'un helléniste » . 
Cette formule, nous sommes liien résohts, Jouguet et moi, à la faire nôtre. (1) Mais pour 
une editio prinveps, (pion ne peut pas grossir outre mesure, l'égyptologue doit se contenter 
(lu rôle, modeste seulement en apparence, de traducteur exact et fidèle. S'il s'adresse aux 
données de l'histoire, c'est en tant (pie philologue et pour éclairer les obscurités de son 
texte. Il a rempli sa tâche en fournissant une version susceptible d'affronter la critique des 
démotisants et d'inspirer confiance à ceux qui ne le sont point. 

Cette confiance ne se refusera pas. je l'espère, car on n'aura pas îi constater des écarts 
considérables entre l'opinion de mes contemporains et la mienne, lorsque nous aurons été 
appelés à traiter de faits connexes. Le travail trop unilatéral et la p(jlémique ont fait leur 
temps, dont le retour n'est pas à souhaiter. Je me plais à reconnaître le mérite et l'utilité 
des ouvrages dûs aux savants énumérés plus haut, et auxquels il faut associer W. Max 
Mûller, J. J. Hess et Fe. Lexa. Si, par contre, des divergences de détail surgissent, elles 
sont plutôt de nature ;i renforcer la confiance, en montrant ([ue, (|uand il y a accord, 
celui-ci résulte d'une véritable convergence de vues et non d'une acceptation sans critique. 
i\ l'aveugle, des résultats ac(|uis antériem'ement. C'est pourquoi je n'ai pas cru devoir 
atténuer. Si un certain nombre de petits mainjuements relevés, par exemple, dans l'édition 

(1) Surtout quand aura été organisé, à Paris, l'indispensable laboratoire de papyrologie. J'ai d'ailleurs prié 
JoUGiTET de rédiger, d'après les épreuves ((ue je lui ai remises aussitôt la composition terminée, un mémoire où il 
consignera son opinion sur les faits à éclaircir et qui paraîtra à part. 



XIV SoTTAS, Papyrus démotiques diù Lille. 



lies papyrus du Caire, sont dus à l'exécution d'une tâclie considérable en un tenij)» limité, 
n'oublions pas ([ue le principal reproche fait à Revillou'1' était de travailler trop liâtivenient 
et qu'où ue lui tenait pas toujours assez de compte de l'innueusité du dcnnainy défriché, 
«Unit chacun cependant savait tirer profit. Moi-même, contraint daller au plus pressé, 
je connnets parfois l'injustice de citer des résultats, dûs à Revillouï, d'après des 
ouvrages ])lus récents et surtout mieux ordonnés que les siens. Je tiens à en avertir le 
lecteur. 

J'ai donc borné, intentionnellement, mon effort de documentation dans les directions 
excentriques. Au contraire, en tant qu'égyptologue. j'eusse voulu être aussi complet que 
possible. Non pas pour un vain étalage d'érudition, mais pour choisir, dans chaque cas, 
l'exemple le mieux approprié. Si, de ce côté, il y a des lacunes, et il y en a forcément, 
je les déplore, mais ne puis en assumer l'entière responsabilité, car elles résultent, au moins 
eu partie, d'un ensemble de conjonctures si exceptionnellement défavorables que le lecteur 
m'excusera de ne les point passer sous silence. 

Santé très ébranlée depuis la guerre, mémoire fatiguée et cajiacité de travail bien 
diminuée. 

Le fait de n'avoir pas eu de maître, car la mesure prise en 1908 à l'égard de 
Revillout et les réflexions f[ue j'entendais, m'ont écarté de son enseignement. Pourtant, je 
m'en rends compte aujourd'hui, il ne m'eût pas abusé longtemps avec du « démotique de 
fantaisie»: et, quand on s'attaque à de la matière aussi peu organisée, le métier d'auto- 
didacte peut être un bon entraînement, mais conduit à enfoncer une suite interminable de 
portes ouvertes, sport déprimant h la longue, sans parler du temps jjerdu. 

Le retard et le désordre apportés par cinq années d'interruption dans le dépouillement 
méthodique de la littérature égyptologi(jue. L'impossibilité d'v remédier en faisant appel à 
la grande expérience de G. Maspero, dont j'avais tant esconq)té le retour à Paris. 

Le fait de n'avoir pas hérité la moindre note de mes devanciers. N"est-il pas stupide 
d'être obligé de compléter soi-même, au hasard des lectures ou en incorporant des index, 
son exemplaire du dictionnaire de Peyron, ou encore de se constituer, tout seul, un ré- 
pertoire onomastif[ue, forcément incomplet dans ces conditions V 

Les difficultés, d'ordres pécuniaire et autres, empêchant ([u'on se jirocure les livres 
parus à l'étranger, surtout pendant et depuis la guerre. Les seuls ouvrages allemands 
postérieurs à juillet 1914 (|ue j'aie pu consulter sont mentionnés ci-après. La liste de ceux 
qui me manquent, et non moins aux bibliothèques publi(|ues, dont plusieurs très importants 
pour la lexicographie, serait beaucoup plus longue. Tous les érudits, mes compatriotes, 
soufîi-ent plus ou moins de cette situation, mais elle est encore plus pénible quand on se 
trouve seul en face de l'étranger, mieux pourvu. 

La cessation presque totale des échanges de livres entre collègues, c[uand on a, soi- 
même, interrompu sa production, fût-ce pour le plus louable des motifs. La (juantité d'ou- 
vrages à ac([uérir (faute de les recevoir autrement) déterminée en raison inverse des moyens 
dont chacun dispose d'autre part. La nécessité, pour le démotisant, d'avoir dans sa biblio- 
thèque les principaux livres intéressant les hiéroglyphes, le copte, la jjapyrologie grecque. 
L'impossibilité de trouver les renseignements sur la grammaire, le vocabulaire et la paléo- 



Le présent ouvrage. XV 



o-raphic démoti(iue.s, ailleurs ([ue dans les notes et les index des grands ouvrages îi planches, 
d'un prix souvent prohibitif. 

Le fait de ne pa^ disposer d'un crédit d'un centime pour achat de matériel; et, comme 
correctif, de pratiquer et d'enseigner la spécialité égyptologicpie réputée la plus décevante et 
la moins susceptible d'être vulg-arisée, avec les plus faibles émoluments de tout l'enseigne- 
ment supérieur (\5 du maximum). Enfin, titularisation retardée de toute la durée de la 
guerre, et agrémentée d'une surprise qui m'a empêché, notamment, de reprendre les achats 
de livres avant la hausse vertigineuse. 

Dans de pareilles conditions de travail, d'où sont absentes, par force, et la continuité 
(le la tradition, et la coordination des efforts, et encore d'autres choses, nul ne saurait se 
flatter d'être à l'abri des tracpienards bibliographiques, petits ou grands. Un moyeu d amé- 
liorer mou livre eût été de le laisser sur chantier un an ou deux de plus; mais, vu le 
reproche de carence adressé à la science française, j'ai cru devoir adopter ce principe 
directeur : faire vite. 



(Test avec un sentiment sincère et profond que j'adresse ici mes remercînients îi Pierre 
Jouguet, qui, voulant réserver la publication de ses papyrus l\ un compatriote, m'a témoigné. 
dès nos premières conversations, une confiance (|ui ne s'est jamais démentie et a contribué 
à cimenter une amitié solide. 

M. P. Geuthner a bien mérité de la science égyptologifjue en engageant, à une époque 
[)eu favorable, les frais de cette édition. 

Le manusci-it du présent ouvrage a été envoyé à l'impression le 15 janvier 192L La 
correction des épreuves était terminée à la date indiquée ci-dessous. 



Paris, 20 septembre 1921. 



Principales abrévations. 



il. Z. = Zeitschrifl filr agi/ptisdu: SpracJic und Atterliimslundc 

B. C. H. = Bulletin de Correspondance HrUéniquc 

B. I. F. A. O. = Bulletin de l' Institut français d' Archéologie 

orientale 
Djême = Cuuji et S'rErNiionKF, h'eclitsurkunden ans Djùme 
Erbstreit = Gradenwitz, Piœisigke et Spiegelbeiig, Ein 

■ Erbstreit aus dem ptolemaischen Agypten 
Grundzilye == Wilckek et Mttteis, Grundziige und Chresto- 
mathie der Papyruskundi:. (Quand il n'y a pas de 
nom d'auteur, sous -entendre : Wri.CKEX. Le nom 
d'un des auteurs, suivi d'un numéro, renvoie à la 
Chrestomathie) 
.7. A. = Journal Asiatique 



J. E. A. == Journal of ((lyptian Archaeology 

Lagides = BoucnÉ-LErLEKcq, Histoire des Lagidc.s 

O. L. Z. = Orientalistisehe Literatur-Zeitung 

Pap. Mag. = Gkiffitii et Thompson, Tlie demotic magical 

paptjrvs of Loiidon and Leiden 
P. S. B. A. = Proceedings of Ihe Society of hiblical Archaco- 

Recueil = lîecucil de Travaux (Egypte, Assyrie) 

Pylands = GElFFlTjr. Catalogue of the demotic pap yri in tJie 

lîylands librury (tome III) 
San Nicolo == — . Agyptisches Vercinsicesen rair Zeit der 

Ptolemarr ttnd Jionier 
Urkunden = Urlnindcn des âgyptischen Altertums. 



NATURE. HISTOIRE ET INTERET DE LA COLLECTION. 

Lies papyrus publiés ci-après ont été choisis parmi plusieurs centaines de fragments provenant de 
l'Institut papyrologique de l'Université de Lille. Rapportés d'Egypte par Pueeke Jouguet à la suite de ses 
campagnes de fouilles de 1901 et 1902, ils ont été peu à peu extraits des cartonnages en même temps 
que les papyrus grecs auxquels ils se trouvaient intimement mêlés, ainsi qu'il arrive fréquemment. Pour 
les questions matérielles, il suffira de renvoyer aux publications des papyrus grecs de Lille et des papyrus 
de Magdôla. 

Parmi les documents actuellement lisibles, en dehors des 33 pièces ici reproduites, il en est encore 
qui méritent de retenir l'attention. En outre, le déroulement n'est pas terminé et réserve peut-être des 
surprises. Il y aura là la matière d'un deuxième tome. 

Les documents démotiques ont été mis à ma disposition par le Directeur de l'Institut papyrologique, 
à fins d'études et de publication, en plusieurs fois. Le N° 1 m'a été apporté, à titre de spécimen, par 
Jouguet, eu novembre 1913. J'ai été chercher moi-même à Lille, à la fin de décembre de la même année, 
un lot important dont sont extraits les N"^ 2, 3, 5 à 8, 27, 28 et 30 à 33. Le tout a été conservé pendant 
la guerre au Musée Guimet. Le reste étant demeuré inaccessible pendant l'occupation, un second lot 
m'est parvenu de Lille à la fin de mars 1920, dont j'ai tiré les N°^ 4 et 12 à 26. Un troisième lot, 
arrivé au milieu de juin, a fourni le copieux N° 29. Enfin les X"^ 9 à 11 m'ont été remis au milieu de 
juillet. 

Sans anticiper sur les questions de date, on peut dès maintenant isoler deux grandes catégories, les 
pajiyrus du IIP siècle et ceux du IV'', le tout avant J. C. Le premier groupe appartient à une époque 
bien fournie en documents grecs et égyptiens de nature diverse. Or, si «la période hellénistique», comme 
l'a dit M. RosïOVTZEFF, «est une des plus importantes époques de l'évolution du monde», le premier siècle 
qui a suivi la conquête macédonienne et a vu fusionner progressivement les civilisations, sollicite au 
maximum la curiosité. Ici les monuments se présentent souvent par sous-groupes se rapportant à des faits 
de même ordre. Cela nous met en bonne posture pour saisir les modalités de telle institution et en aperce- 
voir les aspects variés. 

Le second groupe, préptoléma'ïque, montre cette écriture qu'il est convenu d'appeler « démotique 
archa'ùiue » et dont l'étude constitue une sjiécialité dans une spécialité. Nos N"' 22 à 28 ont leur importance 
pour l'histoire de la paléographie. En 1909, M. Griffith (Rylands, p. 31) rappelait l'existence d'une lacune 
d'un grand siècle dans la série des contrats démotiques entre Darius P'' et Alexandre. Quelques rares 
pièces attribuées hypothétiquement par Revillout aux règnes d'Artaxerxès I", d'Amyrtée ou d'Hakoris 
restaient inédites. Seul, un contrat portant le nom de Darius (reproduit par Revillout dans sa Chrest. cUm., 
p. 295 sqq et dans son Corpus j'X'pyi'orimi, N" 3) a été assigné avec beaucoup de vraisemblance par cet 
auteur au dernier souverain du nom. Mais, précisément parce qu'il s'agit du vaincu d'Arbèles, la lacune 

SOTTAS, Papynis démotiques de Lille. \ 



SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



se trouve légèrement rétrécie, mais nullement comblée, car le document peut être rattaché paléograpliique- 
ment au groupe appartenant à la toute première jjériode ptolémaïque, englobant les règnes des deux Ale- 
xandre, d"Arrl)idée et du premier Ptolémée. L'écriture y est déjà fixée, à quelques détails près, selon le 
mode ptolémaïque. On peut en dire presque autant du papyrus Libbey, écrit durant la révolte de Khabbash 
et dont laspect scriptural semble confirmer les déductions des auteurs qui, comme Spieoelbeeg, Maspeeo, 
Gauthier, contre Becgsch et Gkiffith, retardent le règne de Khabbash jusque vers la fin de la période 
perse. C'est pourquoi les spécimens qui se situent entre Darius I et III doivent être spécialement 
bienvenus. 

La publication des papyrus du Caire a fait connaître un certain nombre de fragments remontant à 
la période envisagée et dont deux sont datés. Le premier (N°^ 30899 — 30903), de l'an 6 d'Hakoris, avait 
déjà été signalé par Revillout. L'autre (N° 30871) est de l'an 16 de Nectanébès. Le malheur est que ces 
deux pièces sont demeurées à peu près indéchiffrables, ce qui en réduit beaucoup la valeur, même au 
point de vue paléographique. La lecture Nht-Hr[-hhJ n'est pas même absolument inattaquable, car le trait 
qui, sur le fac-similé, paraît représenter la partie antérieure de '^^ peut aussi bien être pris pour le 

Il qui accompagne généralement ■! o, et les traces qu'on trouve ensuite conviennent aussi bien à ^z:^? 

qu'au complément de '^i. . Aussi, à moins que l'original ne soit plus clair, peut-on hésiter entre les deux 
Nectanébo. Autant qu'on en peut juger dans un état de choses aussi défectueux, le caractère archa'i'que 
de ces papyrus du Caire, même de celui d'Hakoris, est relativement peu accentué. 

On dispose maintenant d'une bonne photographie du papyrus du British Muséum que Revillout, 
depuis longtemps, attriliuait à l'an 5 d'Amyrtée {Revue Egyptologique. XIV, pi. 1 — 2; cf. H. Gauthiee, 
Livre des Rois, IV, p. 159 sq.). Malheureusement, millésime et nom royal y sont tout à fait indistincts. On 
en est réduit à admettre de confiance que l'identification de Revillout est aussi exacte ici que dans la 
Chronique démotique, malgré la graphie différente de l'élément (1 QA ^ — "H, à ligne 1. Si cette suppo- 

sition n'est pas infirmée par la compararaison paléographique du document, ainsi daté de 400, avec notre 
X» 22 — 23, de 371 (v. p. 8), cependant il n'y a pas certitude. Nous n'avions donc jusqu'ici, entre le premier 
et le dernier Darius, aucun repère de tous points satisfaisant. 

Les manuscrits reproduits ci-après aux planches IX à XIV appartiennent à cette époque de transition 
capitale pour l'histoire de l'écriture. Ils sont peut-être trop fragmentaires pour fournir beaucoup de données 
à l'histoire des institutions. Mais ils sont précieux pour étudier les origines du formulaire ptolémaïque et, 
comme ils présentent des passages étendus généralement compréhensibles, leur grande valeur paléographique 
est indéniable. 

Dans l'ensemble l'état de conservation n'est pas excellent. C'est ce qui arrive trop souvent aux 
papyrus extraits des cartonnages. Mais si nos documents ne peuveiit rivaliser, pour l'aspect matériel, avec 
certaines belles pièces intactes et bien lisibles, du moins possèdent-ils ce mérite primordial d'être exempts 
de banalité. 



PROVENANCE DES PAPYRUS. 

La plupart ont été découverts à Medinet Ghôran. Seuls, les N"^ 6, 27 et 28 proviennent de Medinet 
en Nahas, l'antique Magdôla, située à deux heures de marche au sud de Ghôran. Sur ces deux sites 
de la partie sud -ouest du Fayoum, on consultera les rapports de Jouguet dans le B. C. H. (1901, 
p. 382 sqq et 1902, p. 95 sqq), ses travaux subséquents et ceux des autres membres de l'Institut 
papyrologique. 



Provenance des Papyrus. 



La distinction chronologique déjà signalée paraît coïncider avec une autre qui a trait aux lieux 
d émission. Ainsi qu'on le verra plus loin, les papyrus préptolémaïques doivent être attribués en bloc à 
Héracléopolis magna, donc à la région limitrophe du Fayoum au midi. 

Parmi les localités nommées dans les pièces du IIP siècle, la Bérénice du N° peut être située avec 
certitude, sinon avec une précision absolue, aux environs des ruines d'Euhéméria, dans l'ouest de la pro- 
vince. Une autre, Pisaï, mentionnée aux N°* 1 et 29, fournirait un repère fixe si la lecture en était cer- 
taine et l'identification assurée avec la moderne Ibshawi, à quelque 25 kil. à l'est d'Euhéméria. Sur une 
Arsinoé, connue par les N°* 2, 3, 4 et 21, nous n'avons aucune donnée, si ce n'est qu'elle relève du dis- 
trict de Thémistés et peut-être, selon une indication supposée incomplète du N° 2, qu'elle était riveraine 
du même canal que la Pisaï susnommée. Une autre raison peut inciter à croire au voisinage des deux 
localités, c'est que des individus domiciliés dans l'une et l'autre se sont fait établir des contrats par un 
même Marrés. 

Bien que le silence des autres documents en matière de topographie laisse la porte ouverte à bien 
de suppositions, on sera tenté de grouper les lieux d'émission des pièces ptolémaïques dans l'angle formé 
par la lisière du désert à l'ouest et la rive sud du Birket Karoun, "sans trop s'éloigner du sommet. On 
voit que les sites où nos documents ont attendu la venue des fouilleurs occupent une position moyenne 
entre les régions d'émission des deux groupes. Les archives de plusieurs localités de la partie occidentale 
et méridionale de la province ont dû se trouver centralisées par un marchand de papier en gros. Il 
est remarquable que dans le lot figure une pièce statistique (notre N" 32) établie par un bureau connais- 
sant de certaines affaires administratives intéressant, semble-t-il, le nome tout entier. Le stock a dû ensuite 
être réparti entre les fabricants de cartonnages funéraires fixés à Ghôran et Magdôla, ou entre les clients 
locaux d'un même industriel fournissant tout un canton. En effet le N° 27, qui semble bien former bloc avec 
les archives d'Héracléopolis, a été trouvé à Magdôla, ainsi que le N" 6, lequel traite des mêmes affaires 
et est sans doute de la même main que le N" 7, de Ghôran. 

On complétera ces considérations avec les données fournies par les papyrus grecs de même pro- 
venance. Je n'en ai pas tenu compte à dessein, de crainte de me laisser entraîner hors de mon rayon d'action. 

L'ensemble des N"^ -22 à 27, et peut-être aussi 28, constitue un groupe homogène en ce qui concerne 
le lieu d'émission. Le nom même d'Héracléopolis magna se lit sur les N"^ 22 — 23 et 26. Dans 22 — 23, il 
est question des « dieux d'Héracléopolis », mention trop générale pour être accidentelle. Dans 26 l'objet du 
contrat est une propriété sise au N. E. d'Héracléopolis. La graphie du nom de la ville réf)ond ;i l'cr'ùio- 

graphe la) ©, qui est la plus anciennement attestée. La leçon avec M . que l'on retrouve, non 

seulement postérieurement, au Livre des Morts démotique (éd. Lexa, N" 325), mais, antérieurement, sous 
Darius I^'', aux papyrus Rylands, est connue en hiéroglyphes dès le Moyen Empire. (Cf. Eylands, p. 220, 
n. 14 et Sethe, A. Z., XLIX, p. 16). A noter que la stèle hiéroglyphique de Naples provenant d'Héracléo- 
polis {Urhunden II, p. 1 sqq) et de peu postérieure à nos papyrus, montre la même orthographe qu'eux. 
Le choix de l'une ou de l'autre forme est donc indépendant de la chronologie et déterminé, soit par des 
habitudes locales, soit par la nature des documents. 

Le dieu Harsaphès, patron d'Héracléopolis, est mentionné aux N"^ 22 — 23 et aussi 27, où l'un des con- 
tractants est un fonctionnaire attaché au temple de ce dieu. 

Le nom divin est suivi du surnom Somtheus, souvent attribué à Harsaphès, dans 22 — 23. Il apparaît 
en outre dans des noms propres théophores, soit seul, soit en composition : Somtheus (22); Semtôouitef- 
necht (26); Semtôouierdys (27). Cf. le nom hiéroglyphique T T ï ^ "^ — a du -prince d'Héracléopolis dans 
la stèle de Naples susmentionnée. 

Le sanctuaire d'Héracléopolis ■^ " i=-n, —O- (1 „ (Cf. Grzffith, £/m«s^e, p. 7 sqq) con- 

sacré à un Osiris local et dont l'entrée méridionale est assimilée à ~^ r^/^>i (Livre des Morts, 

1* 



SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 



Chap. 17, § 13) apparaît daus les déuominatious : Osiris de Neref (22 — 23 — 24; cf. Ri/lands. p. 423); 
Osiris de Busiris résidant à Neref (22); Harpsenisis de Neref (24). Nous sommes sans nul doute 
dans cette m'-cropolc située au N. 0. do la ville, sur le seuil qui sépare le Fayoum méridional de 
la vallée. 

Enfin l'éphitéte '^^^::z:7 fréquemment accolée au nom du dieu TIarsaphès, se retrouve dans le 

nom d'homme Harmachoros (22 et 26). 

Sur l'importance prise par Héracléopolis durant cette période, et ses relations étroites avec le 
Fayoum, cf. li'i/Jandi<, p. 75 sqq. 



Numéros 

des 
papyrus 



Eoi régnant 



Dates initiales ou finales 



Dates dans le corps deB textes 



1 

2 ext. 
2 int. 



4 ext. 
4 int. 
5 

9 int. 

9 ext. 
10 
11 

12—20 

21 
22 

29 
32 



33 



Ttolémée III 
id. 
id. 

id. 

Ptolémée II 

id. 
Ptolémée III (?) 

Ptolémée III 

id. 
id. 
id. 

Ptolémée II 

Ptolémée III 
Nectanébos 
Ptolémée III 
Ptolémée (II) 



au 4, Athyr 

an 4 = 5, Pliaménoth 9 

an 4, Pliaménoth 

an 4, Mésoré, 2" épagomène 

an 38 = 39, Tybi 20 
[an 38 =] 39, Tybi 20 
an 2, Épiphi 20 

an 25 = 26. Tvbi 



an 25 = 26, Tybi 

an 25 = 26, Tybi 
[an 34 = 35 

[texte grec : an 35, Pachons 
[an 9, Épiphi 
[texte grec : an [10], Épiphi 20 

an 8, Pliaménoth 

an 24, Méchir 



Ptolémée II ou III î an 24=25, Pliaménoth 18 
( (voir commentaire) 



34 jours 



depuis l'an 4, Athyr 

depuis l'an 4 = 5, [Phaménoth 9] 

depuis Tan 4 = 5, Phaménoth 9 

depuis l'an 4, Mésoré, 2<"épag 

jusqu'à l'an 5, Thot 30 

depuis l'an 38 = 39, Tybi 20 

depuis l'an [38 = 39, Ty]bi 20 

depuis l'an 25 = 26, Tybi 
jusqu'à l'an 26, Athyr 30 
jusqu'à Fan 26, Athyr 30 
jusqu'à l'an 26 = 27, Athyr 30 
jusqu'à l'an 26 



10(?) 



(depuis l'an 24. Méchir 1 . 

! 1 an de obo jours 
I jusqu'à l'an 25, Tybi 30 J 

an 22 

Épiphi 

jusqu'à Méchir 30 

Phaménoth 

jusqu'à Pa[chons] 30 

Payni 10 

jusqu'à Payni 11 



Dates des Papyrus. 



DATES DES PAPYRUS. 

Ou trouvera groupées dans ce chapitre et traitées d'ensemble les ([uestious relatives aux dates portées 
sur les documents. Les disperser dans le commentaire ne pourrait ([ue nuire à la clarté. 11 sera dérogé 
quelquefois à cette règle, notamment au commentaire des N"^ 3, 1.1; 4, 1. 2 et 29. 1. 4. Le tableau synop- 
tiijue ci-contre facilitera les comparaisons. 

A. Papyrus ptolémaïques. 

Parmi les pièces datées, la plus ancienne est de l'an 34 de Pliiladelphe; la plus récente de l'an 25 
d'Evergète !"■ Quant aux autres, leui's caractères paléographiques ne les éloignent nullement de cette 
même période. Ceux des monuments non encore publiés ici qui sont datés confirment cette impression, et 
montrent que, dans l'ensemble, la collection appartient au règne de Ptolémée III, en débordant de quel- 
ques années sur celui de son prédécesseur et peut-être aussi de son successeur. 

Si les questions de datation sont délicates à toute époque, elles atteignent rarement le même degré 
de comi)lexité qu'au IIP siècle av. J. C. Les deux systèmes parallèles de double datation : année égyptienne 
et année macédonienne d'une part ; années égyptiennes fiscale et régnale de l'autre, ont exercé la sagacité 
de nombreux papyrologues. Sans remonter au delà de l'étude de M. Botiché-Leclebcq {Lagides, II, Appen- 
dice, p. 375 sqq et IV, Appendice II, p. 277 sqq), on citera: Wilcken, Gnmdzilge, Einleitung, p. LVIIsq; 
J. LESQtriEE, Archir, IV, p. 284 sqq et Papyrits de Magdala, Introduction, p. 34 sqq; Cavaignac, La Chro- 
nologie égyptienne au IIP siècle av. J. C, ap. B. C. H., 1914, p. 5 sqq; C. Edgae, On tlie dating of early 
ptol. papyri, apr Annales du Service, XVII, p. 209 sqq et Afurther note on early ptol. Chronology, ih., XVIII, 
p. 58 sqq. Loin d'envisager l'ensemble des problèmes posés, je me bornerai à celui des années dites fis- 
cales et régnales, et encore en n'en considérant qu'un seul aspect, la manière dont se comportent les docu- 
ments égyptiens connus depuis peu, en face de l'hypothèse émise jadis par Smyly et qui tend à s'imposer 
cliaque jour davantage. Je ne me référerai pas même aux documents à double datation qui ont allongé 
la liste de Bouciik-Lecleecq (IV, p. 291) et pour la plupart ont été déjà confrontés avec la tbèse de 
Smyly. Seront pourtant introduits dans la discussion les Papyrus démotiques Hauswaldt, juiblication coû- 
teuse, peu l'épandue en France, et, sauf erreur, restée inutilisée à ce point de vue. 

On connaît la solution proposée par Smyly' {The revenues years of Philadelphus, Evergetes I and 
Philopator, ap. Hermathena. 1906, p. lOGsqq) : l'année fiscale est «comptée à partir de quelque date toute 
proche de Téquinoxe du printemps». On précise quelquefois davantage : le 1" Méchir. C'est là eu quelque 
sorte, une moyenne, l'équinoxe vernal se déplaçant du 20 Tybi au 10 iléchir environ pendant la période 
considérée (285 — 204). Si l'on admet, avec la majorité des auteurs, que dans ces conditions, l'année de 
règne correspond à l'année vague commençant au P'' Thot, on aboutit à cette conclusion simple que pendant 
5 mois de l'année de règne (Thot, Paophi, Athyr, Choiak et Tybi), les deux années portent le même 
numéro, tandis que, durant les 7 autres mois, l'année fiscale est en avance d'une unité. Donc, en principe, 
nous devons trouver des indications de doubles dates seulement pendant les mois de Méchir, Phaménotli, 
Pharmouthi, Pachons, Payui, Épiphi et Jlésoré. La vérification est aisée, du moins en apparence. Une 
remarque générale est ici nécessaire : malheureusement les saisons npco et ujOiM comportent en démotique 
des graphies fort peu distinctes, inconvénient qui résulte de la similitude des succédanés de \^^ et de (rsa. 
Des confusions sont toujours possibles et il convient de conclure avec circonspection quand les noms de 
mois, sauf ceux des 4 premiers, ne sont pas «recoupés». 

Les N""^ 1, d'une part, et 12 à 20, de l'autre, confirment la loi. En Athyr, une seule année; en 
Pachons, deux années indiquées. Il en est très probablement de même pour le N° 33, bien que la dis- 



6 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 

positiou du texte laisse planer un très léger doute. Par contre, le N° 10 infirme nettement, puisqu'on y 
lit : an 26 = 27, Athyr 30. 

Entre ces deux extrêmes il y a diverses modalités. Tout d'abord, la date troublante apparaît aux 
N°* 9 et 11, qui sont pour ainsi dire calqués sur le N" 10, avec, à cet endroit, l'indication de la seule 
année 26. Ici chacun jugera selon sou tempérament, les uns admettant une distraction du scribe dans le 
N° 10, les autres objectant qu'il a pu, dans 9 et 11, user de la faculté d'omettre la double datation, cas 
fréquent, comme nous allons le voir. Ceux qui tiendront pour valable la date de 10 se référeront au 
dernier document de la liste de Bouché-Lecleecq, enregistré le 4 Tybi de l'an 12 = 13 de Philopator et 
qui a été un peu perdu de vue, à ce qu'il semble. La cause paraît encore plus compromise si l'on fait 
état des dates initiales des N°^ 9, 10, 1 1 et surtout 4, où le mois de Tybi est accolé à un double millésime. 
On neutraliserait ces 4 derniers témoignages défavorables eu avançant le point de départ d'un mois 
environ. Pour éliminer la première difficulté, qui d'ailleurs, reste attachée à un exemjjle unique, il faudrait 
aller jusqu'à deux mois, plus même si l'on prenait pour base l'équiuoxe. 

On peut avoir recours encore à d'autres données. Dans le N° 2, daté de Phaménotb, on lit : an 4 
dans la scnjytura interiov, là où la scriptura exterior a : an 4 ^ 5, et alors que la scriptura interior elle- 
même donne plus loin la même date avec : an 4^5. Ainsi l'année fiscale n'est pas indiquée, bien que 
Méchir soit passé et, d'autre part, le seul millésime exprimé représente l'année régnale. De même le N" 3, daté 
du 2' épagomène rattaché à Mésoré, ne porte pas : an 4 ^= 5, mais : an 4. Comme, en plus, il y a chan- 
gement d'année entre la fin de Mésoré et la fin de Thot, c'est bien, si la théorie est juste, de l'année 
régnale (pi'il s'agit. De cela on a confirmation par le texte déjà mentionné de l'an 12, Tybi, en démotique 
et de l'an 13, Tybi, 4 en grec, et mieux encore, car les faits isolés sont toujours sujets à caution, par 
le groupe des papyrus Hauswaldt. H. 2, 8 et 9 sont des actes de vente de terrains, du même scribe, 
datés, en ég}qitien, de l'an 7 de Ptolémée III, mois de Pachons ou de Phaménotb. L'enregistrement grec 
porte simplement L-r; pour l'année et respectivement lla/wv; ta, <î>ap!j,ouO-i y. et fla/wv; ■/.?>. Bien que nous 
soyons en l'an 7 = 8, le texte égyptien n'accorde aucune mention à l'année fiscale, introduite seulement 
dans l'enregistrement. C'est ainsi que, parmi les autres contrats de vente de la même collection qui, on 
ne sait pourquoi, n'ont j^as été enregistrés, une seule année intervient, même dans H. 3 (toujours de la 
même main), de l'an 2 d'Évergète, Payni ; H. 12, de l'an 2 de Philopator, Mésoré, et 25, de l'an 7 de Philopator, 
Mésoré. Par contre nos N°' 12 à 20 ont an 34 = 35 dans le texte et an 35, Pachons, à l'enregistrement. 

Ce faisceau de témoignages fournis par des documents, soit du Fayoum, soit d'Edfou, permet de 
formuler, avec autant de sécurité que la matière le comporte, les trois propositions suivantes: 

1°. Quand, dans le texte démotique, xme seule année est mentionnée, c'est l'année régnale. 

2». Quand, dans l'enregistrement grec, une seule année est mentionnée, c'est l'année fiscale. 

3°. Dans les documents démoti(jues, l'indication de l'année fiscale est facultative, même quand son 
millésime est supérieur d'une unité à celui de l'année régnale. 

Outre les exemples déjà signalés, la troisième règle se vérifie dans les N"^ 5 et 29. 

On s'attendrait à trouver le comput par années fiscales spécialement sur celles des pièces qui ont 
un caractère fiscal plus ou moins accentué. Cette prévision du bon sens peut recevoir de formels démentis. 
Ainsi les N°^ 2 et 4, qui ont trait à des affaires de police, sont pourvus de la double date. Au contraire 
le N° 21, où la question d'impôts n'intervient pas seulement pour le paiement de r£Y"/-ùv./.tsv, mais constitue 
le fond même du contrat, on lit seulement : an 9 de Ptolémée III, Épiphi. Malheureusement l'année est 
effacée sur l'enregistrement ëtou; [t] è::[âç] y.X, et les noms des éponymes sont aussi perdus. A moins de 
déroger aux règles énoncées précédemment, il faut restituer T. Une difficulté se présente à la ligne 8, 
où il est parlé de rim])ôt, de la taxe de 1 année 9 qui est l'année 10. Il est bien étrange qu'en parlant 
de l'impôt perçu ou à percevoir pour une année, on fasse intervenir l'année régnale. 



Dates des Papyrus. 



Doit-on admettre que le hasard seul a présidé au choix des dates 1" Méchir et 30 Tybi, comme 
limites de validité des statuts du thiase d'Horus-Behoudti cà Pisaï (N" 29)? Les documents similaires, il est 
vrai, indiquent d'autres mois, mais ils appartiennent à la deuxième période ptolémaïque. Au IIP siècle, 
on peut avoir fixé, pour l'acquittement de cotisations versées cà une caisse de société, les mêmes termes que 
pour celui des impôts d'état. Il y a peut-être là un appoint sérieux à la thèse discutée. 

Le N" 3, précieux à plus d'un titre, peut contribuer efficacement à lever un doute exprimé encore 
tout récemment par M. Edgar {loc. cit. p. 218). Reconnaissant que les datations par l'année régulière 
commençant au 1" Thot ont fini par prendre le dessus sur les autres computs, cet auteur se demande 
dans quelle mesure on les employait à l'époque qui nous occupe. Notre N° 3 montre clairement que 
pendant les 34 jours qui séparent le 2" épag. du 30 Thot, il y a eu changement d'année. Situer ce 
ciiangement au 1" Thot est une interprétation d'autant plus acceptable qu'il faudrait admettre autrement 
que l'anniversaire de l'événement auquel se rattache le début de l'année a eu lieu pendant ce même laps 
de temps. Cela cadrerait fort mal avec les données du décret de Canope relatives à l'avènement d'Ever- 
gète, même en adoptant le système d'intercalation le plus favorable. La preuve n'est pas superflue, puisque 
trois procédés sont attestés, fixant l'origine des années de règne égyptiennes : 

1°. au 1"' Thot après l'avènement; 

2". au 1'^" Thot avant l'avènement: 

3°. à l'avènement lui-même. 

Cette troisième manière que, dans le cas présent, notre papyrus élimine, était connue déjà pour cer- 
taines époques, notamment la XX VP, dynastie, et vient de recevoir confirmation pour la XX^, grâce à un 
ostracon hiératique ramassé dans la Vallée des Rois et publié par G. Daeessy {Ramsi's si Ptah, ap. Recueil, 
XXXIV, p. 39sqq). C'est à Gakddœe (J. E. A., V, p. 190) que revient le mérite d'avoir observé que dans 
ces éphémérides (p. 41) il n'y avait pas changement d'année au l''"' Thot et qu'en conséquence l'année 
courait d'un anniversaire à l'autre de l'accession au trône. 

Telles sont les remarques que suggèrent les dates inscrites sur nos papyrus du IIP siècle. En ce 
qui concerne le point de départ, c'est-à-dire la thèse de SitYLV, on peut conclure qu'elle se vérifie géné- 
ralement, mais rencontre quelques exceptions qui sont loin de confirmer la règle. Il se peut d'ailleurs que 
d'autres cas contradictoires soient masqués, du fait que l'inscription de l'année fiscale n'est pas obligatoire, 
et cela diminue la portée de l'argument a silentio. J'ai proposé une correction, le report au début de 
Tybi, mais ce n'est qu'une hypothèse, en quelque sorte unilatérale. Je suis loin de méconnaître la valeur 
des arguments de SiiYLY et d'EDGAit. L'avenir favorisera peut-être une conciliation. 

A la veille de livrer ce travail à l'impression, j'ai pu, grâce à la complaisance de Jouguet, parcourir 
uue épreuve de l'article de J. Lesquier, Les Nouvelles études sur le Calendrier ptolémaïque, à paraître dans 
la Eev. Eg., nouv. série, II, p. 128 sqq, surtout à partir de la p. 147. On voit par ce mémoire magistral 
(|ue le problème croît toujours en complexité. Néanmoins il se pose toujours à peu près de la même 
manière, tant (jue, n'en examinant qu'une face, on laisse hors du débat l'année macédonienne. 

B. Papyrus archaïques. 

Le N° 22 — 23 est daté de l'an 8 de Nectanébos et le X° 27 du règne d'Artaxerxès, le millésime étant 
perdu dans les lacunes. De ces deux mentions, la ])remière est la plus précieuse, puisqu'elle fournit l'année 
et qu'il n'y a pas de doute sur l'identité du souverain, tandis qu'en face du nom d'Artaxerxès, on hésite 
entre trois grands rois, les papyrus archaïques n'ayant point accoutumé de distinguer les homonymes. 

On serait tenté d'attribuer d'emblée le X° 22 à l'an 351. Mais la question se complique de l'incer- 
titude qui subsiste quant à l'ordre de succession des rois des deux dernières dynasties indigènes. En ce 



SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



qui coucerne les trois rois de la XXIX* encadrés entre les deux Néphoritès, G. Daeessy {Annales du Ser- 
vice, XVIII, p. 36 sqq") propose, contre Maspeeo (Histoire, III. p. 755, n. 3), de revenir à l'ordre préconisé 
par "WiEDEMAXN : Mouthès, Psamouthis, Hakoris ; ordre combattu de nouveau par P. Cloche (Eev. Eg., 
nouv. série, I, p. 210 sqq) qui paraît ignorer Daeessy. Quant à la XXX", il faudrait, si l'on en croit 
Spiegelberg {Dem. Chronik, p. 6), mettre en échec une fois de plus Manétlion et admettre la séquence: 
Hakoris, Néphoritès II, Nectanébos, Taclios, Nectanébès. Ainsi, chassé-croisé entre les deux Nectanébo, 

entre le dernier roi indigène et l'antépénultième. D'abord r~"~^^,^ "^^lï ensuite ( "^"^ (^^ ^ Ql )• 

C'est, je suppose, par inadvertance qu'à la page 95 Spiegelberg parle de Tacbos comme devant être 
placé après Nectanébès et qu'à la page 15, n. 2, il fait fuir Nectanébos devant Ochos. 

Si l'on s'en tient au point de vue étroit du paléographe, la combinaison ne peut qu'agréer, qui tend 
à rajeunir Hakoris (de bien peu, il est vrai) et Nectanébès (cf. snjjrctj p. 2), et à vieillir Nectanébos. Les 
ressemblances entre les écritures de Darius I" et le nouveau document de Nectanébos font accepter avec 
soulagement une hypothèse qui rapprocherait les deux règnes. 

Ainsi notre papja-us de l'an 8 de Nectanébos devrait être situé, non en 351, mais en 371 et quant 
à celui du Caire de l'an 16 de Nectanébès, puisque chacun des deux Nectanébo a régné plus de 16 années, 
on le fera passer sans difficulté de 363 à 343. 

Pour le contrat portant le nom d'Artaxerxès, trois jiériodes sont à envisager : 

1°. La totalité du règne d'Artaxerxès P'', de 465 à 425. 

2°. Le début du règne d'Artaxerxès II, alors que, malgré la révolte d'Amyrtée, 1 Egypte n'avait pas 
toute entière recouvré l'indépendance (cf. Maspeeo, p. 751, et Cloché, p. 222 sq), soit environ de 405 à 400. 

3°. La fin du règne d'Artaxerxès III, soit de 341 à 336. 

La communauté de provenance — par provenance j'entends lieu d'émission, soit Héracléopolis — et 
la similitude des écritures et du contenu incitent à rapprocher notre N° 27 du N° 22. Ce dernier étant de 
371, on éliminerait ainsi, comme trop distant, le règne d'Artaxerxès P"^- Si l'on veut opter pour l'une des 
périodes 405 — 400 et 341 — 336, on pourra tenir compte du fait que les N"' 27 et 28 ont été englobés 
dans le même cartonnage et que 28 ne peut guère être antérieur à la conquête macédonienne. Ce serait 
donc la date la plus basse qui l'emporterait. Mais cet indice est des plus précaires et d'autre part l'écri- 
ture apparaît comme plus archa'ique que dans le document de Nectanébès. Si bien que l'incertitude per- 
siste et que seul 22 peut être considéré comme un jalon chronologique bien affermi. Par contre tout fait 
croire que les autres pièces de la série héracléopolitaine ne s'en écartent que d'un petit nombre d'années. 
Le paléographe peut tabler sur l'homogénéité du groui)e. 

Il s'en est fallu de bien peu que le magnifique N° 26 ne nous livre sa date. En effet, le fragment 

e présente quelques éléments d'un protocole : ^^-V- H' -r^l f ' Le nom royal précédait immé- 

, mm.\ &>\ 1 ==V J j\-^. 

diatement. Maigre cette perte, les restes ne sont peut-être pas sans \ aluur, car une épithète commençant 

par OTTtoOM se retrouve au papyrus d'Hakoris mentionné plus haut (p. 2; cf. Gauthier, Livre des Rois, 

IV, p. 164). D'après cette donnée, assez fragile assurément, je propose, sans affirmer, la période de 393 

à 380 pour le joyau scriptural de la collection. 



Cautionnement pour un prisonnier. 



N- 1 à 4. 
Cautionnements pour des prisonniers. — 247 et 243 av. J.-C. 

Tous quatre de la même main. 

N° I. 
243 av. J.-C. — Ghôran 9. — Momie à couronne. — Inv. 231. — m. 34 X m. 183. 

Publié par moi dans le J- Â., 1914, I, p. 141 sij[4, avec planche phototypicjue. Dans une lettre de 
juillet 1914, K. Sethe m'annonçait qu'il consacrerait quelques pages à mes cautions du J^ ^., à la suite de 
son étude, en collaboration avec J. Paetsch, sur les Demotische Biirgschaftsm-kunden, dont le manuscrit 
était terminé. Jusqu'à présent il m'a été impossible de savoir si cet ouvrage («ein starker Band») était 
paru. Recherches dans les bibliographies ou catalogues et commande en librairie sont demeurées sans résultat. 

La scriptura exterior est bien conservée; la scriptiira interior très eHacée. Pour l'ensemble de l'inter- 
prétation, voir l'article précité du J. A., et, ici même, le commentaire du N" 4. 

Traductiou. 

Scriptura exterior. 

1. L'an 4, en Athvr, sous le roi Ptolém(''e, éternellement vivant, fils de Ptolémée 

2. et d'Arsinoé, les' dieux Adelphes. Le Mède (né en) Égj'jJte -Ptah 

3. fils de Necténibis, surnommé Phégémon, dont la mère est Thatrès, dit au Grec Philoxénos, 

4. cbe£ des vigiles du district do Thémistès : Je me porte caution pour Pakusis, fils de Pélaias, qui 

fait partie 

5. des vigiles du Bourg-de-Souchos Pisai dans ton district susnommé et qui est emprisonné par ton 

entremise. Tu me l'as confié et 

6. je le ferai comparaître devanfr toi ou ton représentant dans ledit bourg sur lequel il veille et il 

se conformera à toute condition que tu 

7. lui imposeras en raison de son office de vigile dans ledit bourg; à partir de l'an 4, le 17 Athyr, 

sous le roi éternellement vivant, 

8. comme j'oint de départ, jusqu'au jour où tu le réclameras. Si tu me le réclames, je te l'amè- 

nerai à l'endroit 

9. où tu me diras de l'amener et dans les 5 jours de ta réclamation, sans qu'il puisse se réfugier 

près du temple d'un dieu, d'un autel 

10. du roi, d'un lieu de serment ou d'un lieu d'asile. Si tu le réclames et que je ne te l'amène pas 

à l'endroit 

11. où tu me diras de l'amener, et dans les 5 jours de ta réclamation, sans qu'il puisse se réfugier 

près du temple d'un dieu, 

12. d'un autel du roi, d'un lieu de serment ou d'un lieu d'asile, je mo conformerai à toute condition 

que tu m'imposeras 

13. impérativement, dans les 5 jours qui suivront les 5 jours susdits, obligatoirement. Toute chose 

tout bien m'appartenant ou que je 

SOTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 2 



10 SOTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



14. pourrai actiuérir constituera la garantie du droit établi par l'acte ci-des.sus. Je n'aurai pas le 

droit de dire : « J'ai agi envers toi conformément à tout ce qui est écrit ci-dessus dans l'acte 

15. ci-dessus (jui est entre tes mains». C'est ton agent qui aura qualité pour rendre exécutoire toute 

condition qu'il m'imposera en vertu de tout ce qui est écrit ci-dessus 

16. et je me conformerai à son ordre, obligatoirement. Ecrit par Marrés, fils de A'^eitJievs. 

Commentaire. 

Cette traduction apporte (|uel(iues corrections à celle de 1914. Voici comment il faut modifier la 
transcription : 

1. Corriger III en IV. 

2. Pour l'interprétation de « Mède né en Egypte», cf. le commentaire du N° 4, 1. 4. 

3. Corr. Xht-Thwt en Nht-nh-f. 

5. Corr. n ('?) ]) ('?) en n ]} ; Ti<'(6) '? en Ps. Cf. le commentaire du N° 29, 1. 2. La grapbie n'est pas 

tout à fait la même, mais répond à iip ligaturé. 

6. Corr. m-bh-h en a-]j.r-k. Cf. le commentaire du N° 4, 1. 8. — Ou : «quand il veille sur lui». 

7. Corr. lj»p m en Ijsjj IV; XXVII ('?) en XVII. Cf. la graphie de ce (|uautième : Rev. Eg., IV, 

pi. 15. 

8. Corr. li-y en e-ij. Cf. le commentaire du N" 4, 1. 9. 
10. Corr. lî'-ji eu tm. 

14. Corr. deux fois ' (?) en S'^t. Cf. le commentaire du N° 4, 1. 17. 
16. Corr. M' en M'-R\ Cf. le commentaire du N» 4, 1. 18. 

N° 2. 
243 av. J.-C. — Ghôran 9. — Momie à couronne. — Inv. 215. — m. 35 X m. 21. 

La scriptura Interior et les 7 premières lignes de la scriptura exteriov ont été publiées par moi dans 
le J. A., en même temps que le N° 1 et avec planche phototypique. La partie inférieure, contenant la fin 
de la scriptura exteriov, a été identifiée dejniis. Rendue à peu près méconnaissable par une couche de plâtre, 
elle est sortie du nettoyage en trop mauvais état pour être rep)roduite. Néanmoins les traces permettent 
d'apprécier exactement les différences des deux scripturae. C'est la seule de nos pièces de même teneur 
qui les aient toutes deux au complet. Sur ce point cf. le commentaire du N" 9 et pour l'ensemble de 
l'interprétation, voir le J. A. et le commentaire du N° 4. 

Traduction. 

Scriptura interior. 

1. L'an 4, en Phaménoth, [sous] le roi Ptolémée, éternellement vivant, fils de Ptolémée et d'Arsinoé, 

les dieux Adelphes. 

2. Le Grec Rhodôn, fils de Thalios et de Myrtô, qui fait })artie des gardiens de la prison du Bourg- 

de-Souchos 

3. Arsinoc du district de Thémistès, dit à Artémidoros, chef des vigiles dudit bourg et aux vigiles 

dudit bourg en général : 

4. Je me porte caution pour Pa-she, fils de Pu-yr, dont la mère est Taôs, qui est emjn-isonné par 

votre entremise, conformément aux instructions que vous a données Héraclidès, chef 

5. des vigiles du nome Arsino'ite, par lettre, à son sujet. Vous me l'avez confié et je le ferai com- 

paraître devant vous ou votre représentant dans ledit bourg. 



Cautionnement pour un prisonnier. il 

6. ;i partir de l'an 4, qui est l'an 5, le 9 Phaméuoth, jusqu'au jour où vous le réclamerez. Si vous 

le réclamez et que je ne Tamène pas à l'endroit ou vous me 

7. direz de l'amener et dans les 5 jours de votre réclamation, sans qu'il puisse se réfugier prés du 

temple d'un dieu, d'un autel du roi, d'un lieu de serment ou d'un lieu d'asile, 

8. je me conformerai à toutes les conditions (jue vous m'imposerez [impérativement], dans les 2 jours 

qui suivront les 5 jours susdits, obligatoirement. Toute chose, tout bien n'appartenant ou 
que je pourrai 

9. acquérir constituera la garantie du droit établi par l'acte ci-dessus. C'est votre représentant qui 

aura qualité pour rendre exécutoire toute condition qu'il m'imposera en vertu de tout ce 
qiù est écrit ci-dessus et je me 
10. conformerai à son ordre, obligatoirement. Ecrit par Marrés, fils de Neitheus. 

Scriptura exterior. 

1. L'an 4, qui est l'an 5, le 9 Phaménotli, sous le roi Ptolémée, éternellement vivant, fils de Ptolémée 

2. et d'Arsinoé, les dieux Adelphes. Le Grec né en Egypte Rhodôn, fils de Tlialios 

3. et de Myrtô, qui fait partie des gardiens du Bourg-de-Souchos Arsinoé 

4. du district de Thémistès, sur la rive sud (dîi canal Moeris) dans le nome Arsino'ite, dit à Artémi- 

doros, 

5. [fils de ]n, chef des vigiles dudit bourg, ainsi qu'aux vigiles dudit bourg en général 

et aux représentants d' 

6. [Héraclidè]s, chef des vigiles dudit nome : Je me porte caution pour [PaJ-she, fils de Pa-yr, 

7. [dont la mère est Taù]s, qui est emprisonné par votre entremise dans la prison dudit bourg, 

conformément aux [instructions] que vous [a données] HéracUdès, 

8. chef des vigiles [du nome Arsino'ite, par lettre, à son sujet. Vous me l'avez confié et je le ferai 

comparaître devant vous] 

9. ou votre représentant dans ledit bourg à partir de l'an 4, qui est l'an 5, [le 9 Phaménoth,] sous 

le roi éternellement vivant, comme point de départ, 

10. jusqu'au jour [où] vous [le] réclamerez. Si vous le réclamez je vous l'amènerai à l'endroit où 

vous me direz 

11. à 17. de l'amener, etc. (la fin comme au N" 1, 1. 9 à 16, mais en construisant à la deuxième 

personne du pluriel). 

Commentaire. 

Les chiffres renvoient, sauf avis contraire, aux ligues de la scriptura înterior. 

1. Corr. hsp III en hsp IV. 

2. Corr. dans les deux scripturae, Tlys en Thjs. — Sur SïaiAGoÙAa:, titre fréquent, cf., entre autres, 

Lille grec, N° 7 = Mitteis, N" 48. 
4. Corr. Ta-Z-Hr en Ta-lir. Pour le nom du cautionné, le lecture Pa-hf est admissible, et peut-être 
aussi le sens «celui du bois», c'est-à-dire, «l'homme au bâton». Le patronymiqiie Pa-yr, 
«l'homme à l'oeil», comporte, dans les deux scripturae, un signe de moins, l'avant dernier. 
Cf. Rylands, p. 445. Quant au nom de la mère, on aurait Taôjç, féminin de Ilaiî)? (Eylands, 
p. 446), soit «celle de la face», sans épithète. Cf. sur ces formes, où entre le préfixe possessif, 
Spiegelberg, a. Z., LIV, p. 104 sqq, qui semble avoir eu tort de choisir pour exemple le 
prototype de TvaçEpû (p. 109), parce qu'à la différence de Taa.£voûçtç, l'élément T doit y être 
simplement l'article défini. 

2* 



12 SUTTAS. l'AI'VinS DK.MOTigUKrf DK IJLLI':. 

Il faut riH'tilîor la tranf:('ri]>tion des lig'iios 4 ot b cciniino suit : " h /i it-hh ii-tn Ilri/ltcn 
p ts (.')'/ /•,< (/ /i /s '/,'.<i/ii' Il .i'-t lu- iirf (';i>.\poc\). La scri/iliirii r.rliTior laisse \-oir le ]>r(''llxe 
Il do\ant /(/'. Vi. * tqco»\\ »cv\ Oi\y>ocT ( /ù r. /•.'(/., \l\'. pi. I, \.\\). 
(i. Corr. iiite 1/ h'-ji »-/" en mtc-ii tm nj'. 
it. Corr. t ' eu / i'-f. 
10. Coït. .1/' eu .1/' /,''. 

N" 3. 

243 av. J.-C. - Ghôran 9. - Momie à couronne. Inv. 280. — m. 064 :% m. 207. ~ PI. XI. 

J ai ili\ja douué de celle pirce uii l'aesiniil/' au ti-ait à la suite de ma cduiniunicatiou à l'AcadT^mie 
des Inserijitions de l'i''\ri(M' 1920 {('. /.'.. ]■>. 233s(|i|). Les diliicultés de In reproductiou pliotogTaj3hi<jue. 
causées par la teint»» du fond, ont néeessiti'^ des retouches. SeuK' la |)artie centrale a rlc laissée telle (juelle. 

'rr.'nis('ri])tinii. 

1. IIsji 4 'hJ 1 siii II U:-i'- t iiiK Ilr II l'r'n l'/liniiiis ' iih :./ si/ l'tJiriiii/s 

2. \-iii 'Rsi/ii' Il iitr-ir s,i-,r 7. mr (^\ k-t (?) hl: Dliirti/ '„ ',. irr iih IJi.iii p iitr 'o Z Hr sif Z-Hi 

iiurff S.lui t 

H. „ rii,li/-.\'l'r '/'m .^7/ l'ii iiiir-t [ ] ii niilii-ir il p .i/i/i/ ji iliiuj SI,/.' j, ['y] 

4. 'h-Ki/ii' Il t t' '/'iiixfs t lisji 4t "Jid l .siii II tl:ir t ms Hr l'r'o ' iih ::t .v' 

."). hsp 'it 'lui fji 'h 'rq II lirir .'14 -pe-ir ps 17 il liiir :i I ' ii l'-lii irhf inti'ij lui pr-ij .v.s- hnr iit xli lirij 

[iiitc-ii tm] 
(!. '/J-/' <i j> m' lit l'-tii :: 11-1/ c-^ii s ni-f lui p fi ^R.ti/ii' lui hnr 'i n irli f iit r-fri \--f 
7. .-[//] */• mil iili ut rtii Z-[t-ir '/'m-//] 

'l'raduction. 

1. L'ail 4. en ]\Iésoré. fêtes des lampes, naissance d'IIorus, sous le roi Ptoli'-mée, xi^-ant étei-uelle- 

nient. fils de Ptolémée 

2. et d'Arsinoé, les dieux Aileljilies. IjO coiuhirtcur do trni'iiii.v. serviteur de Tliot liismég'iste seigneur 

d'Ilernidpolis, le grand dieu, 'r(''Os, fils de Téos, dont la méi-e est Ni'(7«(/'/. dit 

3. à l'iiti'iitt'iiii.-i. Ills de Pa- loiit la mère est [ et à ], gardiens de la 

|>risiin du lîou.rg-de-Soiiclios 

4. Arsinoi''. du district de 'riit''mistés : A jiartir de l'an 4, en ]\Iésoré, IV'tes des lam}>es. naissance 

d'IIorus, sous le l'oi éternellement vi\"ant, |us(|u';'i 
f). l'an :"). le 30 Tliot, soit 34 jours, dont la moitié est 17, soit encore 34 jours. Si vous me le 

réclamez pendant ce dél;ii susmentionné [et ipie je ne] l'ann'Mie 
t). [pas] a l'endriiit eii \-ou< me direz de l'amener dans le ninne Arsino'i'te et dans les Ô jours de votre 

i'i'-cl;ini:itioii, 
7. [je] me conformerai à toute conilition ijuo vous [ni'irajioserez]. 

( 'dun lient;) ire. 

Notre documenl est certainenu'iit de la main du meiiu» ^M.arrés ijui a sigm'' les X"" 1, 2, 4 et 21. 11 
est nianifestemenl incumplet. ( 'e devait être uni' |iiécc .•innexe ou un avenant à un contrat jdus exjilicite. 
La clau.çe j>rincipale maniiuc. nn-iis la C(Uiip;ir;iis()ii .-ixec les N'""' 1. 2 et 4 montre que Téos engage sa 
resj)oiisal)ilité en%'crs les gardiens de l;i juison du lii'u dit .\rsinoé en ce ((ui concerne un personnage dont 



Cautionnement pour un prisonnier. 13 

il garantit la présence en un lieu à fixer et dans un délai donné. Ce dernier point est mieux précisé que 
dans les autres cautionnements, qui ne mentionnent <iuo le ])oint de départ de l'obligation et non les deux 
dates limites. Il est probable que nous avons affaire à un avenant de prolongation, succédant à un contrat 
du modèle connu par 1, 2 et 4, et dont l'effet expirait le 1" épagoniôue. 

Jai traité la question de date dans mon article des Comptes Rendus et montré comment notre texte 
fournissait, pour la notation des épagomènes, l'intermédiaire entre les libellés grecs du type Micopr, 
l7:7i(';o\j.viu>'i) i et le passage relevé par Beugsch sur la stèle Mauniee (Louvre, E 7822) I I I I I lYl I fîl I n 
^^^ X U ^^ \\j ■ J ai éliminé, après vérification sur l'original, les corrections abusives de J. H. Beeasted 

(a^aa^ au lieu de f=^ et suppression de fi), reproduites par Ed. Meyee et qui ont entraîné des erreurs 
d'interprétation. 

Pour le reste de la discussion, je n'ai rien à ajouter, sinon que j'ai omis à dessein d'y faire inter- 
venir le papyrus de Turin reproduit aux planclies 152 — 3 de Pleyte et Rossi. La publication ne permet 
pas d'apprécier les faits avec une exactitude suffisante et quant aux données fournies par A. H. Gardinek, 
qui doit avoir vu l'original, elles me paraissent comporter quelque contradiction, au moins apparente. Dans 
son article de 1906 {Â. Z., XLIII, p. 138 s(i\ il fait commencer le document au dernier jour de l'été; 
suivent les épagomènes. Dans une brève note de 1918 (J. E. A., p. 190, n. 3), il est question d'un «journal 
commençant par les jours épagomènes de l'année 13». Dans ces conditions, il est prudent de s'abstenir. 

Par contre je signalerai un nouveau témoin du pbénomène de décalage reconnu par Gaedisee. Dans le 
Livre des Morts de Nefer-Renpet (XVIII'' dynastie) publié récemment par 0. Ricketts, on lit, au Chapitre LXII : 

lia OII<S>- ii I "jl I I , , . ,T. . 1 

Il y a lieu aussi d'ajouter aux exemples des dates par épagomènes, rattachés a Mesore, le papyrus 
de Turin mentionné Lagides, IV, p. 150. 

1. T ms est ici le substantif |T|n^ qui se retrouve précisément dans le fayoumique tcmici, cité 

par Peveon (d'après Quateemèee). 

2. Pour la lecture très incertaine du premier titre, cf. le commentaire du N" 21, 1. 6. 

3. Pour la transposition ïla-iu-^uç, cl. Dem. Studien, I, p. 23, n. 1, et Eylands, p. 260, n. 1. Il semble 

que le nom de la mère et ce qui suit ait été effacé volontairement. L'espace paraît d'ailleurs 
trop restreint pour que le nom du troisième contractant puisse s'y trouver à l'aise. Et 
pourtant le discours est bien à la 2<' personne du pluriel. 
5. Le curieux composé des deux mots signifiant <vjour», cott- et ooott, se rencontre assez fré- 
quemment, par exemple : Louvre, 2429, 2436; Berlin, 3103; Rylands, 21. Aux traductions 
de Geiffitii « time and day», calquée sur celle de Revillout, et «date», je préfère la 
nuance marquée par Spiegelbeeg, «Frist». L'orthographe de notre N" 3 montre bien (pi'il 
ne s'agit pas de deux mots distincts. Dans Caire 30602 — 3, « temps » (passé). 

N° 4. 

247 av. J.-C. — Ghôran, Chaussure 30. — m. 253 X m. 170. — Inv. 143 + 146 -f 147 + 2 fragments de 
150 + 1 fragment découpé dans le N° 29, marge droite, écriture au verso. — PI. I. 

Transcriptii)U. 

Scriptura interior. 

1. [Hsp oS nt ';■] hsp 3.9 'bd 1 pjr-t 20 n Fr-o Ptlwmys sij Pflwii>y[s Z ic;/ Pr-^o n p dmy 8hk 2) 'y 

'Esi/n1 

2. [Z-Hr] sy P-'^o-zz mic-t-f Hr-'b 11 Pylgs[ns] p ts rs n t f 7'»;s^[s] 



14 SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 



3. ['rm (?) . . s]ii<j7is ij^-y d-t tnj iWo 0;/l-'S si/ Dhui-m-hh riur-t-f T-ady-'Mn ni zth d-t-k 

4. [rfv-A-] s dt-y mte-y dy e-^h-f adir-k j}e-k rt ge p dmy tibk p 'y 'Rsyn n t f' nf kry t hsp [38] 

5. [n< ')• hsp S9 'bd 1] pr-t 20 nt Ip-y n ss nh nt e-'r-k 'r-k sn a t t^ nt hry e-'r-k wh-f e-y 'n-f n-k 

a j> »(' nt e-'r-k z n-y e-'n s 
6- [<"'-/ " P '*■] 'Rsyn h7i hriv !) H wh-f nt e-'r-k 'r-f n ss nh nt e-'r-k 'r-w 'r-k in n t t' nt kry 
e-f p ht n 

7. \rpy n ntr] hiry iWo 'y-'nh ''y-nht e-'r-k loh-f mte-y tm 'n-f n-k a p in nt e-'r-k z n-y 

8. \e-n s ar-f h)ï\ hrir '> n wh-f nt e-'r-k 'r-f n ss nh nt e-'r-k 'r-w 'r-k Sn a t t' nt hry hn p té nt 

hry e-y 'r ind nh 

9. [nt e-'r-k z-t-n- 'rm-y] m n hrw-k n p hrw nt m-s pey hrw ô nt hry n lj.te 't mne nf nb nk' nb 

nt mte-y hn n nt e-y dy hpr-v 

10. [t 'we n] p kp n t s-t nt hry t-te-y 'r n-k h-t-s bn e-y rh z 'r-y n-k a h md nh ni hry n t s -t nt 

hry d-t-k pe-k rt 

11. [p ni t /i<e] « nul nh nt e-f z-t-w 'rm-y m md nb ni hry mte-y 'r-w hrw-f n hte 'f mne Sh M'-R' 

sy Nyt-'w. 

Scriptura exterior. 

1. Hsp S8 'nt r hsp 39 'bd 1 prt 20 [n] Pr-'o [Pt]lwmys [sy Pt]hrmys p ntr nt ly 

2. hb 'nh zt ic^h n 'Lgs[trs] 'nn n iitr-w sn-w Tl'pwhnns 

3. 'Rt'btw '. . . . wt'g . . s-t Mnemgws fy tn nwb 

4. m 'bh 'Rsyn t mr sn Z ?cî/' Pr-'o n p dmy Shk p '?/ 'Rsyn 

5. Z-Hr sy P-'o-zz mw-t-f Hr-'h n Pylgsiis p ts rs 

6. )î t t' Tmsts n .... sygns p ts rs n p ts 'Rsyn 

7. Sp-y dt icy [Pr-'o] Gyl-'S sy Dhwt-m-hb mwt-f T-ady-'Mn nt zth d,-t-k dy-k s 

8. dt-y mte-y dy e-'h-f a hr-k n p dmy Sbk pi y 'Rsyn n t t' nt hry t 

9. /isj> 38 ni 'r Itsj) 3f> 'bd 1 prt 20 nt hry n ss nb nt e-'r-k n 'r-w 'r-k sn a f t' ni hry e-'r-k wh-f 

e-y 'n-f n-k 

10. [rt p ni nt e]-'r-k z n-y e-'n s ar-f n p ts ']R[syn' hn hrw 5 n wh-f] 

11. nt e-'r-k 'r-f n ss nb nt e-'r-k [a 'r]-w 'r-k Sn a t t' nt hry e-f p bl n rpy n ntr hwy [Pr-''o\ 

12. '^y-'^nh 'y-nht e-'r-k wh-f mte-y tm 'n-f n-k a p m' [nt e-'r-k z n-y] 

13. e-'n s ar-f hn, pey tS nt hry [hn hrw] ô n wh-f [nt e-'r-k. 'r-f n ss nb nt e-'r-k a 'r-ic 'r-k §n] 

14. rt t t' nt hry e-f p bl n rp[i/ n ntr hwy] Pr-'o 'y[-'nh. 'y-nht e-y 'r] 

15. md nb nt e-'r-k z-t-w 'rm[-y m n hrw-k n p hrw nt m-s pey hrw ô nt hry n hte 't mne ni nh] 

16. nk' nh nt mte-y hn n ni e-y dy hpr-w t 'ice n p hp nt S -t nt hry S [-te-y 'r n-k ht-s] 

17. bn e-y rh z 'r-y n-k a h md nb nt hry n t s't nt hry d-t-k [pe-k rt p ni t hte a md nb] 

18. [nt e-f z-t-w 'rm-y m nid nb] nt hry mte-y 'r-ir a hnr-[f n hte 't mne Sh M'-R' sy Nyt-'w]. 

Traduction. 

Scriptura interior. 

1. [L'an 38, qui est] l'an 39, le 20 Tjbi, sous le roi Ptolémée, fils de Ptolé[mée. Le cultivateur 

royal du Bourg-de-Souclios Arsinoé,] 

2. [Téos], fils de P-'o-zz, dont la mère est Hérieus, [dit] à Pliilox[énos], chef des vigiles du district 

de Thémist [è.ç] 

3. [et à s]igénès. Je me porte caution pour le cultivateur royal Gyl-Isis, fils de Thotemlieb, 

dont la mère est Tatémounis, qui est emprisonné par ton entremise. 



Cautionnement pour un prisonnier. 15 

4. [Tu] me r[as confié] et je le ferai comparaître devant toi ou ton représentant dans le Bourg-de- 

Souclios Arsinoé, du district susnommé, à partir de l'an [38], 

5. [qui est l'an 39,] le 20 [Ty]bi susdit, pendant tout le temps que tu passeras à inspecter le district 

susnommé. Si tu le réclames, je te l'amènerai à l'endroit ou tu me diras de l'amener 

6. [dans le nome] Arsinoïte et dans les 5 jours de ta réclamation, pendant tout le temps que tu passeras 

à inspecter le district susnommé, sans qu'il puisse se réfugier près 

7. [du temple d'un dieu], d'un autel du roi, d'un lieu de serment ou d'un lieu d'asile. Si tu le 

réclames et que je ne te l'amène pas à l'endroit [où] tu me diras 

8. [de l'amener et dans] les 5 jours do ta réclamation, pendant tout le temps que tu passeras à 

inspecter le district susnommé dans ledit nome, je me conformerai à toute condition 

9. [que tu m'imposeras] impérativement, le jour qui suivra les 5 jours susdits, obligatoirement et 

sans délai. Toute chose, tout bien m'appartenant ou que je pourrai acquérir 

10. [constituera la garantie du] droit établi par l'acte ci-dessus, jusqu'à ce que j'aie agi envers toi en 

conformité. Je n'aurai pas le droit de dire : « J'ai agi envers toi conformément à tout ce 
qui est écrit ci-dessus dans, l'acte ci-dessus qui est entre tes mains». C'est ton représentant 

11. [qui aura qualité pour rendre exécutoire] toute condition qu'il m'imposera en vertu de tout ce 

qui est écrit ci-dessus et je me conformerai à son ordre, obligatoirement et sans délai. Écrit 
par Marrés, fils de Neitheus. 

Scriptura exterior. 

1. L'an 38, qui est l'an 39, le 20 Tybi, [sous] le roi [Pto]lémée, [fils de Pto]lémée, le dieu destructeur 

2. du mal, éternellement vivant, étant prêtre d'Alex [andre] et des dieux Adelphes Tlépolémos, 

3. fils d'Artabatès ; , fille de Méuémachos, étant canépliore 

4. d'Arsinoé Pliiladelphe. Le cultivateur royal du Bourg-de-Souchos Arsinoé, 

5. Téos, fils de P-'o-zz, dont la mère est Hérieus, dit à Philoxénos, chef des vigiles 

6. du district de Thémistès, et à sigénès, chef des vigiles du nome Arsinoïte. 

7. Je me porte caution pour le cultivateur [royal] Gyl-ïsis, fils de Thotemheb, dont la mère est 

Tatémounis, qui est emprisonné par ton entremise. Tu me l'as confié 

8. et je le ferai comparaître devant toi (ou ton représentant) dans le Bourg-de-Souchos Arsinoé, 

du district susnommé, à partir de 

9. l'année 38, (jui est l'année 39, le 20 Tybi susdit, pendant tout le temps que tu passeras à in- 

specter le district susnommé. Si tu le réclames, je te l'amènerai 

10. [à l'endroit où] tu me diras de l'amener dans le nome [A] r [sino'ïte et dans les 5 jours de ta 

réclamation.] 

11. pendant tout le temj)s que tu passeras k inspecter le district susnommé, sans qu'il puisse se réfugier 

près du temple d'un dieu, d'un autel [du roi,] 

12. d'un lieu de serment ou d'un lieu d'asile. Si tu le réclames et que je ne te l'amène pas à l'en- 

droit [où tu me diras] 

13. de l'amener dans le nome susnommé [et dans les] 5 [jours] de ta récla[mation, pendant tout le 

temps que tu passeras à inspecter] 

14. le district susnommé, sans qu'il puisse se réfugier près du temp[le d'un dieu, d'un autel] du roi, 

d un lieu [de serment ou d'un lieu d'asile, je me conformerai] 

15. à toute condition que tu [m']imposeras [impérativement le jour qui suivra les 5 jours susdits, 

obligatoirement et sans délai. Toute chose,] 



16 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 

lli. tout l)ien in',a)>]).'irteii;iiit on que je ]>ourrai acquérir cimstituora la garantie du droit étal)li ])ar 
l'acte ci-dessus, juscju'à [ce que j aie agi envers toi en conformité.] 

17. Je n'aurai jias le droit de dire : «J'ai agi envers toi conformément à tout ce qui est écrit ci- 

dessus dans l'acte ci-dessus qui est entre tes mains ». [C'est ton représentant qui aura qualité 
pour rendre exécutoire toute] 

18. [condition (ju'il m'iui])oscra en vertu de tout ce (|ui est écrit] ci-dessus et je me conformerai à 

[son] ordre, [obligatoirement et sans délai. Ecrit par Marrés, fils de Neitheus.'] 

Commentaire. 

1. (d'ajircs la scriptura exferlor). — L'indication du quantième dans la datation (ici et au N" 2) est 
une rareté à cette époque. Cf. Rylands, p. 33. 

Nt Ig hb. Nous avons là un des plus anciens exemples d'un prédicat correspondant à 
cuTYJp. On cite cependant un papyrus démotique de l'an 29 de Pliiladelplie et une inscription 
de Fan 37 (cf. Revillout, Revue Egyptologique, I, }). 14, et Lagides, III, p. 35, n. 1). Au 
décret de Canope (1. 22) on lit nt nhm. La transcription pure et simple sictr est plus 
tardive. Le choix de l'épithète ne paraît ni régional, ni chronologique, car on retrouve la 
même qu'ici au pap. Rjdands N" 16 qui est de 152 av. J.-C. et de la Théha'i'de. 

2. Le prêtre d'Alexandre est ce même Tlépolémos, fils d'Artabatùs, que nous font connaître, outre 

la pap. dém. du Louvre N° 2438 {Chrest. Dém., p. 257). cinq mentions en grec des papyrus 
Pétrie (cf. Lagides, III, p. 45). La lecture confirme le rapprochement avec Taï;-cA£[j.o; ô 
'Ap-araTou, sauf la différence insignifiante de h k p; elle infirme la leçon Altihios de Revillout. 
Si le prêtre d'Alexandre est le même en l'an 38 de Pliiladelplie et en l'an 2 d'Evergète, par 
contre, la canéphore a changé : JlTiAe;j.aî: r; Qy.w/o: en l'an 2 (mêmes sources). Nous avons 
là un cas de maintien en fonctions du prêtre éponyme pendant plus d'une année, antérieur 
à celui d'ApoUonidès, qui figure au décret de Canope. La question se pose de savoir si la 
place a été occupée par Tlépolémos pendant 2 ou 3 ans. Les « archives de Zenon » ont 
permis récemment à M. Edgar {Annales du Service, XVIII, p. 61) d'obtenir la séquence des 
années fiscales au moment du changement de règne : L XO ; Lp; Lvj L 3. Logiquement on 
devrait avoir la série parallèle des années régnales égyptiennes : 38; 1; 2; 3; mais on admet 
que Philadelphe est mort en la 39* année de son règne et le problème touchant la suture 
n'est pas entièrement résolu. (Cf. Lesquiee, Rev. Eg., nouv. série, II, p. 143 et 161.) 

3. Nous avons vu que la canéphore de l'an 38 ne bénéficiait pas de la même prolongation. Bien 

mieux, il doit y avoir eu cette année là deux canéphores successives. Jouguet me signale 
que le N° 521 des archives de Zenon, en date du 5 Pharmouthi de l'an 38, porte y.avïjçopou 
'ApJtviïjç <ï>tAaS£A^ou MeYfa'ï'Oi; f^ç <I>(awvo<;. Un changement serait donc survenu dans l'intervalle 
de deux mois et demi entre le 20 Tybi et le 5 Pharmouthi. 

4. Sur le nom de ville Arsinoé, cf. J. A., p. 159 sq et 174 et aussi le commentaire du N° 6, 1. 7. 

'Apatvo'i^ r, Itj. tju Ç£'JYiJ,aToç (variante : ■/û>\i.ai.-oz) n'a pas encore été située, à ma connaissance. 
Il n'est peut-être pas défendu de rapprocher /wjj.a de 'i au N° 2. 

Comme dans mon article du ./. A., j'emploierai les abréviations : A, pour désigner les 
personnes qui fournissent la caution; B, celles qui la reçoivent; C, celles qui en bénéficient. 
Ici A est un (2aj'.7ay.bç -(nùi-^iz, et cela entraîne deux conséquences. D'abord, l'appellation 
Bourg-de-Souchos, y.(I)[A-r) ^iloùyou, n'implique pas que le territoire d'une localité soit classé, du 
moins en totalité, dans la kpà jq ; une ])ortion au moins peut être de la -{fi ^aatA'.xiî. En 



Cautionnement pour un prisonnier. 17 

second lieu, A agit en simple particulier, même s'il porte (juelque titre oftieiel, comme cela 
arrive quelquefois. Cette constatation semble trancher une difficulté qui m'avait un peu 
arrêté en 1914 et éliminer certaines hypothèses nées de cette incertitude. Dans le Mdy {ms 
n) Kmy, A du X° 1, je ne vois plus un su/.x/.îtï;;, mais un Iléfnrjç iv^; sriYovvjç. Cf. Lagides, IV, 
p. 30 sqq, et Spiegelberg, Dem. Chronik, N" 332. Le dernier auteur admet, en fin de compte, 
pour ]\ldy une double interprétation : La nouvelle, soit «Mède», équivalant à Perse, et 
l'ancienne, soit J^J | ^\^4 1^1 •''"oup® recrutée, comme on sait, depuis une époque très 
reculée, dans la peuplade nubienne du même nom (devenue les Bedjas actuels, selon H. ScuJiFEn). 
De ce qu'auparavant ces contingents ont été volontiers affectés à la police intérieure, ce qui 
est souvent le lot des troupes étrangères, il ne découle pas nécessairement qu'aux temps 
ptoléma'iques on ait à identifier Mdy et ç/Aa-z-hr,?, surtout si Ton tient compte du sens élargi 
de Mô».TOi. 

C'est donc à un « Perse de l'épigonie » (pe nous aurions affaire, tout de même que 
dans des cautionnements grecs d'époques variées (Miïteis, N'" 47, 101 et 353). Notre Mdy 
étant ainsi rendu à sa nationalité, rien ne nous empêche plus d'établir la co'incidence entre 
la hiérarchie des «vigiles», telle qu'elle ressort de nos documents, et celle des fShor/xiai. Cette 
dernière vient d'être étudiée <à nouveau }>ar M. Engees {de Phylacitarum episfata, ap. Mne- 
mosyne, XLV, 3; C. R. par Jouguet dans Rev. Ey., nouv. série, I, p. 281) et les éléments 
essentiels se retrouvent dans les deux cas. 

On est encouragé à soutenir cette interprétation par le fait que, dans les documents 
grecs déjà mentionnés, le rôle de B est tenu, tantôt par un àp-/iffiuAa/.!rr;ç, tantôt par b xeia- 
Y[j.évo; Tiçoq zfi çuXo;-/.-/]. L'analogie est complète. C'est pourquoi un titre comme ts rs-ir m'appa- 
raît aujourd'hui, non seulement comme l'équivalent, mais comme la traduction d'àp-/!ipjÀczy.iTr|Ç, 
la population indigène ayant abandonné les anciennes appellations en ce qui concerne la 
hiérarchie policière. On comparera Hôwne HOOirpiT H2£.HJU.e (Bev. Eg. X, p. 46 = Djême N" 1 15). 
5. — 6. L'archiphylacite du district de Tliémistès sera le même Philoxénos en 244 (N" 1). Par contre 
Tarchiphylacite du nome sera, la même année, un nommé Héraclidès (N° 2). i]st-ce lui qui 
sera chargé, quelque 3 ans plus tard, de faire arrêter les trafiquants d'huile ])our sjtéculation 
illicite'? (Lille grec, N» 3, III, 57 =-- Wilcken, N" 301.) 

Ainsi il n'y a que B qui figure dans nos contrats en raison de son caractère officiel. 
Si A et C portent quelque titre, c'est là pur accident dont on peut dire simplement qu'il ne 
les exclut pas des transactions de cet ordre. Je m'arrête donc à la troisième hypothèse que 
j'avais émise dans mon précédent travail (p. 172) : « C est un condamné de droit commun 
ayant à purger une peine de prison, mais que l'État, bon ménager de ses deniers, préfère 
donner comme esclave temporaire à un de ses petits fonctionnaires ou vétérans (ou même à 
d'autres individus) qui en deviennent responsables, plutôt que d'entretenir de dispendieux 
établissements pénitentiaires». 

Nous retrouvons là le même esprit d'économie que dans la réforme mise par Hérodote 
(II, 137) et Diodore (I, 65) au compte de Sabacon, lequel n'appliquait pas la peine de mort, 
mais employait les condamnés à des travaux utiles. La même tendance est attestée bien plus 
anciennement encore dans le papyrus hiératique 1116 de Pétrograd (Gaediner, J. E. A., I, 
p. 26) : « Ne tue point, car tu n'en tireras aucun jtrofit, mais punis par la bastonnade et 
l'emprisonnement et ainsi le pays sera prospère». 

Dans nos documents, il ne s'agit pas de commutation de la jjeine de mort en celle des 
travaux forcés, mais de mise en liberté sous caution fournie par un tiers, et avec cette nuance 

SOTTAS, Papyrus démotiqoes de Lille. 3 



18 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 

que le garant ne parait pas faire siini>lement acte de com])laisauce, mais acquérir ries droits 
au travail de son protégé. Sans quoi il n'aurait pas été spécifié, au N" 1, que C continuerait 
son service de policier. S'il avait recouvré sa liberté entière, la chose allait de soi. D'ailleurs 
je dois à la haute compétence de M. Eu. Guy ce précieux renseignement qu'un usage ana- 
logue était répandu dans l'Empire romain et pourrait passer pour un des nombreux emprunts 
faits aux institutions égyptiennes. On en retrouve des traces dans l'Egypte byzantine. Ex. : 
B. G. U., N° 255 (Fayoum, 595 ap. J.-C.) b-Ct'àv.'x y.atpij) toOtov b:iCr{z-l\as.i:ca [3] laipepov [tok] -itapa- 
soj-sp-îv û[j.iv h -ï; Zr^\i.o'^[x opoupit tï;; zp5avai£po[j.£VY;; Msjj.ipiTwv [xo7,£Co;]. De même sous la domi- 
nation arabe. Dans le papyrus de Djéme déjà cité, on lit : nTepeiujme ncoT gJTOOTTHTTH 
evTeTnenTOTT ôvTeTnnôs.pôwCueTôk^e mmoott «*>! eooirn eTec|)Tr7V.ô.iiH MîiudwCTpott 2£.HMe. 
Les cautionnements tiennent une si grande place dans la présente collection qu'il ne 
sera pas superflu d'étudier d'un peu près les termes égyptiens qui se rapportent à ce genre 
de dispositions contractuelles. Déjà en 1914 j'éprouvais quelque scrupule à adopter d'emblée 
l'exjilication de ujTiTCope fournie ]iar les commentateurs allemands : « die Hand fassen>. Après 
y avoir réfléchi maintes fois depuis il ne m'apparaît toujours pas que les choses soient aussi 
simples. Que Stern {KoiH. Grammatik, p. 64) ait eu tort d'isoler un mot Ttope : T(opi, 
«Biirge»; que Bkugscu {Thésaurus, p. 493 sq.) ait erré encore davantage en 2>roposant 
l'étvmolog'ie ^=™= i, — o [1 i i ; que Seïhe, au contraire (A. Z., L, p. 91) ait eu raison 

de confirmer que le deuxième élément remonte à ^1 , cela va de soi. La difficulté n'est 
pas là, mais bien ])lutôt dans l'hypothèse de l'évolution immédiate d'une expression de la 
forme sp-y dr-t en eiujiiTcope. En cojite le mot «main», pris dans son acception usuelle, 
a perdu son état absolu Tcope. Je ne connais qu'une exception : Twpi dans le passage de 
Daniel, 5, 5, auquel renvoie Steen [Gramrn.. p. 64). Par contre des sens dérivés et s]>éciaux 
comme Tcope : Tcopi < instrument » (Peyron, p. 249 sq) et TCope « poignée » (Sethe, loc. cit.) 
ont mieux résisté. Quant à l'état construit Te-, on ne le trouve plus en copte, si ce n'est 
dans les prépositions composées. Sa présence devant le génitif en H-, soit th- : T€H-, semble 
attester que la réduction du volume phonétique est déjà ancienne. Eu copte de transition, 
seul l'état pronominal T00T= est attesté. Enfin il est très remarquable qu'au papyrus magique 
de Londres et Leyde, sur une soixantaine d'exemples du mot, il n'y ait que 5 emplois à 
l'état absolu (12/8, 13/18, 15/4, 23/5, Verso 32/8), tous écrits dans la «forme hiératique» 
(sans le t final, sauf 23/5, distinction non indiquée au glossaire, N° 981), fait qu'on peut 
interpréter légitimement comme une marque d'archaïsme. A noter encore l'existence de 
S'jss. : 2S-I2S. au Pap. mag. et ailleurs (cf. Spiegelberg, A. Z., LUI, j). 123); et encore les 
expressions iè«.TOOT=, « laver les mains » ; OTrevOTOOT=, « continuer » ; uèvTOOT=, « aban- 
donner»; "^TOOTï, «aider»; oitûot=, «attaquer», 2SLei\TOOT=, «terminer», toutes de 
composition limpide; enfin U|IIT00T=, «saluer, fiancer». Cette dernière est particulièrement 
à considérer, comme englobant les mêmes éléments que ujïiTcope. Elle est attestée en démo- 
tique dès le premier Setne (P'' siècle av. J.-C, selon GRiirixii, Stories, p. 14) : YI, 1. 7 : 
sp-ir d-t-f a n qr-ic, «ils le reçurent sur le rivage». Si l'on en rapproche la tournure 
evTrujnTOOTC MMô^pie^, on peut en induii-e que le changement de conjugaison a eu lieu 
lorsque TOipe était déjà hors de l'usage. Ainsi ujîiTtope ferait exception, et peut-être aussi 
pTwpe, àv:(y.po'jEjO«! (Stern, Gramm., p. 314; Ceu.m, Caf. copt. 3fss. Brit. Mus., p. 58), en 
ce sens que ces expressions seraient devenues des mots composés inséparables, avec fusion de 
sens des éléments, en un temps où Tojpe existait encore à l'état libre. A moins de supposer, 
comme jadis EintAX {Neudgijjytische Grammatik, § 7) qu'un démotisant écrivait sp-y et 



Cautionnement pour un prisonnier. 19 

prononçait e-y Sp, liypothèse abandonnée, on voit (ju'au IIP siècle av. J.-C, l'amalgame n'est 
])as réalisé. Pourquoi dans un cas ujnTOC3T= et dans l'autre ujTtTcope? A mon sons, la con- 
servation de l'ancienne forme est due à l'existence des substantifs composés *;/;-rf)'-^, «garant» 
ou «garantie», conservés en UjTiTwpe et où la synthèse a pu s'opérer sans trouble, par suite 
de l'absence d'un pronom sujet intermédiaire et d'un régime qui permette la substitution de 
l'état jironomiual à l'état absolu. D'où, normalement, les verbes "XUjeTiTOipi, 2SLiujeiiT(opi. 
L'infinitif ujnxojpc aurait pu se constituer par analogie avec les substantifs, processus faci- 
lité peut-être par l'emploi fréquent de la 1"" ])ers. •^•^ujnTcope, devenant "XujUTOJpe. De 
l'infinitif dériveraient subséquemment les doublets pequjiXTCope et MMTpeqiynTOjpe. La 
chute du p a produit ujToipe : UjTOipi, verbe et substantif, d'où MeTUjTo^pi et epnujTCopj. 
Peut-être y a-t-il à l'origine de ces formes une métathèse suivie d'une confusion, p étant 
pris pour l'article. On paraît admettre communément, a]n-ès Revillout, que sTjpîo);;: est une 
transposition de ujTwpi. C'est peut-être faire remonter un peu haut la chute du p, à moins 
qu'il y ait eu choc en retour et qu'on doive envisager la séiiuence ujnTaipe^-iT'jpîtoa-'.ç^ujTcope 
qui expliquerait mieux d'ailleurs l'existence simultanée des deux formes coptes synonymes. 
Mais s'il est vrai, comme l'affirme Revillout (Précis du droit, p. 608), qu'«en droit national 
égyptien il n'existe pas de caution >, n'est-il pas difficile d'admettre que ce soit la langue 
égyptienne qui ait imposé cet élément de vocabulaire au con(|U(''rant importateur de la 
coutume'? 

En copte la mention du débiteur est introduite ])ar u-, Ai.uc>= (aussi €-, epo=, avec 
une nuance particulière, ]>ar exemple dans C'iîrM, (Jsfrtini. N" 42) et celle du créancier par 
€Tn-, eTOOT=, ou oevOTtt-, Oft.OTH=. La chose garantie est annoncée par n- ou une phrase, 
soit en e avec l'infinitif, « causatif » ou non, soit subordonnée avec 2£.e. 

En fait d'exemples de l'expression autérieurs aux temps ptoléma'njues, on rencontre 
au pap. Rylands N" 9, pi. 20, 1. 17 sq : spi-ic t" n n ir'^hir n p M 10 (p. 246). L'éditeur 
traduit : « The hand of the priests was taken for the pièces of siU'er » (p. 105), et « take 
promise of ('?) » (p. 393), avec renvoi au pap. d'Éléphantine X" 1, 1. 5. (Cf. J. A., p. 152 sq). 

On relève des exemples plus anciens encore d'une tournure ^=™^ ¥\ ^ 

dans les Maximes d'Ani (^Chabas, l'EgyjHoloçjie, p. 150) et dans un osti-acon du Caire 
(Daressy, Catalogue général, N" 25245, pi. 51) : ;!'^ ^ — o vv\ . Malheureusement le 

contexte est peu clair. On remarquera la présence de la pi(''position m. Dans les textes 
démotiques ptoléma'iques il est rare ijue n ou e de nTOOT= ou eTOCT= soient exprimés 
nettement. Les exemples hiéroglyphiques à moi connus sont donc difficiles à utiliser pour la 
«juestion d'étymologie. D'ailleurs la recherche devient illusoire, si l'on tient compte de 
l'opinion de Revillout mentionnée plus haut. 

«Tu me l'as confié». Cf. '0};,oào7oO|ji.îv TMçs.CkT,<ii-tM Z:x tcj "A///.iij.cv (Mitteis N" 47). 
; Et je le ferai comparaître, etc. ■» Cf. (tûi sstva) nspir,'. -.%<; ii:'.-;arr,ç b;'{ùm piovi;;; àa ùy. zap é^êra; 

à'j-ïbv b) 'HpaxAsouç xsAsi (ib., N" 353). — 'Otj.v6(o £-;7jâ:6ai Zioy.pii:r,i lJ-^''f,Ç "/•aï 

s|j.(pav£taç, 'iv /.al zapao-rjccoi ôtotî éàv âivigriT'^-ai {ib-, N" 354). — :v v.aà ::apa5~(^3(.j c-r^'ilv.-j. ixi xîp-^cBï 
(ib., N" 355). J'ai déjà fait observer en 1914 (jue r/vjoç i^iov^ç était rendu en démotique par 
*ujiiTcope nojoe. 

Je renonce à la leçon MMd>.0- (N" 1, 1. 6), cette préposition ne s'appliquant plus alors 
aux simples mortels. Le N" 2 montre clairement a-lir-tn. On sait que parfois la grapliie a-Jir-k 
est emjîloyée pour epou. Ici nous aurions la réciproque. Donc, dans les trois papyrus : 
e^pdw=. Ne sont-il d'ailleurs pas de la même main? 



20 SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 

La forme dy e- li-f est à remarquer. On la retrouve notamment au décret de Canope 
(K 20). Il faut en rapprocher la tournure de la ligne 10 (de même dans les N""^ 1, 2 et 3) 
z n-y e-'» s ar-f où le pronom régime s montre que nous avons affaire à un mode personnel, 
l'affixe de la 1''' personne restant sous-entendu, comme il arrive si souvent. Le sens serait 
*enM*w CTK2S.C0 Hdwi CTpmTq epoq. Cette forme verbale à préfixe e employée dans des 
phrases subordonnées montre (jue, même à l'orée de la période copte, il est loisible de parler 
de < subjonctif ï, appellation modale que Maspero avait combattue et qu'EEMAN avait depuis 
écartée de sa nomenclature. Cette observation confirme et renforce celles que j'ai faites 
à ce propos dans mon article de la Revue Egyptolo<jiqii,e, nouv. série, I, p. 138 sqq et 267. 
La mention « et ton représentant » doit avoir été oubliée, car on la lit sur la scriptura 
interlor. 
9. C'est ici le lieu de corriger une erreur de transcription qui en a entraîné plusieurs d'inter- 
prétation dans mon rendu antérieur des N"' 1 et 2. Dans trois cas j'avais compris 

* e\i- (ou €TeTn-)o-!r&.ujq nre». ococo nTq nes.R (ou hcoth). La tournure au conjonctif 
rajipelle les emplois « elliptiques » de ce mode et n'est pas sans exemple après une phrase 
dubitative, témoin la formule des contracts coptes ncersLMOTrs nTô.ooMoTV.opei. Mais il y a 
une difficulté plus sérieuse à introduire ooio) entre l'auxiliaire conjonctif et le verbe principal. 
En y regardant de plus près on constate qu'il n'y a pas identité entre les deux passages 
répétés du N' 1, comme je l'avais admis (p. 155). On a, la première fois, * ej\OT^iyq «tô>j 
emxq, et la deuxième * CKOTTi^ujq nTè^T.UHTq; «Si tu me le réclames, je te l'amènerai» 
et «Si tu le réclames et que je ne l'amène pas». Il n'y a donc pas répétition. Bien au con- 
traire, dans le second passage (ici, 1. 12), on envisage la non-exécution de la clause énoncée 
dans le premier. Mon erreur tient à ce que Marrés avait d'abord écrit dans le N° 1, la 
première fois htô^tm-, et qu'il a corrigé ensuite en surcharge tm- en ei-. L'identité de 
graphie de mtôw- et nTôwi, et le fait que le deuxième passage, celui en nTe<-, figure dans le 
N° 2, prêtaient à cette confusion initiale du scribe. D'autre part, la graphie confuse résultant 
de la surcharge m'avait fait admettre 'dans les autres cas pour ei- une forme un peu aberrante. 

Si dans le N» 1, 1. 8, on lit * euoTTè^.ujq nTevi einTq et dans le N" 4, 1. 9, seulement 

* eHOires.ujq eiHTq. ce n'est pas que Marrés ait négligé de compléter sa correction en effa- 
çant l'auxiliaire conjonctif, puisque, dans le N° 3, 1. 5, il a lui-même écrit * eTCTnoTres.ujq 
«Tei^i OMneicoTOOCT, où le rôle de nTô>.i ne comporte aucune ambiguïté. Cf., par exemple, 
Louvre N" 2429 (Chrest. déni., p. 275, Évergète I'^'', Thèbes) : * onoooTT Môkô.& noTTô^ujOTr 
nTô.1 €T€dves.q. Dans les dialectes coptes les mieux connus, la préposition UTe-, nTèw=, 
anciennement^^ A — a. ne marque plus communément l'ablatif, comme en néo- égyptien 
(Erman, Neuag. Gramm., § 110 : hinweg von). Son étymologie «de la main (de)» semble 
perdue de vue en démotique où elle est affaiblie de son et de sens. Elle y a été remplacée 
par une autre particule nTH-, nTOOT=, de composition semblable et dont la graphie accuse 
nettement l'origine. Ainsi l'emploi de ht€-, HTek= pour marquer l'ablatif peut, dès le démo- 
tique, être considéré comme un archaïsme. Dans le papyrus Rylands N° 8, de l'an 8 d'Amasis 

et provenant d'El Hibeh, on lit déjà <=> (| ' ^^ , «pour te le prendre» (1. 5; 

p. 217). Comme, plus tard, la préposition et l'auxiliaire ne se distinguent plus dans l'écriture, 
il est difficile de déterminer si la forme en nTe-, employée pour l'ablatif dans la Moyenne 
Egypte (Stern, Qramm., § 535, 2), doit être envisagée comme une survivance de HTe-, 
MT^^ï, ou comme une forme apocopée, soit dans l'orthographe, soit dans la prononciation, 
de ttTH-, où le démotique omet volontiers 1'» final. 



Cautionnement pour un prisonnier. 21 

10. La rédaction de tout ce passage est un peu confuse. Si on la prend k la lettre, l'obligation paraît 

être double. Le garant serait tenu de présenter son protégé, soit sur place à l'archiphylacite 
ou à son fondé de pouvoirs, soit en un endroit quelconque du nome et après un préavis de 
5 jours. Notre texte introduit la mention nouvelle : « pendant toute la durée de tes tournées 
d'inspection dans ce district». C'est ce qui me détermine à faire dépendre, à la ligne 8, 
H p dmy, du verbe et non pas de rd, car, s'il était question d'un représentant local, la 
mention de la tournée d'inspection serait superflue la première fois. Le personnage visé 
devait plutôt remplacer l'archiphylacite du district dans certains de ses voyages de sur- 
veillance. Quelque incertitude résulte du fait que, s'adressant à deux fonctionnaires, on 
emploie la 2"- personne du singulier. 

Dans hn hrw à, la préposition rend bien iv-'o; v;p.spûv ttév-ïs. Cf. Pap. Caire, p. 7, u. 3. 

11. Traduction greque : ë^w kpou, j3w[j.ou, TEjj.évouç, cxs-y;; ■::jc!:r,ç (Pap. dém. Eléphantine, p. 18). — Sur 

ces différents lieux de refuge, cf. maintenant Spiegelbeeg, Recueil, XXXVI, p. 173, et 
l'intéressant mémoire de G. Lefebvre, 'Isqù ëavXa du Fayoum^ ap. Annales dv, Service, XIX, 
p. 37 sqq. Les détails fournis par les papyrus du IIP siècle permettent de supposer que le 
développement de lasylie au Fayoum a été plus rapide qu'on ne le croyait d'après les inscriptions. 
Dans l'un des documents coptes publiés par J. Kkall, Corpus Rainer, II, N» 113, il 
est stij)ulé notamment qu'acte de présence pourra être exigé même les jours fériés: Tè>.HnT& 
nHTn ndvTA*.ir n ////// ïies-TCTôwir] poc nes.TKTrpid.RH nô,.T000-!r myd^ e.Tro3 nd.Tr niM 
eTnô.iyine nccoÊi etc. 

12. Cf. iàv oà ij.r, 7:ap3;:;TY;c(ji)iJ.cV ItX ce (MiTTElS, N° 47). — iàv se \i.r, zapac-:r,sw (ih., N" 355). — Èiv îà 

[/.r, ■::xç,'.a-:C> (il., X" 354). — âiv ok |j.y; •^apacT-r^cwjji.-z! atù-'ov iv -aT; Tp'.alv r,[/.£pa'.: (^ib., N" 35) et 
cnnennTÛ nnrn npoc ee viTds.11yHpn2s.00c (Keall, Ioc. cit.). 

15. On remarquera les formes enq (1. 9 et 12) et 2S.OTOTr. Sur [1 QA <=> ..^^ (2 avec le même sens 

en néo-égyptien, cf. Spiegelbekg, A. Z., LUI, p. 110, 1. 5. 

La clause pénale n'est pas aussi précise que dans d'autres contrats. Ici, de même qu'à 
la ligue 18, dans a hrir-f le mot «voix» a le sens de «voix qui ordonne». A hr = /.a-à 
5ia6ï;/.r,v. Cf. Spiegelbekg, Annales du Service, VII, p. 251. 

N hte = l'rrâvaYy.sv. Rapprocher Rylands, p. 120, § 10, et Haufsicaldt, p. 9*, § 13. — 
V mue = àvuTîpSe-wç (Mitteis, N" 101). — avîu xâŒï)? ÛTrspôsccw; {ib., N" 356). 

16. Cf. ■JïavTa -ri ùxâp/ov-â jj.oi v.cl: osa Sv TpoQtw.y.vrfuiimt. {Lagides, IV, p. 111 et 113 = Mitteis, N" 302). 

— epe^wq niM enwine ^Trnoweicoevi nevn iue<HTi[. . . . (Copt. Mss. Brit. Mus., N" 1039.) 

L'indication •>: jusqu'cà ce que » etc., est supprimée dans les N"= 1 et 2. Ce qui suit est 

plus vague que dans les contrats où il est question d'argent. Cf. i^.r/pt TouJx-ïTaat rb |j.èv Sâvstov 

jjv T,ij.\:)V.x'. (Mitteis, N° 356). 

Je me rallie maintenant à la lecture s-t, à condition que. pour cette épociue, le sens 
j r^rT^^. .,,,..., Il' 

de ..:.— D soit très élargi, ))uisqu il est ici question, non d'une missive, mais d'un contrat. 

Sur s -t = «livre» dans certaines textes de basse époque, cf. Eeman et Schàpee, Sitzungs- 

ber. Berlin, 1908, N" 39, p. 6. L'expression Ypâp-i^i-a-a sxtatoAoYpaçty.à de Clément d'Alexandrie 

ne rendrait donc sh tf qu'au sens étroit. 

17. Pour le sens de dt-k dans ce passage, cf. le commentaire du N" 9, 1. 23. 

Cf. r, Se TTpà^'.ç £1X10 T(T) SsTva {Rylands, p. 151, N» 3). 

18. L'écrivain public qui a rédigé les N»= 1 à 4 et 21 ne s'appelle pas Ma, comme je l'avais supposé, 

mais -Mapp^ç, nom très fréquent au Fayoum. Cf. Rubensohn, A. Z., XLII, p. 111, et Spiegel- 
beeg, ib., XLIII, p. 85. Au papyrus grec de Magdôla publié ci-après à la suite du N° 29, 



22 SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 



on a ce nom sous la forme Mavpv;ç. Quant au patrouymiijue, le j)remier élément est cer- 
tainement Neith; le second très probablement le verbe 'i« «venir», bien que l'accord en genre 
soit inobservé, ce qui, même à cette époque, peut passer, dans un nom propre, pour une 
incorrection. Peut-être le fait que le nom s'applique à un bomme et l'analogie avec des 
formes comme Ostsjç, où la personne divine est mâle, ont-ils contribué à l'ablation de la 
finale, marque du féminin. Le nom de femme serait Nir?;-:;?. 

N° 5. 
Lettre supplique. — 245 (?) av. J.-C. 

Ghôran 9. — Momie à couronne. — Inv. 281. m. 34 ■ m. 08. — PI. II. 

Cliacun sait les difficultés inhérentes au déchiffrement des documents épistolaires, que la correspon- 
dance soit grecque, copte, hiératique, etc. Le démotique ne fait pas exception, loin de là. On ne s'éton- 
nera pas si l'interprétation ci-après est incomplète, surtout pour le verso, moins bien conservé. D'autres 
travailleurs pourront y ajouter du leur, car la planche est fort bien venue et on y voit tout autant que 
sur l'original. 

Quoique, au recto surtout, l'écriture soit nette, ello com]iorte certaines bizarreries qui augmentent 
la difficulté. 

Transcription. 

Recto. 

L Pa-ics sij 'Rr j) nt z 

2. t (?yy (?) p y (?) jy rs [ ] 

3. bn (?)... mh-iv d-t-y a md [h5] (?) 

4. t md n nt sh-s 'v-ic (?) s tey (?) 

5. iiy sp-k a hrw-y hr t md 

6. n mne (?) u:ae-'r-k a (jm-s z 

7. hn-pe-y sm. n dt a md m-s hpr 

8. 'r-k m 'rm-y n md nh m-'r 

9. dy \f p hm M n-dt-k edbe 

10. >c' sk ricl} t(^)-y{'?) p 'yÇ?) 

11. p rs(?) t rsire-t(?) 'v-k bn-e-k 

12. mty a md nh n p f 'rm rm-ic hr 'r-s n-k 

13. p ntr 'n st z-s z t-w st Pa-irs (??) 

14. '/?»• p y ni e-f zth [/*]-<^^A; 

15. Dwdicnsy mte-k p e-'r pe-f 'i-shn 

16. dy icy ar-f p hrw my 'r-ic it-y p sp 

17. t md rm n ntr nt hr(?) d-t-k edbe a hpr 

18. mh.{?)-k n dt-y . . . md ey dy 'n-n- . 

19. hd ô e-'r-hr-k pe-w 2 

20. /»• (?) p sm 'rq e-y dy ke hd S 

21. 'M 4 Sm %-q 'nh Hr-m-'htÇ?) p [ntr \)] erme 

22. Hr-sfe p ntr 'o bn-e mte-y qt 2 



Lettre -Supplique. 23 



23. hd a (?) hn Kmy a lie (?) hm 

24. grgr te-y to'h ar-ir 

25. pe-f ''s-skn sty (?) M 2 hr (?) p im 'rq 

26. t hm a-wne e-wh-y 

21. sttr-k ar-tf a he (?) tcbe n rm-w nt . . . 
2%. t wp -k 

Traduction. 
Recto. 

1. C'est Va.oiish, fils d'Arer qui parle : 

2. J'ai été désigné pour partir dans le sud [ ] 

3. et pourtant ils n'ont pas été payés par moi de quoi que ce soit. 

4. L'affaire, ceux qui l'ont forgée la grandissent de cette 

5. sorte.. Tu as encaissé, d'après mes instructio7is, pour l'affaire, 

6. journellement. Tu auras reconnu que 

7. je ne suis pas entré dans une affaire sans qu'il arrive 

8. que tu m'approuves en toute chose. Garde toi 

9. de causer la perte de l'esclave à ta merci à cause 

10. d'un coup de folie. Je suis désigné pour partir 

11. dans le sud! Quel cauchemar ! Si toi, tu ne 

12. fais jamais de concession aux gens, sûrement Dieu te 

13. rendra la pareille. Que l'on dise qu'il a été obtenu pour Paoush (?), (fils d') 

14. Arer, de retourner au Fayoum, étant prisonnier par ton entremise, 

15. ô Daifondas, et que c'est toi qui as fait le nécessaire 

16. pour son élargissement. Aujourd'hui, fais moi bénéficier du reste 

17. de piété qui est en toi. Tiens compte de ce que tu seras 

18. payé de ceci par moi intégralement. Je ferai déposer 

19. devant toi 5 deben d'argent et leur 2 

20. o la fin de l'été ... Je donnerai 3 autres deben d'argent 

21. le 30 Mésoré. Par HarHiac/«('s, le grand dieu, 

22. et Harsaphès, le grand dieu, je n'ai pas 2 qite 

23. en argent <) l'intérieur de l'Egypte pour la moindre dépiense 

24. de luxe J'ajouterai à cela 

25. ce qui convient 2 deben d'argent à la fin de l'été. 

26. La petite qui était quand, j'ajoutai 

27. ton statère qui a été porté en dépense pour les gens que 

28. le travail toi. 

'Verso. 

A partir d'ici, je ne puis offrir qu'un essai de paraphrase. Tout y est douteux, ou à peu près. Je 
supplie le lecteur de croire que je m'en dissimule pas les imperfections. (1) Par Harniac/iis, ■ le grand 
dieu, et Harsaphès, (2) le grand dieu. Ce n'est pas 'Lmsks (3) ni sa troupe. Ce n'est pas une chose que j'aie 
(4) faite iJOur lui, une majoration de 3 deben d'argent et 5 qite pour Twlyn. (5) On a parlé d'une majo- 
ration que j'aurais faite à cause de lui avec (6) Horos, fils de Neschoas, l'homme (7) Laisse 



24 SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 

cette léyeiide qit'ih ont été pai/és par moi d'une chose (8) comparable à celle de 'Wtkes. Il n'ij a pas eu 

(9) de recherches pour la majoration faite pour lui, de nouveau, (10) l'hoininc . . . ., celui qv,! 

me laisse (11) le dieu, pour te persuader d'euYojev (12) [à Cli]onstliotès. Laisse moi 

dans votre (13) P^nlève moi ma nourriture, alors que je serai suhordonné à tout le monde . . . 

(14) savoir Nous te le ferons dire par devant (15) T Tu sais le Tu m'interroges 

SMC (16) l'affaire. Tu avec moi, ici. (17) qu'on me fait, ;i |>artir du P' Athyr 

(18) jusqu'au oO Pachons, et qu'on prenne (19) 7nes biens qui étaient 5 qite d'argent, 

soit du cuivre, ce que (20) j'ai (21) écrit en l'an 2, le 20 Epii)hi. 

Commentaire. 

Quelles que soient les difficultés (jue présente ce texte, ou voit que nous avons affaire à une sup- 
plique adressée par un serviteur à son maître ou par un subordonné à son supérieur. Il semble avoir 
commis quelque méfait qui l'a conduit en prison. Est-ce une indélicatesse ou une simple maladresse 
engageant sa responsabilité pécuniaire? Il semble que les paiements échelonnés militent plutôt en faveur 
de la deuxième hypothèse. Dans une autre lettre de la collection (Ghôran 13; Inv. 245), en trop mauvais 
état pour être publiée, on lit à deux reprises 2S-(OTO. Nous sommes là encore dans la même ambiance que 
nous ont fait connaître les 4 cautions traduites précédemment. 

La double allusion, malheureusement incertaine, à la déportation dans le sud, et l'espoir exprimé du 
maintien au Fayoum, offrent un parallélisme au moins verbal avec ce que nous lirons au N" 32. Devons 
nous entendre, comme aux temps pharaoniques, les travaux forcés dans les mines d'Ethiopie, ou simple- 
ment un transfert dans une région où le travail soit plus dur et la vie moins facile que dans la riche 
province récemment colonisée ? Rien ne permet d'en décider. Dans les lettres du Serapeum étudiées par 
Sethe (Sarapis, p. 86 sqq), il est question d'emprisonnement et de descente du fleuve; mais la situation 
doit être différente. 

Recto. 
8. * MnpTô>.ReneR£Âï^ev'A. nTooTR. 
13. ceatooc as^e. Le présent I a parfois plus de force qu'un simple indicatif. Cf. N°^ 12 — 20, § 10 — 11. 

15. Notre écrivain paraît se faire une spécialité d'écorcher les noms propres. Si l'on recherche ici 

un équivalent grec, on ne trouve que des à-peu-près : AatTÛvoai;, Aoxâfxac, Awowv, Tâvîactç. 

16. * nooT Mô>.(T)pcTr(eipe) ne^i nceene (n)TMnTp.wHHOTTe CToe^TOOTR. 

21. Ou jieut-étre Horus de Méten. Voir les références données aux Pap. Caire, p. 195. 

24. Boh. 2SL€p2tep, plutôt que (yiMîlop : 2s.iH2i.top, en raison du déterminatif et du contexte. Vn 

talent d'argent vaut 300 deben ; un talent de cuivre, à cette époque, cent fois moins. Dans 

un cas c'est trop; dans l'autre, peut-être bien peu. 

'Verso. 

7. L'hypothèse hret = popT(^) m'apj)araissait comme plutôt hasardée. Mais je m'aperçois après 
coup que Gkxffith (Eylands, p. 410) a eu la même idée et ressenti les mêmes scrupules. 
On peut tabler, semble-t-il, sur une confirmation mutuelle. 
12. — 13. * Rôvô^T oiiTCTn 2s.iT*.^pe, eiOik.pcoMe niM. 



Cautionnement pour une somme d' argent. 25 

N° 6. 
Cautionnement pour une somme d'argent. — III^ siècle av. J.-C. 

Magdôla sans N" — Paquet A. — Iiiv. 236. — m. 115 X m. 64. —- PI. IV. 

Le début et La fin manquent. 

Transcription. 
1 [ 

2. p 'qmcvis t t' Tmsft] 

3. -s 'rm Hr-m-lih sy Hr-nh- nh 

4. p sh f'r-'^o Sp-]! (l-t 

5. Ta-p->:y Tahk-'Mu 

6. s 2-t n p (Imy Shk p '?/ 

7. Briige sp d-t dy 

8. lid qt 5 pe-f p>s lid qt 2'ls « M qt 5 '» 

9. mte-i/ Kt-f a p shit Pr-/'o] 

10. a h p) icte f vp-t hq 

11. hn hric 2 n irli-f nt e-fic 'r-f] 

12. n ]ite 't m)ie bu e-y rh 

13. z dy-y lui nt nh p f n "ni-ir V 'sw 

14. e-f Vi ;■(/ l nt] nh [nt mte-y .... 

Traduction. 
1 [ 

2. l'économe du district de Tliémistès 

3. et Harmaïs, fils de Harnebonchis, 

4. le Lasilicogrammate. Je me j)orte cautiou 

5. pour Tapsaïs et Tahikamounls, 

6. deux personnes du sexe féminin, du Bourg- de -Souchos 

7. Bérénice. Caution pour le paiement de 

8. 5 qite d'argent, dont la moitié est 2i/g. soit encore 5 qite d'argent; 

9. et je verserai cela à la banque royale 

10. selon le mode de versement pour la falirication de la bière 

11. dans les deux jours après que cela m'aura été réclamé, 

12. obligatoirement et sans délai. Je n'ai pas le droit de 

13. dire : «J'ai donné de l'argent (ou) quoi que ce soit au monde, ici, sans reçu 

14. en bonne forme». Tout [ce qui m'appartient 

Commentaire. 

1. Bien que les traces subsistant de la ligue 1 ne peimettent pas de restituer avec certitude le 

nom de l'oîy.ovîij.iç, il est très probable que nous avons affaire au même Aristocrates qui 
apparaît dans les N"^ 9, 10 et 11, avec le ^asÙMoc Ypa|j.,y.at£Û; Harmaïs. 

2. L'ordre dans lequel les fonctionnaires sont nommés confirme la donnée fournie par le papyrus 

grec de Lille N° 4. Cf. Gmndzûge, p. 150. L'ordre de préséance est peut-être renforcé par 
la différence des nationalités. On croit que plus tard cet ordre sera renversé. Sur cette 
question et sur le détail des attributions de l'économe aux ÎP et P"' siècles, voir les remarques 

SOTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 4 



2G SOTTAS. l'Al'YKUS nKMOTlQllKS DK LlU-K. 



lio I'i;i:i>u;ki: d.-ms les l'rni: .huich'n,, Osinir.,. p. 5L' si,.,. M. H(i>T,,\rzKKF (./. A'. .1.. VI, 
p. 177) ne manitrslf |i;is (ri'iilliiuisi.'isiur |Mini- les r(''sult;its olitrniis par ri;i.isi(;i\K. (!ela n'a 
rioii ili' tic's surprt'iianl. 1 (iu\ ran'i- ('■lanl en j;raiiili' |iai'ti(' vicii'> |iar la iiir'|ifi.st' (|ue je .si<;'ii;ile 
au rdiuiiUMitain' du N'' 2'.*, I. !'_'. Xnus \(iviins ici ipir l'existence d'un écnnonie par |;,;:'!:. induite 
de la nientiiui il'un l'H'cindUie ilu district d'I li'Taclidès. est jirouN'ée aussi, en ce ipii concerne le 
district île Tli/'uiistès. (^>u;int au .■Jxzù.'.v.ï: Ypz'j.ij.XTîù;, cette iiidic.'ition toute sèche vient à, 
l'appui du léinoi;;iiai;e dc'jà existant pour le I H' siècle de sa coinp(''tence ('•tendue au nome 
entier. Vf. .loarhn,, (htr,u;i. p. ,')!. 
• '). On rein;u'i|uera i|ue Oi\-. ni/'Uie isoli'-, n';! p;is île mai'iiue du l'i''ininiii. 

7, J'ai dè'ià si-inali'' (./. .1., l'.U4, I, p. U'iO) i|in'. pour les noms de localité de cette l'orme, l'iMiuiva- 

lent <;rec ne tenait pas compte de la mention «la demeure de t. Ainsi «la demeure 

d'Ar.sinoé ^^' \ç,z'.-iir/. la denn-ui-e d'Alexandre = 'A/,£;àvop£'.z. Ici, «la demeure do lîérénico » 
=r^ Wizvr.y.iz. Comme les deux li,al)it;intes do cette localiti'' l'clèvent de l'écnnome de Tliémistès, 
nous devons .-noir affaire à V<-.ç,vi:/}.z M-;:yJ.yj situT'O dans cette [l'-pi:, près de \\jTiiJ:îziy. (ap]>on- 
dix '2 des Tifitiii/'ia l'ajnji'i^ H). Si l'/'iiuivalent ,i;-rec de j> '//, etc. était fourni, pour Ale- 
xandrie, par le r)i''cret de Canope, nous l'.avons aussi poui- une Arsinoé du F;i\ouiu, grâce 
à notre X" 21, ilati'' de l'an U d'K\'ergète et éciit de la main du nn''me Marrés (|ui a i''tal)li 
les actes X"" 2 et 4 pour des lialiitants de •:1a di-meure d'Arsinoi'' - . T/enregistrement jiorte 
en effet : bi "Ap:;'.vi[r,L -]?;; Hst/i-TiJ jj.ipt:::. La i-emari|ue de A, II. ( iAi;[)ixi:i; à ])ropos du 
topiuuine liii''rogiypliii|ue ciuiiposé sui- le nom de Hamsés (.7. K. A.. V, p. 261) ne tombe pas 
alisolument juste : its name cmitains an unusual and characteristic élément « The dwellint;- ■ 
■J V), tlie omission of which to _vield tlie shoi'tened ]ilace uame « Raamse.s > is liighlj im- 
probaljle . Bien ijue les temps soient différents, l'ar^'ument soi't affaibli du la comparaison; 
mais ce di''tail n'atteint naturellement jias le fond de la thèse de liAKOixia!. 

Il convient de transcrire en tin de li.i;ne '/// et non u. ;Vux X"" i'. 1. 9, et KJ, I, 10, le scribe 
a omis la b.-irre oblii|ue. De nn^me dans (.'aire 307U1, 1. 7 : ï^p ilt di/ Ijd 30 (l'éditeur 
transcrit m'^ \ et aux lignes 2, 4 et ô l'expression composée *.s i/y, litt. i temps de donner», 
c'est-à-dire « i''(dii''ance ^> . Peut-è'tre l'expression traduit-elle rpi'^'î '-'-i ;'/.t'.c;v, le dernier mot 
('■tant, en r'Livptien, suivi d'un i-i''giine ])ri''cisant la somme. 

8, T.e sifili- /. en hii''i-ogly]dies <:r>, veut dii'e «total . On le retrouve, plus allongé, dans les comptes, 

soit di''motiijues (X":')2), soit grecs i cf. Jlagdi'da grec), où il éijuivaut à •'J.-n-.'j.'.. Cf. le bilingue 
jiublii'- il;ins Krlisfreif. 1. 7 si|, a\-ec le mi''me emploi i|u'ici. — o» == tx'a'.v (///.). 
;t. Sur le verbe ni. cf. Simi.i.ei.i;]:i;o, J><')ii. Sfadlm. II, ]>. K'. et 2;;, et 'rilo.Mi'Sox, 1'. ><. 1>. A., 1913, 

p, 115, 
1(1. /' irft est le substantif déi-ivi'' de c-t. Le di''tei'minatif " de //</, i|ui rend l'identification certaine, 
est fourni |iar le X' 7, 1. 2. Cf. aussi le X" 2'.', 1. 3. D.aiis b/s trois cas, in.ius a\ous l'ortbo- 
f;ra]die cori-esponil;int a l;i forme ancienne fi (cf., en démotii|ueai-cliaÏ4ue, /i'_y/(o/(/.'>, j). 374 ), 
tandis i|ue d'auti-es textes dé^motiiiues, notamment le /'njii/nis lîhiinl, ont ////i/c, soit 
'onue : ''ofMiu et 8 Ç? à l'hilae ( Bunisrii, DictioniKiin', p. 970 1. Comme le ]ia]«vrns 

du Cairi; 30600, 1. 17. |ii-ovenant du Fayonm, a aussi ////i/r, on ne ]<eut songer a dos 
ilifférences di;dectali.'s. Pour l'i'tymologie. cf. .\. Wu-,!.iim.\xx, Ny////;/.--, XV, p. 130 sinp 

L'expressitin ciinii)lete : <> le versement (ou In redevance) pour la fabrication de la 
bière-, parait correspondre à ij--r,}i. (M'. Lnij'Kh's, III, p. 24S ,si|. et ( 1 nnnh.ihje, p. 251. T>e 
rôle i|Ui- joue ici la "-■t-r-^-J- jieut |u-i'ter à confusion. La com]iai-aison avec les rè'dactions d'actes 
similaires montre ipi'à cette ]dace on lit l'indication d'un ib'dai poui- le ]iaiement. On veut 



Cautionnement pour une somme d' argent. 



donc dire que la somme sera déposée à la banque, selon les règles en usage pour l'acquittement 
de la ^'JTYjpâ, lequel s'effectuait, pour l'année, eu douze versements, à intervalles, paraît-il, 
inégaux. Deux hypothèses se présentent : 1») Les 5 qite garantis sont en rapport direct 
avec la vj-r,pa et les bénéficiaires du cautionnement sont des fabricantes de ç69o; ou des 
fermières de l'impôt y afférent; 2°) il s'agit d'une taxe n'ayant de commun avec la C^'lpi 
que le mode de perception. Nous disons de même aujourd'hui que telle taxe accessoire est 
exigible en même temps que le principal d'un des impôts, base du système fiscal. Les moda- 
lités affectant la 'CuTYjpà servent si bien de terme de comparaison que Wilcicex a écrit 
iOstraca, I, p. 286) que le çcpoç r.po^d-.M'/ n'est pas versé à la STijjioatà ■zpd7:ï^a., comme l'impôt 
sur la bière, mais d; "V' ^'^'- ioûtts'.; Tpa^rs'Cav. Cf. aussi Revillout, Rev. Eg., III, p. 82. 
13. « Sans reçu en bonne forme ■» Cf. Pap. Eeiiiach, p. 177 et 186, où le sens fourni paraît un peu 
étriqué, et KylaiKh. p. 121, n. 6; 151, n. 2; 256, n. 9, et 279, n. 2. P flij Vi rd = £moît;iç. 
Cf. au N" 29 l'expression es V* rd ar-f, «si la preuve est faite contre lui», qui disparaît 
d'ailleurs dans les pièces similaires postérieures. On retrouve encore dans les actes coptes : 
eqTô^OHTT epôkTq (Ceum, Djême, 97, 60; cf. Spiegelbekg, Pap. Hauswaldt, p. 9*, n. 3). 

La sens « reçu » pour 'sir est bien confirmé par notre N" 21, dernière ligne. Sur la 
minutie des formalités, cf. Lagides, III, p. 370. Ainsi 'su- serait àvciaifA^sAov, s'opposant à 
t;j!j.ijoA5v. Ce dernier mot a été parfois transcrit simplement en ég^qitien. Cf. Rylands, N" 21, 
1. 27, n. 1, rectifié par SriEOELBERO, Recueil, XXXIII, p. 177. Si SriEGEi.BEKO a raison pour 
la lecture, il a peut-être tort de rétrécir le sens de jjîj.^ ;/,;•/, de «contrat» en «reçu» 
(Quittung). Cf.- X» 9, 1. 23. 

N° 7. 

Cautionnement pour une somme d'argent. — IIP siècle av. J.-C. 

Ghôran 61. — Inv. 239. — m. 132 X m. 062. — PI. III. 

Le début manque. 



1. a p shn Pr- o a h \_p irtc'] 

2. t icp hq hii hrir 2 n 

3. ich-f nt e-ir 'v-f n Ide 

4. '< mne bu e-y vh z 

5. dy-y hd nt nh p t' ;; 'm-ir 't 

6. ef Vi rd nt nh nt 

7. mte-y hu n nt e-y dy hpr-v 

8. t 'we-t II Ijd-ir nt hry a h md 

9. Pr-"o sh Xht-Hr sy P-iurh 



Transcriptiou. 



Traduction. 



1. à la banque roA'ale selon [le mode de versement] 

2. pour la fabrication de la bière, dans les deux jours après 

3. qu'elle (la somme) m'aura été réclamée, obligatoirement 

4. et sans délai. Je n'ai pas le droit de dire : 

5. <i J'ai donné de l'argent (ou) quoi que ce soit au monde, ici, sans reçu 

6. en bonne forme». Tout ce (|ui ra'ajtjiartient 



28 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 

7. et ce que je pourrai acquérir 

8. sera la garantie de la somme d'argent ci -dessus, comme bien 

9. royal. Hcrit ]>ar Neclithyris, fils de Puoub. 

(^Témoinsl: 

10. Écrit jiar Pnouh (fils de) Neclithyris. 

11. Ecrit par Téos, fils de Petelior-méten. , 

12. Ecrit par Hériobastis, fils de Ecrit par Hor , fils de 

Commentaire. 

Les N"'' 6 et 7 présentent une partie commune. D'autre part, l'aspect de l'écriture et certains détails 

permettent d'induire, sans grande chance d'erreur, que les deux pièces sont de la même main, bien que 

l'une ait été trouvée à Magdôla, l'autre à Ghôran. D'après l'exemple des N"* 9, 10 et 11 il est loisible 

de supposer que les N"^ 6 et 7, à peu près identiques de rédaction, se rapportaient aux mêmes personnes, 

le garant excepté. Nous aurions en définitive le moyeu de restituer l'ensemble, au commencement près. 

8. — 9. Sur l'expression md Pr-^o, cf. le commentaire du N" 9, 1. 16, de même que plus haut, la 

préposition a h est à double entente : soit « cette somme d'argent en tant que bien de la 

couronne», soit «cette somme d'argent, comme si c'était propriété de la couronne». De 

toute façon on semble vouloir appuyer sur ce qu'il s'agit d'une créance privilégiée. Comme 

les fonctionnaires royaux interviennent, il est probable que la première acception est la 

bonne. L'interprétation peut avoir son importance pour la <]uestion embrouillée du monopole 

de la fabrication, si c'est vraiment la l^'jTr,pâ qui est en jeu. Cf. d'ailleurs : r, T.pâ^'.q sa-w (wç) Trp'oç 

■îaj'.Af/.i, formule qui paraît avoir aussi un double sens, selon que w; est exprimé ou non 

(LrKjldes, IV, p. 161). — Cf. MiTTEis, Gruiidziige, i). 120 sq. 

10. A la différence des N"^ 1 à 4, il est fait appel ici à des témoins pour la garantie de l'obligation. 

C'est qu'il y a de l'argent en cause. Le nombre des témoins est d'ailleurs réduit au minimum 

de quatre. La mention « Ecrit par » devant chaque nom est curieuse et rappelle peut-être le temps 

où il était établi une copie intégrale de l'acte au nom de chaque témoin. Cette particularité 

se rencontre encore beaucoup plus tard. Ex. : Rylands, N" 21 (112 av. J.-C). 

N° 8. 
Cautionnemen"; pour une somme d'argent. — III^ siècle av. J.-C. 

Ghôran 61. ~ Inv. 240. — m. 118 X m. 072. — PI. III. 

Le début manque. 

Transcription. 

1 [iif u/j nt mte-ij] 

2. hu n ut fi-y dij hjir-ir t '^icc-t'] Ji [/«/■((■] 

3. nt hrjj hn c-y rh z '''-Q/] j> ^'p 

4. t è't lit hnj t i'-[t a d-t-]tii ]>L-[tii] 

5. rd p Ht t hte a uid idj nt e-f [z] 

6. 'rm-î/ 7-n md iib ut hnj mte.-y 'r-ir hric-[f] 

7. H hte sh Hr-uhf-dt 



Cautionnement pour une somme d' argent. 29 

Les formules ijue i-eiiferme cette fin de document se retrouveront au X" 9, à partir de la ligne 20. 
D'ailleurs on voit par le nom du scribe que les deux pièces sont de la mémo main, ce qui ne se reconnaît 
pas à première vue. 

A la suite du texte, quatre noms de témoins : 

8. Ecrit jiar Tlioto)-^«/o«, fils de 

9. Ecrit par 

10. Ecrit par Téos, fils de Fatus. 

11. Ecrit par Horos, fils de 



N°^ 9 à 11. 
Cautionnements pour une somme d'argent. — 222 av. J.-C. 

N° 9. 
Ghôran. plastron 2. — Inv. 277. m. 315 X m. 088. — PL III. 

Transcriptiou. 

Scriptura exterior. 

1. K-i i -t hd qt d dij. s-t ksp 2U 'lid ,'i '/( 'rq. 

Scriptura interior. 

1. hsj) 2ô iif '(• hsp 2h' tp jiv-t Pr-'^o Pflmni/s 

2. sy Pr- o Ptlmnys 'rni 

3. 'Rgyn n ntr-w sii-w z sht 

4. Yr-Hr-ar-w W'/.i-'b-R" T-nip-iifr-t n 

5. 'Pstqrirts p ^yqmcms 

6. t t" Tmsts '/•>» Hf-m-hb sy 

7. Hr-idj-'nh 'p sh Pr-'o sp-y 

8. d-t Pa-uh (?) .... Nht-nh-f p sht i, 
^- V 'y iv^ Tir^eins (^) i-j) dt dy 

10. hd qt r, te-ir j;î Ijd qt 2 a hd qt .) '/t 's mte-tn. 

11. -y ict-f jj shii Pr- o hr-i'-f . 

12. t hsp 25 lit 'r hsp 26 tp pr-t s hsp 26 ^hd 3 'h %-q 

13. p) hrir z n-y ict-\ji] ute-w 'r-f e-y 

14. 'r^[/' n-'m-ic ir hr'jic hii hrir 2 

15. 2) 'bd rii-f II hte e-y tm irt-f 

16. hn p hnr 2 iit hvy e-y dy s-t 'rin 

17. pe-tc l'I-} p 'bd lit m-s p 'bd rii-f n hte 

18. bn e-y rh di/ ye s$ ar-ir iii-s 

19. Il ss-ic lit hry bu e-y rh z dy-y hd ii-'iii-ir 

20. 't 'sir e-f 7i rd ni iib iit iiite-y 

21. hn n nt e-y dy hpr-ir t 'we a nul iih 

22. bn e-y rh z 'r-y ii-tn p hp h 



30 SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 

23. t s^-t lit hry f i'^-t nf hnj d-t-iii 

24. pe-tii rd p iit t hfe a md iih 

25. nt e-f z-t-ic 'rm-i/ ni nul iih nt Ijri/ mfc-ij 

26. V-(C hrir-f II Ijft' .s7( Ilv-nht-ilf .■>■;/ 

Au verso. :i m. 02!* au dessous du trou : 

1. MvapiT); '.Xipîsj; 

2. IvJr.i . . ; I- t. 

Traduction. 
Scriptura exterior. 
1. Un acte (pour) 5 qite d'argent, à donner en l'an 26. le dernier jour d'Athvr. 

Scriptura interior, 

1. L'au 25, qui est l'an 26, en Tybi, (^sousj le roi Ptolémée, 

2. fils du roi Ptolémée et 

3. d'Arsinoé, les dieux Adelphes. Le tisserand 

4. Inarôs, (fils) d'Apriès (et de) Trenpnabre dit à 

5. Aristocrates, l'économe 

6. du district de Thémistès et (à) Harmaïs, fils 

7. d'Haruebonch, le basilicogrammate. Je me porte 

8. caution pour Paneb- , (fils de) Necténibis, le tisserand du 

9. {Bourg-de-SoucJiO)<} l'ouems (?). Caution pour le paiement de 

10. 5 qite d'ai'gent, dont la moitié est 2 (^si'c) qite, soit encore 5 qite d'argent. C'est envers vous que 

11. j'ai l'obligation de verser cela à la banque royale en son lieu et place 

12. à partir de l'an 25, qui est l'an 26, mois de Tybi, jusqu'à l'an 26, dernier jour d'Athyr. 

13. Le jour où il me sera dit : «verse cela», je 

14. [le] verserai [ici en un] jour dans les deux jours 

15. du mois indiqué, obligatoirement. Si je ne le verse pas 

16. dans les deux jours susdits, je le donnerai avec 

17. la moitié en sus, dans le mois qui suivra le mois indiqué, obligatoirement. 

18. Je n'aurai pas le droit d'y ajouter un nouveau délai après 

19. le délai ci-dessus. Je n'aurai pas le droit de dire : <■ J'ai donné de l'argent ici 

20. sans reçu en bonne forme». Tout ce que je possède 

21. et ce que je pourrai acquérir (sera) la garantie de toute chose. 

22. Je ne pourrai pas dire : « J'ai' satisfait pour vous au droit conféré par 

23. l'acte ci-dessus». L'acte ci-dessus (reste) entre vos mains. 

24. C'est votre représentant qui aura qualité pour rendre exécutoire toute condition 

25. qu'il m'imposera au nom de tout ce qui est ci-dessus 

26. et j'agirai selon ses ordres, obligatoirement. Ecrit par Hornecht-f/-?, fils de 

Témoins : 

27. Fete-p-ghi; fils de St 

28. Écrit par Tééphibis, fils de 

29. Écrit par 

30. P-Ka-Améiiopld^, fils de 



Cautionnement pour une somme d' argent. 31 

N° 10. 

Ghôran, plastron 2. — Inv. 278. — m. 313 X m. 082. 

Kci'iture très effacée. yuel<iues lacunes. 

Scriptura exterior. 



V- (^h' ipi 



Garant. 



Date de la ligne 13. 

Au verso, à m. 05 au de.ssous du trou : 
'lvap[o)]ç IIeTîij.ouv[o; (- i. 

N" 11. 

Ghôran, plastron 2. Inv. 279. — m. 315 ■. m. 115. 

Ecriture pâlie par endroits. Grande lacune à la fin. 

Scriptura exterior. 
Garant. 

Au verso, à m. 03 au dessous du trou : 

1. 'Ap£;/ço'îç Nr/6ôvîj3toi; 

2. r~.r-.r,z, ;; -/.a! vî^iop-,':; ) :. 

Commentaire. 

Les N»'' 9, 10 et 11 sont de la même main, de la même date et de contenu presque identique. Les 
jiersonualités qui y figurent sont aussi les mêmes, sauf celle qui se porte caution. Ce sont trois cautionne- 
ments en faveur de la même personne, chaque fois pour garantir une somme fixe de 5 qite d'argent. On 
connaît d'assez nombreux cas de cautionnements multiples. Pour n'en citer qu'un, dans un document en 
langue égyptienne, il sera renvoyé à la lettre publiée par Revili.out, Corpus jMipi/rorum, U. 3. et en 
partie traduite par Sèthe, Saraplg, p>. 90. 

Le N" y, le plus complet et le mieux conservé des trois, est reproduit à la planche IIL Les deux 
autres seront fréquemment appelles en témoignage pour fournir des variantes, combler les lacunes et 
aussi donner confirmation de certaines bizarreries d'écriture propres à notre scribe et qui, faute de ce 
secours, entraîneraient des difficultés. 



32 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



Les trois )iièces présentent encore une i)articularité commune. De même (|ue les N"^ 1, 2, 4, 15, 16 
et 18, le papyrus est jiercé d'un trou sur l'axe médian vertical, dans la bande horizontale qui sépare ce 
qu'on a ajipelé la .tr>i2)tiir)i interior et la scrijHura exterior. Cf. notamment J. A., 1914, 1, p. 8, et Spiegel- 
BERO, -ï. Z.. LIV. p. 110. Mais au lieu que ce trou divise Taxe dans la jiroportion approximative du 
tiers, comme dans le X° 1 par exemple, il n'est distant ici que d'environ m. 03 du bord supérieur. Ce 
qui, par l'emplacement, corrcs))ondrait à la scn'pfnra interior tient en une seule ligne, et encore incomplète, 
qui fournit de très brèves indications. 

Pour deux raisons, l'une matérielle, l'autre de bon sens, on ne saurait admettre que la partie située 
au dessus du trou ait été repliée comme une scrijitura interior normale. L'exiguïté de cette j)ortion du 
document ne saurait se prêter à l'apposition des sceaux. Et puis, pourquoi tant de soins pour soustraire 
à la falsification des mentions aussi sommaires et A-agues où le nom même de la partie souscrivant l'obli- 
gation est omis dans deux cas sur trois? De cette im]>ossibilité on déduit sans peine que la partie 
inférieure, qui, elle, du moins, le méritait, était repliée, puis scellée. Le dépassant supérieur servait alors 
d'étiquette et, comme les pièces restaient vraisemblablement groupées dans les bureaux, on n'attachait que 
peu d'importance à ce signalement extérieur, ce dont témoignent les variations du libellé chez un même 
scribe. D'ailleurs, obéissant aux nécessités du bilinguisme, on prenait soin d'inscrire au revers en grec 
quelques brèves indications utiles. La ligne de grec, soit unique, soit inférieure, est uniformément à m. 05 
ou m. 06 au dessous du trou. D'où deux solutions possibles : ou la pièce est pliée à grands plis d'au 
moins G m. 06, et le grec reste visible au verso ; ou la largeur est deux fois moindre, et le grec apparaît 
au recto au dessous du trou, l'écriture grecque étant renversée par rapport à l'égyptienne. Cette seconde 
disposition témoignerait du particularisme cher au bureaux de tous les temps, l'employé grec semblant 
tenir pour nulles les inscriptions dans l'autre langue. La première solution, par contre, aurait le désavan- 
tage de ]>ermettre au lien de se déplacer latéralement, de façon à rendre le scellement inefficace si les 
sceaux n'adhéraient pas suffisament à la pièce elle même. Les traces de pliure subsistantes ne suffisent 
pas à autoriser un choix. 

Nous avons donc là un procédé de garantie très différent de celui que nous rencontrons par ailleurs. 
Dans l'ensemble, on peut distinguer au moins 4 types. 

1". Les deux scripturae sont identi(^ues. Ex. : Hibeh 84 a = Mitteis 131 (285 av. J.-C). 

2°. Uexterior est plus soignée matériellement et comporte quelques légères adjonctions. Ex. : nos 
N"^ 2 et 4. C'est ce stade que paraît avoir atteint un papyrus grec de 215/4 étudié à ce point de vue par 
E. ScHu^■BAUER [Zur Entivicklunc/ der Doppd-Urkunde in ptolemuischer Zeit, &]). Zeitsclir. Sav.-St., XXXIX 
[1918]. p. 224 sqq. — Cité d'après la bibliographie d'L Bell, J. E. A., VI, p. 134). 

3°. 'Ui)derior est réduite à un résumé de Vexterior. Cf. Mitteis, GritndziUje, \). 78 (2" période 
ptoléma'ïque).. 

4°. U exterior est réduite à un simple titre, et encore peu explicite. Ex. : les trois documents ici discutés. 

On s'est demandé laquelle des deux scripturae faisait foi en cas de contestation. La question est 
peut-être un peu oiseuse. Valeur égale et contrôle mutuel, tel doit être le principe, sauf dans le dernier 
cas naturellement. Logiquement, on aurait dû veiller à la scrupuleuse exactitude de Yinterior. Kumaine- 
ment, on en est venu à soigner davantage ce qui se voyait. 

On a signalé récemment des papyrus conservés dans l'état ancien, avec le sceau adhérent. Cf. X. Reicii, 
W. Z. D. M., XXV. p. 314, et Edgae, Annales du Service, XIX, p. 16. 

2. Deux anomalies, chacune deux fois «recoupée» : la graphie du mot < fils» et la présence de 
iWo devant le nom du prédécesseur, Philadelphe. Cela ne suffit pas à faire envisager l'hypo- 
thèse de la royauté commune (en reculant d'un règnel, car, dans ce cas, la rédaction est 
différente. Caprices de scribe et rien de plus. 



Cautionnement pour une somme d'argent. 33 



3. «Le tisserand». Cf. 1. 8; N" 10, 1. 9, et N° 11, 1. 7. On comparera l'orthographe plus détaillée du 

mot deux fois répété à la ligne 4 du papyrus Erbach (Spiegelberg, .4. Z., XLII, p. 44 sq ; 
55 et pi. 3). Spiegelberg a cédé à la tentation légitime de faire cadrer la graphie démotique 

avec UJTIT, soit s'ht'tej. Mais que, dans ^ j.Jt^ v4 aK . le trait oblique représente ou 

non /, il est difficile de conserver deux t dans la transcription, à cause du complément 
phonétique médial h, dont la présence unique serait anormale. Les habitudes du système 
hiérogh'phique invitent à contracter : « signe-mot » sht + h+ ty en shtij tout court. A moins 
de voir un premier t dans le trait oblique, ce qui serait guère plus arbitraire que de 
lire /, on admettra peut-être que l'orthographe du papyrus Erbach nous rapproche plus de 
cevOT- que de ujtst. Mais Spiegelberg lui-même vient de signaler l'existence du substantif 
ces.iUT (.-ï. Z., LIV, p. 132), et cela élimine la difficulté. 

Si le garant exerce ici la même profession que le débiteur, il n'en est pas de même 
dans les deux autres pièces. Le N" 10 donne à cet endroit «■'; malgré l'orthographe incom- 
plète pour ici/, écrit parfois icy, on n'hésitera pas à reconnaître OToeie «cultivateur». Dans 
le N" 11 on a ir stm 'i- Hr (?), donc un vstopYÔ- attaché à la Ispà y-^ ressortissant à un 
sanctuaire d'Horus (?). Il se présente ici une difficulté. Au revers on lit rftr^zrfi Iq -/.ai ^t. 
JouGDET pensait tout d'abord àY£(poto;). Comme ces indications ne peuvent s'appliquer qu'à 
Haremphois, on est amené à admettre 7s(wpYoç), jjour garder la liaison avec la version égyptienne. 
Le garant aurait donc eu une double profession, celle de couturier le mettant naturellement 
en rapport avec le débiteur. En égj'ptien, -^îTriTY^ç se dit Jiq. Cf. Spiegelberg, A. Z., LI, p. 93. 

4. Le nom du garant aux N"^ 9 et 10 fournit une nouvelle confirmation des belles remarques de 

Spiegelberg {Recvetl, XXVIII, p. 197 sqq) sur le correspondant égyptien d'Inarôs. Le garant 
du N° 11 porte un nom de divinité, ^y¥l^ > « Horus de Poy (quartier de la ville de 
Bouto)». CLRylands, p. 100, n. 16; 218, n.o; 321 et 422; Petuhastisglossar,^"^ m?>, 562 et 
564. La même ajipellation divine apparaît en composition dans le nom d'homme P-ady- 
Hr-n-P {Rylands, p. 450). Les oi'thographes du temps de Darius 1" (Eyîands) respectent 
encore l'étymologie en montrant le déterminatif de la ville. La transcription greque 'Ap£|j.ioi; 
est, je crois, nouvelle. Sa vocalisation est intéressante, car elle corrobore le rapprochement, 
proposé par Sethe (A. Z., LUI, p. 57), entre le nom de la ville et le mot , Tioi, «siège». 

Le père du garant est, au N° 10, Pétémounis (cf. la scrqjtura exterior et le grec), et, 
au N" 11, Necténibis. 

Si, au N" 9, le nom de la mère du garant comporte l'article, cela vient jirobablement 
de ce que le nom \ T était employé pour l'un et l'autre sexe, et cela dès l'Ancien 

Empire (cf. Sethe, Imhotep, p. 24). Au N*" 31, 1. 5, on lit la forme usuelle, sans article. Le 
nom de la mère, au N° 10, est en partie détruit. Le dernier élément paraît devoir être 
rapproché de pi, pes.TrH. Au N" 11, on a Ta-t-bk, double féminin de na^-^v-i;. Pour la pré- 
sence de l'article, cf., au masculin, xouspv::^-^-/.!?, en face de K5p£|j.|îv5y.t^ (Sottas, Le Th'iase 
d'Omhos, \). 5). Quant au faucon femelle, on le retrouvera au N" 31, 1. 7. On en connaît 
les formes ancienne, vS, {Py>'- 137), et récentes (H. Junkee, Der Ausziig der Hathor- 

^ Q _m> p. Q ÇV Q «S; A 

Tefnut aus Nubien, p. 13), .«.w^^ , ^^ et ^, la dernière négligeant le t du féminin, 
tout comme les graphies démotiques. 

5. 'Aptc-ov.pa-Ti? et 'Aptt;-:i-/.pf:o; sont également possibles. 

8. Sur les conditions du travail dans l'industrie textile et les exigences du pouvoir central à l'égard 
des fabricants, cf. Rostovtzeff, J. E. A., VI, p. 176. C'est la redevance du tisserand au fisc 

SOTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 5 



34 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 

qui devait être ainsi garantie par plusieurs cautions. Il est probable que nous avons affaire 
à trois fractions de 5 qite et non pas aux mêmes 5 qite garantis ti'ois fois. Dans ce dernier 
cas on n'eût probablement établi ([u'une seule pièce aux noms des trois garants. 
9. Ce qui suit sht est do lecture douteuse. Le passage est aussi endommagé dans le N" 10, mais 
mieux conservé au X" 11. Il semble que dans ces deux variantes on doive lire : xht dmy 
Shk p %/ etc. 

Ou aurait pour dmy une graphie différente de la jilus usuelle, dérivée de l'hiératique, avec 
grand c^> supérieur. Cf. sur ce point Caire 30619, 1. 7 s(|; .1. Z., LUI, p. 31. Il semble 
donc qu'on ait l'indication du domicile du débiteur, comme dans le N° 6. Mais pourquoi pas 
d'article avant dmy"^ Ou doit-on penser à ci^sy ^, variété de fil ou de tissu? 

10. Les X°* 10 et 11 ont ici correctement 2'^j„. — 's mte-tn '-y est une expression consacrée dont 

la juste interprétation, due à Sethe (cf. Erhstreit, p. 51), permet d'améliorer notablement les 
traductions de Caire 30647, 1. 10; 30753, 1. 6; 30698, 1. 4, et 30659, 1. 6 : «C'est envers toi 
que j'ai l'obligation de le faire comparaître devant toi». 

11. Notre écrivain a négligé les trois fois d'exprimer la préposition a. En fin de ligne, ^evpoq. 

13. Wt-s, nettement dans les N°^ 10 et 11, montre que nous avons affaire à l'impératif. Sur la péri- 

phrase servant à introduire le « sujet » de l'infinitiv, cf. mon article dans la Revue Egyptolo- 
gique, nouv. série, I, p. 138. 

14. Restitution d'après les N"^ 10 et 11. Cf. n iv' hrtr hn hnc .> dans Caire 30647, 1. 13; 30602, 1. 10; 

31191, 1. 2, etc. 

15. Le N° 10 est rédigé de la même manière, mais le N" 11 est divergent : (1. 11 — 13) «■' Jirw hn 

hrw 2 p hrw nt m-s p hnc rn-f n Me, « un jour parmi les deux jours, le jour qui suivra le 
jour indiqué, obligatoirement». La bizarrerie du passage, déjà suffisante dans les deux autres 
exemplaires, paraît ici corsée et laisse entrevoir quelque erreur. 

Toute la phrase depuis e-y tm jusqu'à hn e-y, à la ligne 18, manque dans les N°^ 10 
et 11. Cette clause est pourtant usuelle dans les pièces énonçant des obligations similaires. 

16. On remarquera le pronom st ici et dans la scriptura exterior, en face de s à la ligne 13. L'un doit 

être le pronom neutre à l'ancienne manière; l'autre, le pronom masculin ayant valeur de 
neutre. On sait que le régime pronominal du verbe dy se comporte en démotique de fa^on 
anormale. 

17. Pe-w 1 ^2 correspond à ts ■r;p.!5Àiov des textes classiques et f, -^iu.toAia des papyrus. Il est admis 

aujourd'hui qu'il s'agit d'un supplément de 50°/^ et non de 1507o- Pour la lecture, on en 
trouve une parfaitement claire dans Rylands N" 21, 1. 22 (p. 151 et 279). Une graphie très 
approchée de la nôtre se trouve dans Caire 30701, 1. 4 (éditeur : hd ^ ?)• Cf. encore 
Caire 30647, 1. 12 (l'éditeur a oublié de transcrire la fin de la ligue ; sa traduction « mit 
ihrem Mehr » = Zinsen montre (ju'il devait avoir en vue pe-ic hic); Caire 30753, 1. 11 
(éditeur : t-f vis-t?). La formule grecque correspondant à l'ensemble du passage a été donnée 
par Geiffith, Eylands, p. 151, n. 1 : sàv Sa ii.r, àitoSûaiv vi iwi wpicij.évov. /piviot, àxoTsiffâTurav Iv 
Tw'. £/_:;j.£vw; ij.-^vl T:7.çic/:/pf,\j.o'. (xxç 'zu TrupsO àpTalilaç t) riij.ii/.iov. 

18. Ici ."--.s tout court. Dans Caire 30701, ss dy. Dans Rylands N° 21, et ailleurs, ss hriv. Comme 

tournure grecque on citera Mitteis, C'hrestomathie, N° 101 : p-v) h/o-niç, p.ou éÇouaiav ypivov é'Tepov 



Cautionnement pour une somme d'argent. 35 

y.TTj-jxcÔat, et N" 355 : à'vïj T.d^r,q û-îpOé-sw;. Les idées de Revillout {Précis du droit, p. 1295) 
sur l'interdiction du paiement anticipé ne peuvent guère s'appliquer ici. 

21. Au papyrus Caire 30690, 1. 3, on lit l'expression intéressante t 'we n lip, «la garantie léi^ale». 

Caire 30701 ajoute : «jusqu'à ce que j'aie agi en conformité». L'équivalent grec cité 
à propos du X° 4, 1. 16, est plus explicite et y répondrait bien. 

22. D'après les K"^ 10 et 11, Caire 30753 et d'autres documents, on devine 'r-y ii-in p hp. 

23. On rapprochera de ce passage Rylands, N" 21, 1. 27 : ^r-y n-h p hp ii f smbl e t smbl iit hry 

d-t-k (cf. commentaire du N° 6, 1. 14). Les commentateurs traduisent : «I iiave performed 
unto tliee the provision of my contract (?) while my above contract is in ihy band » et « icb 
babe dir das Recbt des !;ij|j.po/,ov getan, wenn das aûi/jJo/vov in deiner Hand ist». Dans notre 
texte, le deuxième membre de j)brase est indépendant et construit au présent I. Il en est 
peut-être de même jiour Rvlands, avec le présent IL 

Dans les N''^ 1, 1. 14 — 15, et 2. 1. 17, nous lisons n h md idi ut hry n t s 4 nt hry 
dt-k, « conformément à tout ce qu'il y a ci-dessus dans l'acte ci-dessus (qui est) entre tes 
mains». La répétition de t s'-f. confirmée par les N°^ 10 et 11 (détruit dans 11, mais néces- 
saire pour combler la lacune) rend le passage plus explicite et l'interprétation de d-t-k plus 
vraisemblable. Cette constatation a son importance, car, à lire les remarques de Bouché- 
Lecleecq {Lagides, IV, p. 128 sqq) sur la rédaction des contrats, on se persuaderait volontiers 
que la conservation des actes incombait régulièrement, soit au jj.svsYpass; ou cuva/,"/,o;7[j.aT:- 
Ypzsoç, soit à un des témoins jouant le rôle de cjuvvpaçoîû'/.o:; ou cru|/j3;Acç'JA3;;. Il semble déjà 
qu'il en était autrement pour les contrats de vente où, par une clause spéciale, le vendeur 
abandonne à l'acquéreur, en même temps que la propriété, tous les titres y afférents. Cf. sur 
ce point Paeïsch, dans Pap. Ilausualdt, p. 22*. Il y avait peut-être là une part de fiction, les 
pièces restant à la disposition des bénéficiaires, mais en dépôt chez le «notaire». Pour les 
N"^ 1, 2 et 4 où les contractants intéressés à la conservation sont différents, le fait qu'ils 
ont été trouvés ensemble tend à ])rouver qu'ils avaient été laissés en garde au notaire 
commun. Marrés. 

On connaît depuis jieu, grâce à une liste publiée par Schubart (AmtJ. Berichfe der 
klinigl. Kunstsamml.. 1915, col. 94 sqq; cité d'après I. Bell, J. E. A., p. 133), une nouvelle 
classe d'écrivains publics, les Ypaixij.aTOC'.oa'Gy.a/.ot, en fonctions au IP siècle av. J.-C. 

27. Les noms des témoins sont encore moins lisibles aux N°^ 10 et 11. On voit cependant qu'ils 
n'étaient les mêmes nulle part. C'était donc le garant qui les convoquait, non le débiteur. 

Scriptura exterior. — N° 10 : Yr-Hv-ar-w P-ady- 'Mn hd qt 5. — « Inaros (fils de) Pétémouuis, 
5 qite d'argent». — N° 11 : u/'-t s -t hd qt ô. — «Un acte (pour) 5 qite d'argent >. 

Texte grec. — La somme de 10 drachmes correspond bien aux 5 qite de la version égyptienne. 

Il n'est pas sans intérêt de rapprocher des N"' 9 à 11 trois cautionnements établis par un même 
scribe au temps d'Evergète I". 

Caire 30647 (p. 88 et pi. 48). Cautionnement pour le prix du fermage en artabes de froment d'un 
lot de prairies inclus dans la vr, ,jai;"/.'.y.ï;. 

Rectifications à la publication. 
Provenance : Fayoum et non Gebelen('?). Cf. J. A., 1914, I, p. 165, n. 1. 

5. Au lieu de [si PtT\umis. lire [P 'q\mrms 'rm. 

10. Au lieu de « Siehe, ihr liefert die obigen 12(?) Artaben ^Veizen abgemessen», il faut : «C'est 
envers vous que j'ai l'obligation de livrer à la mesure les 12 (?) artabes de froment ci-dessus ». Il ne peut-être 



36 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



quostion i|UO de la ([uantité (Irj.i iiidiiiuée coiiuiio \n\\ de location, malgTi'- la différence de 12 à 16. Les 
chiffres sont trop peu distincts sur la pliototjpie pour être discutés sans le secours de l'original. 
12. Ajouter à la fin : di/s '/•») pc-f 1 '/a- 

Caire 30780 (p. 101 et pi. 61). Cautionnement pour le versement d'une redevance en artabes (prix 
d'un fermage'?). 

Rectifications. 

2. Ici. pas ]ilus (jue dans 30647, 1. 14, il ne faut pas lire n iry . L'n prétendu n'est qu'un signe de 
ponctuation, tiret séparant deux paragraphes, on pourrait presque dire deux contrats distincts. 

3. Au lieu de «sein Biirge, siehe», lire : «son garant de comparution". 

Caire 30701 + 30782 (p. 120 et pi. 56). Cautionnement pour le versement d'une somme d'argent, prix 
du fermage d'un lot de [Mairies. 

Rectifications à la transcription. 

1. Supprimer [;•] et n-k ('?). 

2. kl' .w dy ar-w m-s ss dy nt hry nt mte-y. 

4. V»! (?) pe-f Vjs au lieu de r ht —(?). 

5. hr est plus que douteux. Peut-être w\ 

6. 'n inry \S-t (cf. Hylands, p. 425). 

7. dy au lieu de n (?). 

8. te. hd au lieu de ëm. 

Voici la traduction modifiée des 8 premières lignes : 

1. Je ne i)ourrai pas ajouter 

2. une autre échéance après l'échéance ci-dessus qui m'est accordée 

3. (pour) t'y donner cela, obligatoirement et sans délai. La part de cet argent que je ne 

4. verserai pas à l'échéance susdite, je la verserai avec la moitié en sus 

5. le jour qui suivra l'échéance ci-dessus, obligatoirement et sans délai. 

6. L'isionome d'Isis (!c'.îvg;aiç "Icioiç, cf. Rylands, p. 146, n. 1) Pa-Neit, fils de Petosiris, dit : 

7. Je me porte caution pour Thotsytmis, fils de Caution pour le versement de 

8. 30 deben d'argent, redevance en argent pour les prairies ci-dessus. 

Des communautés d'expression autorisent encore à croire que les fragments du Caire 30689 + 30690 
et 80781 sont les restes de documents de teneur analogue. 

Si les trois cautionnements du Caire ont trait, comme ceux de Lille, à la garantie de redevances 
vis-à-vis .de l'Etat, ils s'en distinguent pour le fond, puisqu'il ne s'agit plus d'industrie, brasserie ou 
tissage, mais d'élevage et d'agriculture. La forme aussi est différente, car, au Caire, le cautionnement, au 
lieu d'être établi à part, est simplement annexé au contrat, origine de l'obligation à garantir dans ses 
effets. Même au Caire on notera des divergences : le prix du fermage tantôt en blé, tantôt en argent. 
En outre, dans un cas, le garant s'engage, sans plus, à opérer le versement jiour le compte du débiteur, 
si celui-ci fait défaut; dans le second cas, il se pose en garant de comparution; enfin, dans le dernier, 
comme dans nos N»* 9 à 11, il offre en gage tous ses biens présents et à venir. Les variantes sont d'autant 
plus remarquables qu'il s'agit du même écrivain. 

Il est naturel que dans des cautionnements comme ceux de Lille, qui sont établis sur une minute 
spéciale, on ne trouve pas la formule usuelle dans ceux du Caire : « Vous poursuivrez qui vous voudrez 
de nous deux ». 



DÉCLARATIONS DE PETIT BÉTAIL. 37 

Ce n'est pas ici le lieu de traiter, sauf dans ua but de comparaison, des cautionnements d'époque 
copte. Cependant on eu signalera un cas qui parait avoir été méconnu. Le N° 1148 du Catalogue des 
manuscrits du British Muséum est donné par Ceum comme une « letter relating to money apparently due, 
but not delivered». D'après le sens général, je propose de restituer : //////// evUUj[nTtop]e nevs eueciiôwTT 
nooAou/ 2£-e iyes.KT6>[es.'!r] n&^i 06^.poq. — « Tu m'as fourni caution pour les deux solidi, comme quoi 

tu me les donnerais à sa place» eujwîie nnqxivev-y [hjs.]i\ njOKne euoirnoRCiceèki 

MMOOT eTÛe 2s.nTOK e>kH€PPTe mmocj. — «S'il ne te les a pas donnés, c'est toi (néanmoins) qui en es 
responsable, puisque tu l'as cautionné ». 

Avant de clore le chapitre des cautionnements, il y a lieu de réparer deux omissions : d'abord en 
signalant Wilckex, N° 384, de 579 av. J.-C., qui nous intéresse au moins par son libellé; puis en pré- 
cisant les analogies que présentent nos pièces, surtout le groupe 1 à 4, avec les données du droit romain. 
Sur la faculté accordée au créancier de détenir dans sa maison [carcer privatus) le débiteur insolvable 
(judicatus), en l'y faisant travailler, cf. G. Hdhbeet, ap. Daeejibkeg et Saglio, Dictionnaire des Anti- 
quités, article dehitoris ductio (1892); Th. Mojim.sen, le Di-uit pénal romain^ trad. J. Duquesne (1907), III, 
p. 305; Ed. Cuq, Alamtel des institutions juridiques des Romains (1917), p. 901 et 906 sq. Sur la prison 
préventive dans les actions pénales et le ca,utionnement de comiiarution [vadimonium, et, plus tard, satis- 
datio, fidejussio), leur suppression au temps des Gracques et leur rétablissement sous le principat, avec peut- 
être la détention privée, cf. MojiiiSEN, op. cit., I, p. 382 sqq. Enfin le meilleur rapprochement se peut 
établir avec la détention libre (custodia libéra, fjMv.r, ao£j|.i.2;), dont traite Mommsen (I, p. 357 sqq) au 
chapitre du «Service de Sûreté». J'ai constaté avec plaisir que les réflexions faites par moi (C iî., 1920, 
p. 225 et supra, p. 18) sur la réciprocité des services rendus, se trouvaient en plein accord avec une 
remarque de jMojuises, p. 358, n. 1. 

N°^ 12 à 20. 
Déclarations de petit bétail. — 251 av. J.-C. 

Ghôran 158. — PI. IV— VII. 

Ces 9 jiièces étant rédigées sur le même modèle, à quelques détails près, qui seront signalés plus 
loin comme variantes, il en sera donné d'abord une version commune, en laissant en blanc les éléments 
variables : noms du déclarant et du scribe ; quantités déclarées. Pour faciliter le commentaire, le texte a 
été découpé en paragraphes numérotés. 

Ces déclarations comportaient une scriptura exterior et une scriptura interior, avec le trou ménagé 
2X)ur le passage du lien scellé. Pour chaque cas, il ne nous a été conservé que tout ou partie d'une des 
scripturae, avec éventuellement quelques lignes de l'autre. Il est étrange que parmi ces 9 fragments, il 
n'y en ait pas qui se complètent mutuellement pour former un tout. Nous avons affaire à 9 pièces 
distinctes. 

A la suite de la scriptura exterior.^ on lit un résumé du contenu en langue grecque. 

Transcriptiou. 

§ 1. hsp .34 nt '?• hsj) 35 ii Pr-'o Pthcmys .■<y Pfhrmys 

§ 2. p iih a-'r ( ) n Dygns p shn t' 

§ 3. nh Pr-'^o Pthcmijs sy Pthcmys 

§ 4. 'rm 'Rsyn^ t ntrt t mr-sn-t 



38 SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 

§ 5. nu II iitr.ir xii-ir ii iitr.ir iihic 

§ 6. n xwir lit mte-y tlrw 'rm n hyhir 

^ 1. nn II //- o-pt a-tc'h-y dy sh-iv a h jt ut irz 

4} 8. hii-jH'-y h 'sir iih p t^ ii dt-i/ 

§ 9. mii-mte-i) Ig mii-mte-y yl 

§ 10. c-'r-y 'r p 'iiJi ut hry m' tc-y lui ii hs.v Pr- o 

{? 11. c-'r-y ')■-/' 'r(/ ti'-y hn p htir Pr-^o 

§ 12. p 'ir II 'sir [■■■■) ^ Jnrt (....) 

4} 13. /lyh hrp tp 'h {....) ^ hwt (....) 

§ 14. Jiyh iiih 2 {....) ^ hwt (....) 

§ 15. h' (....) 4 (.. . .) .-!J (....) 

Traduction. 

§ 1. L'an 34, qui est l'an 35, du roi Ptoléinée, fils de Ptolémée. 

§ 2. Serment qu'a prêté (un tel), fils (d'un tel), à Diogène, l'administrateur du district. 

§ 3. Par le roi Ptolémée, fils de Ptolémée 

§ 4. et (par) Arsinoé, la déesse Philadel]ilie, 

§ 5. et (sic) les dieux Adelphes, les dieux virants. 

§ 6. Les moutons que je possède, en totalité, et les agneaux, 

§ 7. et les chèvres que j'ai fait inscrire conformément à la règle. 

g 8. Je n'ai omis aucun mouton au monde. 

§ 9. Il n'y a en moi ni dissimulation, ni mensonge. 
§ 10. Si je fais ce serment conforme à la vérité, je suis dans les faveurs du roi. 
§ 11. Si je le fais mensonger, je suis dans l'abomination du roi. 
§ 12. Petit bétail : Moutons (nombre), dont mâles (nombre); 
§ 13. agneaux de première catégorie en Thot (nombre), dont mâles (nombre); 
§ 14. agneaux de deuxième catégorie (nombre), dont mâles (nombre) ; 
§ 15. chèvres (nombre). Ecrit par (un tel), fils d'(un tel). 

Il n'est pas sans intérêt de constater comment ce petit texte se laisse transposer en copte, à quelques 
détails près. Pour un intervalle d'au moins 6 siècles, les divergences sont relativement minimes. J'emploie 
le dialecte sahidique, certains mots n'étant pas connus, à moi du moins, sous leur forme fayoumique. On 
peut sans scrupules user de l'auxiliaire o*.= qui est attesté dans le sahidique d'Hermopolis. Cf. Chum, 
Coptic Mss Brit. Mus., N" 1111. K. Sethe a traité en détail de ir'h et de ses dérivés {A. Z., LU, p. 112 sqq). 
J'aurai à revenir sur ce sujet. Ne peut- on admettre dès maintenant que 0«<= est l'intermédiaire entre n'ii 
et le parfait normal en es.= ? L'étymologie admise pour ce dernier, la « forme emphatique » tj S)\ , 
m apparait, à tort ou à raison, comme une conception de grammairiens a3'ant négligé le démotique et qui 
demande révision, du moins partiellement. Cf. Recueil, XL, article à paraître. 

§ 6. necooTT eTHTe>.i THpoir mm iioieiû 

§ 7. MH A*.&6>evMue eod>iT(pe)-Tcoèvi (nT)oe (M)neT0T02s. 

§ 8. MniRii^ecooTr \\\m. mtito utoot 

§ 9. MHTÔ.I 7V.(05' MttTô.1 CTûA 

§ 10. e1pn0.n0.uj eTopevi (av)m€ "^©««(ococ) (M)nppo 
§ 11. eiô^evq (h)02sl -^OMnÈOTe (A*.)îippo. 



DÉCLARATIONS DE PETIT BÉTAIL. 39 

Variantes. 

(Les références ne sont données que pour les cas remarquables.) 

§ 1. Omis.sioii de la préposition n et de la mention « lils de». — Orthographes Plions (20), 
Ptwrmys (15). 

§ 2. Omission de l'article devant «serment». — 'r au lieu de n-^r (10). — Au lieu de «serment 
qu'a fait » : « serment de » (préposition >i non exprimée). — Omission de la préposition n 
devant Diog'èue. — Orthographes Di/gn. Dirgn (16). — Omission de l'article devant le titre 
de Diogéne (17). 

§ 3. Tievnô^uj <iii lieu de uie (17). — Répétition ahusive de Pr-'o (16). 

§ 4. Graphies étranges du nom d'Arsiuoé (19, 20, etc.). — 'Euy (17). — Omission de «la déesse » (19). 

§ 5. Omission de la mention «et les dieux Adelphes». C'est là une sorte de bourdon; il y a deux 
fois la marque du pluriel après Arsinoé Philadelphe (19). — En plus 'i-tn avant « les dieux 
vivants» (17). — 'nh au lieu de ''nhio (16, 17, 20). 

§ 6. Omission de l'article devant «moutons». — Orthographe su: (20). — Omission de l'article, ou 
de la préposition ')•»;, ou des deux, devant «agneaux» et «chèvres». — Dans certains cas 
l'article est omis devant «agneaux» et conservé devant «chèvres». C'est que sa forme est 
la même «pie pour l'initiale de hyb. — Suppression de €T- devant nTes.1 (tous, sauf 16 et peut- 
être 19). — niM après « moutons » (17). 

§ 7. &ôw&.MTie. Suppression de 'o (19); b' seulement (16, 17). — E-y au lieu de a-/r'h-y (19). — Sup- 
pression de a devant h. — Pe-k >rz (20). — Sh pour sh-it: — Dans 16, introduction de 
y-s{?), après sh-w. — Suppression de «conformément à la règle» (12, 18). 

§ 8. Bn-y au lieu de bn-pe-y (12, 15, 18). 

§ 9. Manque dans 19. 
§ 10. E-y 'r (12, 19) au lieu de e-'r-y V- — E-'r 'nh (17). — Tey omis (17, 20); écrit comme le 
verbe «donner» (16, 18). — Article omis devant «serment». — Préposition hn omise (12). 
— Nt sh hry, « qui est écrit ci-dessus » (16). 
§ 11. E-y, te-y et hn comme précédemment. — Omission de l'article p. — Omission de «du roi» 

(15, 18). 
§ 12. Omission de «moutons» (17, 20). — Article «les» avant «moutons» (16). — Nombre avant 

«mâles» (13). 
§ 13. «Dont» avant «agneaux» (12, 15, 18). — Pas d'indication de sexe (12, 18). 
§ 14. «Dont» avant «agneaux» (18). — Pas de mention des agneaux de 2° catégorie (16). — Pas 

d'indication de sexe (15, 18). 
§ 15. 6ô.ô.Mne (12, 18, 19). — » Dont » avant «chèvres» (15). 



N° 12. 

Inv. 92. — m. 145 X m. 111. — PI. IV. 

Bcri'ptura exterior, depuis « agneaux » au § 6 jusqu'à la fin. 

Scribe : Pétésouchos, (fils de) Pa-noiib. 

Texte grec (Jougdet) : 

L A£ Uar/Ci-K àT.iypd'ha-co 'Aç-^tç Uci.y~r,io- xpb; AtoY£vr|V vo[j.ap/;r|V r-po^ono: -/.i] ^ ap(c£vsç) -i] àpvc; Or; Au 



40 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



N" 13. 
Inv. 93. — m. 148 X m. 120. - PI. IV. 

Scriptura exterior, depuis « [que j'ai] fait inscrire » au § 7. Fin des lignes seulement. 

Texte grec (Jouquet) : (nom propre très douteux). 

L AS nay_ûv; àxsYpâ'ia-o -oooj ...[... , . .] ■rpb; lio-férq^/ v5iJ.àp-/_Y)v ■::p[6|3aTa. 

N° 14. 
Inv. 98. — 9 petits fragments. — Largeur totale m. 117. 
Déclarant : Pa- fils de Neclit 

N° 15. 
Inv. 95. — m. 215 X m. 121 — PL V. 

Scrîptiira interlor et 3 premières lignes do scriptura exterior. 
Déclarant : Horos, fils de Pa-tn (variante P-tn). 

Scribe : [ ] 

N° 16. 

Inv. 97. — m. 175 X m, 150. — PI. V. 

Scriptura iriterior et 3 premières lignes de scriptura exterior. 

Déclarant : Pa- , fils de Panéchates. 

Scribe : Horos, fils de JlP-hrtc-f (plutôt que 'ApiJ.xiàpoç, sans patronymique). 

N° 17. 
Inv. 94. — G m. 176 X m. 143. — PI. VI. 

Scriptura exterior, du nom du déclarant à la fin. 

Déclarant : Harsemtheus, fils d'Horos. 

Scribe : Petesouchos, fils de Pa-nouh. 

Texte grec : (noms propres restitués à l'aide du démotique) 

L AE ria/âivç àzïvpaiiaTO 'Apc[£|;.]6£Ù(; "tîpou -rjpbç AtoY£vr,v vo|;.£zp/-^v t ^ ap(c£Vî;) 3. 

On remarquera qu'il n'y a ni -pôpa-a en grec, ni ecooir au § 12. 

N° 18. 

Inv. 96. — m. 167 Y. m. 144. — PI. VI. 
Scriptura interior. 

Déclarant : Haryôtès, fils d'Haryôtès. 

Scribe : Pétésouchos, fils de Pa-nouh. 

H° 19. 

Inv. 90. — m. 173 : . m. 147. — PI. VII. 

Scriptura exterior, du patronymi(jue du déclarant à la fin. 
Déclarant : [Nechtbyris], fils de '^H-e-f-dy-s. 
Scribe : Pétésouchos, fils de Pa-nouh. 
Texte grec (Jodguet) : 

L Aï Ila/ôiv; àz£Ypà'ia-o N£-/6ûpiç 'AçGaiou ■ûip'oç Aïo-fÉv/jv vo[j.ap-/;r,v Trpoiîa-ra •/.£ ^ ap((7£V£;) £ à'pv£; t ^ ap(c£v£;) 
3 (e douteux après à'pvsç; confirmé par le démotique). 
Au verso : -ïj( tcetisuto; ? ? 



DÉCLARATIONS DE PETIT BETAIL. 



41 



N° 20. 

Inv. 91. — m. 211 X m. 121. — PI. VII. 

t^criptard cxterlor. 

Drclarant : nmii et [latronymiquc écrits très sdiiiiiiaircmeiit et difficiles ;i nnaiyser, même avec le 
secours ilu £;ree. I^e nom Je la déesse Hannout dans le premier est à j>eu près méconnaissable. 

Scribe : Pûtcsouchos, (fils de) Hrir-f. 

Texte grec (Jorcria-) : 

L Aî llor/ûvç àxsYpadiaTo llsTcppMDÔt; IIîToavioç itpbç AtcYÉvr,v voiJ.dpyj^w xpôpa-a s ^ i'p(cîv£ç) ,3 fpatrony- 
niii|ue douteux; le v peut faire partie (Vune autre lettre). 

En général les noms propres (''gyptiens sont ti'ès cui'sifs et de lecture incertaine. 
Si c'est bien le même scribe qui est l'auteur des N"^ 12, 17, 18 et 19. il faut avouer (|ue son écriture, 
assez soignée dans 17 et 19, est ])lutôt relâchée dans 12 et 18. 

Tableau des quantités déclarées. 





12 


13 1 U 

1 


15 


16 


17 


18 


19 


•20 


Moutons 


28 


j 
15 • — 


_ 


68 


10 


258 


25 


5 


Mâles 


8 


3 


60 


20 


4 


SO 


5 


1 (sic) 


Agneaux 1 


[0] 


— — 


40 








20 


5 





Mâles 


— 


— 1 — 


— 








— 


2 





Agneaux II .... 


2 





20 


— 














Mâles 


. 





— 


— . 


— 





— 








Chèvres 





— 




OC?) 








OC?) 









Conimeutaire. 

On conuait. pour l'Kgypte gr(''Co-r(miaine. un certain nombre de déclarations en grec destinées à 
servir de base à l'éïtablissement des im]iûts directs. Cf. L<i(/lJes, JII, }>. 289 s([(]. Sur le çopjç xpo^aTwv en 
particulier, consulter Wilcken, Osfrxca, 1. p. 286: l^tiiiidcf, 111, ]>. 302; Sax Xicolo, Vpreinsiresen, I, 
]>. 193, et 'SI. RosTovrx.EFF, •/. E. A.. \'[, p. 174 s(i. Comme documents à la port(''e de tous, on citera, dans 
la ChrestomatJiie de Wilckkx, les N°^ 242 (Fayoum, 222 av. J.-C.) et 243 (Hibeh, 245 av. J.-C). Ces 
j»ièces sont aussi écrites en double sur la même feuille, mais la rédaction est très abrégée. La grande 
divergence réside dans l'absence de V'içy.cz ^laciA'.-/.;;. Elle surprend, si l'on envisage la proximité dans le 
temjis comme dans resjiace. On ne saurait guère l'explinuer |iar la différences des nationalités. Par contre, 
le X" 247. iiien postéi-ieur (Oxyrbyncbos. 66 ap. J.-C.), renferme la formule du serment. 

<^ue le serment i-oyal soit exigé pour des déclarations postérieures de (luebjues années seulement au 
Papyrus des Revenus, cela n'est ipie très conforme aux précautions dont s'entourait la fiscalité de Pbila- 
delplie et dont le célèbre dix'ument fait connaître le détail. Peut-être y avait-il innmation sur ce point, 
car les passages souvent cités d'Hérodote (II, 177) et de Diodorc (I, 77, 5) sur la déclaration des moyens 
d'existence exigée par Amasis de ses sujets, ne mentionnent pas l'obligation du serment, bien ipiil y aille 
de la vie. De même, dans les états de recensement conservés par les papyrus de Kalioun (tin de la XI T 
et début de la XIII'' dyn.) l'énumération des personnes composant une fjeus n'est pas. semble-t-il. certifiée 
par une formule sacramentelle, du moins si l'on suit l'interprétation de Giuffitii. Ce ne serait pas là un 

SOTTAS, Papj-nis deiiiotiqiies de Lilk>. Ci 



42 Soi'TAs, l'Ai>vi;rs i)KM()ru.uii;s df, \a\am. 



onlili. |>liis ou moins \ nloiitaire. car il y est fait ;illusioii. iiiciiicmiiuMit, nu sormoiit ^\ QA ])ronone<'' on 
d'autres circonstaiicos (pi. IX, I. !'; |il. X, I. 4a: jil. XI. 1. .'5). et dont la iiatuie ost ]trépisi''('. ilaus un 
autre document (pi. XIII. 1. 27 si|). à |>ro|ios d'une convention d'oi-drc; |iri\(''. i^es contractants juient 
<^:>-Y-r U'^A^ '^i^^ JV -+- 1 l- C'est bien le sernKMit royal, eu iisag-e dès l'Ancien lMn]>ii-e (cf. SK-rilE, 

Inxchrij't niif ilcii Katif fines J{(tni<('s, ap. lier. Sacha. Ges. LXlil. j). 147). mais l'obligation en matière 
censitaire ne parait |>as formellement démontrée pour ces ])ériodes. (■. Masi-kuo (.Joiirncil ilen Snvfints, 
1898, p. !'>^ stpi'l suivi par En. Mkviok (Ifixfoire ilr V Atithiniti', I, 2 § 284) affirme (|ue - la déelaration 
se faisait sous la foi du serment», mais ses arguments ne sont pas irrésistibles (;t ( iuiii' ii ii. dans ses 
« .Additional notes» (p. 102). n'a pas cru. si je ne me tromp(N dt^voir s'y i-endre. 

lue fois (''talilie. la coutume resta en vigueur durant de longs siècles. Je citerai un ])apyrus co])te 
du d<''l)ul de la période arabe (Ckum. <ip. rit.. N" 1079. Hermopolis magna) où deux chefs de \illage, 
après axoir fouini la liste de leurs administrés âgés de 14 ans et ])lus. liste probablement destinée à l'éta- 
blissement de la capitation (ivay.js:!/.^). en certifient l'exactitude en jurant par Dieu et par le salut du 
nouveau maitre. Amrou : eio^pu nnnoTTTe nnèvnTOupevToip MnneT2s.eM nevtifcpoc. 

Sur \"i^-/.':^i ^aat'/.iy.i;. l'étude fondamentale poui- le démotisant est l'article de Spie(;ei,bkrg, Der KiUiiijs- 
eid des (h'innf. riipyriiss Berlin .'Sl>K(l. ap. Recueil. XXXVl. ]>. 1^)7 sip( (fin 1914 i. ('f. Wiu'kex, < 'hrexfotnnfhie, 
N" 110 et 110 A. 

On sait (luelle place im]>ortante tiennent les comptes de bétail dans les papyius, inscriptions et 
monuments figurés. Cf. surtout Ekii.\x. Aefjyptcn. p. 5B(> s<pi: Ed. Meyeh. Histoire de rAnt/iiiiité 1. 2 
§§ 224. 244 et 2H2; Pnp. Kahlin, ji. 41 sijq : Ail\[ed-Bj:y Ka.mai,, Un. nioinmient noiirean de Sheshonq F'', 
ap. Eecveil, XXXI, p. 33 sqq, Bokoiiaiîdt, Snliure. il. ]d. 1. etc. etc. Pour l'imjiôt sur le bt''tail. cf. aussi 
^Y. M. Mfi.EER, A. Z.. XXX1\', ]). 167 sq (avec réserves ipiant à l'interprétation A' Ann.'<tti.'<i \. IB, 4). 

§ 1. Ce protocole simplifié, qui. à distance, ])arait vague, ne l'était naturellenn-nt pas pour les 
contemporains puis(pi'il n'y avait encore (pie d(Mix l'tolémées. 

ij 2. On remarcpiera que le nom du déclarant n'est jias accompagné de l'énoncé d'une profession. 
Vu la modicité des chiffres (sauf dans les N""" 16 et 18), les éleveurs n'étaient ni exclusive- 
ment, ni j>rincipalement des r.oi-ij.é'nç. Le fait a sou im])ortance (piand il s'agit d'a]i])récier la 
nature exacte de la taxe. 

L'intérêt de ce paragraphe est dans le correspondant égyptien du titre voiJ.àp-/ï;ç. D'a])rès 
le passage sus -mentionné d'Hérodote, c'était déjà au viij.apyv]; que les Egyj)tiens de son 
temps (''talent tenus de fair-e la d(''claration de leurs biens. Chez l'historien, le titre devait 
avoir encore, et exclusivement, sa ])leiné signification de gouverneur de province. Mais 
depuis, la portée du terme s'est modifiée en sens op)>osés. Accrue quand Alexandre, si l'on 
en croit Arrieu. r(''partit 1,'Egypte entière enti-e deux /oij.ap/a;, on la trouve fortement diminuée 
lorsqu'on voit le titre porté au Fayoum par des fonctionnaires dont le ressort ne dépasse 
pas une subdivison d'une des 3 |j.£p{os;. En outre, lors(iue le pouvoir du vci/àp/y;; s'(''tendait, 
comme jadis, au nome entier, ses attributions restaient limitées à la ])artie administrative, 
le c-pa.-ri-(6z étant le véritable gouverneur de province. (Sur ces faits, cf. J.ngides. III, 
]). 138 sq; Grundziiyej p. 10s(|: I'ukisigke, Joacliini (Istrara, ji. 40s(|(j; M. Engees, Mve.mo- 
.s_i/»('. XLII. N" 2 ; JoicfKT, Her. lùj.. miuv. série, I, j>. 181 s(j). Or notre iu)mar(]ue Diogène. 
coimu i\i-\i\ par le jxip. l'etrie, II, 13, 20. 8, est un de ces petits fonctionnaires du Fayoum 
dont il vient d'être ])arlé. Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que le titre égyptien 
ne i-eprésente. ni une traduction littérale du grec, (pii serait aj)])arue aux yeux de l'Egyptien 
comme un titre usur|>é, ni le corresjiondnnt ancien du vrai nomai'(iue. Ce devait être encore 



DÉCLARATIONS UE PETIT BÉTAIL. 43 



'===^ lors de la coiH(U(''tf, s'il est vrai ([ue la rrorgaiiisation tcri'itoi-iale ace(jiii|ilie |>ai- Psam- 
nK'tique V^ se soit, dans rensemblo, maiiiteiuie juscju'à FApoque impériale. (Cf. Stki.ndoiU'F, 
J}te ihiyptischen Oaiif. p. 27 sq(|). Dans notre titre comiilexe, l'élément slm convient bien aux 
fonctions purement administratives du n(jmar(|ue, i|uel (|u'il soit. Mais, avec le deu.xicme 
élément f' on renconti-e dos difficultés. (_'e mc)t, (|ui, au sens larg'e, veut dire «partie, poi'tion », 
s'appliiiue, dans raccojition s|i(''cialc de division territoriale», régulièrement aux 3 ;j.£piÎE; 
du nome Arsinoïte. Or si le même nome com])rend un nombre do nomarchies supérieur à 7, 
ces nomarchies se subdivisent encore en' petites [j.epiî£;. Il se trouve ainsi (|ue le mot i|ui 
tr;iduit d'ordinaii'e la grande ;j.Eptç ne correspond ici, ni à la faraude, ni à la petite [v.spi;, 
mais à la sul)di\ision intermé'diaii'o. \n, vc|xap-/;a. (^n attendrait ;j.eptoàf/r,;, puisque le titi-e 
existe. (}ae doit-on on concluro. sinon que /' n'a ])as encore, à cette époque, une accei>tion 
nettement délimitée et que peut-être les Egyptiens s'orientaient encore mal, commi» nous 
mêmes, dans cet enchevêtrement de subdivisions alors lécemment créées. 
§§ 3 — 4. Pour la différence d'orthograjdie entre '/'/(. uje ou ^,.»i^v.iy. la remarque de Spiegelbkrg 
[J)ciii. Stitdirii, II, p. 17) sur l'absence du complément phonétique ' dans le premier cas, se 
v(''iiHe ici. sauf deux ou trois confusions à peu prés inévitables. Pour plus de détails, cf. 
X. Kkk'h, Mnmievtafelchen, p. 84 sq(|. 

Nous avons là le cal(|ue presque exact de la formule de serment, également do l'hila- 
delpbe, conservée par le pnf. l'etric, 111, 56 b (cf. Wilckex, Chrestomathie, conimeiit;iiro du 
X° 110 et Jji(jid('S. 1, }>. 236, n. 1 ot IV. p. 66) : cfAvûït poec./.sa n-ri"A£;j.aTcv y-a'; 'Apur/ir^-i '\>:'hi- 
c£A5cv, Oîï'j; 'AΣ/-i.cù;. Il n'y man(|Uo que 'iéx-i («l>;"/.aΣA3)îv). La présence constante de la con- 
jonction < et » devant l'épitliéte «les dieux Adelphes » témoigne au mieux de ce que la for- 
mule a été donnée toute faite par l'administration grec(|ue poui- <''tro i-endue en égyptien par 
un rédacteur ^qui se trouvait ])eu au courant du ])rotocole. Hien (ju'on rencontre soment 
dans les textes égyptiens la particule copulative là où nous n'en mettrions point, et réci- 
proquement, sa ])résence devant une apposition a]>parait tout de même comme une anomalie. 
Par conti-e, nous no lisons qu'une fois ';•//( devant // nfrir 'iih-{ir), mention ambiguë. Doit-on 
entendre «les dieux du serment', expression s'appli(|uant. soit encore à Ptolémée II et 
Arsinoé, soit à d'autr-es divinités moins terrestres'.-' On lit bien un(,' expi-ession analogue au 
traité de Ramsès II avec les Hittites (1. 29), mais on sait (jue l'original était on liabyloniiui. 
Avons-nous, au contraire, «les dieux vivants » 'r* Dans le second cas, il y a une difficulté, 
c'est qu'.-Vrsinoé Philadelphe est défunte depuis une vingtaine d'années. Si le débat sur la 
date de son ti'épas n'avait été clos ])ai- Bouchk-Leclkkcq {LfKjula', I. ]>. 179 sqqi. une pareille 
mention. sup])osé qu'elle soit nouvelle, serait de nature à le i-animer. Mais on sait (|u'en 
égj-ptien le verbe «vivre» et ses dérivés jouissent du privilège d'exprimer à la fois une 
chose et son contraire. En outre c'est répithète '//A -^ = xuovépto; qui désigne normalement 
le souverain i-i''guant. Les termes inq>li(|uent quolipio contradiction, .lo ]iropose donc de voir 
dans II iitr-ir ' iih-{ir) une deuxième «lualification du cou])le i-oyal, dont la conqiosauto ti''miniiie, 
morte, mais non remplacée (Lngides, 1, p. 184), peut ]>asser encore jioui- la reine l'égnante. 
Ti-nduiro « it los dieux du serment» oblige à prendre certaines libertés avec l'orthographe. 
Si l'on est tonte do passer outre en considération des formules do serment égyptiennes ou 
gTec<jues un peu ]iosti''rieures ot où l'on invoipie « Séraj)is, Isis et tous les auti'es dieux et 
déesses», la formule g'rec(iue contemporaine nous invite au contraire à re|>ousser toute ;ul- 
jonction significative. Peut-être les successeurs de Philadelphe ont-ils cru jiolitique d introduii-o. 
dans le lii)ellé, des ])orsonnnliti'-s divines engageant le sentiment religieux des Egyptiens. 



44 SolTAS, TAI-YKIS DKMOIIQI'KS 1)K LlI.LK. 



luitaiit i|m' lour lovalisme. Cotait uno Imhiletô de renforcer ainsi la crainte du bras séculier. 
|)t' mrnie. sous le Nouvel Kni|)irc, on jurail |).'ir Anioii et par le souverain», 
t; li. Cf. W'inKKN. X" 242 : -x ûxapxovTa nsi 7:p5,ia-:a. Sur le iirototvpe de "ecooir : "ecevT : '■eccooT, 
cf. iSi'iKUKUîKKG, Rocuell, XXII, p. 213, (|ui aduu>t '•^^rT]!' «"assyrien .s»'». H^'. ''^■^ (encore 
usité). Sethe, Â. Z., XLVll. i>. 17. au contraire, se réfère encore à l'ancienne étymologie 
'^^j. i.a distinction de deux races, ovis lunijipcx et ocj.v pltityHra, a bien été a])prouvée 
l)ar la plu)>art des naturalistes, TiriLKXius, Dïust, (i.Mii.AKi), LoinEi. mais elle conduit à 
opposer b" et su', si Ion en croit V. Lohkt (Préface à la Faune Aloiiùfiûe de Lobtet et 
Gaillakd) qui. d'ailleurs, laisse .•</■ de côté. D'autre part. W. M. Mijllek, Recufil. XXXI, 
p. 183 st|<p écarte les scrupules ])Iiilol(igic(ues de Splegej.ukkg et remet .se en ra]>port direct 
avec *•«■' et les vocables séiniti(|ues déjà cité?; ])ar ]iituGScu. La forme démotique ne trancbe 
pas la (piestion. mais a l'intérêt de montrer représenté l'e initial. Imi copte il n'y a plus de 
différence entre le singulier et le pluriel et on admet assez généralement que c'e.st le ]iluriel 
qui nous a été conservé. On remarquera cependant (pi'en démoti(iue ir est exprime'- a\ant 
l'indice du pluriel. Cf. aussi le nom de la constellation du be'dier : ^1. Z.. XL^'1I1, p. 147. 

Pour « agneau ', on a ^Oiei& : '''01H& et ]iour •■ agnelle". "oie^.eifee : ''OJeûi. o\Hfci. 
§ 7. Spiegelbeeo (A. Z., LI, p. 126) a j)ro])osé récemment de faire dériver : vieux-eo])te Éiee.uue 
et ^&e^es.Mne : 'fed^Mne : ''fc&.eMni de * ^^5^ , soit, littéralement, <t mouton domestique». 
Cette appellation jiaraît déjà étrange, ai)pli(|uée à la clièvre, qui. si l'on ne tient pas compte 
des espèces sauvages, témoigne, par rai)]>ort aux ovidés, de goûts d'indépendance jirononcés. 
C'est, en outre, traiter avec désinvolture les passages du papyrus magi(]ue de Londres et 
Leyde, 10, 33; 27, 11 (Glossaire N° 250). où, comme dans nos documents, la graphie accuse le 
sens «grand bélier du ciel». Spiegelbeeg a-t-il perdu de vue cet exemple, ou fait-il délibé- 
rément du groupe démoti(iue le ]>roduit d'une étymologie |iopulaire'? Je ne saurais en décider. 
D'ailleurs l'étymologie populaire amène plutôt une simplification de sens (]ue le contraire et 
ce ne serait pas le cas dans rhyj)othèse envisagée. Il en serait autrement si. lefusant de 
prendre à la lettre «grand bélier du ciel», ou voyait dans feè^.jyMne une d(''l'oiniation de 
^:^ ^^^ , nom ancien du bélier de Mendès (dont ';//;■? est un (piartier). Cf. Peti;ie. Mi'duni. 
21, et Setiii:. flvdhdenhnn/ fies Snhure. II, j». 89. Si. dans les noms tlit'"opliores. />' tt)ut court 
est employé comme abréviation de «bélier de Mendès». de même, plus tard, le nom complet 
du bélier ]>ar e.xcellence a ])u seivir à désigner res])èce entière. Que le terme se soit s))é- 
cialisé dans le sens capra à l'exclusion à'ovi><, cela tient peut-être à ce que les dénominations 
ne man<|uaient jias pour la dernière variété. On sait combien sont faciles les confusions 
entre espèces suscejitiljles de croisements. L'allemand «F^ock^. dans le langage courant, se 
rapporte au deux mâles iiulifféremment : et nous mêmes ne disons nous pas le biuic ou le 
bélier de Jleadès. sans y attacher autrement d'importance'? Les historiens grecs, et peut- 
être aussi les Egyptiens, nous ont d'ailleurs donné rexem]de. Cf. Lortet et Gaij.laud. oj). 
cit., 1. p. 87 sq. etc. 

Airh-y d;/ xh-v doit s'entendre - (|ue j'ai lait que Ion inscrive». Il' est ici sujet et 
non régime, la phrase relative sans uf ne com|iortaiit pas de pronom rétrospectif. 

Dans fi h j) nt lis on voudrait voir ' réi|uivalent de la mentiim k/. -poG\x'{y.y.-zz ; mais 
l'orthograplie exclut la ])ossibilité de lire /;■;, «décret, ordonnance». 
§ 8. A' d(-if leurrait se traduire « jiar devers moi '-. ou <|uel(|ue chose d';ipprochant. 

Même verbe dans la déclaration copte déjà citée : uuHu^vpoiMe eiiivOOT ounuTiMe 
T\ipiQ. variante : unnRdk7V«>.ô>.7r npo>Avç enikooir ounuTiMC. 



DÉCLARATIONS DE PETIT BÉTAIL. 45 



§§ 10-11. Sur les é(juivalents grecs et une v^nriaiifc déinotiiiuc de ce pa.ssage. cf. Spji.xiki.kkkg, 
Recueil, XXX VL |.. 174. 

Au paji. Hylands IX, 25, 3 O'arius 1"') ou lit fi'-k hti/. Le féminin a fini |>ar piévaioit- 
dans le copte ''ûoTe : •'&evTe : '&ev^ : ^feo-^. Pourtant Peveox cite un exemple de n&oxe. 
On sait que le prototyjie liiéroglvphiijue jrv\c.<G=< était masculin. 

i? 12. La mention du mot < petit hétail » avant l'énumération des espèces ])ermet de clore un petit 
débat entre hellénistes sur le sens du mot xpi^'iaTiv. A propos d'un compte un i)cu embrouillé 
rencontré dans />'. <r. ('.. 133. Hakïel {Paj). grecs Rainer, p. 74 sq) a cru éliminer la diffi- 
culté en interprétant -f:,j3:-ov par « Kleinvieh ». Wilckex (Ostnica, I, p. 2H6, n. 1) repousse cette 
généralisation en observant que le texte distingue zpijïa-a et àrj-sç. Notre pap^^rus complète 
la réfutation en fournissant }iour «. Klein\ieb » un mot différent de celui ipii traduit 7:5:^2-». 
De même, au papyrus copte du Brit. Mus. N° 390 (du catalogue de Cku.m = Djéme N" 112) 
eceiwTT s"oppose à feevMne. Le terme général est T&HOOTre. l'ancien ^^Q^ (cf. Orakelqlossar, 
N° 68). "^ 

Le sigle L donn('- pai- BEUfisnr {(Iramjiuiire démofiqui-, § 146) j>our le siijne de la sous- 
traction et qui sert ;'i introduire les catégories particulières d'un ensemble, était connu avant 
l'époque grecque (cf., sous Darius I"'. Ri/hiuds, p. 420j et a été adopté ])ar les scribes grecs. 
(Cf. Grundziige, p. XLV.) On trouvera au N" 32 de la présente collection d'autres sigles,' 
servant à la numération, et communs aux deux langues. 

§ 13. Pour «agneaux premiers, agneaux deuxièmes», cf., au N° 30, 1. 2 : bri(]ues <juatrièmes », c'est- 
à-dire bri(|ues X° 4. Ici l'âge des animaux doit être la base du classement. (Vest ainsi (lue 
la langue allemande possède des mots différents pour les âges successifs : Lamm (avant 1 an) ; 
Jahrliii;/ (avant 2 ans); Zeitschaf (ajirès 2 ans). La dentition fournit des jjoints de repère 
commodes. (Cf. Mci/i-rs Konversations-Li'xikon, s. v. >Srli(if.) Pour les signes (|ui suivent ujopn, 
je ne vois pas d'autre lecture que fj> 'h. <t au mois de Tliot ». Le tei'me adopté pour définir 
Tâge des animaux ser;iit denc le di'^but de l'année ordinaire, liien (pie l'année fiscale com- 
mence environ 4 mois plus tard et (jue les déclarations soient remises en Pachons. Le sens 
précis doit être «agneaux dans leur 1"" ou 2'"" année eu Thot > . Cf.. au pap. grec de Stras- 
bourg N" 24 (éd. Pkkisiukk), ^^m est un état numéri([ue du bétail existant en 118 ap. J.-C, 
à la ligne 7 : /.t.: àpvfiov ir.:';i-/r,(:) tsO xjt(îO) ,î (Ï'z'jç). Il s'agit de l'nn 2 d'Adrien. 

D'ailleurs ou voit dans les .\dditional Notes» des Kahiin Papuri (éd. GiaFirm, p. 104), 
de la XII""' dynastie, que le classement des bovidés aux planches X'\"I sq en TO ^f^, ffi%>5^' 
<:^-^^ 5?^ ®^ Q 5^ peut-être considéré comme basé sur l'âge des animaux. Les caté-gories 
répondraient à : adultes, de 3 ans, de 2 ans. d'un an. Les mêmes vocables se rencontrent 
déjà aux Pynimidi'K. § 1544 sq. 

§ If). Dans B. (!. T., 133, il est déclaré 104 -pi,iaT2, 6 xI';îi et 10 ipv;;. et, au papvrus co|)te pré- 
cité, 31 moutons et 14 chèvres. Nos pa|iyrus au contraire ne donnent nulle part de chiffre 
après feôLevMTie, ce qui est un moyen d'exprimer «zéro». T^a rubricjue n'en est pas moins 
régulièrement inscrite. Ne connaissons-nous pas. nous aussi, les « états néant » ? On notera 
que '< zéro - s'écrit en démoti(|ue n-s {Revue égijpfulogiqne. IV. pi. 15) et dans les biéi-oglypbes 
contemporains .^^^^^^^ (Thesaunis, p. 543 sqij). 



46 SoTTAs, r.\i'yi;rs i)KM(iTU,)in;s dk Lii.i.i;. 



N° 21. 
Reçu d'impositions. — 238 av. J.-C. 

Inv. 142 et 144. m. 270 X m. 265. — PL VIU. 

Un fraixmpiit a ('•t('' (l(''tacln'' de la pairie iiifri-ieurc de 142 ot rostitué au N° 4. — 2 7.0 iJ:c,\).<x-. y. joints 
vers le milieu. Mauvais état de i-diiscivaiioii. 

Ti'ii iiscri])t ion. 

1. //.•.•// .''•/ '//,/ .V .s/// // l'r\, l't/iniii/s 'n/i ::t si/ /'lhr[miis 'nu '/.'.s////'] 

2. (( iifr-ir suir (rh 11 ^LLstrs [riii] 11 ntr-ir nih/r 11 xfrir iiiiih-[n- ' l'irl iiijds] 

3. 1.-7/ 3/] »-[,s] (///['» '0 j1/""-['Z''''] •"■■' P[:ih>n, j)i tu iiirh'] 

4. [m hh 'lifi/ii'] f lin- ■•-•" '/■ i»l->i ('^1 • [• ■ ^ Hr s,/ ....].... mirf-f 

Ô. [ » l)hirt:]-m-hh j> '(- s;i Snrs (?) mir-t-f lUt r/y-/; [iiifij //^// ;/ p hil 2 a] stir Idt 

il hl -2 'u 

6. a h huit qd {':>) 24 <i t xttr n ^i hti- p te 11 j> iiiktl (?) ....[....] Hns (?) sij Z-Hi pu Sr '0 

7. ut siir (?) . . a J)e-f Ijtc pe-f te " na Dhict-m-kh p hiu si/ Hr mirt-f Bst- [ sif] Hr 

Hiis (?) mv-t-f Bst- 

8 a-hr-k (?) 7ie-k hbrir hr p hte p te u hsp H-t nt 'r hsp lO-t Sp-ij peij hil 2 ut hrii 

9. il-t'k ' rui pei/ rm s 2 nc-k hhr-ir nt hn/ ht-i/ tut// u-^'m-ir e-ir [/"/'] V ,s/) nh m,n 

10. \jnte-y iiiil'\ uh 11 p t e- r u-k ni.-ir uni uite-if [iiid idi] u ji t' e-'r 11 jiei/ nu s 2 iie-k hhr-ii: iit hry 

11. [/■((-»• t ;/] p Jinr a hn/ p nt l'-f n '(/ a-hr-L' p nt i--f a '1/ a nu u p t' hn pei/ [/•;» .s] 2 ne-k 

hhi-ir 

12. lit hri/ d'\h te hte uid nh n /> t' ru-w hr pei/ niktl (?) ut hn/ e-ij di/ mj-f ii-hr-k e-ij dij iri/-f 

13. ['( />ei/ nn s 2 nt Ijn/ u] hte e-i/ in-s-tn u Hns (?) si/ Z-Hr pa sr u nt hri/ a pey 

mktl (?) 

14. [7/^ hnj ] . . . . e-tu in-s-ij a 'r ii-tu /> hp p 'sir nt hry nt (?) sh j1/'-/f sy Nyt-'ir. 

Au de.ssou.s 

1. "KtOU; [1] ê's[£'îo] /.A Zzé-XM-AV/ ilç 7.l|iwTSV 

2. £v 'Apî'.v:[T/. t]'^; Osjj.ijTi'j |j.£pt5oç 5ià 

3. '.\~c/S/.ooTiyjz ~i\i -api \riij:r,-:pio-j 

4. y.a'; C'.à <I'î(î(ov;r v.x: tiO [J.t-i/ou -i/M'iGri. 

Traduction. 

1. L'an 9, en Kpiplii, sous le roi Ttolémée, éternellement vivant, fils de rtolé[niée et d'Arsinoé], 

2. les dieux Adelphes, étant prêtre d'Alexandre, des dieux Adelphes et des dieux Everg'è[te.'5, 

A{)ollonidès,] 

3. [fils de iI]o[s]ehi[on;] ]\li''iic''[fi-atéia], tille de J'li[ilanun(>n étant (•an(''pliore] 

4. |"d'Arsi]n()é Pliiladelplie. l>e [ Téos. fils de . . .] dont la nièi-e est 

dit 

5. à J hotem\iL'\i l'aine, fils de iSmiis/i. dont la mère est Jîast 'l'u m'as [satisfait (|uant aux 

2 deben d'argent, soit] 10 statères, soit encore 2 dehen d'argent. 

6. à ré(|uivalenee de 24 olioles de cuivre au statère, pour rini])ôt, la taxe du maydô/on (?) 

Chous. (ils de Téos, nmii fils aine'-. 



Reçu dimpositions. 47 



7 ]»our son impôt, sa taxe, ainsi ((ue ïliotomliol) lo jeune, lils lilloros. dont la 

mère est Hast [ cf] IToros. fin fh Khons, dont la mère est Hast 

8 tes amis, jiour rini])ot. la taxe de l'année 9. qui est l'année 10. J'ai re^-u ces 

2 deben d'argent précités, 

9. de toi et de ces deux personnes, tes amis précités. J'en suis .satisfait; ils sont au complet et 
sans aucun leliquat. Je n'ai 

10. [rien] au monde à te contester à propos de cette somme et je n'ai [i-ien au] monde à contester 

à ces 2 personnes, tes amis précités, 

11. [à propos de cette somme], à partir d'aujourd'liui, comme point de déj)art. Si (|uel((u'un vient 

te chercher noise; si (jualqu'un vient chercher noise à l'une (|uelconque de ces deux per- 
sonnes, tes amis 

12. [i)réeités, pour] cause de taxe, d'impôt (ou) de n'importe <|u<)i, à leur sujet, pour ce iiuii/dôlon {?) 

précité, je l'écarterai de toi ; je l'écarterai de 

13. [ces deux personnes susnommées], oblii;atoii-ement. Si •je vous atta(|ue de CIiovs^ fils 

de Téos, mon fils aîné susnommé, pour ce magdôlon (^) 

14. [précité ] . . .. vous m'atta<|uerez pour qu'il vous soit fait droit de par le re^u ci-dessus 

^r/'a écrit Marrés, fils de Nplfht'us. 

( 'oiunieutaire. 

1. Pour les dates, cf. .supra. ]>. 6. in jine. 

3. Entre le nom de Moscliion et celui de Ménéeratéia existe un intervalle malaisé à combler. 

4. Traces malheureusement très indistinctes du titre du premier contractant. On n'ose songer à une 

corruption de May.îîo'jv, <jui d'ailleurs irait assez mal avec le nom, restitué d'après la ligne 13. 
L'ensemble laisse sujiposer qu'il s'.igit d'un fermier d'impôts, peut-être du ij"/,x/.'.t:7.:v. 

5. Le nom transcrit -Sjvvv est étranger, d'après le déterminatif. Le i final rend scabreuse l'identi- 

fication avec iljpo; ou -ippaç. Comprendre Fa-Rirm. «le romain», ne constituerait pas tout à 
fait un anachronisme, mais on sait que les orthographes hiéroglyphiques et démoti(|ues du 
nom de Home tiennent compte habituellement de l'esprit rude. — Traduction greccpie : 
izr,uî;y.r,ca; ;j.£. (.ï. Z.. XLV. ]). 104; i!>ilai,<h, p. 118s(|C|.) 
6. L'expression " h hmf se retrouve au X" 30. 1. 1 et semble une simple traduction de -p':; yy'h/.yi. 
llpi; avec l'accusatif est ainsi rendu littéi'alement. 11 est naturel que, le système ayant été 
importé par le contjuérant, il en soit de même des éléments linguistiques a})propriés. l'our 
indiquer le rapport fixé officiellement du cuivre à l'argent, nous avons ici. au lieu de 
«2 qite>-, la tournure équivalente avec le mot «statère». que CiRn-FiTii (UtjlatKh. p. 137. 
n. 4) s'étonnait de ne pas rencontrer dans les documents. Dans un autre papyrus de la 
collection (Inv. 247) on a a ir''.t sttv. Le sigle pour l'obole affecte des formes variées. 

La nature de l'impôt est difficile à déterminer. La lecture mlir est hyjtothétique. en 
raison de la forme i''ti-ange du / supposé. Par contre, le déterminatif est certain, et l'ortho- 
graphe '* J^ |l|J-gai sous Darius 1" {Ri^lands, p. 357) nous enlève tout scrupule en ce 

([ui concerne [ j. com]>aré à la séquence 3. Z3. ^ : 2£.. C'est pourquoi j'ai pensé à ij.àvîoj/.jv 

et aux taxes pour l'entretien des tours de guet surveillant les confins désertiques de la 
riche i)rovinc(>. On connaît. ]>our l'époque romaine, Ti'idjvisv ij.^YîcoXii'j/.ay.wv ('J'ehti/ii/f. II, 
X» 3.53 et JofGOET. Vie mnniclj)a/e. p. 261 S(|q). Une autre hyjiothèse. plus hasardée, serait 
mr kt. '< conducteur de travaux «. comme j'ai pro]>osé, faute de mieux, pour le X" 3. 1. 2. 



4S 



SOI'I'AS. l'Al'YUrs DKMdru^HIKS I)K Lll.l.l 



11 faiidrail i|in' li' trait Mlilii|Uf sitiii' ilm din.iii-c Sdiis [ j i cf. Sri ici i.i;i:i;c;. h'i<-ii,il. \W' \ . 
|>. f)4 ' lût i''crit à la s\iiti\ axcc le /, par une ilÈS|Hi.-iti(iii <{iii ilitliTciait dans cliainK- docu- 
liii'ul. liiiMi i|u'ils sdicul de la iiii'iiid main. Xciu< aiiiiniis alï;iiii' alni,- iri ,i i|ui-li|iir idiosc.' 
iMiiimr la pali'iiti' ik' l'àp/'.Ti/.TWv. 'l'ont rrl.-i est iiialliciiii'usi'iih'nl jnit dmitciix. Sur 1rs cautions 
à fournir |'ar V xzy.-.v/.-.uv,. cf. Wihkin. Chn'sio,„,il h'i, . X" :')K7. 

lit, cl /(• n'i'-taioiit i'-\ idcinnicul pas sviKuiyincs. On ne |mmi1 i;ni'rc mettre le second 
terme au jri'uitif. à cause des lournures de la lii:iie 7. a\ec deux fois \\f-\ , et de la lii;ne l'J. 
oi'i l'ordre est inversi'-. 

I.i' rôle joue par \o tils aim'- à>- 'l'éos .laiis cette affaire n'est pas facile ;i d/-liiiir. en 
raison do lacunes liii-n faidieu-ement placi''es. 
S, |)ans les contrats, il |ieut-e|re pr(''f('ralde de traduire, avec I! i \ ii.i.oi i . v\|li\\y> par « associi'- •- . 
Celti' nuance coinient mieux an d/'liuininatif >. — ipii l'st am-ien i cf. ('niilmls l-'.ijiiiiticiis, 
p. •■>34. 1.).')!^ I pai- rapiiort à ^ ilu /'"/'. iinii/niin iijlossaire \' Ci-l'.'l lii;\ni,iiri seinide a\oi|- 
renoncé à l'.'-I vumloui,- llR'leucore l'r/ri.s ,/„ ,ln,il. p. '.Ml. n. I: <d. .M \-n.i;n. F.hnl.s .1, 
Millhiiloijii. I, p L'I'O. n. 11. devenue insouteiialde en face de 'oùliy^ et du di''inol Kpie. Les 
exein|des datant d Wmasis montrent ipie SiMi:i:r.].i:i-,iai \ li'cnii'il. Xl\, p. liKli .-nait eu tcu't 
de faire de ""^ij le t\-pe îles mots inipcntes par les juifs alexandrins sous les pi-emiers 
l'toli''mi''es I'',i;m \x !.!,/. .XXXVIII. p. ■^. n. lî! tend :'i reculer jusipian XI'' siecde l'emprunt 
de -rij. (), \ox Lk.mm (A'/. /."/'>. Sfmllr,,. XIII. |). U'i? s(|i|) a doinn'' une liste des mets coin- 
posi''s coptes ei'i vvilûnp eiitn- comme l'Mpu va lent de "jv . Xotre texte ne pn''cise p;is l;i naturi' 
de la cominuuantt'' d'inti''ri't- liant le principal conti-actant aux deux comparses. ('eux-ci 
iiilei-\'enaieut-ils comme cautions'.-^ ( )u. si llivpotliese pi-opos(''e est exacte. Ie^ trois persennau'es 
possi'-daient-ils des |iidpric'-ti''S contiuues et proti''i:i''i-s |i;ir la tour de nuet dont il- auraient, 
en commun, paye'- l'i-nti-etien '.-' 
S. — 11', 'rraduction ;:recipie : v.r. izi'ziii.ç/ -xz-j. tu. . . . i/ -/,r,f;'j; x-aj -xt.zz 'jT.z/.z-izj. . . . ;>/. ir/.y'/M 
zz: -.zz: t:jtc.)/. . . . x~z -r,zzi zr^z ï;;;.:pj.;. l'^av zï ziz zz: ÎTTs'/.Or/ -îv. , . . z-c;tï;t(o. ... i.l. X., 

XI. V. p. Kiy.i 

11. Dans le lulinuue du lîritisli Muséum (''tudie'' par X. liiacii i >';;/(///./■. Xl\'. p. 1 s(|(|i, / // /- hnr a 
hcif est traduit : ir; zr,z rnzzuizrz r^[J.;ç.xz i-'- zz-i -j-v.r.y. yzzr.i. ou encore : x.-z zr,z zçj.îzz-i 
r,\j.izx; £-■. zz-i xi': yzzizi. ( 'e rendu de eopiW ne seinide nm'u-e con\eiui a u \ pa^-saiics ilu X" 1. 
I. S. ,.i ,lu X" 1*. '.ri.. I. U. ei'i |;i fui de rol,li£:atiiui est envisa;^(''e. Le X" '-M étant du miane 
meiiom-;ipln'. I awiis cru devoir niiitoi ini-ei-, ( 'epend;iiit une in terpri'>tal ion comme et indi''lini- 
nient • est po<<ilile. .'i la rigueur, parce ipiaux X" 1 et "_' ne lliiure pas. connue an X" .">. 
une deuxième date limiti- tixe. < )n ti-ou\e d'ailleurs des ri''daction.- a\ i-c n' -J 
14, Sur '■<"■. re(;u >. cf. le Ci ini ineuta i re du X" 11, I. Le < )u pourr.iit être lenti'- île lire //- sll 

comme a la tin de plusieurs pii'ces pri'-ptnli''niaïipie< ( 'viitnit^ /■'t/ini/iiii^. p, 1()(J; 17(1: o'-'4 ; 
o2S ; 3:'ptii. mais cette \ariaute parait eontr.iire aux lialutndes de Marri''s et il \ant mieux 
admettie un lien a\ ec ce ipii précède. 

Lnri'ijistrement i;rec. 

La copie est de .IiHia II. mais | assume <eul la lesponsa liilité- de la restitution ['.]. ('et 
enregistrement sera é'tinln'' dans le ;V fascicule des /V(//(//v(.v ./urs ,li l.illi 

l'iiur le nein de la Incaliti'-. i-\. \<- coniiueiitaiie i\n X 'i, I, 7 



Ventes de pkébendes. 49 



N°'' 22 à 25. 
Ventes de prébendes. — 371 av. J.-C. 

N° 22. 
GhÔran 18. — Inv. 154 c. — PI. IX. 

N° 23. 
GhÔran 183. — Fragment a, inv. 152 c. — Fragment b, inv. 154 a. — PI. X. 

N° 24, 
GhÔran 183. - Inv. 152 a. — PL XI. 

Les N"" 22, 23 (2 Eraa-inents) et 24 sont de La môme main. Des contours des plus caractéristi(jues 
noiitrent que 23 se raccorde à La droite de 22. Au contraire, 24 n'a pas de place déterminée. Les photo- 
;rapliies étant rigoureusement grandeur nature, les dimensions suivantes sont valables pour les planciies, 
'omme pour les originaux. 

Nos 22 -+- 23b : m. 34 X m. 41. 

Espace blanc entre 22 et 23 : m. 12. 

22, marge supérieure : Om. 085; marge inférieure : m. 115. 

23, marge supérieure : m. 10; marge inférieure : m. 125. 

24, marge supérieure : m. 085. 

Une séiie d'observations, de mensurations et de déductions, dont le détail sera épargné an lecteiir, 
a permis de reconstituer approximativement l'ensemble et d'établir la transcription parallèle ci-après. Les 
trois textes sont très voisins, mais non identiques. Il semble y avoir notamment des différences dans les 
noms des contractants. 24 a supprimé le préambule. 

On restituera environ m. 12 d'écriture à gauche des lignes de 22. Pour 23. on com])tera, sur la 
6*^ ligne, environ m. 05 à droite de a; m. 11 entre a et h et m. 12 à gauche de b. Les lignes de 
24 devront être jirolongées de m. 20 environ. 

Ces résultats n'ont naturellement rien d'absolu. Dans la transcription on a indiijué des lectures très 
douteuses, plutôt que de ne rien mettre, afin de montrer au moins à quelles places se représentent les 
groupes difficiles à identifier. 

Transcription. 

(Le trait plein indique l'identité avec la ligne immédiatement Biipérieuie.) 

22 (Ij Hs2> <S' 'hd .7 jyrt n Pr-'o Nht-nb-f Z u-H-[}>r ] 

23 (1) [ ] [ ] mwt-f r-rm-Hst 

24 (1) Hr-p-sr-'i) Nrf _. [ 

22 (2) Il . . . hrp 'o hn(?) . . . Hr-rii^-hnr Sm-tic-tc-f-nht sij ]\'ii (?) ii [ 1 

25 [(2) ] Pr-'o Nn-ns n 'h[-w ] 

24 ] (2) Hr-sfj/ s'nk n( n [ 

22 (3) m hlj, n ntr-io Nn-ns pe-ic tcn p 'a' (?) n-^n-w (?) uhj [ 

23 - [(3) ] ll'sr Xrf j) vtr 'o rm (?) 

24 "^.'/] (3) "i bh 

] 

wn-j)r [ 

P-Sr-Bst sij [ 

SOTTAS, PapylTs démotiquos de Lille 7 



ôO 80TTAS, Papyrus DÉMoriguKs dk Lille, 



2-.' (4) /()/ wtij>r S-ir.'! SI/ Hl'i- I.' A'' Im' j)C II- miir p "*■ 1^?) nhii [ 

■J3 ] [(4) ] »' /( ntrw 'i/w 

24 ] (4) VI hlj II ilhw 

] 

rin y^ ) «■(/-[ 

v>- ■ • [ 

22 (5) hn iriipr Siii-fir ,<>/ /'-ir Ijii' ini-jir S-ic.s ,sy Hj)i--I,['-Jf 

23 ] [(il) ] 'hw nt hry 

24 lin pe-ir (^5) ] sn-ir 11 mlj n 



»f )i [. . . . 

f Kh 



22 (6) p 'h>/ ]\'i,l>-h'' ;( ^''-{t'u ''''"'-'"• 2' "''■ '" "'' (-^ Nil lis ] 

23 ] . . . . Vf c-ir r.v [(G) 

24 ] (6) .... mh 2t n yhw . . [. . 

22 (7) mh n yhw n Pr-'o yht n yhir ni, y m hh n ilhir [ 

23 [ ] ntrir \i/.ir 'r-y (?) ((-/ (?) 

■'^ ] (') . 

] 

. . pp-"- ><q <--y ■ ■ ■ [C) 

•• [ 

22 (8) ;(/ w hk Wsr Dd hr-"h Nrf n Vjic [ ] 

2:1 ] [ i,f] sli hry (hj-y st iJh Ijd 11 (sauté) 

22 (9) /(»( (?) hp '0 Hr n:: sy Sin-tw sy 'S-ti'-fnht \--y ,,-f xh Jh hil "r-ir [ ] 

n (sauté) [(S) ] __ [ ] bn (?) 

22 (10) 'r ah dh hd 11 hm (?) Hr-wr: xy Hpy-l'-h'' hry (?j mfc-y [ ] 

23 y (?) [(9) ". ." ] ;...[..' 

22 (11) Hr-irz sy Siii-fir .«y "S-te-f-nhf lit hry »S'/) Sm tir sy ' vh .... 

23 ] „t sh hry _ [flOl ] 



Traduction. 

1. L'an 8, en J'haménoth, sous le roi Nectanébos. Le pastopliore Harpaêsis-de-Xéref, fih de 

, dont la mère est Trémobastis, dit 

-■ <iu grand primat Harmaclioros, {fils de) Semtoouitefneclit [. . . . 

....]... Héraclôopolis ; les herhayes, , rerenns qui sont dans [ ] 

3. devant les dieux dlléiack'-opolis. Voici de détail : le récitant (?) porte- (?) brancard 

devant Osiris de Néref, le grand dieu; item, le pastophore Psénobastis, fils de [ ] 

4. et le pastopbore Sésoôsis, fils de Kheperkara et leurs frères; le récitant (?), porte- (?) brancard 

devant les naos des grands dieux: item, le pastopbore [ ] 



Ventes de prébendes. 51 



5. et le pastophore Semtlieus, fils de Psen et le pastopliore Sésoôsis, fils de Klieperkara [et leurs] 

frères, j)oiir compléter /es lierluir/cti ci-dessus, encore, qui sont dans les champs [ ] 

6. 1(1 firme d'Apriès IIarsa])lios- Semtlieus, le grand dieu, seigneur d'Héra- 

cléopolis qui sont au sud des champs do [ ] 

7. au nord, les champs du roi; à l'est, le champ du porte [T) brancard devant les naos des grands 

dieux. Je lui ai fait /i-ar réuuiini. Je [ ] 

8 devant Osiris de Busiris, (pii rrsido à N(''ref; les herbages [qui sont] 

inscrits ci- dessus. Je les ai vendus au [ ] 

9 grand primat Haryôtès, fils de Semtlieus, fils d'Estefnecht. Je lui ai fait jtour eux un acte 

de vente [ ]../<; ne ferai pas 

10. un acte de vente au liaryùtès, fils do Klieperkara t^f .je [ 

] 

11. Haryôtès, fils de Semtlieus. fils d'Estefnecht susnommé. I"]rit ]iar Semtlieus fils de 

oncli 

( 'oiiiiuentaire. 

La nature du contrat n'apparait pas nettement, parce que jdusieurs passages caractéristiques sont 
perdus ou peu lisibles. L'impression qui se dégage de l'ensemble est pourtant qu'il s'agit de biens sacer- 
dotaux, probablement de ces «liturgies» attachées à des propriétés funéraires et donnant lieu à des 
transactions dont on a maints exemples. La confirmation est fournie par le N" 25 ci-après, précieux en 
ce que, malgré l'exiguïté du texte conservé, il nous en reste, cette fois, les mots essentiels. 

1. Les lectures icn et icu-pr ont chacune leurs partisans. Cf. Uijlanils, p. 214, n. 5. 

2. Le titre (pie je traduis « grand primat » se lit trois fois sur un contrat de Turin daté de l'an 7 

de Psammétique (Contrats Egyptiens, p. 158, 160, 170: cf. Rglamls, p. 18. N" 10) : << grand 
primat de Thèbes ». Geiffiïii, dans sa paraphrase, interprête: a2"'^i<^'5 héréditaire»; mais il 
semble bien qu'à Turin comme à Lille, le titre soit ])lutôt de nature sacerdotale. 

3. Sur nbij, cf. Biiroscir, Dictionnaire, p. 749: l'up. Wesfcar, \U. 12 et surtout Tarticle do Legkaix 

sur les barques sacrées (/>. /. F. A. <>., XIII, p. 1 scpj). h'n initial de nhg ne paraît pas bien 
formé, mais on est en droit de tenir compte des orthographes hiéroglyphiques commençant 
par (i. Le grou])e qui précède pourrait être '//' ou 'nuct, soit «celui qui est dans » ou «entre 
les brancards » ; mais cette lecture ferait négliger le premier signe arrondi. Thompson {Tkeban 
(Istraca, p, 26 sq<j : /'. S. II. A., l'Jliî, p. 1Ô2 scj) voit dans nlii/ le ))rototype de vaù^icv, mesure 
de capacité servant d'unité pour les terrassements, et dont l'étymulogie a été souvent discutée. 

8, Cf. îiîwy.a îj; txuix tiia^? [Eylamls, p. 119). 

9. Cf. i7:or,Ga-o cj^Ypair,-' àiv^ç (bilingue, Erbstreit). 

Au dos de 23 b, dans l'angle gauche en bas, est resté cidlé un fragment de 4 lignes d'un autre 
acte de vente, d'une écriture un peu moins archaïque. ()ii distingue des lambeaux des formules connues : 
« je l'écarterai de toi et je les libérerai » etc. De même, au dos de 22, partie droite, on distingue la fin 
de 10 lignes inégales et d'autres traces d'écriture qui semblent en partie volontairement effacées. Ces restes 
sont écrits dans une direction presque perjiendieulaire ;'i ceux du verso de 23 b. 

N° 25. 

Ghôran 183. — Inv. 152 b. m. 10 X m. 10. — PI. XI 

En raison de l'aspect du papyrus, ce fragment ne paraît jins pouvoir se rattacher à l'un des pré- 
cédents. Il est possible, mais non certain, qu'il soit de la mémo main. 



52 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



Transrri])ti()ii. 



1. ] . . . . ((• hu Hf.-f èilyir lai' iie-f V((r[ 

2. ] . . . . e-f sir . . . /(»' .... in-hif[ 



'l'r;i(lu('ti(iii. 

1. ...]... et ses prélieiides et ses revenus [. . . . 

2. . . . ter^raiii sec et ... . terr/ùns vagîtes [. . . 

C'onunen taire. 

1. Sur ces termes, cf. l^ylanJs, ]>. 319 et .1. Z.. XLV, j). 117 : -/.ai ti'u; tcjtojv ■/.:xpT.d.x- y.aî t.çiogtJ.-û- 

TSVTa. 

2. Oi\ aurait : *0'!rpeo equiOTtooTT = /Épcc;. Cf. L'yhmds, p. 393. et [) %> ^ dans la grande 

di)nation d'Edfou. 

N° 26. 
Vente de propriété. — Milieu du IV^ siècle av. J.-C. 

Ghôrau 183. — Inv. 151. PL XII— XIII. 

Plus grandes dimensions de è : m. 284 X m. 143. Les autres fragments ont été réduits sur le 
cliché dans la même proportion. En photographiant, on a cou])é m. 01 à droite de a et m. 02 à gauclie. 
Les deux parties de a ne tenaient pas ensemble. 

Ce magnifique document nous est parvenu dans un état de fragmentation si lamentalde (ju'une re- 
constitution est bien difficile. A supposer (|u"il n'y ait eu qu'un texte d'un seul tenant, ou constate que : 

1" Il y avait un minimum de 7 lignes, dont une incomplète. 

2" A fournit ime partie de la l" ligne. On ne peut savoir si celle-ci se prolongeait au delà. En 
tout cas, il manquerait une partie de la marge. J donne aussi quelques traces d'une 1" ligne. 

3° B fournit le commencement des 6 dernières lignes, sans la marge de droite, et / un fragment de 
l'avaut-dernière ligne. 

4° C donne la fin de 4 lignes, probablement les 4 dernières, moins une, et la marge de gauche. 

Une hypothèse au premier abord séduisante, en raison de la configuration des contours, consiste à 
mettre en contact a et b, en déplaçant i de m. 085 vers la droite, compté sur la j)hotographie. Les 
traces d'écriture ne permettent j>as d'acquérir une certitude. Un raccord peu visible de b, passant au 
milieu du signe arrondi de sh à lavant-dernière ligne, se prolonge peut-être, à la rigueur, sur a. D'autre 
part, si cette juxtaposition se vérifiait, 'e ne trouverait plus sa place, à cause du nombre des lignes, et il 
faudrait admettre l'existence de deux textes distincts sur la même feuille. Dans le cas contraire, les pro- 
liabilités seraient en faveur d'une très grande étendue des lignes, dont nous n'aurions que des portions 
relativement faibles. D'ailleurs, à la ligne 1, il devait y avoir bien autre chose avant le libellé des 
dimensions. 

Transcription. 

Cl) 1. ?] in-h lit 'r nir mh 20 [te-ir] ^)s JO a ntr mh 20 ' it jie-w rs [....]...[? 

*J1- [ ] [ ] [. •• 

2. hs (?) iH n t 'ire (?) mJi yht n Nii-ns n pr [. . . 

3. pcic 'mu pe-w ybt mte-y dy j)r-I: a-bl ar-f . ..[... 



Vente de propriété. ô3 



4 nh s?i (?) ir/i-'6-JÇ' sy hin-ntr Sm-f-inj-te-f-)iljf mirf-f 'S-rs ....[... 

5. Hns mw-t-s {?) T-j-m-Bst 'htij <i z sh l'-'r mil iih iit l.rij ht [. . . . 
6 sh Sni-t -ICI/ .11/ Hr-iii -hrw, 

c) I ] . . . . <i-dyy H-k db h,l 

2. . . .] nh . . . in (?) Mh-'h-[ir] 
3 '] . . . dh hd mte-k sh nh 

4 ]....[....]•... ^' '" V,« (>) 

d) \ ]■■■>' ';, [•.■ , . . 

2 ] " '»/■"■ "[••■• 

3 ] ni hry n ..[.... 

e) l ] . . riity !j[t ... 

2 ] 'nh u:: snh 'nh zf irhiu [. . . . 

3 ] bl (?) nt '?• ntr uili -![.... 

4 ] dij->j n-k 2> sh a-'r [. . . . 

Ô ] i' ''.'/•■■ [ 

6 ] nt hrij <,-dij-f n-k d[h hd .... 

Tradiu'ti nu. 

a) 1. ?] teiTain vague, qui mesure 2U coudée.s di\iiies, [dmit] la moitié est 10, soit encore 

2U coudées divines ; li'ur (côté) sud [? 

*; 1 

2. la montagne qui est daus la région nord-est d'IIéracléoi)olis. les hnhitations [. . . . 

3. leur (côté) ouest, leur (côté) est et je ferai que tu aies sortie sur lui [. . . . 

4 le Apriès, fils du ]>rophète Semtoouitefnecht. dont la mère est Isis- 

resh [. . . . 

5. Chons, dont la int-rc est Trémobastis, comjnn-m'ssdnt pour citer un écrit comme quoi je. ferai 

tout ce qu'il V a ci-dessus ...[....] cieur [ 

6 Ecrit ]>ar Somtheus, fils d'Harmachoros. 

c) 1 ] . . . . ([ue je t'ai \'endu 

2 ] .... le Apriès 

3 ] • • • contre de l'argent. Tout écrit [ ] t'appartient. 

4 ] condition encore imposée. 

d) (deux fois) : les maisons (de) 

e) l ] . . satisfaire \_moa'] cœur [. . . . 

2 ] v(ie), s(anté), £(orce), éternellement vivant. reuouvel;uit [ 

3 ] dehors, qui mesure 4 coudées divines [ 

4. . . . ] je t'ai donné l'écrit qu'a fait [ 

5 J Pete . . . 

6 ] ci-dessus (|u'il t'a ven[du 

C OUI m eu taire. 

a) I. Sur la «coudée divine», cf. Rjlands, p. 81. n. 9 et p. 2'1'6. n. 7. Si le ,îaj'./.c/.':: "V/.'-'? et N(/-;- 
[ji.£Tfr/.:; sont identiques, c'est une raison de plus de n'en point distinguer la coudée divine, 



54 SOTTAS, l'ArVKUS DÉMUTIQUKS 1>K LlLMO. 



i|ui servait à mesurer les niveaux du Nil. à Silsilo notamment. Cf. SpiEGELBERG,7?eci(et7, XXXVI, 
I'. ITl. 
h) 2. Si les lectures sont justitiées, il faut cuteudre, soit une colline dans le quartier N. E. de la 
ville elle-même, soit, au loin, la nécropole d'Abousir-el-Meleq. Cf. liylands, p. 85, n. 5. On sait 
que dans cet « Abydos du nord ■■> beaucoup d'Héracléopolitains, et notamment les ])rèties 
dllarsaphès, avaient leur sé])ulture (Rii!Eî*s<inx et Kxaiz. .1. Z, XLT, ]>. 21; ^Iollek, 
Papi/riig Rhliid, p. 7, n. 5). 

3. Dans la grande donation d'Edfou qui, linguistiquenient, est du démotique écrit eu hiéroglyplies, 

on lit de même ^, etc. (Thésaurus, p. 538 sqq, passini). 

4. Le titre qui suit «i, ici et dans c, 1. 2, s'est déjà rencontré au X° 22, 1. 2. 

V I 2. Whm entre souvent, comme on sait, dans les protocoles royaux. Une recherche dans le Lh-ra 
(les KoLs ne donne pas grand résultat pour cette époque. Cependant Nectanébès (p. 171 j a 
rap]>ellation «héraut de l'tah ». Serait-elle bien à sa place ici? Les ])robabilités sont jilutot 
en faveur d'Hakoris, ainsi (ju"il a été dit plus haut, p. 8. 

N° 27. 
Vente ou donation de propriété. — Artaxerxès. 

Magdôla, paquet A. Inv. 242. — m. 325 X m. 105. — PL XIV. 

rran.scriptioD. 

A) 1 '"':/] '>ib>i' ^'"' '"'-,/' irrhir [ni jir [/(i .... 

2 ] a (1 II m-s-li a (h/ 'r-ti . . . [ 

B) 3 .-] e-'r-hy n pr Hr-.ify 'H-'r-dy-s sy Sm-t'-iry-'r-dy-s mirt-f T-\_ 

4 ] pe-K mh ut 'r iifr >nh . . ô pe-n- ^mii pe-v: ijht ut [. . . 

5 "^'/'] "l'W l"> "«-/ irrh-ir hu pr uh mte-u: [ 

C) t! ] l'r-'o 'RthSss Z e-'r-[hy u jrr Hrsfy .... 

7 ] i>e-u- iidt hn iit'-it y-u- ut n [. . . . 

8 ] ut . . . ne {?)-/ hrdir yht u 'yic ii [. . . . 

9. ... nt e-u m k n-'m^-f u ru-w p uh p di/- h n rd [. . . . 

D> 10. ... 'Hthss]s Z f'-'r-Mj u pr [Hr-ify 

11 pe-u-'\ rs ut r [utr] udt 11 pe-w 'mn pe-v yht [■ • . • 

12 ] • • "''■ bH^ "'?' "^"''^ ','/ '"'" •■[•■. 

13. . . . ."h uh] (jnbe nh md mh n p /' uite-k sh [. . . . 

Traduction. 

Aj 1 ses] cours, et ses terrains vagues et [toute] co/(.s-^r»c^/o/i. [(|ui en dépend 

2 ] ])our te poursuivre, afin que nous fassions ..[.... 

B) 3 ] Le mesureur du temple d'Harsaphés Aherdys, fils de Semtoouierdys, dont la mère 

est T [ dit à .... 

4 ] leur (côté) nord (jui mesure [10 x + (?)] 5 coudées divines; leur (côté) ouest, 

leur (côté) est <\m [mesurent 

5 ses] cours et ses teri'ains vagues et toute coustrucfiou qui en dépend [ 



Vente or donation de propriété. 



<_'/ 6 ] le roi Artaxerxès. Le nie[suieur du teni]>le d'Hnrsapliès Aherdys. fils de Seintciouierdys, 

dont la mère T ] dit [à 

7 ] leur (Coté) nord et nos maisons <)ui sont dans [. . . . 

8 ] SCS enfants. (Côté) est, les maisons qui sont à [ 

9 les écrits ] en vertu desquels [nous sommes engagés eu ce qui] la [concerne]. 

Le serment, la ))reuve [que l'on pourrait exiger de toi 

/)) 10 Artaxerjxès. Le mesureur du temple [d'Hai-sapliès Aherdys. fils de Semtoouierdys. dont 

la mère est T ] dit [à 

11 leur] (côté) sud qui mesure 11 coudées [divines], leur (côté) ouest, leur (côté) est [ 

12 ] ]>ropriété du dieu ; (côté) nord, tes maisons ; (côté) ouest 

13 tout écrit.] tout document, toute chose au monde. Tout écrit [ ] 

t'ajiparticnt [. . . . 

Commentaire. 

Nous avons certainement affaire à un de ces niagnifi(]ues manuscrits où la minute et plusieurs copies 
intégrales sont réunies sur une même feuille. La lacune à gauche est importante pour les quatres textes ; 
celle de droite, relativement courte pour B, D et surtout C. mais considérahle pour A. 11 est possible que 
de ce côté il y ait eu d'autres copies. 

1. L'objet de la vente s'exprime par un substantif masculin, pt- ou '?/. Dans les contrats coyites, on 

a nHi. On hésite encore poui' l'étymologie de ce mot. Cf.. récemment, Snnaxiuaio, ^1. Z., 
LI, p. 125 sq et Gaedinek, J. E. A., V, j). 137 sq. Cf. : -f,z . . . tb.i-xz . . . -/.ai t:D . . . aîOpbu y.ai 
Tôiv . . . TOTWv 'i'.7,wv y.al Twv zny/.'jaz-r.un TrâvTwv vi . . . . (l'"2>. déni. Strasbourg, p. 45). 

2. Le discours est ;i la P" jiersonne du pluriel. Il faut donc, à la ligne 3, restituer au moins un 

nom de contractant avant celui de la partie adverse. Sur la formule avec deux fois le verbe 

dy, cf. SplEGKLBER(i, A. Z., XXXYII, p. 46. 

3. Le titre consiste eu un participe du verbe uji. On a aussi la forme simj)le ht/, par exemjile 

dans Caire 30768, 1. 10, et une étiquette de momie bilingue publiée par N. Reicu (ap. We.sset.y, 
Studlen zur l'alaogfciphlr. YII, N" 4) : ]> h;/ = (ji.xo\j.iiçt]z. Doit on tenir jjour assurée r(''qui- 
valence /;// = Yc]a);j.£Tpr,; au bilingue de Leyde-Berlin [A. Z., XIA', p. 105)? Sur une stèle 
démotique d'Akhniim (Si'iegelbetî(;. Recueil. XXVL P- 160 sqij). un functionnaire dit avoir 
été attaché 16 ans au mesurage des vignobles du district d'Akhmim. Cf. au Pap. Pétrie, I, 
n. 22 : ij.sTp-rjc!? ëpvwv. Plus anciennement, cf. Maspeko, Etvdes égyptiennes, p. 100, et 
BoKciiAKDT, Statiten von Feldmessern, aj>. .4. Z., XLII, p. 70 sq(j. Sur la forme araméenne du 
nom Aherdys, D^ÎDinS, cf. Spiegelbeeo, <J. L. Z . 1912, col. 3. 

6. L'orthographe du nom royal est exactement la même que dans les exemples hiéroglvphiciues 
cités par M. Bukcharut, A. /... XIjIX, p. 80. Cette constatation donne le coup de grâce 
à l'attribution, soutenue contre toute évidence et jusqu'au bout {Honlrats Egyptiens, p. 590 
et 594), par Revillouï, des papyrus N'" 3079 et 3110 de Berlin au règne d'un Artaxerxès. 
Cf. Rylands, j). 31. 

Sur l'identitleation du sou^'erain, cf. supni. p. 8. Si l'on suivait à la lettre l'historique 
des apostilles et copies de témoins donné par Revillout {Rev. Eg. II, ]). 103), on se déci- 
derait pour Artaxerxès III; mais les remarques récentes de Griffith {Rylands, ]>. 34) sur 
le même sujet paraissent divergentes. 

9. Cf. 'Eàv oà -il c:: Ip.'.i f, â-iîî:;;; â-:0Aï-Oï]; {Rylands. y. 121). 



56 * SoTTAS, Papyrus DÉMoriguKs dk Tiii.r.K. 



11. Sur l'oxigiiït('' au inoiiis a|)i>nrente de cortaiiios luosures, c-f. Lnjiidi's, W, p. 219 sq. 
13. Y.T. ^i^xmzM 55! TaÛT^ àrb cj-'Vpaçwv [■/.«• ^■j-/]K.'ù.[x-fiJ.i-:M'/?] .... 1x\ ii îIg'.-/ oâ -/.s;-:' aù-wv -/.diJ.viy.'. 
çu-^fpoLixi .... (lii/himls, ]). 121). 



N" 28. 
Contrat de mariage. — Alexandre le grand (?). 

Magdôla, paquet A. — Inv. 243. — m. 22 m. 11. — PI. XIV. 

Fia de 7 lignes. Dans la partie supérieure gauche, on remarque des traces d'écriture grecque qui 
empiètent légèrement sur l'espace inscrit en démotique. On reconnaît aisément que cette écriture est ren- 
versée et qu'elle peut être lue, du moins ce qui en reste, à l'aide d'un miroir, selon le procédé des indis- 
crets qui recherchent sur les feuilles de buvard les traces d'une correspondance. Il n'est donc pas question 
de palimpseste. Un document grec a déteint sur notre papyrus à une époque certainement postérieure à 
l'établissement du contrat démiitii|uc, 

Transcription. 

1 'r-y t-f ?(] Ipii-t (hj-ij ii-t hd qf :'i ii M iripni 

2 ] « irpy 2:') pe-ir >rn huit e-f 

'à ] ic lit hrij ..[..].. n mil huit . . . 

4 ] mte-t e-'r hii ii-t a fin hpr ii-ij 

h ] .... ISO p hl II ji h<J qt r, ii-dii-y 

() ] • • • ii>ts-y d'il ii-t p sh 

7 ] Jij) p sh lit hri/ dy-ij ut 

Traduction. 

1 Je t'ai faite] femme. Je t'ai donné 5 qite d'argent eu monnaie grecque; 

2 ] soit 25 catégories d'objets, dont le détail suit : cuivre étant 

3 ] ci-dessus ..[....], au total, cuivre . . . 

4 Le jour ou je te répudierais ou bien] si toi tu t'en allais ])oui' ne plus être ma 

5. femme ] • • • l''^0, en dehors des 5 quite d'argent que je [t']ai donnés 

6 ] • • • et je te donnerai l'acte 

7 en vertu du] droit établi par 1 acte ei-dessus. Je te donnoi'ai 

« ] 

Commentaire. 

Ce document est fort incomplet. 11 manque à la ligne 1 la date et les noms et titres des contractants. 
Il y avait une huitième ligne, plus ou moins longue, dont il ne reste rien. La pièce présente cependant 
un intérêt réel, parce que le formulaire n'en est pas courant. Pour la date, cf. supra, p. 8. On peut 
aussi utiliser l'expression « en argent grec » qui permet d'admettre comme fait accompli la conquête 
macédonienne, bien qu'il ait circulé en Egypte de la monnaie hellénique avant Alexandre. (Cf. Lag'ides, III, 
p. 273, n. 2.) D'autre part, l'écriture montre des signes d'archa'isme. Nottamment tm-, à la ligne 4, a 
encore exactement la forme usitée sous Darius I". Il est tentant d'attribuer ce texte au règne d'Ale- 
xandre le grand, au plus tard à celui de son fils. 



RÈGLEMENT D'ASSOCIATION RELIGIEUSE. 57 



2-. L'expression a n-py est à rapprocher de \l que 1 on rencontre, avec un sens analogue, par 

exemple dans la grande donation d'Edfou (Thésaurus, p. 539, 1. 18, etc.), et dans d'autres 
textes hiéroglyphiques de basse époque. Cf., plus anciennement, ^ (Pcq). K(ihiin,]).26). 

4. Les mêmes termes se retrouvent dans les contrats de la deuxième période ptolémaïque. Cf. Ri/lands^ 

p. 269, § 16. 

5. Même remarque. Cf. (7'., § 10. 

N° 29. 
Règlement d'association religieuse. — 223 av. J.-C. 

Ghôran. — Chaussure 43. — Inv. 186, 187, 188. — Hauteur totale : m. 33. — Plus grande largeur : m, 39. 
— Hauteur de la partie inscrite, au début des lignes : m. 23. — Nombre de fragments : 8. — PL XV — XVI. 

Le plus grand de ces fragments nous est parvenu dans un état assez étrange. Il se présentait sous 
la forme d'un ovale irrégulier, dont les axes mesuraient m. 185 et m. 35 environ, entièrement couvert 
d'écriture, sauf une marge de m. 02 le long d'une partie du bord et une bande médiane de m. 045 
parallèle au petit axe. On eût dit un texte disposé sur deux colonnes; mais une première inspection 
montrait que le sens de l'écriture n'était pas le même de chaque côté de la portion demeurée vierge. En 
observant plus attentivement on constatait que le long d'un des bords de la bande en blanc, la partie 
inscrite, découpée un peu irrégulièrement, était collée avec soin sur le papyrus anépigraphe. Le sens du 
contenu, obtenu après une première lecture, ainsi que l'adaptation des autres fragments, ont montré que 
la pièce, d'une seule tenue, avait été séparée au moins en deux, puis recollée dans l'antiquité par le fabri- 
cant de carton, afin d'obtenir une feuille de grandes dimensions. Pour l'étude, et en vue de la confection 
des planches, on a fait une coupure, mais ,à une certaine distance du raccord, pour éviter tout risque de 
détérioration de la partie inscrite. Un coche triangulaire a été ménagée, qui permet de reconstituer l'état 
antérieur. 

Ce iiapyrus nous a conservé un règlement d'association religieuse assez semblable à ceux des 
papyrus X" 3115 de Berlin (Spiegelberu, Catalogue, p. 18 — 19 et pi. 38 — 411, de 107 av. J.-C; et du 
Caire N'« 30605 (Spiegelbero, Catalogue, p. 18—25 et pL 10—12), de 157/6; 30606 (ih., p. 26—29 et 
pi. 13—15), de 158/7; 30619 (ib., p. 66—71 et pi. 32—35), de 138/7; 30654 [Ih., p. 94 et pi. 48i, ptolé- 
ma'ique; 31178 (ih., p. 286—290 et pL 106, 107, 120), de 180/179; 31179 (ib., p, 290—295 et pi. 118—119), 
de 148/7. Plus récemment, Spiegelberg a publié des extraits de Priesterregeln d'un modèle plus divergent, 
dans son ouvrage Die sogenannfe demotische Chronik des Pap. 21ô der lîibf. A^at., p. 29 — 30 et pi, 7, 

Bien que le document de Lille ait une teneur voisine de celle des manuscrits de Berlin et surtout 
du Caire, énumérés ci-dessus, il comporte des différences considérables. Les travaux antérieurs sur le 
sujet ont procuré une heureuse compensation à l'état fragmentaire, à la médiocre conservation et au rap- 
prochement des lignes du texte à déchiffrer, lequel, par contre, fournit des renseignements nouveaux et 
permet quelques rectifications. 

L'intérêt s'augmente de l'antériorité de date : 223 av, J.-C, alors que les documents du Caire et de 
Berlin se répartissent entre 180 et 107 et que les mieux conservés remontent à 157/6 et 148/7. Le 
pap. 215 de notre Bibl. Nat. est aussi du début de l'époque ptoléma'ique. Enfin Spiegelberg signale (Pem. 
Chronik, p. 30) les statuts d'une association, datés vraisemblablement de l'an 3 d'Hakoris, et appartenant 
à M. Seymoue de Eicci. Il eût été intéressant do faire, au moyen de cette pièce, le départ entre les 
apports grecs et le fonds indigène de ces institutions (cf. San Nicolo, I. p. 12. et II, p. 1 sq). M. de 
Ricci a bien voulu me faire connaître que le papyrus, sa propriété, se trouvait depuis 190',' entre les mains 
de M. Spiegelberg. Force m'est donc de n'en ]ioint tenir compte. 

SOTTAS, Pipyrns démotiques de Lille. 8 



58 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



Dans PC rappel des règlements similaires déjà connus, il faut réserver une place, et une place 
il lionnour, au texte grec de Jlagdola que Piekue Jouguet a découvert et fait connaître à l'Académie des 
Inscriptions en 1902 [Comptes Hetidiis, p. 350 — 352; cf. Lagides, III, p. 177). Le lecteur en trouvera plus 
bas la publication intégrale, d'après la copie de Juuuukt, sous le numéro 20 bis. 

Transcription. 

1. HSl' Lfp 24 'bd 2 prt Pr-\) Ptlwnilijs] ' nk [.:t] sij Ptliniiys ['nu] 'lùi/u' n iitr-ic un ii; w'b 'Lksntrs 

Il iilrir sii-ir ii iifric iiing[-ir ] 

2. fy tu ntrb m 67* l']Rs[i/n t mr] su h n ii hpw a-mty na qiibe n p rpy n Hr-Blitt a r-ic a\--ir n p 

dnuj Sbk Ps hn t i" Tmysts hr \l rs n [t litiy Mr-] 

3. ]Vr p ts 'Psyii' ar-f a 'r-ir e-ic z [n] u'' [sj} e-n int]i/ ar-f a 'r-w [n jj in] nt hry i^-nfy [^]yS Uni 

syii ijlin fur %iye hq 'rp ye e-n hms n p rpy ni hry n p [dniy nt hry n a hrn-] 

4. nt e 'r na p 'y inty ar-n: a hins n-'in-ic tn hsp [24 'bd 2] pr-t s' hsp 2ù 'bd tp pr-t ' rq a rnp 

irt a 'bd 12' je a rnp ic^-t '*/ p bl n n hrtc n Ijb-ir nt e 'r na p y iiity ar-w a Jpns n-'in-w 
e-n z n w sp e-[n ] 

5. nt e-n: ph a'r-n a 'r-w n n ss-w nt hry mte-n 'r n yll n wl[n n Pr-] o Ptlirinys [sy Pthnn]ys 'rin 

Brnyg' t Pr-'ot 'rm 'Rsyn' n ntrw sn-ir n ntr w mnsw . . . [ ] 

6. n ntrir n Kmy trie nt hn t qiibe . . . [e-n] dy hd qt 1 te-ir [p»'] hd qt 'js a hd qt 1 'n [a 2^e-]ii 

'l n n ssw nt hry ii hdw ts hny hr 'bd nb hn p tstS a n hd ir n n ireic nt e-ic hpr . . . . 
[ ] 



Traduction. 

1. L'an 24, en Méchir, (sous) le l'oi Ptolém[ée. éternellement] vivant, fils de Ptolémée [et] d'Arsinoé, 

les dieux Adelphes, étant prêtre d'Alexandre, des dieux Adelplies, des dieux Evergètes 
[ étant ] 

2. canéphore d'Ars[inoé Phil]adelphe. Copie du règlement que sont convenus d'observer les membres 

de l'association du temple d'Horus Beboudti dans le Bourg-de-Souchos Pisa'i', du district de 
Thémistès, sur la rive sud [du canal Moe-] 

3. -ris du nome Arsino'ite, [[d'observer]], disant d'un [commun accord : Nous avons] convenu de l'ob- 

server [dans le lieu] ci-dessus. Nous fournirons une portion de sel, d'onguent, de guirlandes, 
de vases d'eau lustrale, de fleurs de conyza, de bière ou de vin, et nous siégerons dans 
le temple susnommé du [bourg ci-dessus aux jours] 

4. pendant lesquels les membres de la corporation, auront convenu de siéger, dejiuis l'an [24, en 

Mé]chir, jusqu'à l'an 25, fin de Tybi, soit une année, soit 12 mois et ^/g, soit encore une 
année, sans compter les jours de fête durant lesquels les membres de la corporation convien- 
dront de siéger. Nous disons d'un commun accord : Nous [ ] 

5. que nous aurons décidé de faire pendant la susdite période. Nous accomplirons les sacrifices et 

et les liba[tions pour le] roi Ptolémée, [fils de Ptolé]mée et de la reine Bérénice et (pour) 
Arsinoé, les dieux Adelphes et dieux Evergètes . . . . [ ] 

6. pour tous les dieux d'Egypte compris dans l'association [Nous] donnerons 1 qite d'argent, 

dont la moitié est ^/j qite d'argent, soit encore 1 qite d'argent comme cotisation pour la 

susdite période, l'argent chaque mois et le pour l'argent des 

fonctions lesquelles ils seront [ J 



RÈGLEMENT D'ASSOCIATON RELIGIEUSE. 59 



7 fir 'hil iih (I (If p r<l n p 'y tif e 'r na p 'y mti/ rtr-f icha p lue v st iifr 'i p [ ] 

lit hrij vite p ir sp *■// /'y pt'-f 'yi hm^ a p S/ n ssw nt Ijry mien dy ii "q ir n n ut,- „• n . . 
[ ] 

8. uf II p 'y II df p hnr fij nt e V iiii p \i/ mty av-f <i 'r-f p riii ii-'m-[ii iif e-f rli f]i/ iie-f 

'?•"■ fy '"'«-/' '"' /// pc-f kna hd qf i! l'-n in-s-f a dy ' r-f pe-f hnr fy 'h m-a nn i- f hn 
[ zth mlh] 

9. md Pr-'o es 'h rd ar-f p rm n-^m-ii vt e-w thm-f a t qnhe p 'y mte.-f tm 'Qy e-f rh ']?/ es 'h rd 

ar-f pe-f kns hd qt 'j2 p rm n-'iii-n nt e-f swy hd nk nh nf nh p t" hn (?) es 'h rd ar-f [pe-]f 
[kns hd ... en m-s-fl 

10. a dy dy-f te-f f zwy-f e-f qnt: n p 'Is'l:i'l4 " hte V mue p rm n-'in-n nf e-f z \_n rm n-'m-n ''r-k 

hr p sli]f hn e-f hr p shf 'n pe-f kns hd qt 8 [p] rm n-'m-n nt e-f dy 'irf ii d-t t km t n p rm 
tiicn n-'m-n n n Sf ic [ni liry e-s 'h rd arf] 

11. pe-f kns hd qt S p rm n-'m-n nt e-f dy hpr hnyn a p 'y v pe-n hnr n rpy (?) n-'m-n 

'" P''f ''■"* 'Is 'lô f II »t nh lit e-ir sm a p 'y n p hnr rpy n hte 't mue inte-n xm a st 
j) hk [nii hnr nt e] 

12. 'r va pi y a inty a 'r-ir a st nfr n n ss ir nt hry e-n st p irr hk hn p sp irr n p '// xr' sp p nt 

e hn e-f sm a st p hk e-f rh sni pe-f kns hd kt 1 e p hir n p ntr m-s-f 'n nite-n dy ph-ir 
a p [ y-hfp n j'i hk e-n dy phi 



7 cliaque mois ès-mains de l'administrateur de la corporation et dont les membres de 

la corporation sont convenus en vue des fonds supplémentaires pour la procession vers le 

[ ] susdit. Chacnn livrera sa portion de sel à la corporation au jour 

susdit et nons donnerons les rations pour les dieux, /es ... [ ] 

8. qui sont dans la corpora,tion ès-mains du le jour dont les membres de la c()r])o- 

ratioii seront convenus jiour faire le versement. Celui d'entre [nous qui piourra verjser ses 
rations à verser et qui n'effectuera pas de versement, aura une amende de 6 qite d'argent 
et nous le poursuivrons en outre pour lui faire accomplir sa journée de versement, sauf 
dans le cas où il serait en [ en prison, en procès avec] 

9. le pouvoir royal, si la preuve est faite contre lui. Celui d'entre nous qui sera convoqué à 

l'assemblée de la corporation et qui ne viendra [pas, alors qu'il peut vejnir, si la ])reuve 
est faite contre lui, aura une amende de ^2 V*^ d'argent. Celui d'entre nous qui détournera 
de l'argent ou toute autre chose au monde, '/ l'intérieur, si la preuve est faite contre lui. 
[aura une amende de ... . qite d'argent et nous le poursuivrons,] 

10. afin qu'il rende sa part de son détournement, surchargée de '/^ ^a ^iv obligatuireuient et sans délai. 

Celui d'entre nous qui dira [à l'un d'entre nous : « tu as la lèjpre », alors qu'il n'a pas la lèpr(\ 
aura une amende de 8 qite d'argent. Celui d'entre nous qui communiquera une maladie à la 
femme de l'homme connu parmi nous, durant la période [susdite, si la preuve est faite contre lui,] 

11. aura une amende de 8 qite d'argent. Celui d'entre nous qui mettra le désordre dans la cor- 

poration à propos de notre journée de temple en ne snirant pas .■<un tour parmi nous, paiera 
une amende égale à ^/o Ys ^^ revenu global de la corporation pour une journée de temple, 
obligatoirement et sans délai. Nous irons à la procession du faucon [aux jours dont] 

12. les membres de la corporation seront convenus pour faire la procession, pendant la période ci- 

dessus, conduisant processionnellement le supérieur du faucon et le reste des supérieurs de la 
corporation, en cor] s constitué. Celui (jui ne viendra pas à la procession du faucon, alors 

*8 



60 SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 

13. /* trr lik (ni p sp irr n p >/ tr sp p nt e hii c-f dij jilj c-f rh (h/ ph pr-f kns Ijd qt 1 e p hw n 

■p ntr m-s-f '■» /) /•//* n-'m-n ut e-f hiri a p irr hk irr n p '// /«■-/' kun (ni qt. N c-y 'h rd iiv-f 
p [rm ■n-'m-n nt e-f mhy n p irr] 

14. hk irr II p 'i/ f-.s' 7( rd ar-f pe-f kiis hd qt S p nt e, 'r p irr hk liirx ar-f pe-f kns M .... mhy 

(je pe-f kns hl 1 p hirS n p mr An a pe-f '/• pr-f kns hd qt II p mhij n p mr Su n pie-f '?• 
\_pe-f kns hd qt . . . . p nu u-'m-n] 

15. lit e-f gm rm n-^m-n hn rnlh n ss-ic nt hry inte-f 'y a II lir dt-f mte-f Vi ar-f e-f rh 'h e-s V< rd 

ar-f pe-f kns hd qt 4 p rm n-^m-n nt e-f hpr hn rdh t 's' p hl n hwy [Z-*;--'o ] 

16. e-n dy t n-f p rd p 'y fy \ 1 nk' iciii Pj^i^) a lirir nh n p zth rn-f s'-te . . . n'y-f e-n 'h a pe-f 

mlh ((•' sp c-n smy m-s-f i' hnr 10 ['']-(i rh pilk-f (>-n pl[k-f p rm n-'in-n nt e-f sm sh^ ntr] 

17. -tli rpy ntr ge hpr hr t st sh' ye hr sn pt n p 'y ' nh n [u] .s,s if nt hry e-n Sm p hl p 'y a 'h 'rm-f 

e p s' ar-f p s ar-n p rm n-^m-n nt e-f mt n p dmy nt hry n n ssic [nt hry e-n 'rh-n arf] 

18. e-n dy pli-f a t hst e-n dy t n-f p rt n p 'y '(y nhj)y 100 p sien pe-f dhe (?) a p 50 n e-f 35, 25 pe-f 

hb qs a p 25 e-n dy hd nr-f n j} '// tu hric p rm n-'m-n nt e hn-f dy ph \_f a t hs t e-f rh dy] 



(ju'il peut le faire, aura une amende de 1 qite d'argent et encourra en outre la colère du 
dieu. Nous ferons escorte vers le [tombeau du faucon, escortant] 

13. le supérieur du faucon et le reste des supérieurs de la corporation, eu corps constitué. Celui 

qui ne se joindra pas à l'escorte, alors qu'il peut le faire, aura une amende de 1 qite 
d'argent et encourra en outre la colère du dieu. Celui d'entre nous qui insultera le supérieur 
du faucon (ou) un supérieur de la corporation aura une amende de 8 qite d'argent, si la 
preuve est faite contre lui. Celui [d'entre nous qui frappera le sujiérieur] 

14. du faucon (ou) un supérieur de la corporation, si la preuve est faite contre lui, aura une amende 

de 8 qite d'argent. Si le supérieur du faucon insulte quelqu'un, il aura une amende de . . . 
.... d'argent; ou s'il le frappe, il aura une amende de 1 deben d'argent. L'insulte faite 
au grand prêtre (ou) à son coadjuteur entraînera une amende de 6 qite d'argent. La violence 
faite au grand prêtre ou à son coadjuteur [entraînera une amende de ... . qite d'argent. 
Celui d'entre nous] 

15. qui trouvera l'un d'entre nous engagé dans un procès durant la susdite période et qui négligera 

de l'assister alors qu'il peut le faire, si la preuve est faite contre lui, aura une amende de 
4 qite d'argent. Celui d'entre nous qui sera en i^rison en piunition d'un mensonge, sans 
recours à l'autel [du roi ] 

16. nous lui ferons apporter par l'administrateur de la curpt)ration une ration '/*C0 '^^^ nourriture 

chaque jour dudit empi-isonnement, jusqu'à ce qu'il soit relaxé. Nous assisterons à son procès 
en corps constitué et nous témoignerons en sa faveur, jusqu'à concurrence de dix jours. Si 
nous pouvons le faire entrer en conciliation, nous l'y ferons entrer. [Si quelqu'un d'entre 
nous s'en va comme pénitent ou comme] 

17. reclus dans le temple du dieu, que ce soit dans la salle de discipline ou sous le coup d'une 

recherche comme réfugié au lieu du serment, pendant la période susdite, nous sortirons de la 
corporation pour l'assister et ce qui sera entrepris contre lui sera entrepris contre nous. 
Celui d'entre nous qui mourra dans la localité susnommée pendant la j)(''riodo [susdite, nous 
prendrons le deuil pour lui.] 

18. nous le conduirons à la nécropole et nous ferons l'administrateur de la corporation prélever pour 

lui l'>0 rations de deuil, le prix de son embaumement pour les 50, de ses 35 (et) 25, de sa 



Règlement d'association religieuse. 6i 



19. ph-f e-s 'h-rd ar-f pe-f kn>< hd qt S p rtii n-'m-n. nf e-'r pe-f ijt te-f niw t pe-f su ie-f sn-t pe-f ir 

te-f srt pe-f sm te-f sm-t. a mt n p dmij ut hnj n ssir nt hry l'-n im ii dij phf a t hst e-n 
dij t n-f p rd p "y [ ] 

20. e-n Sp h -f <i p y e-n dy sirr-f e-n dy ndin hff p rin n-'in-ji nt e-f nit p hl n j) dini/ 'r 2 a p rs 

p mk p ybt p 'mut e-n xtp rin « .-> hn p y e-n dy sm-n: m-x-f [a dy ph-f a t hs-f] 

21. nt n p diny nt hvy e-n dy "^qi^?) (i>--f h p nt nh hry nde p lur n p rin .s ô ^y hl hn p ^y s-te-w 

hn mte-ic 'y p nt e-w stp-f hn p rin ,s ô nt hry mte-f tin sin e-f rh im pe-f kns hd qt 4 p 
\_rm n-'m-n nt e p rd p (/] 

22. sm a pe-f y n t 'n:e .... te' t s/i (?) a p 'y mte-f tkn n-dt-f ge rin nh »-'/»[-?«] mte-f e-x 'h-rd 

u>'-f pe-f kns hd qt h' p rm n- in.-n nt l'-f sinij a rin n-'m-n e-'r-hr ts rm e-f 'r shy \hn-p-f 
sniy e-'r-hr nu p 'y'] 

23. t ht pe-f kns hd qt 11 p rm n- m-n ut e-f smy >i rm n- in-n e-'r-hr na p y rnte-n- 'r n-f p hp [a 

t iii\dt rn-s mte-f stinj e-'r-hr ts pe-f kns hd qt p rin n-'in-n. nt e-f smij a rm n-'in-n e- r-hr 

[ ] 

24. nt hry nite-ir 'r n-f p hp a t indt rn-s mte-f z my . . . -ic t-y a t irpy n, k.t qii.he et?)-f hpr hn st 

'r n-y p hp n-'mf 'n t wpij n t qnhe rn-s inty a t wp[y ] 



fête d'ensevelissement pour les 25 et nous donnerons de l'argent pour lui chaque jour. Celui 
d'entre nous fjui ne [le] conduirait pas [à la nécropole, alors (ju'il peut] 

19. le conduire, si la j)i'euve est faite contre lui, paiera une amende de 8 qite d'argent. (Pour) celui 

d'entre nous dont le péro, la mère, le frère, la Sd'ur, le fils, la fille, le beau-père, la 
belle-mère mourra dans la localité susnommée pendant la susdite période, nous irons le 
conduire à la "nécropole et nous ferons l'administrateur de la corporation prélever pour lui 

[ ] 

20. nous l'accueillerons dans la corporation, nous le ferons boire et nous allègeron.s sa douleur. (Pour) 

celui d'entre nous qui mourra en debors de la localité (à) 2 sebènes au sud, au nord, 
à l'est (ou) à l'ouest, nous cboisirons 5 personnes dans la corporation et nous le ferons 
escorter [pour qu'il ])arvienne à la nécropole'] 

21. epil est dans la localité susdite. Nous fournirons ration pour lui, conformément à ce qui est 

écrit ci-dessus et le surplus des 5 personnes se retirera de la corporation jusqu'à ce qu'elles 
soient allées et revenues. Celui qui aura été cboisi pour faire partie des 5 personnes et qui 
n'ira pas, alors (ju'il peut aller, paiera uiîe amende de 4 qite d'argent. [Celui d'entre nous] 
chez qui [l'administrateur de la eorjioration] 

22. se rendra pour saisir un gage '> cause d'un manquement envers la corporation et qui s approchera 

de lui ou de qui que ce soit d'entre [nous,] lui, si la preuve est faite contre lui, il paiera une 
amende de 6 qite d'argent. Celui d'entre nous qui se plaindra de quelqu'un d'entre nous 
devant un baut fonctionnaire, une autorité, [sans s'être plaint devant les membres de la corporation,] 

23. au préalable, ])aiera une amende de 6 qite d'argent. Celui d'entre nous qui se plaindra de l'un d'entre 

nous devant les membres de la corporation, à qui l'on aura fait droit pour l'affaire en question 
et qui se plaindra devant un fonctionnaire, aura une amende de 6 qite d'argent. Celui d'entre 
nous qui se plaindi'a de l'un d'entre nous devant [ ] 

24. ci-dessus, à qui l'on aura fait droit [pour l'affaire] en (piestion et qui dira : -i i^we l'on me soumette 

au jugement d'une autre assemblée, puisque l'on ne me fait pas droit en cela», (si) le juge- 
ment de ladite assemblée confirme le jugement [de la premirri' il] 



62 SoTTAs, Papyrus dèmotiques de Lille. 



2b. pe-f knss lui tjt ■/ ;> rin n-'iii-n nt i--f (pu rm n-'m-n 'riii fe-f km t es 7( rd tir-f pp-f kns [/id] qt 2 
l'-ii m-s-f (I l,ii''i/-f p hl II p 1/ Il p riii ii-'iii-ii lit l'-f dj/ ';• rm ii-'iii-ii 'si/ ii n ss-tr nt hry 

[ ■ " ] ' 

-l> f p i>l p (i-(fi/-J' ''■ p '•'" '•"-./' '*■.'/ ii-'in-f ]><■-/ kiis [/«/] <jf -f II. Idc 't. vine p rm 

ii-'m-n nt e-f st-f a tni 'r a h iiid iih nt hry n ss-w nt hry in-.t [ ] 

27. gv pe-f Jais [hd] qt ■'> n ii i/U n iiin ii Pr-'n Ptlicmy.i 'nh [si sy] J'fhnnys 'rm Jirnyif t ]'r-'ot 

'rm 'Jîsyn' n iitr ic su [ir ii ntrir mnsir ] 

28. e-)i m-s-f II dy 'r-J ii h nid nli nt hry il ssw nt lirij n hte 't mne e-io ind nh [nt] hry 

ht-n mty n- in-ir ti'-n iiity n 'r a h n kns.w nid nh nt hry [n n h]pir nt hry hn sh nh [. . . . 



'29 



m-s nid nt [e r] lia p 'y mtij iir-s a r-s n n ss-ir nt hry mte-ii ';• a h t-ir tSk 



2;'). paiera une amende de 4 qite d'argent. Celui d'entre nous qui trouvera quelqu'un d'entre nous 
avec sa femme, si la preuve est faite contre lui, (ce dernier) paiera une amende de 2 qite 
d'argent. Nous le jioursuivrons en outre pour l'expulser de la corporation. Celui d'entre nous 
qui fera que quelf|u'un d'entre nous suhisse itne perte pendant la susdite période \et qui 
sortira lui-même ? '?] 

26. inilenine (?"?) de Id oit 1/ aura fait subir un perte à ladite personne, aura une amende de 

qite [d'argent] lui. obligatoirement et sans délai. Celui d'entre 

nous qui se refusera à agir conformément à tout ce qui est (écrit) ci-dessus pendant la sus- 
dite période, après [ ] 

27. ou , paiera une amende de 3 qite [d'argent] pour les sacrifices et les libations du 

roi Ptolémée, [éternellement] vivant, [fils] de Ptolémée et de la reine Bérénice, et (pour 
ceux) d'Arsinoé, les dieux Adelphes [et Évergètes ] 

28. nous le poursuivrons pour le faire agir conformément à tout ce qui est écrit ci-dessus, pendant 

la susdite période, obligatoirement et sans délai tout ce qu'il y a 

ci-dessus, notre cteur y agrée et nous sommes d'accord pour nous soumettre aux amendes 
et à tout ce qu'il y a ci-dessus [dans le règle] ment ci-dessus et tout écrit [ : ] 

29. en plus de ce que les membres de la corporation ont convenu d'observer pendant la susdite 

période, et nous nous y conformerons. Ecrit par 

Commentaire. 

La question qui se pose tout d'abord est celle de l'étendue des lacunes. Sur les bords de la coupure 
verticale médiane, il ne manque généralement que fort peu de chose, ainsi qu'on le peut constater dès la 
première ligne. Quant à la jierte subie par la fin des lignes, elle est malheureusement plus considérable 
et pas très aisée à évaluer avec précision. Un point de repère excellent est fourni par la séquence des 
lignes 2 et 3 où l'on trouve le début et la fin d'une expression connue. Cf. J. A., 1914, I, p. 174. Le 
déchet moyen se limiterait à 4 ou 5 cm. au plus, à moins que la mention « sur la rive sud du canal 
Mœris » ne se soit ici augmentée d'un élément adventice, de même que dans le N" 2 elle a subi une forte 
ellipse. Il semble en effet qu'en reportant à la ligne 1 la solution fournie par la ligne 2, on se heurte à 
des difficultés. Ou le nom du prêtre d'Alexandre et de la canéphore d'Arsinoé sont omis, comme il arrive 
si souvent, et la lacune est trop longue ; car, que mettre après la mention des dieux Evergètes ? Ou bien 
il faut supposer la présence des deux noms, plus les deux patronymiques, accolés, comme. ]iar exemple. 



RÈGLEMENT D'ASSOCIATION RELIGIEUSE. 63 



dans le N" 4 ou au décret de Canope. Auquel cas, la restitution, quelle que soit la brièveté des noms 
(Alcètès, fils de lasos et Dionysia, fille de Silas), outrepasserait la lacune supposée. Si nous interrogeons 
sur ce point les papyrus du Caire précités, nous constatons que la plupart ont des protocoles complets. 
Par contre, le scribe, auteur du plus ancien d'entre eux, le N° 31178, a obéi à la loi du moindre effort. 
Pour la suite du texte, la similitude avec Berlin et le Caire n'est pas assez grande pour qu'on puisse 
leur emprunter des passages avec une entière sécurité et en tirer des conclusions fermes. Le lecteur jugera 
si, malgré la difficulté signalée, Thypothèse de la courte lacune est justifiée par la vraisemblance de l'en- 
semble des restitutions à la fin des lignes 3, 9 — 14, 16, 18 et 21. Celles des lignes 17, 20 et 22 ont été 
adoptées seulement après coup et servent de vérification. 

1. Date. — On observera que eu- : ôvC^- est deux fois exprimé, d'abord comme une grande «ini- 

tiale » décorative, puis sous une forme plus modeste. C'est là, je crois, une rareté. — Le 
mois a été oublié et rajouté au dessus de la ligne. — On pourrait être tenté de lire : « les 
prêtres d'Alexandre». Ce pluriel constituerait une anomalie bien singulière. Il vaut mieux 
conclure à quelque caprice orthographique. 

2. Sur la lecture h du mot < copie» (Spi£i;elber(î : mijt) cf. Rylands, p. 247, n. tj. — Sur l'omission 

de l'art'cle après hôw-, cf. Caire, p. 26, n. 6, et Berlin^ pi. 38, 1. 5. — Quant au terme dési-' 
gnant l'association, je tiens pour l'ancienne lecture de Spiegelberg (Berlin, i>. 18, n. 2), qiihe, 
contre la nouvelle (Caire, Inscrij^tions, p. 51, et Papyrits, p. 19, n. 1), s's-t. Le motif invoqué 
par Spiegelberg n'est pas valable, car le mot qu'il lit q^nhe aux lignes 13 et 16 de Caire 
30605, par exemple, est certainement hst, «nécropole», comme à notre ligne 18. 

D'ailleurs, peut-on, sans scrupules, attribuer le nom « Sechserschaft» à des grou])euients 
réunissant un nombre d'adhérents bien supérieur à six '^ Les graphies de qnhe sont très 
variées. Cf. les exemples donnés par Hess, Setne, p. 144 sq (ane-t) etc. Dans le cas présent 
on a le déterminatif c-n. Est-ce un rappel de la signification première < angle » et un pré- 
curseur de nos expressions «le Portique» ou x la Sublime Porter, dont l'égyptien même 
offre d'autres équivalents'? L'erreur de Spiegelberg relativement à qnhe^ répétée avec in- 
sistance (A. Z.. LI. \i. 138), en a entraîné d'autres chez des non-démotisants. Cf. S.\n 
NicoLO II, p. 55. 

La lecture Behoudti parait assurée, bien (|ue la graphie ne soit pas entièrement conforme 
au type courant. On sait qu'Horus Behoudti n'est, ni exclusivement, ni même originairement 
le patron d'Edfou. L'exi.çteuce de son culte au Fayoum n'a rien de paradoxal, mais la dé- 
nomination générale « Bourg-de-Souchos » laisse entrevoir que le sanctuaire d'Horus n'était 
pas le plus important du lieu. Les autres associations du Fayoum, connues par les papyrus 
du Caire et le papyrus grec de Magdôla, sont sous le patronage de Souches. L'attribution 
du fragment Caire 30654 à- Pathyris est des plus douteuses. Berlin 3115 nous fait connaître 
les statuts des ehoachytes de Thèbes. Enfin la stèle 31130 du Caire {Catalogue, iitM-viptiow. 
]>. 51 et pi. 13), qui remonte à l'époque d'Auguste, nous révèle la « grande association » 
d'Hathor de Denderah. Cf. mon interprétation, différente de celle de Spiegelbeeg, dans la 
Revue Archéolor/ique. 1921, XIII, p. 34 sq et qui se trouve vérifiée, comme je m'en aperçois 
après coup, par la publication d'une autre stèle de teneur semblable, mais ayant trait 
à la «grande association d'Harsemtheus i, toujours à Denderah (Spiegelbeeg, A. Z., L, p. 36 
sqq). L'accord étant ainsi fait sur l'ensemble (1), je profite de l'occasion pour discuter quelques 



(1) J'aurais voulu sign.aler le fait par un addendam, pour rendre à chacun ce qui lui est dû. L'imprimeur de la Revue 
irchéologique, par lettre du 4 juillet, m'a fait savoir que mou article venait d'être tiré. — J'ai aussi constaté tout récemment que 
es Prim-Joachim-Oslraka avaient été mentionnés, par anticipation, dans la bibliographie du tome LI de !'--!. Z. 



04 SOTTA^!, PAPYKUS DÉMOriQUliS DK IjIJ.E. 



iioints de détail. Je ne saisis i)as ])()urquoi il serait i|ucstion de la restauration d'un ancien 
dromos, iiliitol i|m> de la dc'dicace d'un nouveau. L'ahsence d'article devant dronios est peu 
favoral)le à la première acception. — 11 ne peut être douteux, même sans tenir compte des 
documents d'Omhos ou de Lille, que le stratège et le ?V.evujôkUe fassent partie des thiases. 
Le iiremier, dans Caire 31130, est pirtre d'ilatlior et, naturellement, président du tliiase de 
cette déesse. Le second, dans Berlin 3115, joue un rôle non équivoque. — P 'te n'est cer- 
tainement i)as un titre de fonction, mais une appellation analogue à p 'hm de Caire 31130, 
etc. Si le sens reste obscur, on est averti par la construction anormale avec l'article, malgré 
la ]daco du nom propre. 

Tout ce déliut de notre texte est difficile, en raison des lacunes, des répétitions et de 
quel<|ues lectures mal assurées. Il semble (ju'à l'invei'se des documents du Caire, le nôtre 
donne oe<vAi au ])luriel. soit «dispositions légales ou contractuelles, statuts, etc.» Après de 
longues hésitations résultant de certaines inconséquences trop longues à discuter, je me suis 
décidé à interpréter * epooir ees.is.Tr, parce qu'o:i a, aux lignes 8 et 29, les parallèles 
* epoq eesôvq et * epoc €ese\.c. D'autre part, un petit fragment qui contient quelques élé- 
ments des lignes 2 et 3 et a été trouvé collé à sa place actuelle, a dû se déplacer, d'abord 
\ers le haut, ce ijui est bien visible, mais aussi d'en\iron '/» cm. vers la gauche. Si bien 
qu'en tentant de reconstituer le passage, on constate qu'il n'y avait place pour rien entre 
le nom d'Arsinoé et epooT du petit fragment. Donc l'un des deux premiers * epooir eesô^ir 
fait double emploi. J'ai admis que c'était le second, mais ce pourrait être le premier, auquel 
cas on aurait, sans interruption, le «temple d'Horus Behoudti du Bourg-de-Souchos Pisa'i». 
Quant à la mention )it hr;/ au milieu de la ligne 3, elle ne peut guère se rapporter qu'au 
lieu ou à la date. Je ne crois pas qu'avant on puisse lire dmy, ni rjnj. 

Dans Berlin 3115 (Seite 4) on a aussi une tournure au pluriel, avec » md-ir. En tenant 
compte de ce qui précède on préférera l'interprétation eesCsir à celle de SriEGELBERG : 
« welche sie machten». 

Le nom de la localité n'est pas très lisible, mais je crois bien distinguer Ps. Or l'index 
des Tehtynis papyri nous fait connaître un èTriiy.tov ll'.aal :r£p'. 'Hpàx/.eiav v^ç 0£[j.c(7-:ou [xîpîcoç, 
qui n'est autre que la moderne Ibshawi. Cette ville est située sur un canal qui, d'après la 
carte de Baedekek, la contourne par le sud. Yn tracé rectiligne (jui a peut-être existé, 
justifierait la mention «sur la rive sud du canal Moeris», dont une branche serait ainsi 
identifiée. La même localité a déjà été signalée au N" 1, 1. 5. 
3. Le terme technique fy, bien connu dans ce sens, paraît se retrouver dans le grec ipopâ (San 
NicoLO II. p. 158). On comparera les cinq pièces ayant trait au « transfer of temple services »•, 
publiées ]iar Thojip.'^ox, Thehcni Ostraca, p. 51 sqq. 

'?/s. Les mots que Spiegelberg lit '«•'.«, « Pfand » (Caire 30605, 1. 8) et 'ics (Caire 31629, 
1. 6) sont identiques, étant donné le contexte. C'est 'us la vraie lecture. Ici il n'y a que 's 
de conservé, mais à la fin de la ligne 7, il semble qu'on puisse lire 'ys. Je reconnais que ' 
ou y ainsi fait est généralement initiale. En tout cas, on a plutôt affaire à un terme général 
qu'à la désignation d'un produit. 11 _y a certainement connexion avec le prêtre yS des ])a]iyrus 
du Caire 30618 et 30619. Le rapprochement est tentant avec ^-ié (pii veut dii-e à la fois 
«vivre» et «pain». Cf. A. Ember, À. Z., LUI, p. 86. 

L'énumération des denrées concorde avec celle des papyrus du Caire seulement pour 
les trois jiremiers toi-ni^s. sel, onguent (cf. IMagdôla : èXaiou àXniiawdai), guirlandes (cf. Mag- 
dôla : 7-£-avs'. 



RÈGLEMENT D'ASSOCIATION RELIGIEUSE. 65 

Hir doit être le même mot (|ue ®T^^^'^- v^^se d'eau lustrale pour le lavage des 
mains avant le rejias ou le sacrifice. Ce n'était pas là un simple accessoire: le ])assage des 
Pi/ramides 1322 (cf. H. Ge.vpow, A. Z., XLIX, p. 50) fait voir que les dieux récalcitrants 
étaient menacés d'en être privés en même temps que des offrandes plus substantielles. En 
outre, '■< lavag-e des mains » est à peu ])rès synonyme de « repas » (cf. K. Setiie, dvahdenk- 
mal des Sahure, II, p. t)3). D'ailleurs, sans remonter aussii haut, on constate (jue dans 
Caire 31178 (p. 288 sij) l'eau figure dans les listes pour une somme ap]iréeiablo. 

Le groupe 'nge rej^résente la fleur de conyza, euf : eHUOT. Au ]>a])yrus magique de 
Ijondres et Leyde, XIV, 32, elle sert de terme de comparaison quand il s'agit de caractériser 
la fleur de la ^ plante d'.Vnuljis». C'est donc «ju'elle était assez répandue. Cf. les références 
données dans la traduction, p, 104. En Grèce on employait le conyza à parfumer le vin. La 
lecture '»</<', en face de ^nq ne fait pas difficulté. Sur la \ariation do q en </. cf. Sethk, 
Verbum, I, § 282. D'ailleurs, V. Loret, Flore i)haraoni(iue, p. 68. signale l'orthographe 
(1 '^z;:^"^ à Pliilae. Pour hq nous avons là encore l'orthograjjhe ancienne, comme aux 

N°* 6, 1. 10, et 7. 1. 2. Quant au vin, Berlin 3115 en parle à maintes reprises, de même que 
Magdôla grec : c'i'vou -/.epat;.:». Dans les manuscrits du Caire, il faut, d'après Spiedelbeeg lui- 
même, cité par S.VN Nicoi.o, II. p. 159, n. 5, lire '</, «pain», partcjut oi'i dans l'édition il y 
a kéramion. Cependant on se réunit pour boire dans plusieurs occasions. Une question se 
pose pour notre X" 29 ; la conjonction disjonctive porte-t-elle sur les deux derniers termes 
ou sur toute l'énumératiim'? 

Notre teste, en dehors de l'onguent s(jii, ne mentionne pas l'huile, comme les documents 
postérieurs {t.km. tdi, irrh). Est-ce en raison des prix prohibitifs résultant du monopole régle- 
menté par PLiladelphe, et de la spéculation impossible à réfréner? On notera en passant 
que co<5'n apparaît au Nouvel Empire, à côté de oeiu et de o&ooc. comme denrée de 
première nécessité (Leyde I, 371, 1. 23 = Muli.ek, Hicratisclie Lcsi'sfiicke. III, p. 15). 

L'ensemble de l'énumération et la a-ï£(s'âvu)v) [;.u(p'.à;) remettent en mémoire le vers de 
Juvénal, XV, 50 : 

Uiifjueiita et flores, multaeque in froide coronae. 

G. Glotz (Les fêtes d'Adonis so7is Ptolémée III, ap. Revue des études grecques, 1920, 
p. 169 sqq) a établi un suggestif rapprochement entre les t^yracusaines de Tiiéocrite et le 
Pap. Pétrie, III, N" 142. dont les listes mentionnent, entre a\itres denrées : -jîwp, oVv;;, iCiy.a. 
Act/ava, CTiçaviL, etc. 
4. De même que qnhe, ''y comporte le déterminatif i^^. Il semble qu'on ne doive pas trop s'y 
arrêter. Je ne crois pas à une influence du -ôr.zz. (Cf. S.vx Xicolo, II, p. 141.) Je rends 
par « corporation », terme vague à souhait. S.\x Nicdlo annonce une étude de ce vocable 
dans son chai^itre sur la terminologie. 

On remarcjuera la graphie un peu étrange de hns, «siéger». Cependant les parallèles 
autorisent cette lecture. 

L'indication du délai de validité est tout à fait conforme à ce qu'on lit dans Caire 31179 : 
«depuis Thot, jusqu'au dernier jour de Mésoré, les fêtes des lampes». Il faut entendre le 
1" Thot, comme ici le 1" Méchir. Sur l'expression 12 mois '/g pour la durée totale de 
l'année, cf. mon commentaire du N" 3 dans les Comptes Rendus de l'Académie, et, au Pap. 
grec Paris 62 : £?>; ccoo£-/.â[j.-r;viv /.al -àç i-oi.-^z\i.vi<n^ W-ifv.c, l. Sur le point de départ fixé au 
1" Méchir, cf. supra, p. 7. 

Daus Berlin 3115, ]il. 40, il y a la liste des jours de fête. 

SOTTAS, Paiiyrns déraotiqnes de Lille. 9 



i>t> Sori'As, l'Ai'\i;rs i)KM(iri(,>ii.s i>i, l.ii.i.i;. 

0. l'oulrtre /'// ost-il jiris ici ilaii.- Ir iiu'iiu' sens ipic (l;nis Ir cni-io^iMnidaiit ilrnioli(|iie do iiiiyj)x\ 

aux (Ircrols (le (';ui(.|i>- et ti,- .Mcinpliis : /-/,-.s /, /,/, ,.|i liicTn-l \ plio^i "^ ^"^ " û V et 

A — ^^- '^' •^^■-^'. (T. r.-ip. in.-ii;. lie Lomlirs et LcmIt. iraduclioii. p. ."il. cl Sh'iiii^W '.'.Ck 

("Dllimc ;i la liuiu- 1. le \i-\\r s'iiilrir(iiii|il apirs les dicu\ K\ l'iiii'lcs > . 
t> l^hioliiuos icniu's h'(dini(nu'> dil'lii'ilr<. /> est (•(niini par lli-iliii .'il If) uii Ir '.\»\V»|vM»«" \ ii'sc .'1 fs 
cl ;>() dcli.'ii d'arj;oiit : le au-0»m\.\t 1 f.i 'j., rt .l.') dilicii daruc'iil. \ uir aussi ( 'aiic ;;117S, 

I. I). (u'i K> Is csl \ iM-s('' iiicnsiiclliMiiciil. Iliiji i-sl |iriil l'tiT il- niriiii' lÈKil i|iu a|i|iaiail dans 
Caire ;')U6l'1). 1. S. l'oiir ts/s. il v a uni' niciilion ilaiis l'.i.-i i.s( ii. / tir/lniuKinr, p. lôCj'.l. mais 
l'U II vMi l'oiit tirci- aiii'iiii ('■(daii'cisscMifiit. <Juaiil à nr. (|ii(iii|ii en pciisc SiMKi.i'i.m.ia.. Ir sciis 
• liuictidn [laiait pi c'-liTaldr à inMail . ( )ii aiirail ici une soiir i\t' siiiiiiiin liniinrn i-'m . CI, 
Sa.\ Nkolo. il. p. llil S.|. 

<• 'l'iiiis 1rs mois . Les ciitis.aticiiis sont d('-criiipli''rs p.-ii- mois. ( 'f, ('.■lii-r ;5(I(JU.">. 1. (j .s(| : 
;!0(;(lti. I. 7: ;'.117>^. l. i; s,, rt r.diil'.l, l. 4 s.p, ..ù léditrur liansciil. a iiiir li-iii- d.' disl.-iiK-c. 
Ir mrmc :;i(iiipr. iinr fuis par ii-'in-ii ii/i. rt r.aiitir par hr 'lui iili. I )r mrmr, d;iiis ('.airr ;iOtilS. 
li'iii;- iraiiiiiriit i\r cumpt'-s d'une association i'(di.i;ieiisc cpir Srii:(; t,i,iii-,ia; .siijïpose on l'-troits 
r.apporls ;i\cc Caiic iKtHl'.). Ir titre doit etri> lu (p. tJl et y\. 1"J— .iOi, non ])as Sill,er-Kin- 
n.alime Fin- eiii h'i^st ' . iii.ais >'l!ecettes pour un mois {ii ir' lui). Le sii^iie o\ aie (pii subsiste 
dii dernier mot. loui seulement autoi-isi', mais commande cette rectilicalion. Ci. sli/>^ iii> nslnui 
.S.\,\ Ni((ii,o. Il, p. I.i.Si. Les listes de Caire 3O601J et o 1 17'.l inonlreul un doulde décompte, 
|i;ir aniii''e cl jiar douzièmes (coiuiiu^ nos avertissements de contriliutioiis actuelsi. ( oinmcnt 
.'^i'ii',(.r,i.Ki;ia. n'a-t-il p;is saisi ce lapjiort? L'e\pressi<iii par mois ■ (''tait si cour.'immeiii 
ein]doyée .picllc s'est stylisé(> on cojite sous l,-i l'orme opeûoT. Cf. SiMh:i.i.,i,i;i,i;o. L'rriiril. 
Wli, p. !H) s,|, 

1. /<'! in'app;ii-ail plutôt comme l'administrateur (ui le trésiu-ier (pie comme le président. .Vssurémcnt 

il faut tenir compte de riMpiivalence attcsti''e ailk'Uis de rd et de -ozz-y-r,;, in.'iis Sax Niciu.u, 

II, |i. TiO et '^7. par.-iil .-noir pris un peu trop au pied de la letrr<' K' sens . \'orstelior » 
doniii'' par .'~^vii;i;j.:i,i;i,i;(.. d'.-iuiant plus (pie d;ins (,'aire oOCiUri, i-il est traduit, .à une ligne de 
distance ( 'J3 '24) ■ Voistehrr «> et « ^'er\valtel■ ». Dans bien des circonstances, ce titre semlile 
l)ien a]i|iarteiiir à un simjile foiid('- de jiouvoir!?, Cf, Thomi'so.x ('J'Inhiiii < t.<linra, p. fjS. n. iî 
(!(.' \). .'!2) : -! steward s d'un temple. 

>*. Sur les sanctions on consultera les ouvrages de Zli:n.\i;Tll (Dut; iirii'fhisrh,' ]'()■('/ iisin'.<i u. p. \i\6 S(|(|i 
et d(» INu.AMi {(.'('sri/lr/ifr -/,'.s ijric-lii^i'liri, ]'rr<'i iinli-rsCDs. p. 444 S(|(|). le cluaj'itre correspon 

d;int de San Nmolo n'ayant jcis luicorc pni'u. ( )n cmnparera aussi, dans le «(luomoii de 
1 Idios l>((gos ». la jurisprudence ajijdicalile aux pr(.''ti-es i cf. AW Sciu i;.vi;'r, . 1 , /.. LY I. p. <S',l s(| i, 

/Inrfy s'oppose a .i^ ^^ 1,...' ^^ ^ iTi '^''"'""' '•">'■''''■ '"'• ^^' '''-^•^*' 
Les |M-incipau\ cm]i(''eliements rec(ninus valables .sont (h'dinis d;iiis Caire 3<'G((r), 1. 10: 
mal.adie. emprisonnement, proC(''s avec l^'tal, .le nai pas cru de\'(.iii' ad())>1er la l'esiitution 
«malade '-, à c.aiisc de l;i pr(''positi(Ui O»-, rest(''e liieii visilde. 
1'. L.'i juxtapositi((ii de i/y/Z/c et de '(/ montre <|ue les termes n'étaient pas cousidér(Vs comme syiio- 
iiyine.s. Le contexte, ici et ligne 24, m'oblige à rendre ]iar ■ assemblée » et non association». 
10. Si la lecture '/o 'Aj '/, est exacte, poiir(pioi cette étr;mge proportion':^ 

INnir ii>is. ipii n'est pas ici le même mot (pie dans le leste du document, cf. /i'//l(iii(/>:. 

p. :5i:»9. 

On connaît les b'^geiules cpii ont ciuiru d(''s ranti(piiti'' sur b^s origines iud(''o-(''gv|>tiennes 
de la l('-])re; mais on ne sait trop jcir (piel mol la maladi(> (''tait d('>sign(''e dans l;i lirt('-rature 



RÈGLEMENT D'ASSOCIATION RELIGIEUSE. 67 

médicale ]>liar.Mi)iii(|Uo. Certains ont admis <S (2 , affection qui s'attaque à de nomlireuses 
parties du corps (cf. Hastixgs, Dictionirri/ of fhu Bible [1900], s. v. leprosy), mais cette 
liypotiièse ne parait pas avoir été retenue. On n"a pas davantage retrouvé les prototypes 
des mots coptes désignant la léjue, ^ ■' coiào et ''ceoT, lesquels cependant semblent bien 
égv]niens. Peut-être le second terme dériverait-il de I x ^K^^w_ ^^"^^^ «anéantissement», 
la conservation du T tinal étant due généralement à la ciiute d'une autre lettre. Dans une 
conférence prononcée au Musée Gnimet le 6 février 1921, M. P. Perdrizet signalait une 
terre-cuite gréco-égyptienne de la collection Focquet présentant un masque de lépreux d'un 
réalisme impi-essionnant. 

Après la clause relative à la léjire, que peut-il être question de communi(|uer, spéciale- 
ment à une femme, si ce n'est une maladie vénérienne? Alors '"< serait le ]irototype de 
OTreiTe. Cela coûterait quatre fois ])lus cher que l'adultère sans autre complication que le 
flagrant délit, .le crois bien lire swn. On aurait alors pe.uMcwoTH, vvwctgç. Dans Caire 31179, 
1. 21 si|, les articles relatifs à la lèjire et à l'adultère se suivent. 

11. Les «journées de temple» l'appellent, à longue distance, le troisième contrat de Siout. 

J'avais adopté cette interprétation, sans la tenir pour assurée — le mot rpy étant les 
deux fois presque effacé et peu distinct — lorsque mon attention c'est portée sur uu groupe 
d'ostraca commentés par Spiegelberg (A. Z., XLIX, p. 37 sqq) et TnojiPSON (Thehan osfraca, 
p. 51 sq(|). On y relève les expressions «jour de temjileCr')» et «mois de temple». Il y 
aurait donc confirmation mutuelle et complète si ces documents ue donnaient pas M au lieu 
de et si le motif paléographique qui ma décidé pour rpy excluait entièrement la 

possibilité de lire iins qui, aux papyrus du Caire 30607 et 30620 entre dans l'expression 
«jours de service». Le sens serait d'ailleurs peu différent. 

L expression grecque complète correspondant à // Ide V mite et qui aurait dû être citée 
déjà à propos du X" 4, 1. 15 (p. 21), est i-àva-f/.cv iL'ts.r.'.e'.y.é^ {Sphiiu-. XIV. p. 9). 

12. Pour les titres icr hk et in- eu géni''ral, il me suffira de renvoyer à mon article de la Revue 

Arc/ic'oloçjique, ou j'ai démontré que, dans leur édition des Prlnz Jonchim Oslruku (Stras- 
bourg. 1914), PiiKisiiiKE et Spiegeebeeg se sont fourvoyés en faisant des mots ^sp£|j.,3-ô-/.!; et 
-sçOwTr,:; des noms propres, ce ([ui les a conduits à de graves erreui-s d'interprétation, et à 
des tortures injustifiées infligées aux textes. Les orthographes variées du premier de ces 
titi-es empruntés par le grec à l'égyptien, forment une série dont les termes extrêmes sont 
-ope|j,3ï;y,'.î et wj2p£v::gv/.;ç. Outre le «supérieur du faucon» et le «supérieur de Thot», c'est- 
à-dire de l'ibis, connus par les ostraca grecs, nous allons rencontrer dans le X" 31 de la 
présente collection, un groupe de prétresses, «supérieures», dont celles du faucon, de Thot. 
d'Amon etc. Cet ensemble répond assez bien à notre expression « le reste des supérieurs » et à 
la mention (1. 6) de «tous les dieux d'Egypte compris dans l'association». A. 'Wiedemann 
(Sphinx, XIV, p. 37) a attiré l'attention sur un titre ^^ ^^ i porté par le titulaire d'une 
statue trouvée à ]\Iemphis (Pétrie, Memplùs, I, p. 13 et pi. 31 sq) remontant, soit à Xecta- 
nébès, soit à Ptolémée I. Il vaut peut-être mieux le mettre en rapport avec les fonctions 
sacerdotales ici étudiées, plutôt que d'y voir, comme WiEiiEiiANX, une appellation honorifique 
équivalent à |j,£f.3To;. A propos des inscriptions thébaines citées dans le pos-scriptiiin de mon 
article sur le Th'uise d'Ombos, il y a lieu de rappeler le « pastopbore du cimetière des ibis 
et des faucons» de la nécropole de Tlièbes, mentionné aux papyrus de Berlin X"" 3111 et 
3141. (Speegelberg, pi. 13 S(iq; cf. Recueil, XXIII, p. 99). Enfin une inscription rujiestre 
démotique publiée par Spiegelberg (A. Z., LI, p. 68) fournit le titre * nTVe.UHHUje Mn^H^". 



68 ■ SOTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 



Les pain-nis du ('aire i30t)05, 1. 11 et 31179. 1. 12) |)i-é.scntent les mêmes clauses et 
on partie les mêmes expressions. 11 n'y est pas (juostiun de se joindre eu cortège aux prêtres, 
mais d'accompagner les divinités, ce (jui au fond revient au même. Par contre il est fait 
allusion ;i l'ontorrement des crocodiles sacrés, des «dieux Souches» et cela nous replace 
dans le cadre tracé jiar les ostraca d'Ombos. Ce parallélisme rend tout à fait claire la 
mention ^- eonune l'autre aunée», de 30605, étant donné qu'à Ombos les obsèques d'ani- 
maux sacrés étaient solennelles, au sens strict du terme. 

La restitution à la fin de la ligne 12 peut se justifier par Caire 30605, 1. 4 : jj 'i/ htp 
ji msh. On aurait ici l'(''i|ui\aleiit lîpa/.oTasâiv sur le modèle de ■/.p5-/.;s£'."/,o-:açîT:v. L'article 
masculin conservé emjiéche de restituer qs-t. comme dans les passages analogues du Caire. 

« iVlors qu'il peut le faire». Cf. Suvaxb; lôv (Diodore, I, 77). 

13. Les clauses jiénales afférentes aux fautes commises=envers les notabilités du tbiase se retrouvent 
dans tous les parallèles. Au Caire il est question du 7V.€MHHUje; à Berlin du A.ô.U}è^tte. Si 
dans le cas présent, ou devait lire ich au lieu de a'*î, on n'en aurait pas moins le corres- 
ixjudant de l'àpv'.spsû;. Sur le <5s> X ^, cf., en dernier lieu, G. Lefebvue, AiinnJeu <hi 
Service Jes Antiqtiités, XX. p. 56. Quant à 2>e-f 'v, c'est à coup sûr ré(juivalent du mij .su 
des autres documents. Je les rends tous deux par « coadjuteur ». On sait (jue le titre 
AieocKôkT s'est conservé dans la biérarcbie des communautés chrétiennes. Cf.. en dernier 

c 

lieu, San Nicolo, II, p. 57, n. 1. 

A Berlin on envisage aussi le cas où le ?V.eyiy6vt\e, comme ici le 7:5pe[j.|j-?;y.'.;, serait 
l'offenseur et l'amende est aussi ])lus forte quand c'est l'autorité qui se met dans son tort, 
selon l'adage «noblesse oblige». La tournure mau(iue ici de clarté et pourrait entraîner des 
confusions, mais ou en retrouve uue toute semblable à la ligue 25, quand il est question 
d'adultère et que le doute n'est pas permis. Quant au sens exact des mots hws et mhy, on 
jteut le tirer de leurs substituts coptes otooTUj et Miuje. Le premier est rendu par As'.îipsTv; 
le second par -x-iaszv/. On peut se demander si, au lieu de l'interprétation antérieure : 
«médire» (Buuciié-Lecleucq) on ne doit pas com])rendre le passage de Magdôla grec : av 
f.z u^(;;.)/iôv v.x/.w'.sfv., iioci, plutôt ainsi : av v.: ûij.wv y.zy.wi iepéa. V. 1. 23. 

On A'erra plus loin au tableau des amendes que, dans les papyrus du Caire, clia(iue 
article ayant trait aux insultes ou violences faites à des personnes déterminées, com])orte un 
double tarif. Le second chiffre, majoré d'un tiers environ, est introduit par la phrase : p ut 
c-f ^r-f, (]ue Si'Iegelberg traduit, avec doute : «die. welcbe er (Aveiter) begeht». Que faut- 
il entendre ':* L'idée de récidive? En tout cas, c'est bien de réciprocité qu'il est question, 
comme à Berlin et à Lille, quoique sous une forme abrégée. Car, d'abord, pour la catégorie 
multiple des rin *', la tournure est au ]>luriel : 2^ "' f""' '>''/■ Buis il y a un cas qui ne 
comporte pas de réci])roque, c'est celui de la mauvaise conduite envers un membre quel- 
conque de la corporation; et en effet l'article correspondant fournit un seul chiffre. La série 
de clauses pour laquelle SpiegelbekCt hésitait devient donc parfaitement claire, le type 
général étant : « Offense faite au grand pi-étre : x debeu. Celle qu'il ferait (lui-même) : 
X + y deben. » 

15. tt^ei e£io7V.oiTOOTq. 

16. Ici, comme à la ligue iirécédeute, je traduis lulli par «procès». Ou comparera les passages où 

figure ce mot dans les papyrus du Caire que Setke a colligés dans son Sarapis, p. 93 sq. 
et retraduits a])rés Spiegelbekg, ])our les besoins de sa thèse. Si Sethe a eu pleinement 



RÈGLEMENT D'ASSOCIATION RELIGIEUSE. 69 

raison de rectitiei' en j^lh la lecture ([Ik do Spikgkliïkbc, par contre, dan.s .sou désir lég-itiiue 
duniHer l'interprétation de vilh, qui, chez son devancier, est tantôt «Kriegv, tantôt « l'rozeC», 
il a oj>éré la correction dans le mauvais sens. Si'iegelberu rend mlh md l'r-'o par < tiir die 
Sache des Konigs kani))feu » : Sethe par «- Krieg-, Sache des KiJnigs». Assurément Au\*.o 
veut dire le plus souvent « combat, lutte ;ï main armée » et cela dès répo(|ue tjui nous 
occupe. Cf. Canope 13. Mais cette acception guerrière paraît ici peu en situation. Il n'est 
guère probable que les membres d'un clergé local, si modeste soit-il, aient été enrôlés de force 
dans l'armée active. On sait ce qu'il eu était ])our la marine. Aussi Texpression mlh md Pr-'o 
correspond-elle plutôt à «procès, litige avec l'état», de nature fi.'^cale probablement. xVu 
Roman de Setna, Y, 26, Tabubu ordonne le meurtre des enfants de Setna, afin tjue ses futurs 
enfants ii elle ne se \'oient pas contester {mlh) plus tard leurs droits sur les biens du jière. 
De même luth ii ~' n'est pas « (weggehen in) Kriegsdienst fehlerhafterweise ». mais «procès 
j)our une faute», procès correctionnel ou criminel. Sur ,:', cf. surtout Spieoklberc; yl. 7.., 
XLII, p. 57 sq. Le passage où il est question d'une cotisation à verser à l'intéressé « fiir seinen 
Kriegsdienst», est plutôt amélioré si l'on admet un secours en argent «pour son procès». 
Enfin ste-n plh-f [•] pe-f mlh n'est pas «bis wir ihn trennen vou seinem Kriegsdienst». 
ucoTV.'j', Tico7V.iv se rencontre fréquemment dans les documents juridiques coptes au sens «dé- 
partager, concilier». Je n'invoquerai, à l'appui, (piunc seule pièce, inédite, une lettre sur 
liajiyrus appartenant à mon collègue Raymond AVeill. On y lit les expressions ô.wnoTVfî'n 
AvvinpMivUTUiooTr, puis trois fois ncnoTV.S'n AinnepHOir, enfin TimcoAT MnttepHOTr soit : 
« tu nous a mis d'accord avec l'homme d'Antinoé » ; « tu nous a rais d'accord entre nous » 
et «nous serons d'accord entre nous». (Cf., d'ailleurs, Spiegelbekg, A. Z., LXYI, p. 115). 
Aussi le jtassage de Caire 30619, 1.7 paraît-il devoir s'entendre à peu prés: «jusqu'à ce 
i]ue nous lui arrangions son procès par voie de conciliation», soit, en somme, «jusqu'à ce 
que nous le fassions mettre hors de procès». 

Ces considérations, tirées des seuls documents antérieurement connus, sont confirmées 
])ar la présente phrase, où il s'agit de faire porter des provisions à un détenu, do l'assister 
dans son procès, de témoigner dans le sens qui lui est favorable et de tenter d'aboutir à une 
coueiliation, si l'on plaide au civil ou à un acquittement si c'est l'état i|ui j)oursuit. 

Pour la restitution à la fin de la ligne 16, cf. Sethe, Sarupis, p. 93, n. 9. 

17. Dans hr in pt on peut comprendre que l'intéressé est sous le coup d'une sorte de procédure 

d'extradition, tendant à l'arraclier, par des moyens légaux, à l'asile choisi par lui. N'y a-t-il 
pas différence d'article entre les deux s '■! A cette époque, on peut, semble-t-il, entendre aussi 
bien T»T(T ^^i "^"^ que T^Th ^^\ ^__ , soit «décider» ou «entreprendre». Le passage ne 
paraît pas sans intérêt pour le débat encore ouvert sur les y.iioyo:. On sait que Sethe, 
{Sarapîs, p. 94; Gutthujische Gelehrte Anzdgen, 1914, N° 7, p. 409 sq et A. Z., LUI, p. 42) 
défend l'égalité zdh n rpy = Upsu ij/.i-cyoç. Dans s-t-s1/ on doit peut-être voir le TTZc-îsip'.ov 
(Saraph^ p. 92). 

18. Sur la durée des diverses opérations de l'embaumement, cf. GiaFEiïn, Sfories, yi. 29 sq. Le 

chiffre 35 revient aussi dans Berlin 3115, ]d. 39 et les deux chiffres 35 et 25 aux pi. 40 — 41, 
1. 15. Les quatre passages sont assez obscurs, mais, du moins, voit-on qu'il s'agit de momi- 
fication et que, comme ici. les nombres paraissent avoir valeur de substantifs, le mot «jour» 
étant sous-entendu. Pour des renseignements sur ce sujet, postérieurs à l'importante note de 
Griffith, consulter Spiegelbekg, Recueil, XXX, p. 145 sqq (stèle de la Bibliothèque Natio- 
nale) et .4. Z.. LIV, ]i. 111 sqq (papyrus du British Muséum). La lecture dbe n'est pas 



70 SoTTAS, Papyrus dkmotum^ks dk Lillk. 

assui'i''e. mais rt>iuliu' tn's \rai!^i'nililal)le p/ir l'di'clrc des i''l(''nnMits atteste'' iintaiiiinciit |>ar le 
passage de '^efiia dont, par ii''fi|iiueit('', notre texte ])ernict d'améliorer l'interprétation. Il 
semble, en effet, exclure, pmir '7, le .sens premier « Einrreton » (Hkss\ « ontry » (GinKi-irn), 
< introduire > (Masi'ki!i)), au profit du sens dc'u'ivi'' < rc\'enus, rations» (|ui s'accorde d'ailleurs 
bien mieux avec le verbe 22.J. 

20. Sur le <seliène:», cf. Giuffith, P. S. II. A., XVIII, )«. 104 s,, et Stori,'^, p. 22. 

Stj) s'écrit d'ordinaire avec le déterminatif '^ = g7\. 

21. Pendant que la délégation assiste aux obsè(jues, les autres nieinlires de la e(jr])orati<jn se séparent 

en signe de deuil. 

22. Le sens premier de tLn « s'approclier » ne convient évidemment pas. Spiegelbej{(J interprète 

corrompre par des présents. Je me demande s'il ne s'agit pas plutôt de faire obstacle à 
l'administrateur dans l'exercice de ses fonctions. 

23. Dans Caire 30605, 1. 19, la faute consiste en ce (lue le plaignant ne s'est pas adressé aux membres 

de Fassociation avant de recourir à l'autorité. Il y a ]teut-étre dans ces clauses un éclio des 
conflits de jui'idiction signalés, pour l'Ancien l"]mpire, par A. ]\Ioki;t dans sou article Donations 
et Fondations, ap. Recueil, XXIX, p. 57 S(|(j. Si BoucHii-LucLEiiCci (Lagides III, p. 177) a raison 
d'interpréter par «médire» le /.r/.w.spE'. du pa]n'rus grec de Magdôla. c est ici cjue le parallèle 
peut se faire entre les textes. Cf. I. 13. Jklouet a déchiffré dernièrement deux vt-=jzv.i de 
Magdôla, en mauvais état, où des membres d'un tbiase se plaignent, semble-t-il, de l'inexécu- 
tion des clauses relatives aux enterrements. Ce sont là des cas d'appel àla juridiction ordinaire. 

25. La construction est peu heureuse et laisserait croire que c'est le mari trompé qui paie l'amende. 
On retrouve cette clause, différemment formulée, dans Caire 31179 et Magdôla. 

Sur oce, cf., outre Beug.scu, Dictionnaire, ]>. 16, Rkvillout, Chrestomatlde dêmotique, 
p. 120 et Spiegblberg, Pap. d'Eléphantine, ]). 24. 

29. Le document se termine par soit «obligatoirement et sans délai», soit par la mention du scribe. 
Dans lïncertitude, la deuxième hypothèse paraît préférable, si l'on tient compte des docu- 
ments similaires. 

Papyrus grec de Magdôla N° 29'''^ 
Comptabilité d'une association. — 2^ période ptolémaïque. 

En partie publié par Jououet, (Jomptes rendus de l'Académie des I nscriptians. l'J02. p. 350 s<p|. Cf. 
Preisigke, Sammelbuch grieckiscJier IJrkunden, N" 5627. 

Trouvé à Medinet en Nahas, aux environs des tombes ptoléma'iques, à quelques centimètres au 
dessous du sol, perdu dans le remblai d'une sépulture de crocodile. 

m. 31 X m. 71. Rouleau de papyrus de fabrication assez grossière. Au verso, à quelque distance 
à gauche des dernières lignes de la 1"= colonne, on lit, de haut en bas : 'Hpw5r,ç. Plus haut, dans le coin 
et horizontalement : 'Ho [ûîr;;] '? 

6 ■/Sù.TiiJ.a-x. Largeur des feuilles en centimètres, comptée au recto :x+4; 11; 11; 11; 13; 20 + x. 
Il y a de grands espaces anépigraphes. Au recto, la col. 1 finit à m. 17 du bord inférieur. La col. 2 
est sur la 5' ]>age. Les pages 3, 4 et 6 sont blanches. 

Au verso, la col. 1 finit à m. 24 du bord inférieur ; la col. 2 à m. 22. Elle empiète sur la 3« page. 
La col. 3 prend, à la 3*^ page, sous les lignes les plus longues de la col. 2. Ses paragraphes sont distants 
de m. 08. La col. 4 occupe toute la 4« page. Intervalle de m. 04 avant la ligne 12. La 5" page est blanche. 



Comptabilité d'une association. 



Deux écritures bieu différenciées. Celle île la 2'' main beaucoup plus grande. Peu de ligatures. 
La cojiie initiale a été établie par Juuuiia en novembre 1920. J'ai proposé la plupart des petites 
restitutions, qui ont été révisées et adoptées d'un commun accord. 

Recto. 
Col. 1. — 1"'= iiiuin. 

ll£T£7:û/.;; Ibi/'vt;; y BU) 

K]a>,r;Ç IlETspiJ.iOTi; h hj 

[McVYijcT!:; Ila^wv:.: Y ÀY 

];■.: h ë<D 

5. Ilavy;ci]; 'A-.pf,z B* 

n]a[ji.îvi;.: r hP 

ll]£T£70UXîÇ lUTîcr:>/,;j I- feP 

'0]p7£viOs:; i;c'jy.:và.ç.'.; r ëP 

'Ap];j.',(oc;î: 'Xzimmz'.z; h BP 
10. ''lipoç] Mcvïijii; h AU 

'•tlpc; •()]pi£v[o]u9!; 

KaXa] ■/■:£['.; X£iT);] 

'Op.£]vD.[.;] 
15. (lacune de ;> lignes environ i 

...].. qj.i[.]; "Aco-r;; 

-i'jy.o]v(ostç '()p[c]£vûi'.; 

i!(). ApwvTWEîç r£v[v](ô9p;; 

Col. 2. — 2" iniiiii. 

ll=T£criÛ/o: Uy.r.iv> y ëU) 

K3:>.ï); Ik-£p|j.cû6i; î- feT 

-5:"/.i;-:!ç Ilav(ôç h feP . . 

N'.GTvwr; Ilav?;5:; i- ëo 
5. [[. . .]] ïs'jy.îVM-;; "t>p:'j |- AU 

Ilav^cc 'ATpi^ç h B't' 

Uixeccnyoz Ux-i:; }■ ëP 

lli-sczîjyo Ui-i'zi'j/z; 

'OpaEvui'.; i:o'jy.ivô,ç.;; 1- ëP 
10. 'Apij.'.oj(ji 'ApiJ.i(ÔTi h ë[[. .]]P 

~iîpoç <ï>£VY;t;t h ëP 

''Opoç 'Opff£vj'.; y AU 

Ko!Aa/u£tç Xîô); 

'OptjsvOi^ Tou-v^ç 
15. 'Upoç 'Atpï;; / AÇ r rX 

B£XXt;;(-) 

'Opcrsvut; 'Hpzy./.i-i; 

Xc'jy.ivw;'.; Ops£vDÇ''.; 

'Opo; 'OpTsvOM; 



72 SOTI AS, l'APYKUS DÉMOTIQUES DE LTLLE. 



20. Mavfi;; Mavp-^ç 

\ ^rz 

5(!)C'. B 
25. ï-T> T [[!]]'.; G|j.(ov ;ii-« à/,A;- 

■:(p)iav 7'jvY) S(!)c; h A l""main 

:-.7.'t Tt; ■/.•j'/r,'(r,zy.'i 1- T llETiŒiJyoj llzvïjOt;; 

Verso. 

Col. 1. — :*■" main. 

Mipuv làv cuvavàflioc'.v 
et cuvÔsactTO'. TravTîi; 
.0. £Z£'.îio3io sl'vD'j [y.JEpajj.'.a 
HpcJSr^ç ij.o'jcr/.à 

10. r/.ai;v 

Col. 2. — 2'' main. 

Upio-'.ç -l^ij.uaiv ■;:r,'|'v'.;v ;vcç 

MoŒ/àî cOi/ccixa c6pov 
Op(J.'.ôJatç TrivTî y.îpy.o 

n£T£COÛ-/OÇ CT£ p. 
5- 'OpCSVUÇtÇ ÏTav TÉ'/.r, 0(i)S(i) YÎî^.J ■/.£ CTE-avo ,a 

Il£T£CO'J/_OÇ vil^.'J y.c CTÉ p. ('^ ) 

KaAa/_ûi; ï;[j.'j y.£pà ité \j. 
Ilav^ct y.îpa oi('') H. c-.i fJ. 
KaAï;? y.opy.o ■<:£-/ 
[l£T£5CÛy_CU v.opy.o -£V 

Col. 3. — 2' main. 

È-r;x£iç la g' 

n£T£co[u-/](;; 'Avvr,; 

n£T£..ox=. =p[[-]] 

lIôTETOU/O'J r X 
5. Ka"/,-?,; Till.'JGO'/ Y.tÇ,i 

àp'àjîlT|Ç 
'Op:; Tat; y.£pà;j.'.ov àpià 



Comptabilité d'une association. 73 

Col. -t. — 2'^ main. 

llapjj.ûOiç . . (0 36(1) •/.£ 
'OpcevGoi; 'Ovv[[o]][v}?(p).ç(f) j-é h. 
'Opcsvûst; ■i5|J^■J •/.£p[à](;.ta 
Jlavvjffi ïjpi aÏTOv 
5. 'Opasvusiç i^t'.u y.îpa 
Uevïjci rj[j.u y.îoâ a 
na':rt'£tç v;pa9-r;pa a-é 
Mavpïjç [/.u aie 
KaKfiÇ 'qij.'j y.£pa|j.'. a [àjpxo'j 
10. NtjTV(;)£(ç [. . .] [J.y. . . . 

•••<;'■'[ ]•/.-• 

èr-^-i; [y.] p 
IhTîaot'j/o; "Av^riç 

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15. n£T£GOÛ/0 F X 

Kfl(A-?iç I- Y 

'•fips; «r£/ï;ît r (f) 

" *Ap|J.iû; KaA2/;j'.; r 5! (8) 

20. rjpv; ^ s 

' / À P 

KaA-^ç /.£ . . 3 r,[jiu a 
'OpuevOitç [i (?) ŒTÉ 

iJpoç za-r;^>>^[ ] a . . . ipta [ 

Particularités graphiques : ('') un des X est au dessus de l'autre. — ('') i et s sont jointifs. — {") L; est écrit à hauteur 
de la ligne 2. — (<i) ces deux mots sont un peu au dessous de la ligne. — (") trait oblique sous oi. — ('') l'o a été effacé et un 
'.) rétabli au dessus. — (f) le sigle a la forme C, mais répond certainement à 200. — ('') IVi est au dessus de l'a. 

C'o mm en taire. 

Il est probable que nous n'avons pas le début du document, où devait être inscrit le titre général, 
accompagné d'une date complète. L'écriture soignée et l'emploi prodigue du papyrus indiquent que nous 
n'avons pas affaire à un simple brouillon. 

D'une maniéi'e générale, le recto est consacré à la comptabilité deniers: cotisations et amendes, tandis 
que le verso (sauf 10 lignes de la 4^ colonne) a conservé la comptabilité matières: fournitures délivrées 
régulièrement ou à l'occasion de faits particuliers. 

Une liste du même genre, plus ou moins détaillée, devait être annexée à notre X° 29. I']spérons que 
nos cartonnages la rendront un jour, avec la tin des lignes i]ui nous manque. D'ores et déjà, les jiapyrus 
du Caire si souvent cités permettent d'établir des comparaisons utiles. 

Tout d'abord, à l'inverse des listes égyptiennes, il n'y a ici, en regard des noms propres, aucune 
indication de fonctions sacerdotales ou autres. Ce fait pourrait donner raison à S.\s Nicoi.o (I, p. 14 et 208) 
qui ne voit pas autre chose dans le tliiase de Magdôla qu'un groupe de gens se réunissant pour banqueter. 
D'autre part, il ne faut pas perdre de vue la place que tiennent les beuveries chez les associations à 

SOTTAS, Piipyrus démotiques Je Lille. • 10 



74 SoTTAS, Papyrus démotiques de Lille. 

teinte iietteiiieiit religieuse, ni les lelatiims ]>i'()l),il)le.s avec le dieu Souclius incli(|uées ]r<u- Jougvki'. La so- 
lution |>eut d(''iiemlre de rinterpn'-tation de y.x/.M'.if-i, selon (jue l'iMénieiit |ii-étre _v inter\ient ou mui. 

In point de ressemblance avec les papyi-us dénioti(iues est que cei-tains noms ne sont j)as accolés 
à la mention dune somme ou d"une contribution en nature. Les quantités globales ])euvent alors être 
inscrites, ou non, en fin de liste. 

Par contre, on ne trouve lias, comme dans ('aire 3U()18 et 31178, des indications de denrées, sans 
attribution à des indixidus nommément désig'nés. 

Ou reniar(juera (|ue plusieurs noms propres, souvent accompagnés de leurs jiatronymiques, se retrou- 
vent dans les différentes listes. Tout en se gardant contre les dangers de Ihomonymie, on peut se per- 
mettre de tirer de là des conclusions et même quelques restitutions. Les concordances entre les listes ipiant 
à l'ordre où sont rangés les noms (par exem]>le dans les 2 colonnes du recto ou la colonne 3 du verso 
et la deuxième moitié de la colonne 4) ne ]ieuvent être dues au basard, non plus que l'égalité des nom- 
bres en face des mêmes noms. Ces deux règles ne sont d'ailleurs que partiellement appli<[uées. Ainsi 'rivï;^;: 
llaYôivsç, presque en tête de la colonne 1 et en queue de la colonne suivante, paie 4400 dracbmes la ]ire- 
mière fois et seulement 650 la seconde. C'est encore lui, selon toute apparence, qui contribue ])our des 
couronnes (Vo. col. 1, 1. 8) et pour un demi kéramion (Yo, col. 4, 1. 7). LTn certain Ka/--^ç IlîTîpi/iuO'.ç verse 
2300 drachmes (Ro. col. 1 et .2), du safran (?) (Vo, col. 2), un demi kéramion et une artabe de céréales 
(Vo, col. .3), un demi kéramion et du ])ain {\o, col. 4). 400 dracbmes et encore un demi kéramion (Vo. 
col. 5). 

Sauf quelipies rares exceptions, les chiffres vont en décroissant dans chaque colonne. 

Il est très malaisé de se rendre compte de ce que représentent au juste les somnies inscrites en re- 
gard des noms. De quel métal est l'unité monétaire envisagée? A quelle durée correspond chaque liste? 
Les deux questions sont liées dans une certaine mesure. Si l'on considère le taux des rares amendes infli- 
gées pour les mêmes manquements que dans les papyrus démotiques (cf. le tableau ci-après), on est tenté 
d"opter pour la drachme d'argent. Dans les documents de la 2* moitié du second siècle, les amendes attei- 
gnent parfois 1000, 1200 et même 3000 ([ite d'argent, soit le double en drachmes. S'il s'agissait ici de cuivre. 
étant donné la dépréciation de la valeur fiduciaire à cette époque, il y aurait disproportion, ou l'on serait 
amené à remonter plus haut dans le temps. 

Voici maintenant un résumé des cotisations mensuelles relevées dans les ])apyrus démoti(|ues. J.,es 
chiffres s'entendent en ijite d'argent. 

Lille 29 probablement 1 

Caire 30606 maximum 

=> 30605 
» 31179 
» 30619 
> 30618 

On voit, en comparant ce tableau au suivant que, sauf pour Caire 30619, les cotisations annueUes 
moyennes et les plus fortes amendes sont sensiblement du même ordre de grandeur. Les chiffres donnés 
au recto du papyrus grec pourraient ainsi représenter le montant des cotisations pour l'année entière, tandis 
qu'aux deux dernières colonnes du verso, il serait fait mention de versements partiels. Mais que de points 
d'interrogation I Pourquoi un des Pétésouchos donnerait-il 1200 drachmes en 12 jours au plus? Pourquoi les 
deux listes semblables, mais non identiques, au recto ? A ces questions, et à bien d'autres encore, je n'ai 
pas de réponse précise à faire. 

En ce qui concerne la date, Jououet fournit les précisions suivantes : la forme du sigle pour le 
talent indique l'époque ptolémaiViue. Les caractères généraux de l'écriture excluent le IIP siècle. 



; 310 


minimum 


: 60 


160 


» 


50 ou 40 


125 


» 


50 


1500 


:> 


720 


1500 


» 


50 (? néophytes) 



Comptabilité d'Une association. ^à 



Recto. 



(Vil. 2. 1. 15. L'addition donne 20300 an lieu dn total ins^crit 33G00. l'our i-otablir l'iiarnionie. on 
adnietti'a d'abord c(ne lo chiffre 1800 .s'ai)i>li(jue anx 4 dei-niei-s noms, .soit, en tout, 31700. On tomlierait 
juste, miniéritjuement, eu imaginant que le scribe a inscrit pour 250U un membre (|ui ])ayait 4400. comme 
à la colonne [irécédente. Mais cela est plus scabreux. 

Le second total, 3300, laisse supposoi' que les 7 derniers membres nommés cmitribuaient chacun pour 
560 dr. 

R'\ col. 2, 1. 23 — 24. Cf. le commentaire du N" 29, 1. 13 et 23. — PifEisiGKic, d'après Bruno Keil, 
pro])ose la leçon /.a/.w; ipst. — On serait tenté, dans av ou ÏTav tic û[jr,wv, de con'iger en 'ôy-ûv, i>onr faire cadrer 
le texte grec avec la tournure «celui d'entre nous» des papyrus démotiques de toute ))rovcnance. Les 
tendances à l'iotacisme de nos scribes ne paraissent pas assez marquées })our nous y autoriser. 11 faut 
donc admettre que ce document n'est pas rédigé au nom de tdus les jtarticipants au groupement, mais 
communii|ué. sur le mode impératif, par une ou plusieurs personnes investies d'une autorité sur l'ensemble. 

R", col. 2, I. 25—26. Cf. le commentaire du N» 29, 1. 25. 

U", Col. 2, I. 27. PiîKisiGivE, d'après Bruno Keil, propose de corriger en /.uoca^av. L'oiiginal ne permet 
aucun doute sur la lecture. Selon notre morale, il y aurait dans le l'ait supi)0S('' }>ar Bruno Keii, une circons- 
tance aggravante. Or l'amende est moins forte que pour à'AXotpiav. Il vaut mieux s'en tenir à la lettre du 
texte, malgré la conjugaison barbare. Berlin 3115 (colonne dénommée Seitf, 3 par Si>iegelbekg ; p. 18 et 
pi 39 de la publication), fournit un rapprochement intéressant avec -/.m-ççcfla') . Tant dans son catalogue 
que dans son article de l'.l. Z., XXXVII. p, 34 sq., Spiegelberg, travaillant après Revillout, a amélioré 
la compréhension du ]>assage en identifiant lîÏKTieTVo; mais il n'en a ]>as donné, à ma connaissance, de 
traduction intégrale. Voici un essai d'interprétation C£ui comporte encore une notal)le part d'hypothèse : 

hii e rh nu p t' >(iii a çjp giif/l' ms u [r/c] mte-f gp irt-f mte-f 'itf-ir au inte-f Iq-ic a-hr-ir. 

« Personne au mmide n'aura le droit de capturer des chauve-souris, si ce n'est les '> 

/iiuliis qu'il ne se contente de les capturer, (ju'il les apporte aux et qu'il les ach&ve eu 

leur prikeiice. » Le mot deux fois laissé en blanc a été rendu, avec doute, par SuijiGELBERG : S, •.< die ge- 
wohnlichen Priester». J'y souscris difficilement. L'expression est plutôt rm 'i', et on ne peut guère dire 
i(ue personne n'ait le droit de faire quelque chose, si ce n'est tout le monde, (ju à peu près. Tout au 
moins s'ex]irimei'ait-on autrement. 

Pourquoi l'interdiction, générale dans le texte de Magd(Ma, se limite-t-elle à une es])èce dans celui 
de Berlin? Attribuait-on un caractère sacré au volatile malodorant '? Ou au contraire redoutait-on son eon- 
tnct impur'? On ne peut guère évaluer sa fréquence, dans les tem])les en pleine acti\ité, d'api'ès les souvenirs 
que laissent une ^•isite au tombeau de Pétamounophis ou aux cryjites de Denderali. Pour le contrôle d'Etat 
sur la chasse, cf. Rostovtzeff, J. E. A.. VI, p. 177. 



Verso. 

Col. 1, 1. 7. Pour CT£ p., doit-on Wre : zxt{^yMwi) |jiu(pioé;)? Jouguet, \n le nonil)re exagéré, pense aussi 
à cTiiavou; [rjppiviu; ou |j,up'.xivju:, ou encore à jj.ùpov, 

V° col. 1, 1, 9. Preisigke, d'après Bruno Keil, corrige ■rtâvtsi; en xa^aç, hypothèse ruinée ]>ar la lecture 
nouvelle àAiiiiavsiai. — Lire Xû/vov'? (Jouguet). La fourniture de lampes ne joue pas le rôle ijue l'on croyait 
dans Berlin 3115, car le mot interprété hhs est en réalité ^5, « vase, coupe » (Rylands, ■^. A\2] Petuhastis- 
(jlossar, N° 483), Par contre, au papyrus d'Oxyrhynchos N° 1453 (tome XII), quatre '/my;/oi--!z'. d'un temple 
s'engagent par serment et ài.'/CKr^'K£-p;{)r, à remplir ])onetueIlement leur office. 

10* 



SoTTAS, Papyrus dkmotiques dk Lille. 



V" col. 2. 1. 5. Atôffw est probablement une 3" pers. siug., bien ({u'on lise plus correctemeut swj: au 
recto, col. 2, 1. 24 et 26. De nitunc. dans Berlin 3110 (pi. 40—41), l'ailliérent à qui il iiait un enfant (mâle) 
\erse une somme d'argent à la caisse coninuino. 

V", col. 4, 1. 13. Ou restituera le (luantirme 22, plutôt <juu 12, |)our laisser (|uel(|ue intervalle entre 
les deux versements. Je dois dire cjue Juihuet estime lespace un peu exigu pour /.. 

Le tableau <jui suit permettra de comparer les clauses qui se répètent, identi(jues ou suffisamment 
ressemblantes, dans les différents documents. En examinant les sommes et les dates on j)()urra se rendre 
compte de la dépréciation de la monnaie d'argent. Il ne faut naturellement pas donner, sur ce point, une 
valeur absolue aux cbiffres. D'autres facteurs que les variations monétaires entrent en jeu, notamment la 
jirosjiérité des associations. Néanmoins, une progression aussi régulièrement orientée ne saurait être 
l'effet du liasard. 





Délits 


Lille 
N» 29 
(223) 


Caire 
31178 

(180/79) 


Caire 
30G0r. 

(158/7) 


Caire 
30G05 

(157/6) 


Caire 
31179 

(148/7) 


Caire 
30G19 

(138/7) 


llerlin 
3115 

(107?) 


MagdÔla 
grec 

(ptolém.) 




.1 i t 


e d ' a r 


g e n t 






drachmes 




défaut de versement de la coti- 
sation 


6 




250 


250 


250 


1500 








ne pas se rendre à une convocation 


V. 




250 






1500(?) 


100 




accuser faussement de la lèpre. 


8 




1000 


1000 


1000 








communiquer une maladie à la 
femme d'un confrère .... 


8 
















manquer à la procession ou à l'en- 
terrement de l'animal sacré . 


1 




[300] 


300 


200-1- 10 X 








insulter le supérieur de l'animal 
sacré 


8 


















frapper le supérieur de l'animal 


8 


















être insulté ou frappé par le 
supérieur (amende infligée à 
ce dernier) 


10 


















insulter le grand prêtre .... 


6 






500 
750 


500 
750 




50 
100 






frapper le grand prêtre .... 
réciproque 


? 






650 
850 


1200 
1500 












insulter le coadjuteur 

réciproque 


6 




350 


400 
600 


600 
800 














frapper le coadjuteur 

réciproque 


? 




lOOx-l-50 


600 
750 




800 
900 












insulter un prêtre ordinaire . . 






400 
600 


600 
900 


900 
1000 -hlOx 






2000(?) 







Comptabilité d'une association. 



77 



Délits 



Lille 

(223) 



Caire 
31178 

(180/7'.t) 



Caire 
30G0r. 

(158/7) 



Caire 
30605 

(157/0) 



Caire 
31179 

(148/7) 



Caire 
30619 
(138/7) 



Berlin 
3115 
(107?) 



qite d'argent 



grec 
(ptolém.) 



drachmes 



frapper un prêtre ordinaire 
réciproque 



800(?) 

900(y) 



800 
1000 



1000 
1200 



insulter un membre de l'asso- 
ciation 



250 



500 



frapper un membre deTassociation 



600. 



500 



1000 



ne pas assister un confrère en 
justice • • • 



3000 



ne pas assister à l'enterrement 
d'un confrère dans la localité 



50 



50 



50 



ne ])ns consentir à faire partie 
d'une délégation pour l'en- 
terrement d'un confrère liors 
de la localité 



ne pas réconforter un confrère 
en deuil 



100 



[100] 200 



50(?) 



ne pas secourir un confrère dans 
le besoin 



250 



faire obstacle à l'administrateur 
dans l'exercicede ses fonctions 



250 



250 



250 

500 



550 

3000 



refuser les fonctions d'adminis- 
trateur 



100 



se plaindre d'un confrère devant 
une autorité après jugement 
rendu par l'association . . . 

se plaindre devant une autorité 
avant de l'avoir fait devant 
les membres de l'association 



250 



350 



300 



1000 1 1000 



2000(?) 



250 500 500 



se plaindre, en appeler et être 
deux fois débouté 



adultère avec la femme d'un con- 
frère 



1000 



1000 



ne i>as se conformer au règlement 



50 



3 

talents (de 
cuivre) 



avoir un enfant (mâle). 



300 



chasser 



300 



Quelques uns des chiffres données par Si-iegelberg ont été modifiés d'après les planches du Caire. 
On lit encore, au papyrus de Berlin, l'énoncé, généralement peu clair, de pénalités s'appliquant à d'autres cas. 



78 SOTTAS, PAPYKUS DKMOIIQUF.S DE TjILLK. 

N°30. 
Mémoire d'entrepreneurs et acquit. — IIP siècle av. J.-C. 

Ghôran 9. - Momie à couronne, paquet D. — Inv. 235. — m. 111 X m. 160. PI. XVII. 

La j>liotogra|>liie a du otre iDitcment retoii('ln''o, lo l'oiid ('•tant de cuuleur tabac foncé, et l'encre 
délavée par cndri>it.s. 

l>e manuscrit est paliin|>seste au veiso. Au recto, il seniljie (ju'après un lavage dont les traces restent 
l)ien visibles, l'eau teintée d'encre ait séché sans être essuyée. On distingue encore quelques traces d'écriture. 
.\u verso, le lavage inc()ni|)let, l'essuyage dans le sens horizontal ont laissé des traînées qui se confondent 
souvent avec l'écriture pâlie du texte actuel. 

'J'ruuscriptioii. 

1. mlj-k In (hj-k mti/ ht-ii hl L'O qt '.:) 'j:s 'j,o 'joo « h limt 

2. a hd irfli ('J) ziif (?) 1!> hl qt -V 'jg i) qt (?) 2li a t sttr pe-ir vn dh;j mli-4 

3. -aXHI pe-ir hk ppy hd [. .] qt !l sirii pe-ir ts (?) p /.'/-"' ''' P mhm (?) 

4. hd 1 pe-ic hme 'o hd 2 qt 2 'jo t iiifn h \jd-ir hn' 

5. pe-ic in/ hd 4 qt -S' ^/s '/;g sini p .s a-'r-v tw^ij 'nii pe-f hk 

6. pe-f 'w'i/ Il hm-s ^qd ht 4 qt ^jo sir a (?) p hk ii 

7. H isd-ic ii-dt I) hm-ir-i hd qt 2 'I4 p hc 11 p hm-s h -f 

8. /((/ 'Is '/;o p he a-^r-ir irhe j) p hn-htt. 

Traduction. 

1. Tu nous a payé — et nous sommes ])leinenient satisfaits — 20 deben d'argent, 9 qite ^/^ ^/jj '/se 

à l'équivalence de cuivre, 

2. sur 19 deben d'argent cm titre normal et 3 qite d'argent Ys- " l'aison de 26 oboles pour le 

statère. Voici le détail : briques N° 4 : 

3. 3000, leur façonnage au moule [x] deben d'argent. 9 qite ; — prix de leur piressaç/e et de leur 

portage sur l'aire de dessèchement, 

4. 1 deben d'argent : — leur transport à dos d'âne, 2 deben d'argent, 2 qite '/s ; — le salaire des maçons et 

5. de leur équipe, 4 deben d'argent. 8 (jite "/j ^/jj ; — prix du bois employé en étais, et son façonnage, 
G. son équipe de charpentiers, 4 deben d'argent, ^^ (jite : — prix du façonnage 

7. des fenêtres par les menuisiers, 2 (jite d'argent ^4 j — ira.is du menuisier lui-même, 

8. '/j '/j2 de deben d'argent ; — les frais engagés pour le de l'ouvrier hoiseur. 

Cîoninientaire. 

Nous devons avoir affaire à uu simple brouillon. Un reçu authentique minuté sur un papier déjà 
maculé prêterait aux fraudes. En outre le texte débute ex abrupto, sans date ni mention des parties, et 
par une formule d'acquit incomplète, laissant inexprimé l'objet général de la transaction. Enfin, à supposer 
que le mémoire possède tous ses paragraphes, il manque toujours au dernier l'indication de la somme. 
Le texte semble finir brusquement. 

1. — 2. Pour l'équivalence de la monnaie de cuivre à celle d'argent, voir ce qui a été dit au com- 
mentaire du N" 21, 1. 6. IjCS difficultés de lecture au début de la ligne 2 seront atténuées 



MÉMOIRE DKNT1!I':PKF.X1:UKS et ACCiUIT. 



si l'on tient c-dnnito des remarques; de (iiai'irrii (li'i/ldiKls. p. 344) et de Si'ieuelbekg {Erh- 
sfreit, p. 55), soit otwto rej)i-ésoiité par un sigle un ]>eu aberrant et zvf réduit au seul 
déterminatif. L'ensemble donnerait, selon Si-iEGEUiEiiG, « fondu normalement. » En tout cas, 
il est fait mention d'une seconde somme en argent. Si la solution que je projxise est 
correcte, cette seconde somme est légèrement inférieure n la |)remière. Une fois faite la 
réduction en fractions décimales, les sommes s'exprimei'aient. en (pte, respectivement )iar les 
nombres 209,85 et 193,33. Le rap])ort du second au premier est 0,921. 

On sait (pie dans la première période ptoléma'i'que c'est le cbiiïre 24 (jui, régulièrement, 
représente le rapport des valeurs fiduciaires des deux métaux. (Cf., entre autres travaux, 
Revillout, lier. Jù/., 111, p. 79 sq(i ; I^ik/kIi-s. III, j). 278 si|(j ; Grutidzihje, p. LXIII sc] : 
Ei/lands, ]). 137 sqq). ^[ais. 24 : 26 = 0,923. On ])eut donc tenter d'ex]>li(iuer l'ensemble à 
peu j)rès ainsi : la ]iremière somme serait en argent monnayé servant de base aux tran- 
sactions, et la deuxième s'entendrait d'argent, sinon ]iur, du mojns d'un titre supérieur. Cette 
variante est tout à fait dans la note des contrats démotiques où, par précaution, on répète 
la nH*'me somme plutôt trois fois qu'une et on cbangoant la formule autant que possible, 
yuant aux 26 oboles pour le statère, on jieut. soit les rapporter à la première somme et 
voir dans les deux oboles en sus du cbange normal un cas de /a"/.-/.';; lû à'/J.a^;ri (l'agio est 
plus souvent de 2^/^) ; soit, tenant compte de l'égalité des rapports sus-meutionnés, 0,921 et 
0,923. et en raison de l'ordre adopté dans la rédaction, admettre que 26 oboles pour le 
poids d'un statère d'argent au titre sujiérieui- font jirécis(''ment 24 oboles pour le statère 
d'argent au titre inférieur. Je laisse à des numismates moins amateurs le soin de résoudre 
l'alternative. 

Pour * TCO&e (m) .w.eoqTOOT, «briques quatrièmes, briques 'N" 4», on compai-era, aux 
N"' 12 à 20, le nombre ordinal exprimant des catégories d'agneaux. 

Dans son Archéologie égypticinie (p- 8), Masi'eko a indiqué comme normaux deux 
modules :0 m. 38 X m. 18X0 m. 14 et m. 22 X m. 11X0 m. 14 ; il en signale de 
plus forts et de plus faibles. D'après Ei;m.vn [Aciijpten, p. 55G). les jietits modules appartien- 
draient aux bas temps. Aux K^thnn ijapyrl (pi. 23, 1. 38 sq) on lit <^^ w^ I < I, 
«briques de 5 palmes», et, au dessous, «briijues de Ci palmes». On indiquait le module 
par la ]dus grande dimension, soit ici einiron m. 3S et m. 45, chiffres qui correspon- 
dent visiblement aux longueurs des matériaux utilisés dans la construction de plusieurs 
]n-ramides de la XIP dj'nastie. Si nous su]>posons que l'expression «briijues quatrièmes» 
soit l'équivalent de «briques de 4 (palmes)», nous aurons, comme grande dimension, m. 
30 environ, soit approximativement la longueur des briques des maisons de Kalioun. Mais 
ce ne peut-être là qu'une hypothèse, surtout vu la différence des temps. Si l'on en voulait 
tenir comjite on n'aurait ([u'à faire la moyenne des nombres indiqués dans le paragraphe suivant. 
3. Si nous ]u'enons comme épaisseur des murs la grande dimension, nous pouvons calculer la surface 
du parement, sur m. 14X0 m. 11 d'une paît et m. 18X0 m. 14 de l'autre, soit 
mq. 0154 ou mq. 0252 pour une brique. En mettant le mur à 3 mètres de hauteur il reste 
à multiplier par 1000 pour avoir la longueur, soit 15 m. 40 et 25 m. 20. Tenant com])te des 
vides, porte et fenêtres, on arrondira à 17 mètres et 27 mètres environ, soit, sur plan carré, 4 m. 
25 ou 6 m. 75 de côté. On })eut ainsi se faire une idée approximative des dimensions de 
la bâtisse. Malheureusement nous n'en connaissons pas la disposition. Sur la maison ])toléma'ique 
au Fayoum, cf. Jouguet. B. C. H., 1901, p. 380 sqq, et Luckhardt, Das Privathaus im ptol. 
II. rijm. Af/i/pteii. 



80 SOTTAS, l'AiniU'S PEMOTUniKS 1)K LiLLK. 



Sui' '^v\'\>f-. on m'o-égyptioii, cf. Spikgelbebg, i^ecjtetV, XXVI, p. 47 : et, en démotique, 
1,'f/hniih. ].. 34y. 

I„i soniiiio représentant la confection des briques est mallieureusement en partie effacée. 
Le cliiffi'o !• se rapimrte certainement aux qitc, dont le trait caractéristique est visible. 
D'ailleurs. a]>i>li(|ui'' aux ilobon, il iloniici'ait un total supérieur à 20. Le plus grand nombre 
(|u'on puisse restituer est 7, mais alors l'addition n'est pas exacte en ce qui concerne les 
qite et c'est là une preux'e de plus de ce que le document n'a pas été achevé. 

On voit aux l\iji. Pétrie, III. ]>. 139 sipj que la ccmfection des briques pou\'ait coûter, 
vers cette époque, 8 drachmes le mille. 

Nic)/ sans article se retrouve notamment sur la tablette du Caire N° 30641. 

La lecture ts paraît ]n'éférahle à hn et le rapprochement assez tentant avec le sens 
conservé dans (Tcoc, ■Â-ri^vu;/:, -jij.-rAsw. li'opération décrite par Maspeeo a été aussi vue en 
Perse par le Chevalier Chakdin {Voyage, II, p. 76V 

Dans p fy-ii' nous aurions un exemple d'infinitif de la forme /^?^ ^^^%s. S -, * le 
fait de les entendre ^ (Harrts. 6, 10= Verbum, II, § 560 b). 

Jlhiii, « chauffoir, séchoir !■ serait une formation nominale à préfixe m de hmm. Dans la 
grande donation ptoléma'i'que d'Edfou (Thésaurus, p. 540, 1. 1) il est question des hriqueteries : 

4. Cf. * pe.ue vmeiooire, * tc&i 2^ sur la tablette du Caire précitée. La fabrication et le transport des 

briques sont décomptés à part et ne devaient pas être confiés au même entrepreneur, si 
Ton en juge par la distinction postérieure entre ■:iX'.v6eupYC! et -Àivôcçopoi. (San Nicolo, Veveins- 
ireseii, I, j). 89 sq). Il est amusant, et même intéressant, vu la date, de rappeler comment 
. Néphélococc^'gie a pu se bâtir sans le concours d'un seul Alyj-zicç z/.ivOoiipiç [Aves, 1133 sq). 
— Notre expression se retrouve exactement dans vaûXa Hvwv (M'ilckkx, Chi-estomafhie, X" 96. 
YII, 13). 

Pour mtii, «rémunérer», cf. Gaedinee, Recueil, XXXIV, }>. 194. 

Le double trait devant qd indique peut-être la prononciation ei\oiT. 

5. ' Wy. variante '"■'^, suivi du déterminatif m parait être le collectif i^(l[|ci itf, avec changement 

de genre, fait qui n'est pas sans exemple. Pour l'orthographe, cf. EB.\rA^ A. Z., XL VII, p. 102, 
et pour le sens J. Bailleï, Recueil, XXVII, p. 204 scjq (avec réserves). Il n'est pas question 
d'ouvriers spécialistes, mais de manoeuvres mis à la disposition de chaque corps de métier 
])our les travaux de force. 

Le rapprochement avec '^■#]^^m oblige à forcer un j>eu le sctis nu à j>rendre des 
libertés avec la syntaxe. Il s'agit probablement des pièces d'angle et de faite. Cf. la descri])tion 
d'EiniAX, loc. cit. 

6. L'alliance de mots * Ois..vv.iye eiicoT peut désigner le charpentier par opposition au menuisier. A 

moins qu'il n'y ait liaison asyndétique. 

Sioi paraît écrit par le seul déterminatif. 
8. Il y a trop de traits parasites pour que le groupe après u-be se lise avec sécurité. P+ un mut 
déterminé paraît plus vraisemblable que * OTTÛe nd^i iiTc(n)-. Pour Ijm htt, que je 

rends tant bien que mal par « ouvrier boiseur », je pense au vieux mot fi^ ^/•.— -Si «soutien», 

(Pyram. 2171) conservé dans X cr~3, «galerie de mine» (Urkunden, IV, 25). Il s'agit 

peut-être d'un couvreur ou d'un ouvrier spécialisé dans la confections des voûtes. On sait 
que, sous la XII" dynastie, la voûte était employée à Kahoun dans les maisons particulières 



Liste de prêtresses. 81 



(G. Maspero, Bibliothèque Egyptolocjique, VIII, p. 389 sq). Joiguet, qui a [lu voir le mémoire 
de LucKHAnDT, me confirme que les papyrus grecs distinguent la construction voûtée (/.s/.a- 
Ij.3;pa)[j,£vr;) de celle à toit plat {Q-.v.;3.z\).bir^). Cf. UTrnH en face de oco&c. — Le même mot 
composé figure dans le papyrus N" 2440 du Louvre (Rex'illout, (lu-vstoniathic di'motique. 
p. 223 = lier. Ég., I, p. 4 et pi. 1). Cf. p. 89. 

Le total des différents paragraphes donne 13 + x del)eu, 7 ([ite ' g. 

N° 31. 
Liste de prêtresses. — IIP siècle av. J.-C. 

Ghôran 9, Momie à couronne, paquet D. — Inv. 232. — m. 265 ,< m. 225. — PI. XVII. 

Au dessous de la dernière ligue, une partie aiiéjiigrapho, coupée au tiers environ dans la plioto- 
grapiiie, et de m. 121 de hauteur. Eu raison de la teinte hrique foncée du fond, il a fallu retoucher. 

Transcription. 

1. A' icrtr Ta-sy t irr ]isf hd qf l> 

2. Ta-p-hr t irr Hrm-'ht (?1 -^'/j 

3. Hr-'uli ir-t Xljt-nh-f t iniK-'r;/ "julirÇê) 4 

4. T-Jdm t hu-iitr ii vfr-ir .3^^ 

5. lînp-t-nfi-t ta Hns (?) t hr-hh S'ji 

6. T-sr-t-n-Bst t mh sn 2'/o 

7. S .... se t 'se \S t irr' t bk 2'/^ 

8. Ta- t 'iij t hr-t f(?) sx-t 'S 2'J4 

9. T-ady- Wsr ta Wh-'b-p-R' t irr 'Mii 2 

10. T-adij-]Vsr ta 'H-'iih t irr Dhirt 2 

11. T-'kS.t t hm-ittr Hr 's^lis 

Traduction. 

L Les sujiérieures. Tasaïs, supérieure de Bastis, qite d'argent 6 

2. Tapchoiris, supérieure à'Harmaclds, -^ > 4^2 

3. Harynchis, fille de Necténibis, préposée à la roh'ere, » » 4 

4. T-klom, prophétesse des dieux, » » 3^/^ 

5. Renpnabré, fille de Choiisis, taricheute, » » 3^/^ 

6. Sénobastis, coadjutrice, •' » 2'/j 

7. (S . . . se, lectrice d'Isis, supérieure du faucon femelle, » » 2^2 

8. Ta- , lectrice, directrice, fille d'Isis, » » 2^/4 

9. Tatosiris, fille d'Aphrés, supérieure d'Amon, » » 2 

10. Tatosiris, fille d'Aynchis, supérieure de Tliot, » » 2 

11. Takysis, prophétesse d'Horus, » » ^j^ 

Commentaire. 

Selon toute probabilité, nous devons avoir affaire à un thiase. La dénomination générale « les 
supérieures» rappelle, dans notre N° 29, 1. 13, «le reste des supérieurs de la corporation ». Les différents 
dieux nommés répondent de même à la mention (1. 6) de « tous les dieux égyptiens compris daus l'asso- 

SOTTAS, Papyrus démotiques de Lille. n 



82 SoTTAs, Papyrus démotiques de Lille. 



ci.ation». Dans une à'vTîu;t; de Magdôla iiuWlito. (r.ailiclirs très mutilée, et dout Jouguet m'a donm'' la 
primour, on lit zj'Akxz'.-.ilM'i. Les soiiiiues iiulii)iu''Os en regard des noms doivent rtre les cotisations nion- 
suelies, comme dans les listes analogues. Les chiffres décroissent régulièrement, de même que dans les 
papyrus du Caire. Il est probable (|ue le document se continuait vers la gauche par des listes de membres 
du thiase appartenant à d'autres catégories. 

Cette pièce complète, ])our répo(iue grectjue, notre connaissance des prétresses affectées à des cultes 
de dieux mâles. Otto [Pricsfer iDul Temjiel, I, p. 92 sq et 103) cite lÉpsia, ■Kpoafiiiç, yzx/j-iç. Nous avons 
ici *7:pOio7r,; en face du ^ipOiÔTr;; des ostraca d'Ombos. De même * -opvn'^fiV.iç, sur le modèle du -îp£ij.,'iï;y.'.ç 
d"Ombos. dont la forme démotique est fournie par notre N° 29. La prophétesse des dieux est un titre 
connu au masculin par les papyrus du Caire. Pour ffix J Ks^ = -api/suTÔç, cf. Rylands, p. 122, n. 3. Le 
titre (jue je transcris '.^?/ est à comparer à celui qui se lit dans Caire 30605 et 31179 (p. 24 et 295). La 
coadjutrice complète encore l'analogie. 

2. Au lieu de Harmachis, on a peut-être Harmaïs, nom divin attesté au Fayoum (Caire 31169, IX, 5). 

3. Cf. q [j,£A£Îwvî; tûv 6ï;p(a)v (Hérodote II, 65). Pour la forme du mot composé, cf. mnë-^ryt, 

« nourrice » {Petnbastisglossar, N" 148). 
7. Il y a plusieurs signes effacés volontairement avant t irr t hk. Les traces permettent de recon- 
naître que la somme avait été inscrite par erreur avant le titre. 
II. IJien que le signe pour qite manque, je répugne à voir là une fraction de deben, d'abord parce 
ijue la progression descendante serait dérangée, puis parce que la somme, vraisemblablement, 
aurait été exprimée par 7 qite '/„. 

N° 32. 

Statistique relative à des mouvements de population dans la province 
du Fayoum. — 264/3 av. J.-C. (ou 226/5). 

Ghôran. Trouvé avec le plastron 13. — Inv. 230. — m. 37 X m. 11. — PI. XVIII. 

Trauscription. 

1. ;; r»i II- a-hb-w u-'m-ic n fisp 22 a 'n-ic a rs nn s 40(1 

2. (I 'ii-ir n rg ii-'m-ir n 'bd 3 êm rm s 3Sô 

3. sp ir, '-) 

4. n ym ir e-^r .sm n-ir ■ ■ ■ ^ 

5. « h)i 'bd 2 pft rq )'m a 822 

6. 'bd H prt 80 

7. ;•)» s 8^2 / 

8. a-')»-if a rs ii-'m-ir n 'bd 8 prt rm s 209 

9. sp rm s [83] rui s !>S ~) 

10. e-'r Sm n-ir a hu 'bd tp 's\_m'\ ''rq 180 

11. 'bd 2 im 10 ir, 

12. Urj 248 

13. [e]-'»' » rm li p tS p ym a hn 'bd 2 sm 11 rm s 7o7 
\4. ...[... .^ ... p nt e, hpr p . . . . 'n l'-'r-ir qd hr p s' 

15. tri ic pr ni. bir-'r-ir gin 'irij nd ...[....].... 

16. n rytir n 'iry n Hr-iihhbÇ?) p rd a-icn[?) . . . 80 e-'r u rtii ir 



Statistique relative a des mouvements de population dans la province du Fayoum. 83 

n . 2' '»' i»>-n' it-w '// <1<^I )'</t w-s ■'il) 

18. h II ryt 385 t-tc n-y (?) « .Vô.ô 

19. '/'•_!/ /jt j) a-'n-ic a p dmy hii 'iry 20 

20. S'p h") h-pe p ms iriÇ^').ir pr(?) hpr ';)/ 'wy 

21. // nd 'n. 

Triiduction. 

1. Individus envoyés ici pendant l'année 22, ]>our être emmenés dans le sud nombre : 400 

2. emmenés d'ici dans le sud en Ki)iplii, nombre : 385 

3. reste : 15 (reste) 

4. individus <jui s'en sont allés (détail) 

5. jusqu'au 30 Mécliir noml)re : 322 

6. en Phaménoth 30 

7. uomijre : 352 (total) 

8. emmenés d'ici dans le sud en riiaménoth, nombre : 269 

9. reste : nombre : [83] nombre : 98 (reste) 

10. S'en sont allés jus(ju'au 30 Pa[clions] 130 

11. le 10 Pajni 15 

12. 145 243 

13. Individus ayant (juitté le nome du Fayoum jusqu'au 11 Payni nombre : 707. 

14 [ ] celid oii est encore arrive Je ... . lorsfju'on a /"'// sur le sable. 

15. Individus sans abri qui n'ont pas trouvé de tente en toile . . [. . (nombre) ] . . . . 

16. Baraques, tentes àKarmais l'administrateur, qui étaient .... 30. Individus 

17. du nome partis (et qui etaioit) pourvus d'une Iiahitation^ d'une baraijue, e.rcepte 30, 

18. sur 385 baraques; retranche les moi, soit 355. 

19. C'est 5 tentes qui ont été envoyées à la ville, sur 20 tentes; 

20. reste 15. La foule des individus sans (djri[?) n'a de nouveau pas été pourvue de tentes 

21. en toile. 

Couimentiiire. 

La situation générale n'est pas aisée à reconstituer. De quel « Sud » est-il question'? Est-ce la partie 
méridionale du Fayoum ou la haute vallée'? Quoi(iu'il en soit, si la date proposée est exacte, ce texte 
paraît lié au développement de la colonisation dans la nouvelle province. Les individus dont on note les 
déplacements sont peut-être en partie des travailleurs libres, en partie des prisonniers des guerres récentes 
ou de droit commun. (Cf. Lagides, IV, p. 121.) Les uns seraient licenciés, les autres transférés plus au 
.sud en vue d'autres travaux. Le document n'est pas assez explicite pour autoriser mieux que des 
conjectures. 

Les nombres cités donnent lieu aux opérations suivantes : 

a) 400 — 385 = 15 /) 98 + 145 = 243 

^/)322+ 30=352 </) 385 + 322 = 707 

c) 352 — 269 = [83] /*) 385 — 30 = 355 

d) 15+ [83]= 98 t) 20— 5 = 15 

e) 130+ 15 = 145. 

Certaines relations des nombres entre eux sont indiquées expressément ; d'autres, seulement admissibles 
et il faut avouer qu'elles ne s'agencent pas toujours avec une logique inatta(iuai)le. Si l'égalité <j est bien 

SOTTAS, Papyrus démotiqnes de Lille. 12 



84 SoTTAS, Papyrus démo-piques de Lilf.e. 



posée, ollc ]irouvc ijue los iiulixithi.s emoyrs clans le sud i|uill('iit elïcctivcinent le Favoum. Jlème con- 
clusion, si les 385 de <j et // sont iilentii|ucs. En outre il n'y aurait ]>as de distinction essentielle entre les 
gens ijui «.s'en vont» et ceux (|uc sont acheminés vers le sud. 

3. Le sigle i ^ répond à "/,:;-;-/, Four les autres, cf. N" (>, 1. 8 et N"" 12 à 20, g 12. 

14. ."^ans la forme du déterniin;itif, on serait tenté d'interpréter avot et de rappeler les ~.=J)-n,-/.iiiz du 

pap. l'aris t)>< ^— M'ii.cki'.n, < 'lirestomatkie, N° 385. 

15. 1,0 sens donné à \i\i/ est pure conjecture. 11 faut cependant ijue ce soit ([uelque chose do 

transportable. Nd se laisse rapi>rocher de 11&.T, de fa^on satisfaisante, à condition de conférer 
à ce mot les ]>rincipaux sens de ta-c;. Cf., jiour le premier mot, O^^^j ^^■^^^' •*"''^' 
déterminé par Lj, (pii désigne, à l'époque gréco-romaine, une sorte de coffre ; |>our le second, 
, ^ T^ V IT ' * tisser, étoffe» (Beugsch, Dict., p. 85 et 829; Suppl., p. 34). 

16. Sur pi, cf. J'i/laiiih, p. 255, n. 1. Au pap. 44. B. 1. 5, il est question d'une cabane (pi) construite 

à l'intérieur d'une cour (ivno). 
13. L'appellation «nome du Favoum» est des plus intéressantes en elle-même; de jilus elle permet 
de compléter la datation. On sait en effet {Lagides, I, p. 242 S(i) (pie le nom de « nome Arsino'ite » 
n'a pas été adopté dès rajiothéose d'Arsinoé. Encore en l'an 27 de Ptolémée II, le Papyrus 
des Revenus porte A(|j.vt;, traduction du nom indigène /7^ ^\ "^^ """^ ■ Comme 
nous avons affaire ici à une pièce officielle, émanant d'un bureau centralisateur, que, d'autre 
part, notre X" 4, de l'an 38 et ceux des jM-emières années d'Evergète usent déjà de l'ex- 
pression « nome Arsinoïte», on admettra volontiers que la date est biea l'an 22 de Philadeljihe. 
La dénomination «nome du Fayoum » n'est certes pas fréquente dans les documents indigènes 
des temps gréco-romains. Elle reparaîtra plus tard et se maintiendra jusqu'à nos jours. A 
un moment donné, ^lOM désignera, tantôt le lac, tantôt la province, tantôt la capitale. (Cf. 
J. Jl.\srERo et G. Wikt, Matériau.v pour fierinr à la Géographie de l'EgyjHe, 1" série, p. 40 sq 
et 142 sq). A l'époque pharaonique, ym était déjà un mot-protée, ou plutôt de sens général 
(vaste étendue d'eau\ employé par des gens (jui ne distinguaient pas la mer du lac ou du 
fleuve. Cf. Pap. (.'aire, p. 276 a^. On remarquera que le nom de femme Tasiôiii.;; très réi>andu 
au Fayoum, et se rapportant au lac vraisemblablement, n'en est pas moins traduit I\oiciJ.ixr/y.. 
Sur l'aspect maritime du lac et de ses rives, cf. Stiîabon. XVII, 35. En dépit de l'affirmation 
de 'WiEDEJiANN (Histoire, p. 258), je n'ai pas trouvé, sur le ])lan fourni par le Pap. hiérati(jue 
N° 1 de Boulaq, de preuve que ym, à l'époque considérée, désignât spécialement le lac Mœris. 
Le mot se lit au X' 2 (pi. 2), mais avec valeur de nom commun. Les jiajivrus de la XTP 
dynastie appellent le Fayoum Q^£^ ou r^^^/i (Kahun pap., p. 53\ 

N° 33. 
Comptabilité d'un Bourg-de-Souchos. — 261 ou 223 av. J.-C. 

Ghôran 63. Iiiv. 244. — m. 29 )< m. 125. — Opisthographe. — PI. XVIII. 

Parmi les nombreuses pièces comptables que renferme la collection de Lille, le N° 33 a été choisi 
comme ayant trait à la gestion de « biens communaux » et pour faire pendant au X'° 32 qui paraît se 
rajtporter à l'administration de la province toute entière. Le verso est aussi couvert de comptes du même 
genre. Voici un aperçu du contenu. On y reviendra quand il y aura lieu de publier le reste des documents 
similaires. 

Les lignes sont comptées à partir de la date, au premier quart de la hauteur. 



Comptabilité d'un Bourg -de- Souchos. 85 



1. «24 qui est l'an 25». 

2. « l'au 25, le 18 l'iuimenotli. le <jrb[t. 

Il n'y .1 pas de traces de hs2> à la ligne 1. C'est donc que le scribe avait d'abord écrit 
à la ligne 2 : «an 25» et que, s"apercevant de son oubli, il a ajouté au dessus, pour éditer 
toute ambiguïté : «24 = 25». — En ce qui concerne 'jrh, conmu'. au verso, il est <|uestion 
d'Amon, on i)eut songer à Amon de Grli, honoré aussi au Fayoum. Cf. l'fip. Cnlrc, p. 27(), n. 3. 

3. « Le })ére divin, scril)e, Imoufhrs (?) fils de Semthcus, de la demeure [....» 

4. «Le petit bétail du Bourg-de-Souchos, 2700+ x + 74- La fraction montre que dans l'ensemble, les 

nombres représentent des espèces monnayées, ou ce ((ui en tient lieu. Déjà dans les papyrus 
de Kalioun on trouve des nombres fractionnaires dans les comj>tes de bétail. « Theoretical 
amounts», dit Giuffitu (p. 46). — Au revers, on lit : «Le jtetit bétail du bourg, 2332». 

5. «Pigeonnier, ^|^. J-J)i plus de cela, 67 '/.i- » ^ur 'î'pooMne, cf. Spiegelberg, Dem. Texte anf Krihjen, 

N" 230. Sur A\.es.oc»Td>.'\, autie mot pour «pigeonnier», cf. SpiiiOELBEKO, A. Z.. L, p. 33, n. 3. 

6. « Chapelle. 30 V,. » Sur Jiuoe. cf. Ih.. p. 33, n. 2. 

7. Hyt, «vestibule» (o^.elT), ou «fosse» (oieiT), 22 -/s- Même mot dans les comptes de dépenses 

d'une association religieuse. (Caire 30618, recto, col. 9, 1. 9). 

8. Mh 13 "/j. — Mh doit être une piscine ou une citerne. 

9. Z y 55 ... . ])ien (jue 1'// resseml)le à un .s, on doit avoir 2s,o : 2£_oi. 11 doit être (juestion do 

réparatidus. 

10. <;283. En plus de cela, 2400 (+x':')». 

11. «Le reste des pains lébés». Si l'on admettait l'orthograjilie J jiour u, (ui aurait là un rappel 

du j>ain tiré des fruits de l'arbre j pO- Cf. Ahmed Bky Kamal, Annales du Serrice. XII, 
p. 240 sqq. Mais il faut tenir compte du grec -vi'j'i et du copte de transition noiirfec, 
qui ne montrent pa.s à'I. 

12. «Les ehanips des vieillards» (o'A'A.Oi). Cf. r^pic^ùiipoi twv ytMp-fûh {fjKjides, IV. p. 2(')0). 

13. « , 1. En pjlus de cela, 87 ». 

14. «Le domaine sacré de Souchos de Crocodilopolis [sdd), le grand dieu, . . 5». Cf. lii/lands, 

]). 230, n. 2. Déjà tel quel : «ss^ ^^^ jj, aux A'a/tioîpa/). (pi. 18,1.5). Attesté dès les /'(/«(ïMic/cs 
(1564) :[! l|^=^l]4-2'^- Cf. "Ed. Meyer, Histoire de l'Antiquité. J, 2, § 293 n. 

15. <: Les champs (eioooe) des dieux du Bourg-de-Souchos. 5 ». 

16. «Offrande à Isis 4; La nourriture des ibis, [. . .». 

Littéralement «devant Isis». Dans les comptes annexés aux statuts d'une association 
religieuse (Caire 31178), on lit, parmi d'autres dépenses : «devant Tbermouthis; devant 
Soconopis ('?) », chaque fois avec l'indication d'une somme d'argent. Cf. encore « devant Hatbor » 
(Caire 30768, 1. 10) et «devant Tliot » (Caire 30828, j. 4). — Sur la nourriture des oiseaux 
sacrés, cf. l'aj>. Reinach, \i. 188; Jonrldm Ostraca, j). 24, avec les références à la grande 
donation d'Edfou (1, 15; 2, 2: 4, 4). 

17. «Ceux qui y ont travaillé. 70». 

18. «La nourriture des faucons, 4». 



12* 



NOTE COMPLEMENTAIRE SUR L'ONOMASTIQUE. 

(Voir, 011 outre, dans le comiiidi taire, les ]iag;es marquées il un astérisque aux index.) 

W 'i\. — lli'T;u'li''0])(ili,<. Pour dos ortliojiraplie.s anciennes sans S), cf. P. L.\c.vu, -1. Z., Ll, ]i. 51 ; et, 
en (lénioti((UO, ()r'ik(l(jlo>tsit>-, N'° 334. 

P. i;>. — lla-:£jT(;!J.iç. Une ineilleuie transcription du nom égyjitien est fournie par 1I£T£v£i.0ï|j.'.ç (cf. 
l'iiji. ('(lire. i>. 268, n. 3). 

P. 15. — P-'o-zz est connu en liiéroglyplies, du moins au féminin : ^^^ n ^, | ^^v® (Lieb- 

i.KiN. X" 2044). Quant à la transeri))tion. elle est ]ilus qu'ambiguë pour le dernier élément. En composition, 
il i-épond à (KzItOt;; ou (<i>piY.x)-(f,'oz. et dans le dérivé en y, tant à -iciï; (|u':i T;6:r,ç (cf. JL\sper(). Jîccih-I/. 
XXV. ]). 15 sqii). 

1'. 22. — 6:T£J;. Ou comparera roitiiograjiiie 3î^ Mî^, d'époque gréco-i'omaine (.4. Z., XLV, 
p. 101) montrant une confusion de nombre qui vient à l'appui de la confusion de genre supposée. Spiegel- 
DEiîG {()■ L. Z., IV, col. 317 sqq) a consacré un article spécial à NtT?;-:;;. 

P. 23. — Arer est à rapprocher de 'RI du pap. de Strasbourg X° 3 b et de (/'-)'Z7 (.4. Z.. LI. p. 70). 

Cf. lIxASUÇ et llïAÏ/.tÇ. 

P. 33. — Hr-nPij est connu aussi par le pap. de Strasbourg X° 10 (cf. Re[ch, Mumientiifi'lchen, 
p. 65). Il est difficile do décider si notre forme 'Apep.isoï; confirme ou infirme le rap])roclioment proposé 
par M.vsPERO (Recueil, XXIV, p. 78, n. 2) avec 'ApTixst;. 

P. 51. — Ilarsajibès. J'ai transcrit Hr-ifj/, bien que les orthograplies des Ancien et Moyen Empires 
im]>osent l'étymologie hrij-s-f, soit «celui qui est sur son lac». Pour les basses époques ou doit tenir 
compte de l'étvmologie poj)ulaire consacrée. La confusion a été facilitée par la présence, dans le mot 
' t— ^, de la tête de bélier, élément caractéristique de la forme du dieu liéracléopolitain. 

r. 51. — Sésoôsis. Outre les exemples ptolémaïques qu'a cités Spiegelherg {Recueil, XXVIll, 
p. 195 sq(|) du nom porté par ]>lusieurs rois de la XIP dynastie, on eu a relevé sur des ostraca thébains 
('l'noMPsox, Thehnn ostraca, p. 44 sqq). Chez aucun d'eux Vr de Wsrt n'est représenté, même par y : 
mais, à l'inverse de ceux de Lille, ils sont tous suivis du déterminatif divin. Thompson (p. 45) n'a pas 
cru devoir gréciser le nom, faute de transcription contemporaine. Ses scrupules sont peut-être excessifs. 
car le ilEciioi'.; de Diodore répond le mieux du monde aux graphies démotiques qui, elles-mêmes, con- 
firment l'existence d'une forme vulgaire de ilecô^xpiç, aboutissement des déductions de Sethe {A. Z., XLI, 
p. 49 sqq) antérieures à leur identification. A certains égards, i^Eciaictç se comporte, vis-à-vis de It^MC-p'.ç, 
comme "0[;.s!: en face d "Ovvûo'f.ç. 

P. 51. — Kheperkara. Si l'on peut se fier aux formes du signe m eu démotique ancien, données 
dans les Co7itratn Egyptiens (p. 72, 202 et 438) et qui diffèrent de ce que Ton trouve dans Rylaiids 
(p. 378), on doit avoir ici un nom propre identique au « prénom » royal porté, et par Nectanébos, roi 
régnant, et jadis par Sésostris I". Il A'oisine, ici même, avec ce dernier nom et, parmi les autres prénoms 
de la XIP dynastie, non seulement on retrouve fréquemment, à cette époque et dans ces régions. Marrés, 
prénom d'Amenemhêt III, mais G. Moeler a signalé {Pap. Rhincl, p. 7, n. 5) celui de Sésostris III, 
appartenant à un prêtre enterré précisément à Abousir el Meleq. Sur les constructions des rois de la 
XIP dynastie à Iléracléopolis, cf. Maspero, Histoire, I, p. 510 sq. 



Note complémentaire sur l'onomastique. 87 

r. 53. — L'analyse du nom Isis-resh est eonfîrmi''o par la forme liiéroglyj>l)i(|ue inii se lit sur la stèle 
ptoléraaïque du Brltish Muséum N" 1141. On le trouve aussi en démoti<|ue dans Caire 31169. verso, col. 2, 
1. 2, bien que Spiegelberg ait transcrit différemment. 

P. 63. — Horus Behoudti. Setiie {(irdhihnknKtl des S'ihure, II, p. 96, n. 6) croit que, sous l'Ancien 
Empire, le second élément du nom divin doit être entendu comme nom de viîle au génitif et pas comme 
adjectif. Il en a été autrement plus tard et, ici même, l'absence de détermiuatif géographique montre (lue 
nous avons affaire à une véritable épitbète. On comjtarera le processus indi(|ué, p. 85, pour le nom de 
Souchos de Croeodilopolis. 

P. 71. ilsuy.îVMs;;. Voir les équivalents démotiques proposés, avec doute, par Si-iegei-hew; (PajJ. Caire, 
p. 370). 

P. 71. — Kx'hx/y.i semble avoir pour première composante ce préfixe Kx'/.-, d'origine mystérieuse 
(nubienne, libyenne?), auquel Spiegelberg, traitant des v.tn'/.y.^iy.t; dlTérodote -ï. Z. XLIIT. p. 87 sqq i, a 
attribué un sens voisin de «jeune bomme > ou de «fils», quand on le trouve joint à un nom de divinité : 
KaXajj.(ov, K:z"/.îjTpi;. Il faut en rapprocher K3:/,t3;;, Gl-hh en démoti(|ue. ]ieut-étre aussi le nom G;j/-'S de 
notre N» 4. et la forme probablement apocopée J'-gy/ {Chresf. dém., \^. 384; 397 sq). Nous pourrions 
avoir, au masculin, une sorte de succédané de ^^® VN, ^^®^!](] (Lieulein, X"^ 1555 et 399). 

P. 81. — Harynchis. Même nom de femme ])armi les contractants de Caire 30602 : En hiéroglyphes 

on trouve les deux formes v\ •¥■ et ^ ■¥-. 
-^ 1 I I 

P. 81. — T-Mm. Telle semble être la lecture, bien (pie uTVoav. soit masculin. A cette irrégularité 

près, ce serait un nom de la forme Ôp^p;;. Les traces n'autorisent pas à interpréter * nev\i7V.o.sv. nom 

théophore apocope sur le modèle ' Mn-pa-qlm {Pap. Cairej p. 279). 

P. 81. — Cette forme, avec article, du nom Apriès expliquerait les transcriptions grecques et sémi- 
tiques en p ou pJi. SpiEGELBER(i {0. L. Z.. XV, col. 5) invoque l'influence d'autres noms, comme le proto- 
tvfe de Putiphar. Aurait-il perdu de vue les exemples, tout semblables au nôtre, publiés par lui même 
dans les papyrus du Caire, p. 259 et 265? 

Parmi les noms propres dont l'aspect n'est, ni égyptien, ni grec, il y en a. sans doute, de sémitiques 
ou d'iraniens. La prudence commande d'abandonner à de plus coin])étents le soin de les identifier. 



ADDENDA ET CORRIGENDA. 

(Les fractions entre parentlirses inclii|uent lu luuiteur approximative clans la page.) 

V. 1 (fin). — Le contrat de t'odoman a étr ])ul)li('' de nouveau j)ar Revillout dans ses Contrats 
K^/i/ptù-iis, N" 76, p. GOS si|(|. 

1\ 4 (début). — Ou encore à Alxiusir el I\Iele(|. 

P. 4 (Va). — Lire: depuis l'an 4. Atlnr 17. 

P. 5 (^/j). — J'aurais dû donner une mention à l'article d'A. Fekkabixo, La Cronologia del primi 
Toleme! (Atti d. R. Accad. d. »Sc. dt Torivo. Ll. p. 243 sqq). Les conclusions de cet auteur, qui dépassent 
le cadi'e que je me suis fixé, t)nt été très clairement résumées par L Bklt^ (./. E. A., VI, p. 139) et 
longuement discutées par ,1. LESiiUiKi; dans l'article cité p. 7 (à partir de la i>ag'e 148). 

r. [) (' ;>. — J'ai relevé le 1 1 avril 1921, dans la bililiographie do la revue italienne ^Eijyptiif. II, 
fase. 1 (febbraio 1921), p. 120 (et ailleurs depuis), l'indication suivante : Demotische Urkunden zum 
iUjiipttsclien Biirgschaftsrechte, vorzuglicli der Ptolemaevzeit, hgg. ii. erlddrt v. K. îiETHE, mit einer rechts- 
geschichtl. Untersnchung v. J. PartSCII (= Abh. Siiclis. Akadeinie 32), pp. VIII— ^12, con 68 tavole e 
2 figure, Leipzig, Teubner, 1920. — ■ L'imjiression était trop avancée [)our que cet im])ortant mémoire, 
si longtemps attendu, pût être utilisé. A (juebjue chose malheur est bon : le lecteur, en comparant des 
versions entièrement indépendantes, pourra juger de la confiance à accorder aux démotisants contemporains. 

P. 11 C/g). — Au lieu de «gardiens du Bourg», lire : «gardiens de la prison du Bourg». 

P. 13 (Vô)- — Au lieu do : 0. Ricketts, lire : L. Speelees. 

P. 16 (fin). — Il y a encore la possibilité, admise par certains auteurs, que les exploitants de la 
«terre sacrée» aient été qualifiés de <t cultivateurs royaux». Cf. Grnndzilge, p. 279, n. 2, et ChreKto- 
viathie, N° 68. 

P. 17 (début). — Strictement, Mdg Km// répondi-ait à la rare dénomination [hpcat-j-t'.i: {Lagides, IV, 
p. 40). Il est curieux de voir un «Perse de l'épigonie » jouer ici le rôle de protecteur, alors que cette 
classe d'individus parait soumise, en matière d'exécution, à un régime d'exception plus rigoureux. Cf. 
MiTTEis, Grundziige, p. 20 et 46. — J'ai retrouvé tout dernièrement une lettre du tant regretté J. Les- 
QriER, datée du 9 juillet 1914 et dont les événements avaient oblitéré le souvenir. Il y affirmait, ])lus 
nettement que je ne l'avais fait dans mon article du J. A., l'équivalence de ru et de luAay.iTr,; et proposait 
de voir dans le Mdy n Kmy, peut-être ' un \j.i-/i\).oz. A ce dernier détail jirès, je me trouve finalement 
d'accord avec le spécialiste des questions d'organisation militaire et policière dans l'Egypte gréco-romaine. 

P. 19 (Vt)- — Il serait plus juste de dire que l'infinitif* s'est conservé intact, par analogie. 

P. 21 (Ys). — Pour l'asylie, voir l'intéressante note de P. Peedrizet, Asiles gréco-égyptiens, Asiles 
romans, ap. Annales du Service, XX, p. 252 S(jq. 

P. 21 (milieu). — On comjiarei'a la phraséologie des documents analogues connus sous le nom 
d'eccTTHTiuH ooMoTVopiev et dont on a de nombreux spécimens, notamment parmi les papyrus cojttes 
d'A])lirodito (Crum. aj). I. Bêle, Greek Papyri in the Britisli Muséum, IV, N°^ 1494 à 1551, p. 435 sqq), 
et ailleurs. 

P. 23 (fin). — Lire : Eschons, plutôt (jue : Neschons. 

P. 24 (début). — Lire : Chensthùtés. au lieu de Chonstliotès. 



Addenda et Corrigenda. 89 

P. 26 (tin). — Il est d'autant plus intéressant d'avoir ici la traduction de Ç-i'-Tipi (|ue Thompson 
[Thehiin Ostraca, ]>. 31) s'est demandé si iixytyJacn ne serait pas une transcription de 'vj'i/.cv. D'autre part, 
Grikfith {Rylands, p. 193) a confirmé (jue, dans luôiç, on devait voir un mot emprunté à, l'égj^ptien, soit 
*^ X =0^. Ce deinier serait lui-même en raji|iort étymolog-i(jue a\ec î2nC'. «presser», si l'on en croit 
^\^ F. Albeigiiï [American Journal uf semific Lunguaf/cx, XXXIV. )>. 250). 

P. 28 (Vs). — Au lieu de : N" 9, 1. IG, lire : X» 29. 1. 10. 

P. 34 (Vi)' — Il est vraiment dommage «pie la lecture dm;/ soit si incertaine. S'il s'agit d'une localité, 
on comparera Wilcken N" 305 = Magdvht N" 36 (Ptol. III ou '[\) : '/J.ymoi {? Lesquier : AivcupYct) ~àv 
h. Kpjy.oîiAwv zJcAîco;. Si, au contraire, on a affaire à une mention [irécisant la nature de la profession et 
formant, par exemple, avec ce^OT-, un complexe répondant à '/.ivuioç, ce serait précisément le ])rototype 
d'cOiviiv, que Spiegelberg en fait dériver ])ar l'intermédiaire de l'iiébreu ]"ÎDN {Agijptische Lehnicurter in 
der dlteren tjriechischen Sprache, ap. Zidtsclirift fiir i:erghichende t'yprachforschung, XLI, p. 127 sqq). Le 
vocable s'est conservé jusqu'au l'up. .]fag. (N" 150), sous la forme ^tme-t et avec le sens i)remier « fil 
rouge», mais il se jieut (pie, dans la langue courante, la signification se soit élargie. 

P. 35 1%). — Au lieu de : et 2, 1. 17, lire : 2, 1. 15 et 4. 1. 17. 

P. 44 (','(;). — Aux noms des naturalistes ajouter celui de .M. IIil/.heimkr (^[1. Sahiin'. Il, p. 17^> s<|l. 

P. 47 (début). — Corriger Kliong en ('lions, jiour unifier. 

P. 49 (fin). — Le signe que j'ai transcrit rm (?), en raison d'une vague ressemblance, mais dont 
la lecture est totalement inconnue, parait être un sigle répondant à c|j.:'!(o; et introduisant un nouveau 
paragraphe, soit item. Tno.MPSt>N [Thehan ostraca, p. 33 sqq) en a rencontré, dans des reçus de taxes, 
plusieurs exemples, de formes assez variées, mais conciliables entre elles et avec la nôtre. Ils précèdent 
l'enregistrement de chaque versement partiel, le premier excepté. 

P. 52 (Va). — Au lieu de : milieu du IV' s., lire : l"''^ moitié du IV'' s. 

P. 80 (V?)- — l-'G groupe difficile après irhe semble pouvoir se résoudre en mr. mot poui- lequel 
le Petuhastisglossnr (N° 194) donne le sens aj)proximatif «drapeau». On n'ose ])as accepter un rapprochement 
tentant avec nos usages, bien que Maspero [Histoire, I, p. 313, n. Il naît pas craint de faire une sup- 
position analogue. 

P. 87 (début). — Pour Isis-resh nous avons précisément une transcription aramT^enne d'époque jierse 
(Spiegelberg, O.L.Z., XV, col. 4). Elle donnerait à peu i>rès Esreshout. Très vraisemblablement, ici 
comme dans l'exemple du Caire, la finale t était représentée, après le déterminatif de la fieur. dont on 
voit encore une partie. 

P. X (milieu). — Au lieu de : les méthodes sont, lire : les méthodes générales sont pour une part. 

Quelques fautes d'impression, aux mots et pages : des suppositions (3) — revenue (5) — au X" l'I 
(0) — la lecture (11) — déjà (12) — antérieur (19) — contrats (20) — certains (21) — ai)iielés (31) — 
comparution (3(>) — représenté (44) — s'est portée (67) — é'quivalent (67) — confection (80). 



Dernière heure. — L'ouvrage de Setiie et Partscii signalé ])lus haut (j). 9 et 88) m'est enfin parvenu 
(17 août). Je ne dispose ni du temps, ni surtout de l'espace nécessaires pour rendre compte ici de ce 
travail, colossal monument d'érudition, d'ingéniosité et de patience. Voici toutefois quelques remar<iues 
essentielles se rapportant directement aux pages qui précèdent. 

Nos N°' 1 et 2 ont été repris en détail par Sethe (N"* 22 et 23 de la série: ]>. 464 — 486: fac-similés 
au trait aux pi. 56 — 64). Comme il était prévu, nos avis s'accordent sur quantité de ]ioints, d'une façon 
à impressionner les sceptiques. En outre, SEriiK a rectifié ipielques incorrections de mon article un peu 
hâtif de 1914, et cela généralement dans le même sens et au moyen des mêmes arguments que moi-même 



90 SO'l'l'AS, PAPYHUS DÉMOTlgUKS OK LlU-K. 



au il(''l>ut ilo la pri'soiiti' pulilicatiuu. I,t's (iivcri;ciu'os n'-sulnellcs sont peu do cliosi-. Deux cependant 
auraient leur importance si elles ne devaient disparaître sitnt npeirues: 

1° SiOTiiK (p. 474 sqq; § 21 et 25} a ])roj)osé légitimement, pour le N" 1, 1. 10, la même correction 
(|ue moi (ci-dessus, p. 20) en HTdkTMiiTq: mais il a été trop loin en en faisant l'application au ])assage 
similaire de la 1. ^^ ipiil interprète Cduime une dittograjdiie. 11 ne man(|uera pas de reconnaître son 
erreur, au vu de nutie X° -1. 

2" Sktmi; fournit, j)our le X" 1, 1. 14 — 15. l'intéressante \ersiou: Nicht werde ich sagen kônnen: 
-Icli lialie dir getan gemiil.i allen A\'orten, die oben sind», Solange der Brief, der oben ist, in deiner 
Iland ist. Je me rallie volontiers à son interprétation (p. 123 S([ij) de l'auxiliaire, exprimé ou sous-entendu. 
On peut envore invo(iuer, à l'appui, le cas, postérieur mais très explicite, du texte copte de Djême dont 
j'ai cité quelques mots (ci-dessus, p. 17 s<.\) et qui doit son existence au fait que le cautionnement initial 
n'a\ait pu être retrouvé, ])artaut restitué, au moment où les deux individus étaient réintégrés en prison. 
Par contre, la difficulté signalée ])ar Sirrinc lui-même (p. 464) s'accentue du fait que 3 et, ])eut-être, 
4 proviennent aussi des mêmes archives que 1 et 2. p]llc devient une terrible olgection si l'on fait intervenir 
le groupe 9 à 11, car on ne peut imaginer que les garants aient tous failli à leurs engagements. Quel 
<|ue soit le sens exact de la clause, il semble, comme je l'ai dit au commentaire (p. 35), qu'elle n'était 
pas exécutée à la lettre. 

Paetscie (p. 671 sqq) jirésente une interjirétatidu juridi(]ue du N" 1 (jui, à première vue, ne jiarait 
pas s'imposer. On y discerne l'influence de la leçon « indem er sich darin uiederlâBt» (1-6), basée sur 
la correction abusive, par Setiik, de rs en Jitp. L'original est formel, et même la seule phototypie aurait 
dû inciter à se montrer moins affirmatif. Sethe avait de bonnes raisons (p. IV sq) pour reproduire ses 
textes à la main, et nul ne sait copier plus exactement que lui. Néanmoins, les rares fois où il lit mal^ 
comme ici, ou au N° 2, 1. 5 (hrj/. deux fois) etc., son fac-similé est notoirement infidèle; et cela vient à 
l'appui de ma remarque de la p. XI. 

Je relève, dans un des extraits réunis par Skïiie (p. 504, N" 27), un exemple copte de l'expression 
2s.n-M nooTT eopôwï, discutée ci-dessus, p. 48. Il semble confirmer ma première manière de voir. Cf. 
d'ailleurs la remarque de Setiie, p. 270. 

Le recueil de Setiie ne renferme pas d'autres cautions de comparution que les deux documents de 
Lille et les trois fragments du Caire déjcà signalés dans mon article du Journal Asiatiqne (Setiie a 
liabilement raccordé 30659 et 31191). Ce fait donne beaucoup de relief aux quatre premières jiièces de 
la collection de Lille. Quant aux X'" 5 à 11 de Lille, ils ne trouvent pas d'équivalent parmi les 24 textes 
étudiés par Setiie, tous déjà publiés, sauf deux, et dont 18 seulement sont des contrats. JoiKiiKT a donc 
eu, cette fois encore, la main heureuse, puisque, le nombre des cautionnements démotiques connus étant 
maintenant porté à 33, Tjiile fournit le tiers de ce total, et en documents de teneur nouvelle. 



INDEX. 

(fj'astérisciue iiulii[ne une discussion au commentaire.) 



A. — Dirinités. 

Amou 44. 67. 81. 85 

Anubis 65 

Ba.itis SI 

Harmachis 23. 81 

Il armais 82 

Harpsenisis 4 

Harsaphès 3*. 4. 23. 51. 54. 

86* 
Harsemtheus 63. 
Hathor 63. 64. 85. 
Horus 12. 33. 81. 
Horus Behoudti 7. 58. 63*. 

64. 87*. 
Horus de Mùten 24. 
lli-nh-,n-hrw 4 
Isis 36. 43. 81. 85 
Neith 22 
Osiris 4. 50. 51 
Ptah 54 
Kannout 41 
Sérapis 43 
Soconopis 85 
Somtheus 3*. 51 
Souches 16. 63. 68. 74. 84. 85 
Thermouthis 85 
Thot 12. 67. 81. 85 

B. — Souverains. 

Adrien 45 

Alexandre le Grand 1. 2. 15. 

16. 42. 46. 56. 58. 62 G3 
Alexandre II 2 
Amasis 20. 41. 48 
Amenemliet III 86 
Amrou 42 
Amyrtée 1. 2. 8 
Arsinoé Pliiladelphe 43* et 

passini 
Artaxerxès 1. 7. 8*. 55* 
Auguste 63 
Bérénice (mère de Ptol. II) 

58. 62 
Darius I" 1. 2. 3. 8. 33. 45. 

47. 56 
Darius III 2. 88 
Hakoris 1. 2. 8*. 54. 57 
Khabbash 2 
Xlouthès 8 
Neetanébès 2. 8*. 54. 67 



Nectanébos 2. 4. 7. 8*. 50. 

86 
Néphoritès 8 
Pliilippe Arrliidée 2 
Psammétique I"" 43 
Psamouthis 8 
Ptolémée I" 2. 14. 15. 16*. 

38. 67 
Ptolémée II et III — passim 
Ptolémée IV 5. 6 
Ramsès II 26. 43 
Sabacon 17 
Sésostris 86 
Taches 8 

C. — Noms de particu- 
liers. 

Aherdys 54. 55* 

Alcétès 63 

^Almslas 23 

Altibios 16 

'Amn-p-qlm 87 

■.\vY^-; 72. :3 

"Aç^i; 311 

*A9P% 30. 51. .',3. 81. 87* 

"A'^Oaro; 40 

ApoUonidès 16. 46 

'AïCoXXo^cfvr^; 46 

Arer 23. 86* 

'ApiTTOzpàTrjî 25. 30. 33 

WpiardzpiTo; 33 

'ApzaT.ixr^z 15. 16* 

Artémidoros 10. 11 

'Âivtkes 24 

Aynchis 81. 87* 

B;l\rfi 71 

Chen.-^thOtès 24. 88 

Xew; 71 

Cheperkara 50. 51. 86* 

Chons(is) 46. 47. 53. 81. 89 

AoiiT(iv3a; 23. 24* 

Ar; 10.75 Tp 10 ; 46 

Aïoyfvr,; 38 — 42 

Dionysia 63 

Eschons 23. 88 

Esreshout 53. 87*. 89* 

Estefnecht 51 

rEvvûopi; 71 

rsp^t;' 73 

Gyl-Isis 14. 15. 87 

"Aiori; 71 



'Ap:[i9or; 31. 33. 86* 

'Ap}j.aj(o'po? 4. 50. 53 

Ilarmaïs 25. 30. 83 

'-\ptj-iwaic 71 — 73 

Harnebynchis 25. 30 

'Ac(t)vttij£t; 71 

Harpaêsis 50 

'Apa-[j.f)£Ù; 40 

Haryncbis 81 

Haryotbès 51 

'.\Tpf;; 71 

Héraclidès 10. 11. 17*. 

'HpâzXiTi; 71 

Hérieus 14. 15 

Hériobastis 28 

'Hpiior,; 70. 72 

Hor-necht-dot 30 

'tJpàJTti; 72 

■Qpo; 23. 29. 40. 47 

Hrw-f 41 

lasos 63 

Iroouthès 85 

IvapS; 30. 31. 33*. 35 

KaXajiSv 87 

KaXctx.^'; 71—73. 87* 

KxXf^i 71—74 

KaXr|3i; 87 

KaÀoirpi; 87 

KocTUTi; 86 

Ma'-hno-f 40 

Mavprîs 22. 71. 73 

Wccpcov 72 

.M«pp% 3. 10 — 12. 15. 16. 20- 

22*. 26. 47. 86 
Mayiarr; 16 
Ménécratéia 46. 47 
Méuéraachos 15 
.Moay^S; 72 
Moschion 46. 47 
Myrtô 10. 11 

N£X0£vrj3i; 9. 30. 31. 33. 81 
N£x6upi; 28. 40 
Neitheus 10. 11. 15. 16. 22^ 

47 
N'.îtvÛi; 71. 73 
"Sarfai 22. 86* 
"0]J.9;5 86 
'Ovvw9pi; 73. 86 
'Opcr£vou:piç 71 — 73 
nal^T^x.t; 33 
nax^; 39 
nayiùv 71. 72. 74 



Pakysis 9 
IlaXoO; 86 
\U^-ni 71 
Panécliatès 40 
Pa-Neith 36 
Ilav^aiç 71 — 73 
riavws 71 
Pa-noub 39. 40 
n«wç 11 
Paoush 23 
Hama; 71. 73 

napij.aetç 73 

Pa-she 10. 11* 

naT£-JTrîu.i; 12. 13*. 86 

P(a)-ln 40 

Patus 29 

Pa-yr 10. 11* 

Pélaias 9 

nsXîXi; 86 

Pete-Hor-Méten 28 

UîTEnoûviç 31. 33. 35 

ns-£v£-.jiOra.; 86* 

Pete-p-gbr 30 

mrEpijioaOi; 41. 71. 74 

n£t£c;ouxo; 39—41. 71—74 

Petosiris 36 

n£idavi; 41 

P-riyl 87 

Phégémon 9 

>t>EiSo)v 46 

Pliilammon 46 

<I>a(ov 16 

Philoxénos 9. 14. 15. 17* 

P-'o-zz 14. 15. 86* 

fI>p£/.ayï]ro^ 86 

P-Ka-Aménophis 30 

Pnoub 28 

noratJLiaiva 84 

n'sv^ai; 71—74 

Psénobastis 50 

nToX£;j.al; 16 

(T)renpnabré 30. 33*. 81 

Rhodôn 10. 11 

lacArj-i; 71 

Sedmet 12 

Somtheus 3. 50. 51. 53. 85 

Semtoouierdys 3. 15. 54 

Semtoouitefnecht 3. 47. 50. 53 

Sénobastis 81 

l£ad(oat5 50. 51. 86* 

2£aôJarpiç 86 

Silas 63 

II* 



SOTTAS, PAPYKUS DÉMOTIQUES DE LlLLE. 



Xoux|jirjti; 7*2 

louxovûiîp'.; 71. 87* 

SroHsh 4G. il* 

S.(-nic 87 

Tiiliikumouiiis 25 

TaUysis SI 

ïamouiiis 14. 1"). 8G* 

Taôi; 10. 11* 

Tapchoiiis 81 

Taçîvoâçi; 11 

Taçuuiit; 84 

Ta(ii)s!iïs 2.->. 81 

Tatbêkis 33 

Tatosiris 81 

Tééphibis 30 

Téos 12. 14. 15. 28. 20, 4G. 4S 

Thalios 10. H 

Thatri's 9 

Thotemheb 14. 15. 4G. 47 

eoTSJ; 22. 86* 

Thotortaios 29 

Thotsytmis 36 

T-'o.t-zz 86* 

ep^ptç 87 

euttiv 16 

TiOdr,; 86 

Tklom 81. 87* 

TXriîcôXE[io: 15. 16* 

Tvaospoj 1 1 

TouTvrj; 71 

Trémobastis 50. 53 

Twiyn 23 

Zenon 16 

D. — Localités. 

Abousii- el Jleleq 54. 86. 68 

Abjdos 54 

Akhmiin 65 

Alexandrie 26 

'Apatvor; 3*. 10—12. 14. 15 

16*. 26. 46 
Arsinoïte (nome) 10. 11. 12 

15. 43. 58. 84* 
Bedja 17 

Bifcviz!; 3. 25. 26*. 58 
Hirket Karoun 3 



Uoiito 33 

liusiri.-! 4. 51 

Canope 7. 16. 20. 26. 63 

Crocodilopolis 85. H'.) 

Dendûrah 63. 75 

Djômo 17. 18. 45. ',10 

Edfou C. 52. 54. 56. 57. 63. 
80. 85 

Ethiopie 24 

EÙ7]tj.;c!a 3. 26 

Fayoum 82—84* et passim 

Gebelen 35 

Ghôran 2* et pa.ssiin 

'Anpet 44 

Héraclûopolis magna 3*. 4. 8. 
50. 51. 53. 86* 

Iléraclidès (district de) 26 

'Hfâ/.Xîia 64 

llermopolis magna 12. 3S. 42 

Hibeh 20. 32. 41 

Hittite 43 

Ibsbawi 3. 64 

Kahouu 41. 45. 79. 80. 85 

Magdôla 2*. 3. 25. 28. 66. 67. 
70. 73. 82 

Mède 9. 10. 17* 

Medinet en Nalias — v. Mag- 
dôla 

Meniphis 67 

Mendès 44 

Mœris (lac, canal) 1 1. 58. 62*. 
64*. 84* 

Neref 3-4*. 50. 51 

Ombos 64. 67. 68. 82 

Oxyrhynehos 41 

Pathyris 63 

Ilspaaiyjjtrio; 88 

Perse 17*. 80. 88 

Philae 26. 65 

HiTOÎ 3*. 7. 9. 10. 58. 64* 

Poy 33* 

Rome 47 

Serapeum 24 

.Silsile 54 

Thil'bes 63. 67 

Thémistès (district de) — 

passim 
TuHems 30 



E. — Mots éiïyptieiis 
discutés. 

''wy = tente (,?) 81 

'toi! = une maladie (?) 67 

'bd = mois 66 

'nge ^= conyza 65 

V = schène 70 

'"!/ = perte 70 

'sto = reçu 27 

'sw = mouton 44 

^qnwms = économe 26 

'y = demeure 26. 55 

'y = corporation 65. 66 

'y.i = contribution 64 

'w = petit bétail 45 

'wy = éciuipe 80 

'nh = vivre, vive ! 43 

'htn = un titre religieux 64 

'te := un titre religieux 64 

ym = étendue d'eau S4 

wy' = cultivateur 16. 33. 88 

wpy = détailler 57 

wn-pr = pastophore 51 

v)r ^ supérieur 33. 67 

n7im = renouveler 8. 54 

wht = une maladie 60 

u-t^ = fondre 79 

b'-'o-}}.t = chèvre 44 

hwt =: abomination 45 

bk = faucon 33. 67 

ppy = presser 80 

plk = concilier 69 

pJi = parvenir 66 

fy = apporter 64. 66 

mr-àn = grand prêtre 68 

mr-kt = conducteur de tra 

vaux 12. 47 
mlh = procès 68 
mlyntr = coudée divine 53 
mhy = frapper 68 
mhm = chauffoir (?) 80 
ms = naissance 13 
mktl = tour de guet 47 
mtn = rémunérer 80 
7i!i! = drapeau (?) 89 
n/)y = brancard 51 
nd = toile 84 



ri/.l = barai[ue 84 

,s = vigile 17. 88 

l'd = représentant 66 

Ibs = sorte de pain (V) 87 

hwi = insulter 68 

lime = frais de transport 80 

lyyb = agneau 44 

l}yt = vestibule (?) 87 

lynia = siéger 65 

hry (a) = un adverbe de 

temps 48. 90 
hrt = vision 24 
kq = bière 26. 65. 89 
htt = soutien 80 
hy = mesurer 55 
hw = vase d'eau 65 
hbr = associé 48 
hip ■= primat 51 
h = copie 63 
Imy = une redevance 66 
su>hrw = délai 13 
shn-l' = nomarque 42 
s]j,t = lèpre 66 
sht = tisserand 33 
sh-Pr-'o^ basilicogrammate 26 
sgn = onguent 65 
s.t-sb' = salle de discipline 69 
S' = entreprendre 69 
i'.t = contrat 21 
Siv = sec 52 
sp-dr.t = caution 18 
sms-'ry = préposé 82 
sdl_i = une boisson 89 
qnbe = association 63. 66 
qnJ}e = chapelle 87 
qiis = aggraver 66 
grmp = pigeon 85 
gryr = luxe (?) 24 
(' = district 43 
ts ^ une redevance 66 
lil,S = une redevance 66 
tkn = approcher 70 
ts = fouler (?) 80 
dbe = ensevelissement 69 
dby = brique 79 
dmy = sorte de fil 34. 89 
z'y ^ mur 87 
znf = équilibré 79 



TABLE DES MATIERES. 



page 
Introduction. — A. Les Etu<le8 démotiques, particu- 
lièrement en France V 

, — 13. Le présent ouvrage X 

Principales abréviations XVI 

Nature, histoire et intérêt de la collection 1 

Provenance des papyrus 2 

Dates des papyrus 5 

N° 1. — Cautionnement pour un prisonnier (243) . 9 

N° 2.— , ., „ „ (243) . 1» 

N° 3.— ., „ „ „ (243) . 12 

N° 4-— , , . r (247^ . 13 

N° 5. — Lettre supplique (245?) 22 

N° 6. — Cautionnement pour une somme d'argent 

(IIP s.) 25 

N° 7. — Cautionnement pour une somme d'argent 

(IIP s.) 27 

N° 8. — Cautionnement pour une somme d'argent 

(IIP s.l 28 

N" 9. — Cautionnement pour une somme d'argent (222) 29 

N°10.— , ., i222) 31 



N° 11. — Cautionnement pour une somme d'argent (222) .'!! 

N°"12 à 20. — Déclarations de petit bétail (251' . . 37 

X''21. — Reçu d'impositions (238) 46 

N"' 22 à 24. — Vente de prébendes (371) 49 

X°25. — Vente de prébendes (371'?) 51 

N°26. — Vente de propriété {V moitié du IV s.) . 52 

N° 27. — Vente ou donation de propriété (Artaxerxès) Ô4 

N''28. — Contrat de mariage (Ale.xandre?) 56 

N" 29. — Règlement d'association religieuse (223) . . 57 
N°29'"^. — Comptabilité d'une association (papyrus 

gi'ec — ptoléma'ique) 70 

N" 30. — Mémoire d'entrepreneurs et ac(iuit (IIP s.) 7S 

N''31. — Liste de prêtresses (III" s.) SI 

N°32. — Statistique relative k des mouvements de 

population au Fayoum (264/3 ou 226/.'i) 82 
N^SS. — Comptabilité d'un Bourg- de -Souchos (261 

ou 223) 84 

Note complémentaire sur l'onomastique 86 

Addenda et corrigenda 88 

Index 91 



SOTTAS, Papyrus démotiiioes Je Lille 




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Sottas, Henri 

Eapyrus dèmotiques de Lille